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Sur l’eau de H.M. VAN DEN BRINK

Publié le par Hélène

                                           sur l'eau

 ♥ ♥

 

  L’auteur :

Hans Maarten van den Brink (écrit le plus souvent H. M. van den Brink) est un écrivain néerlandais.

Il a fait une brillante carrière dans la presse écrite (au NRC Handelsblad) — il fut correspondant aux États-Unis et en Espagne) et dans l’audiovisuel (il fut directeur d’une chaîne de télévision, la VPRO) avant de se consacrer entièrement à l’écriture.
C’est avec Sur l’eau (1998), roman sur l’amitié et le bonheur, qu'il rencontre le succès international (roman traduit en anglais, italien, allemand). Dans Cœur de verre (1999) il met en scène, à travers le personnage d’un urbaniste, l’obsession de la réussite et du plaisir qui caractérise nos sociétés.

Il vit à Amsterdam avec sa femme et ses trois enfants. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

Le bonheur d'Anton était fait " de chair, de muscles, de soleil et de bois, d'eau et de pierre ". Un bonheur concret, palpable : ses entraînements d'aviron dans un élégant deux sans barreur, avec David, son coéquipier. Nous sommes en 1939, pourtant, et Amsterdam, comme toute l'Europe, retient son souffle, mais Anton ne vit que pour ces longues sorties sur la rivière, pour cette entente parfaite avec un autre corps accomplissant les mêmes mouvements et gestes que lui, ces coups d'aviron parfaitement synchronisés, cette impression de glisser sur l'eau... Sur l'eau, roman sur l'amitié et le bonheur, frappe par l'élégance de son écriture. Les pages que van den Brink consacre à la beauté fascinante de l'eau, de même que ses descriptions des corps dans l'effort sportif, rendent compte, avec grâce, du plaisir d'être vivant. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

Sur l’eau est  un récit mélancolique d’une période en suspend avant l’horreur de la seconde guerre mondiale et le bouleversement collectif et individuel qu’elle va induire. Anton veut ignorer les soubresauts annonciateurs de la catastrophe pour profiter de ces moments magiques, à la fois intenses et douloureux, durant lesquels il doit s’harmoniser au beau David pour avancer sur la rivière, espérer gagner les compétitions, et éventuellement, participer aux jeux olympiques d’helsinski. Il évoque un temps suspendu entre terre et ciel, et nous plonge au cœur de l’exploit sportif, synonyme d’acharnement et d’amour…

 La rivière reste immuable face à tant de mouvement superficiel, attendant son heure pour lancer sa vague qui balaiera illusions et légèreté…

 

Ce que j’ai moins aimé :

Ce récit est assez lent, aussi fuyant que l’eau qu’il évoque…

 

Premières phrases :

« Il y a une demi-heure, j’ai entendu les avions pour la dernière fois. Ils ont survolé la rivière en diagonale, à très haute altitude, puis leur vrombissement s’est estompé vers l’est. Maintenant le silence s’est rétabli et on n’entend plus que les bruits normaux d’une nuit d’hiver au bord de l’eau. »

 

D’autres avis :

L’express Le matricule des anges  

 

 Sur l’eau, H.M. van den Brink, traduit du néerlandais par Anita Concas, Gallimard, 2000, 14.25 euros

POCHE : Sur l’eau, H.M. van den Brink, traduit du néerlandais par Anita Concas, folio, 2009, 6.50 euros  

Publié dans Littérature Europe

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Les ignorants de Etienne DAVODEAU

Publié le par Hélène

                      ignorants-1.jpg

♥ ♥ ♥ ♥

« Le vin, c’est un truc pour se détendre, c’est un point de rencontre, un lien entre les gens ! » (p. 111)

 

L’auteur :

Je suis né en 1965 dans les Mauges ( c’est une région du Maine & Loire dont le nom viendrait étymologiquement de "MAUvaises GEns" en latin, vous voyez le tableau) . J’y ai passé une enfance formidable . Elle a principalement consisté à me balader avec mes copains dans les champs, à tirer à la fronde d’innocents moineaux puis à ricaner bêtement sur ma mobylette devant les filles.

Partie sur une courbe idéale qui faisait la fierté de mes parents, ma scolarité a reçu en pleine gueule une adolescence tourmentée. S’en est suivi un piqué en flammes assez spectaculaire. Quand je me suis réveillé au milieu des débris , ma main droite cramponnait un document noirci. Il fallait bien me rendre à l’évidence : J’avais mon bac.
À Rennes, je me suis inscrit à la fac, section Arts Plastiques pour une raison qui m’échappe encore. J’y ai étudié (un peu) et dessiné (beaucoup). Avec quelques gaillards qui nourrissaient le même intérêt que moi pour la bande dessinée, nous avons fondé le studio Psurde, modeste association qui nous permit de publier nos premiers travaux, heureusement aujourd’hui introuvables.
Qui étaient ces vaillants pionniers ? Olivier Maunaye, créateur du présent site, Fred Simon (Rails, Le Poisson clown, Popotka), Jean-Luc Simon (coloriste et dessinateur, pour qui j’ai écrit La Gagne), Joub avec qui j’anime Max & Zoé, ainsi que Christophe Hermenier et Thierry Guyader qui ont lâchement abandonné la bande dessinée pour la peinture et la presse.

Après quelques années d’études approximatives mais fort poilantes, j’ai cédé aux encouragements de la femme de ma vie et j’ai écrit le scénario de ce qui allait devenir mon premier livre. Intitulé L’homme qui n’aimait pas les arbres, il s’est niché comme il a pu dans le catalogue Dargaud en 1992. (Source : babélio)

Son blog : http://www.etiennedavodeau.com/

 

L’histoire :

Par un beau temps d’hiver, deux individus, bonnets sur la tête, sécateur en main, taillent une vigne. L’un a le geste et la parole assurés. L’autre, plus emprunté, regarde le premier, cherche à comprendre « ce qui relie ce type à sa vigne », et s’étonne de la « singulière fusion entre un individu et un morceau de rocher battu par les vents. »

Le premier est vigneron, le second auteur de bandes dessinées.

Pendant un an, Etienne Davodeau a goûté aux joies de la taille, du décavaillonnage, de la tonnellerie ou encore s’est interrogé sur la biodynamie.

Richard Leroy, de son côté, a lu des bandes dessinées choisies par Etienne, a rencontré des auteurs, s’est rendu dans des festivals, est allé chez un imprimeur, s’est penché sur la planche à dessin d’Etienne…

Etienne et Richard échangent leurs savoirs et savoir-faire, mettent en évidence les points que ces pratiques (artistiques et vigneronnes) peuvent avoie ne commun ; et ils sont plus nombreux qu’on ne pourrait l’envisager de prime abord. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

« Les ignorants » : des hommes vierges de savoir dans un certain domaine, des hommes humbles  prêts à s’ouvrir à un autre monde, des hommes beaux qui vont se lancer corps et âme dans une « initiation croisée ».  Le titre et le sous-titre ont déjà une aura magique et majestueuse en eux : ils portent l’humanité comme une toile de fond de cette histoire vécue si touchante.

ignorants 2

Richard va mener Etienne dans un monde aux mots inconnus : décavaillonnage, ébourgeonnage, palissage, et Etienne va inviter Richard à découvrir son univers artistique peuplé de mots et d’images. Cet enrichissement mutuel se fait dans une tolérance exemplaire, dans la simple volonté d’accéder à la compréhension d’un monde différent du leur. Leur année commune se centre sur l’ouverture, apprentissage de la différence.

Etienne ne comprend pas toujours les logiques de la biodynamie...

 « J’ai l’impression que c’est très subjectif, la biodynamie...

- Mais TOUT est subjectif dans le vin !" (p. 91)

... comme Richard reste hermétique à l’art de Moebius. Mais il fera la rencontre des pages de Gibrat, Guibert, Mathieu, Spiegelman, et bien d’autres auteurs qui le toucheront à des degrés divers. Quant à lui Etienne rencontrera des gars qui travaillent au naturel pas au chimique, parce que «  la proximité physique et donc mentale, du vigneron avec son travail… pense à ça quand tu bois du vin. » (p. 102)

ignorants-biodynamie.jpg

Les ignorants est truffés de réflexions philosophiques :

« Mais bon, y’a pas de recettes… Il faut de l’attention. Ouvrir les yeux sur les choses élémentaires. » (p.229)

économiques, 

« Rester petit, c’est garder le contrôle sur la qualité de notre travail ! Refusons de croître ! » (p.158)  

réflexions artistiques comme dans ce passage magnifique dans lequel  Marc-Antoine Mathieu évoque sa relation au lecteur :

« Ce qui m’importe par-dessus-tout, c’est qu’ils [ses livres]soient cohérents avec la vision de monde que j’y développe… Ensuite y entre qui veut… »

A la fin de l'album, l’auteur nous livre la liste des vins bus et des BD lues, comme une invitation à nous initier, nous aussi, à ces autres mondes... 

Un joyau d’humanité !

 

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Les deux "ignorants" au milieu des coteaux

© Photo F.Roy - Editions Futuropolis

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien ! 

 

Vous aimerez aussi :

 De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI 

 

D’autres avis :

Blogs : Sylire  Aifelle Joelle - Fransoaz

Presse : Télérama Lire  

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Les ignorants, récit d’une initiation croisée,  Etienne DAVODEAU, Futuropolis, octobre 2011, 272 p., 24,9euros

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Ils ne sont pour rien dans mes larmes d’Olivia ROSENTHAL

Publié le par Hélène

ils ne sont pour rien dans mes larmes

 ♥ ♥ ♥

  « Le cinéma ouvre à une liberté qui est sans lieu, sans paroles, sans voix, c’est un véritable espace intérieur. » (p. 49)

 

L’auteur :

 Olivia Rosenthal a publié six récits (tous aux éditions Verticales) qui mettent aux prises des personnages obsessionnels, inquiets, décalés, avec un monde dans lequel ils ne se reconnaissent jamais tout à fait. Mes petites communautés (1999), Puisque nous sommes vivants (2000), L’Homme de mes rêves (2002) ou Les Fantaisies spéculatives de J.H. le sémite (2005) s’attachent aux formes étranges que prend la pensée d’un personnage quand, incertain de son identité, il est entièrement laissé à lui-même.

Olivia Rosenthal a également expérimenté des formes d’écriture plus directement adressées : fictions radiophoniques ou pièces de théâtre. Sa première pièce de théâtre Les Félins m’aiment bien éditée chez Actes Sud-Papiers a été mise en scène par Alain Ollivier au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis en 2005. Depuis elle a écrit deux autres pièces et travaille actuellement sur la part d’oralité que toute écriture recèle.
C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée dans des performances où elle dit en direct et en son nom propre des textes humoristiques, grinçants et décalés sur nos folies ordinaires. Ces textes écrits pour la scène en collaboration avec cinéastes, écrivains ou plasticiens, ont été présentés dans divers lieux artistiques et festivals (Lieu Unique à Nantes, festival des Intranquilles aux Subsistances, Ménagerie de Verre à Paris ou prochainement festival « Court toujours » à la Scène nationale de Poitiers).

Dans le cadre de ce travail qui associe l’écriture à des formes de lectures en direct, elle s’est engagée dans un projet sur l'« architecture en paroles ». Le premier volet est un récit-fiction réalisé pour le 104 : Viande Froide, aux éditions Lignes. Dans cette série toujours, elle a également publié Les Lois de l’hospitalité chez Inventaire-Invention.

Elle propose en mars 2012, dans la collection Minimales, Ils ne sont pour rien dans mes larmes, un récit morcelé qui explore les différentes relations, intenses et intimes, des personnages à leur film préféré. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

« Quel film a changé votre vie ? » C’est la question simple et vertigineuse que pose ce livre. Pour y répondre, quatorze voix singulières racontent comment le cinéma est entré par effraction dans leur existence. C’est un livre sur tous ceux qui fréquentent les salles obscures pour se rassurer, pour oublier, pour se divertir, pour comprendre, pour avoir peur. On y rencontre des acteurs, des couleurs et des sons, des histoires de famille, des exemples à suivre, des motifs de rupture, toute une intimité avec des images souvent anciennes qui, passées au crible de la mémoire, continuent à hanter nos esprits et nos corps.

On y apprend que l’art n’est pas nécessairement coupé de la vie et on se dit que c’est une information à retenir.  (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 Les quatorze personnages qui s’expriment en ces pages ont un lien viscéral très fort avec le cinéma, ou à tout le moins, avec un film vu un jour un peu par hasard. Qu’il soit une claque monumentale, un miroir de nos émotions, qu’il offre une réponse à certaines questions et éclaire des zones d’ombre, qu’il densifie la vie, le film évoqué a laissé une marque indélébile chez le personnage qui en parle. Comme s'il s'était adressé directement à eux, par des voies mystérieuses :

 « Les enfants imaginent que leur père a quelque chose à leur dire. Ils imaginent que leur père n’arrive pas à le leur dire. Ils imaginent que le cinéma dira quelque chose à la place de leur père, que chaque film est une grande histoire parlée qui leur est directement adressée. Au lieu de regarder les images, ils écoutent et écoutent encore comme s’ils entendaient enfin la voix de leurs parents. » (p. 29)

 Le texte regorge d'aphorismes, de phrases lumineuses qui sonnent et résonnent en nous, lecteurs et spectateurs :

 « Quand on est habité par l’art cinématographique, on est plus fort que ses échecs, on croit qu’on pourra par sa seule générosité plier le monde à son désir. » (p. 41)

  rouge.jpg

Rouge de Krysztof KIESLOWSKI

Tout spectateur se souvient lui aussi d'une osmose parfaite entre lui et un film, il garde en lui la puissance d'une réplique, la force de larmes, la délivrance d'un rire. En cela, ce petit livre sans prétentions émeut profondément le lecteur et lui rappelle la force de cette émotion perdue. Olivia Rosenthal elle-même évoque dans une scène finale avec humour et sensibilité ses propres réactions devant Les parapluies de Cherbourg :

 « La première fois que je vois ce film

En compagnie de mon seul et unique amour

Et d’un couple d’amis

Je pleure tellement

Que je n’ose pas me lever

Ni regarder autour de moi

Ni parler

Et que je reste collée à mon fauteuil

Tête baissée

En faisant semblant d’être très occupée

A chercher quelque chose

Que je n’arrive pas à retrouver.

(…)

Avouer qu’on ne cherche pas ses clefs

Sous les fauteuils d’orchestre du dernier rang

Mais juste qu’on se cache

Pour pleurer

C’est sans doute pénible

Mais ça a l’avantage

D’être clair

Bien qu’à la vérité ça ne permette pas d’élaborer

Une analyse précise et poussée

Des raisons pour lesquelles on est à ce point-là

Affectée. » (p.100)

  parapluies-de-cherbourg-1963-10-g

Ce que chante Olivia Rosenthal à travers ces personnages n’est pas simplement un hymne au cinéma, mais bien un hommage poignant à la culture, à l’art qui transcende le réel pour mieux le pénétrer et l’imprégner. Cet art influe sur nos vies et dessine des trajectoires dans des destins humains, il est finalement indissociable de la vie même tant les fils qui tissent les fictions et la réalité sont entremêlés…

 

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 

Premières phrases :

« J’ai le vertige.

Depuis que ma sœur s’est jetée par la fenêtre, j’ai le vertige.

Quand on se jette du septième étage d’un immeuble parisien, sans matériel particulier pour freiner sa chute, on le fait pour mourir.
Parachutes, deltaplanes, ballons, corde, mousquetons, aile, cape, filets, toiles, tapis, matelas
les moyens ne manquent pas d’éviter le pire
si donc on n’utilise pas tous les moyens pour survivre, c’est qu’on se jette pour mourir.

Je me penche, je vacille, je bascule, je lâche, je plonge, je me renverse, je chute, je tombe, je cogne, je percute, je me heurte, je me brise, je m’endommage, je me fracture, je me fracasse, je m’ouvre, je me défais, je me disloque, je me déchire, je me désagrège, j’éclate. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Que font les rennes après Noël

Autre : Nous aurons toujours Paris de Eric FAYE

 

D’autres avis :

Presse : Magazine littéraire  Télérama  L’express  

Blogs : Les 8 plumes  Antigone  

 

Ils ne sont pour rien dans mes larmes, Olivia Rosenthal, Verticales, mars 2012, 109 p., 11.50 euros

 dialogues-croises

 

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Vida de Patricia ENGEL

Publié le par Hélène

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L’auteur :

Patricia Engel est née de parents colombiens et a grandi dans le New Jersey. Son premier roman, Vida, figurait dans la liste des meilleurs livres de l’année selon le New York Times et a été finaliste du PEN/Hemingway Award. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

Dans ce premier roman unanimement salué par la critique américaine, Patricia Engel nous emmène sur les (hauts) talons de sa narratrice, Sabina, une jeune femme appartenant à la diaspora colombienne aux Etats-Unis, qui lutte pour façonner son identité dans et au-delà de sa sphère familiale.
Progressant par tableaux, dans le New Jersey, à New York, à Miami, à Bogota, l’auteur manie aussi bien le détail que l’ellipse pour nous faire ressentir les secousses de cette transformation à la si lente violence que l’on appelle « devenir une femme ». (Quatrième de couverture)


Mon avis :

Sabina est un personnage attachant, et nous la découvrons au travers de différents tableaux échelonnés tout au long de sa vie. Elle nous conte des rencontres marquantes de sa vie ou des relations éphémères avec lucidité et nostalgie.

Mais autant les rencontres liées  à l’enfance résonne d’un son cristallin envoûtant, autant celles de la vie adulte deviennent banales, narrant rencontres amoureuses et coucheries. Les chapitres centrés sur d’autres personnages que Sabina sont souvent bien meilleurs que ceux consacrés à la vie somme toute banale de la jeune femme.

Un souffle frais et pur traverse le roman mais il manque encore d’intensité et de maîtrise…

 

Première phrases :

« C’était l’année où mon oncle a été arrêté pour le meurtre de sa femme et où notre famille est devenue la cible de tous les ragots de la ville. Mon père et mon oncle étaient associés, ce qui voulait dire que mes parents étaient pratiquement en procès eux aussi, et donc que la plupart des autres parents ne voulaient plus que leurs gosses traînent avec moi. »

 

Vous aimerez aussi :

La nuit des femmes qui chantent de Lidia JORGE

 

Vida, Patricia Engel, traduit de l’anglais (EU) par Marie de Prémonville, Editions Anne Carrière, janvier 2012, 320 p., 20 euros

 

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A mon âge, je me cache encore pour fumer de RAYHANA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « SAMIA - D’être avec vous comme ça, je me sens forte comme un homme.

NADIA - Une femme  Samia, une femme ! » (p. 103)

  

L’auteur :

 Née dans le quartier de Bab el-Oued à Alger, Rayhana a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts puis de l’Institut national d’Art dramatique et chorégraphique (Inadc) de Bordj el-Kiffan, avant de rejoindre la troupe du Théâtre de Béjaïa alors dirigée par feu Malek Bouguermouh. Comédienne sur plusieurs pièces et films pour la télévision et le cinéma, Rayhana a fait ses premiers pas d’auteure et de metteure en scène avec Fita bent el alouane, une pièce pour enfants créée en 1992, avant de quitter l’Algérie pour la France. A mon âge, je me cache encore pour fumer est sa première pièce écrite en français.

 

L’histoire :

A mon âge, je me cache encore pour fumer est une tragi-comédie qui rassemble 9 femmes d’âges et de conditions diverses dans un hammam à Alger. Dans l’intimité de cet espace protégé de l’extérieur, les regards et les points de vue se croisent, entre pudeur et hardiesse, dans le dévoilement violent, ironique, drôle et grave, des silences refoulés de femmes qui se sont tues trop longtemps. Peu à peu se révèlent leurs destins particuliers, à travers des histoires qui ont marqué et modelé leur chair, dévoilant progressivement la violence politique, sociale et sexuelle d’une Algérie en proie à la corruption, à la misère et à l’intégrisme meurtrier. Un enfant s¹apprête à venir au monde et par instinct et nécessité, toutes, d’une manière ou d’une autre se lèveront pour protéger et défendre cet être nouveau, symbole de leur foi inébranlable en l’avenir. Neuf femmes,neuf destins entre rébellion, rêve ou soumission, réunis au coeur de la matrice, le Hammam, ou le combat contre l’oppression, la violence, la guerre, se panse entre fous rires et pleurs, secrets et exaltation.

 

Ce que j’ai aimé :

Parce que les femmes se retrouvent au hammam, les hommes sont exclus de l'espace de la pièce. Ils restent à la porte et ils auront beau cogner pour entrer, les portes de la féminité resteraont solides... Mais si ces hommes sont absents, ils sont de au coeur de toutes les conversations. Pour Samia, ils représentent l'espoir juvénile d'un amour torride et complet, pour les autres, ils sont bien souvent porteurs d'oppression et d'incompréhension. Latifa aura beau essayer de réconforter la jeune naïve en lui vantant les qualités de son propre mari, les hommes auront tout de même raison des rêves rosés de la jeune Samia qui n'en sortira pas indemne... 

Les dialogues sont calibrés, intelligents et teintés d'humour, comme ces femmes qui pointent du doigt les aberrations de leur pays mais y sont néanmoins viscéralement attachées comme le souligne Fabien Chappuis, metteur en scène de la pièce :

« Même si des évènements récents ont donné toutes les raisons objectives de partir, la patrie reste le lieu de nos origines, de l’histoire dont nous sommes le fruit, de l’histoire de nos parents, de notre enfance. Une patrie qui a été source de souffrance mais que l’on ne peut s’empêcher d’aimer profondément. Une histoire difficile mais qui reste, malgré tout, notre histoire. Si Rayhana condamne certains aspects de l’histoire récente de l’Algérie, le portrait qu’elle fait de ces femmes est pour moi une déclaration d’amour. » (Préface de Fabian Chappuis)

En témoigne la dernière scène :

« VOIX OFF DE SAMIA – Moi, je ne fais pas comme ma mère, je ne me frappe jamais la tête quand je suis triste. Moi, je vais en haut, sur la terrasse de notre immeuble blanchi à la chaux, à l’occasion du grand nettoyage pour accueillir le printemps. Chez nous tout est blanc ; Alger la blanche, c’est comme ça que l’appellent les amoureux. Depuis ma terrasse je regarde, la mer, là-bas, au loin, coincée entre deux immeubles blancs eux aussi. Parfois il y a des bateaux, on dirait des goélands géants, chargés de poissons encore vivants dans leurs ventres, et je pense aux jeunes qui, tout comme ces poissons, se cachent dans les entrailles des bateaux qui rejoignent la France…

De ma terrasse, je regarde les autres terrasses, où d’autres femmes suspendent le linge de toutes les couleurs, délavé par la force des mains ! Ca ressort mieux, qu’elles disent : dix pantalons, douze chemises, vingt culottes… et des foulards surtout des foulards qui souvent se détachent et s’envolent, emportés par le vent, attirés vers la mer eux aussi.

Il y a aussi d’autres filles suspendues à leurs terrasses. On regarde, on se regarde, on s’épie, on rêve… Puis d’un seul coup, en même temps, un cri attire notre attention vers la rue en bas, au pied de l’immeuble : (comme si elle commentait un match de foot) des enfants qui courent de partout, ils crient, ils gigotent, ils sautent… Et But ! L’équipe des enfants de l’immeuble de gauche vient de marquer un but à l’équipe de l’immeuble de droite avec leur ballon de fabrication locale, fait d’un sac poubelle bourré de vieux journaux que leurs pères ont fini de lire, et que leurs mères ont déjà utilisé pour faire briller les vitres. Les petites filles à côté, jouent à la mariée, elles font la fête, elles chantent tout en tapant sur les bidons d’huile en guise de derbouka, que leurs mères a essoré jusqu’à la dernière goutte dans le couscous familial de la veille.

Et puis d’un seul coup, des cris, des rires, des sourires et des youyous, des milliers de youyous à vous percer les tympans, des youyous de joie qui s’échappent de chaque immeuble, de chaque fissure, de chaque femme, de chaque gorge : l’eau est revenue !

A la fin de chaque pénurie on est tellement heureux ; et on en a des pénuries ! Il n’y a pas que de l’eau qui nous manque, l’électricité, la semoule, la patate et l’amour, surtout.

Moi je crois en l’amour.

C’est pour ça que je ne veux pas partir… »

Un magnifique cri d'espoir...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 D'avoir manqué sa représentation...

 

Premières répliques :

« FATIMA – Mon Dieu, qu’est-ce qui se passe !

MYRIAM – (essouflée et en pleurs ; elle parle en arabe) El Babe, aghelqui el bab, rabbi yiaychak eghelkiha !

Fatima se dirige vers la porte.

FATIMA – Ne crie pas, je vais la fermer cette porte ! (grognant, à elle-même) Il n’y a plus nulle part où l’on peut fumer tranquille dans ce pays… »

 

D’autres avis :

Jeune Afrique ; Marianne 

A mon âge, je me cache encore pour fumer, Rayhana, Les cygnes, décembre 2009, 11 euros

 

Publié dans Théâtre

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Dans les forêts de Sibérie de Sylvain TESSON

Publié le par Hélène

                                          dans les forets de sibérie

  ♥ ♥ ♥

« La forêt resserre ce que la ville disperse. » (p. 43)

   

 L’auteur :

 Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l'Asie centrale, qu'il parcourt inlassablement depuis 1997. Il s'est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L'Axe du loup (Robert Laffont). De lui, les Éditions Gallimard ont déjà publié Une vie à coucher dehors (2009) et, avec Thomas Goisque et Bertrand de Miollis, Haute tension (2009). (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

  Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.

  J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
  Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
  Je crois y être parvenu.
  Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
  Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
  Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
  Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

L'expérience que tente l'auteur est fascinante et tout un chacun happé dans une vie urbaine envahissante a sans doute rêvé à un moment ou un autre de se retirer loin du monde pour méditer et faire connaissance avec soi-même...

 « Il fait -33°. Le camion s’est fondu à la brume. Le silence descend du ciel sous la forme de petits copeaux blancs. Etre seul, c’est entendre le silence. Une rafale. Le grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J’écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud.

J’ai atteint le débarcadère de ma vie.

Je vais enfin savoir si j’ai une vie intérieure. » (p. 36)

L'auteur insiste sur la fulgurance de l'expérience qui atteint une intensité libératrice inimaginable :

  « J’ai avalé presque tout Jack London, Grey Owl, Aldo Leopold, Fenimore Cooper et une quantité de récits de l’école du Nature Writing américain. Je n’ai jamais ressenti à la lecture d’une seule de ces pages le dixième de l’émotion que j’éprouve devant ces rivages. Je continuerai pourtant à lire, à écrire. » (p. 55)

Ses journées se trouvent tout à coup vidées du temps, ce qui lui permet de fonder un autre espace-temps : il redécouvre le monde et le réinvente.

« Moi qui sautais au cou de chaque seconde pour lui faire rendre gorge et en extraire le suc, j’apprends la contemplation. Le meilleur moyen pour se convertir au calme monastique est de s’y trouver contraint. S’asseoir devant la fenêtre le thé à la main, laisser infuser les heures, offrir au paysage de décliner ses nuances, ne plus penser à rien et soudain saisir l’idée qui passe, la jeter sur le carnet de notes. Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l’inspiration sortir. » (p. 43)

  

sylvain-tesson2.jpg

 « L’homme libre possède le temps. L’homme qui maîtrise l’espace est simplement puissant. En ville, les minutes, les heures, les années nous échappent. Elles coulent de la plaie du temps blessé. Dans la cabane, le temps se calme. Il se couche à vos pieds en vieux chien gentil et, soudain, on en sait même plus qu’il est là. Je suis libre parce que mes jours le sont. » (p. 72)

Loin de lasser le spectateur passif de l'isolement du narrateur, le ton de son récit teinté d'humour réhausse encore les qualités de son texte :

« « Moins on parle et plus on vivra vieux. » dit Youri. Je ne sais pourquoi mais je pense soudain à Jean-François Copé. Lui dire qu’il est en danger. » (p. 71)

 De plus, Sylvain Tesson n'est jamais isolé très longtemps : il reçoit de nombreuses visites des autochtones, et surtout il est entouré des auteurs à qui il a proposé le voyage, des philosophes, des aventuriers comme lui, des poètes, des hommes -principalement- qui ont nourri des réflexions sur la solitude, sur la vie avec les autres, sur le monde et notre raison d'être à travers lui...

 Dans les forêts de Sibérie est un récit passionnant  nourri de réflexions qui permettent d'éclairer la nuit de ceux qui perdent progressivement le rapport au monde...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 La fin marque le retour à la civilisation mais nous n'avons aucune indication sur la façon dont se passe ce retour... Qu'a-t-il tiré de son expérience, cela a-t-il changé sa façon de vivre en ville, l'homme peut-il profiter du temps qui passe et de la beauté du monde même s'il est englué dans le quotidien d'une vie trépidante... Autant de questions auxquelles le lecteur aimerait avoir des réponses... Peut-être est-ce prévu dans un prochain tome ?

 

Premières phrases :

« Je m’étais promis avant mes quarante ans de vivre en ermite au fond des bois.

Je me suis installé pendant six mois dans une cabane sibérienne sur les rives du lac Baïkal, à la pointe du cap des Cèdres du Nord. Un village à cent vingt kilomètres, pas de voisins, pas de routes d’accès, parfois, une visite. L’hiver, des températures de -30°C, des ours sur les berges. Bref, le paradis. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON

Autre : Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

 

D’autres avis :

Blogs : Papillon , Mango , Violette ; Jérôme

Presse :L’Express , Télérama

« L'homme face à la nature… Un livre beau, sobre et dépouillé d'emphase. »

Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur

« Une expérience radicale, un texte magnifique. »

Christophe Ono-Dit-Biot, Le Point

« Peut-être le plus brillant de nos écrivains voyageurs. »

Jérôme Dupuis, L'Express

« Sylvain Tesson avance pour savoir ce qu'il a dans le ventre. »

Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche

« Un livre magnétique. »

Florent Georgesco, Le Monde

« Des sensations inédites, un récit précis et poétique. »

Pauline Delassus, Paris Match

 

Dans les forêts de Sibérie, Février-Juillet 2010, Sylvain Tesson, Gallimard, septembre 2011, 288 p., 17,90 euros

 

sylvain-tesson

 

Quelques uns des livres que l'auteur emporte avec lui dans sa cabane :

  

La Ferme africaine, Karen Blixen
Noces, Camus
La chute, Camus
De sang-froid, Truman Capote
Histoire de ma vie, Casanova
Eva, James Hadley Chase
Au cœur du monde, Cendrars

 Vie de Rancé, Chateaubriand

Romans de la Table ronde, Chrétien de Troyes
 Typhon, Conrad
Le poète, Michael Connelly
L’Amant de Lady Chatterley, D.H.Lawrence
Gilles, Drieu la Rochelle
Robinson Crusoé, Daniel Defoe
Un taxi mauve, Déon
Le Mythe de l'éternel retour, Mircea Eliade
American Psycho, B.E.Ellis
Lune sanglante, James Ellroy
Un théâtre qui marche, Philippe Fenwick

Indian Creek, Pete Fromm

La Promesse de l’aube, Romain Gary

 Le Chant du monde, Giono
Elegie de Marienbad, Goethe
Vingt-cinq ans de solitude, John Haines

 Moisson rouge, Dashiell Hammett

Nouvelles complètes, Hemingway
Traité du désespoir, Kierkegaard
L'Insoutenable légèreté de l'être, Kundera
Les hommes ivres de Dieu, Lacarrière
Tao-tö-King, Lao-Tseu
Des pas dans la neige, Erik L'homme
De la nature, Lucrece
Traité de la cabane solitaire, Marcel
Le Pavillon d'Or, Mishima
Fouquet, Morand
Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
La Dernière frontière, Grey Owl
Des nouvelles d'Agafia, Peskov
Rêveries du promeneur solitaire, Rousseau
La philosophie dans le boudoir, Sade
Odes, Segalen
Le Songe d'une nuit d'été, Shakespeare
Walden, Thoreau
 Vendredi, Michel Tournier
Feuilles d'herbe, Whitman
L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar
Les Mille et Une Nuits
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La princesse de Clèves de Madame de LA FAYETTE

Publié le par Hélène

princesse de clèves

♥ ♥

 

"J'avoue que les passions peuvent me conduire ; mais elles ne sauraient m'aveugler." (p. 174)

 

L'auteur :

 

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, plus connue sous le nom de Madame de La Fayette, est une femme de lettres française. Elle est née le 18 mars 1634 à Paris, morte le 25 mai 1693. Elle a écrit le premier roman historique français, La Princesse de Clèves, souvent considéré comme le premier roman moderne. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

 

À la cour du roi Henri II, une jeune femme ignorante du monde et élevée selon une morale stricte, fait un mariage de convention avec le prince de Clèves avant d’éprouver auprès de M. de Nemours les ravages de la passion amoureuse.

Tenant à la fois des mémoires, du roman baroque et du roman héroïque, La Princesse de Clèves est au confluent de plusieurs genres. Cette œuvre inclassable, à la fois roman et nouvelle, fonde le roman psychologique moderne. (Présentation Hatier)

 

Ce que j'ai aimé :

 

La princesse de Clèves est le récit d’un amour tragique : tragique pour la princesse elle-même parce que cet amour lui est interdit puisqu’elle ne peut s'y livrer sans trahir son mari. Mais tragique aussi pour le prince de Clèves, homme dévoré par la jalousie que sa femme a provoquée malgré elle en lui avouant sincèrement ses sentiments envers le duc de Nemours.

 

"Adieu, Madame, vous regretterez quelque jour un homme qui vous aimait d'une passion véritable et légitime. Vous sentirez le chagrin que trouvent les personnes raisonnables dans ces engagements, et vous connaîtrez la différence d'être aimée, comme je vous aimais, à l'être par des gens qui, en vous témoignant de l'amour, ne cherchent que l'honneur de vous séduire." (Tome IV)

 

Le conflit entre désir et raison imposée par la morale est au cœur du roman, et en transcendant ses aspirations passionnées, la princesse devient un modèle de vertu, un modèle de liberté, et bien plus encore :

 

« Elle sait quels désastres apportent dans la vie d'une femme une passion illégitime, de quel prix il faut payer certaines joies interdites. Elle sait aussi à quelles humiliations elle s'exposerait, dans quels enchaînements de mensonges elle serait entraînée. Son honneur pas plus que sa raison ne lui permettent de faiblir. (...) Il est beau de n'attendre rien de la vertu, ni les récompenses de l'au-delà, ni les satisfactions de la conscience, ni la considération mondaine : rien que la vertu même, si ce mot signifie la dignité habituelle des pensées et de la conduite, la maîtrise de soi, l'intégrité du caractère." (Préface d’Antoine Adam)

 

La tragédie s’étend bien au-delà des seules barrières maritales : quand la princesse sera libre d’avouer ses sentiments au duc de Nemours, elle s’y refusera.  Elle ne veut pas pervertir l'amour qu'elle ressent pour le duc. En y cédant, elle se heurterait à son affaiblissement progressif, à son usure inéluctable, à sa déchéance. Elle vit une passion absolue avec ce qu'elle induit : renoncement et mort, comme dans les tragédies antiques. Choisir la raison c'est construire une vie sans imprévu, monotone, mais choisir la passion est synonyme de douleur et d'aliénation. Pour Madame de La Fayette, tout bonheur est impossible.

 

Le roman peint avec minutie la force des apparences à la cour, la dissimulation constante nécessaire à sa survie dans un monde factice, univers de l’artifice par excellence. Chaque parole, chaque action se doit d’être mesurée, soupesée…  La sincérité de la princesse, somme toute très morale, perdra le prince qui aurait préféré rester dans l’ignorance des sentiments de sa femme adorée.

 

La princesse de Clèves est un roman classique dont l'objectif est de "viser l'essence de l'être humain, la connaissance des valeurs universelles et non conjoncturelles." En cela il  est atemporel, et permet au lecteur de tous les siècles de s'interroger sur des sujets divers afin d'esquisser un semblant de réponse. Les multiples ramifications offertes par la lecture des oeuvres classiques forment l'esprit et le coeur du lecteur moderne bien plus sûrement que la frivolité d'une existence sans art...

 

La beauté de ce roman, la nouveauté du sujet à l'époque et sa façon de manier la morale en feront l’ancêtre du roman moderne.

 

Ce que j'ai moins aimé :

 

Quelques passages plus rebutants concernant les intrigues annexes, sentimentales et politiques.

 

Premières phrases :

 

"La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n'en était pas moins violente, et il n'en donnait pas des témoignages moins éclatants."

 

La polémique liée à Nicolas Sarkozy:

 

L’express :

 

La princesse de Clèves défie le président

Par Debril Laurence et Mandonnet Eric et , publié le 26/02/2009 à 18:40

A force de se moquer d'elle, Nicolas Sarkozy en a fait un signe de ralliement contre lui. La princesse de Clèves, première opposante de France?

C'est une liaison ancienne, entamée sur les bancs du lycée, et qu'il ne parvient pas à oublier. L'aurait-elle fait trop souffrir? La princesse de Clèves n'appartient plus seulement à Mme de La Fayette; elle forme désormais avec Nicolas Sarkozy un couple aussi inattendu qu'emblématique. Le président y est pour beaucoup, qui n'a que son nom à la bouche. Pendant la campagne, il la moquait presque autant que son adversaire socialiste. Comme ce 23 février 2006, à Lyon, devant des militants UMP: "L'autre jour, je m'amusais [...] à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!" 

Son obsession ne le quittera pas après son arrivée à l'Elysée. Le chef de l'Etat l'évoque à nouveau, le 4 avril 2008, lors d'un discours sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l'Etat, en défendant "la possibilité pour quelqu'un d'assumer sa promotion professionnelle sans [...] réciter par coeur La Princesse de Clèves". Lors d'une rencontre organisée par la Ligue de l'enseignement, en juillet 2008, il trouve encore le moyen d'y faire référence. Il lui arrive même d'en parler sans prononcer son nom, dans une allusion limpide, comme dans cette interview à 20 Minutes, en 2007: "Le contribuable n'a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si, au bout, il y a 1 000 étudiants pour deux postes [...]. Le plaisir de la connaissance est formidable, mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la réussite professionnelle des jeunes." 

La princesse de Clèves est devenue le symbole de la résistance à la rentabilité.

A la longue, La Princesse revisitée par le président blesse le coeur des lettrés. Ils organisent la riposte, du réalisateur Christophe Honoré, qui affirme avoir tourné son dernier long-métrage, La Belle Personne, afin "d'apporter un démenti en forme de film", aux enseignants, prompts dorénavant à organiser des lectures publiques de l'oeuvre dans les rues de Paris, d'Avignon et de Montpellier. "Nous croyons que sans la complexité, la réflexion et la culture la démocratie est morte", explique Sophie Rabau, maître de conférences à Paris III, organisatrice de la représentation parisienne. "On veut nous obliger à ne nous intéresser qu'à des choses rentables, qui amélioreront la compétitivité française, s'agace Christine, chercheuse à l'Institut national d'études démographiques. Mais ce n'est pas comme cela qu'on fait évoluer une société! L'université, c'est aussi le lieu de la beauté et pas forcément de la performance, de la pensée et pas toujours de la rentabilité..." 

La Princesse de Clèves n'est plus aujourd'hui le premier roman moderne de la littérature française. C'est devenu à la fois un symbole -l'inutile a-t-il encore le droit à l'existence?- et une attaque contre la personne même du président, caricaturé en être inculte. "Nicolas Sarkozy a seulement voulu souligner le fossé entre les programmes des concours et la réalité quotidienne des gens, explique l'un de ses conseillers. Ceux qui le critiquent manquent-ils à ce point d'humour pour prendre cette histoire au premier degré?" L'Elysée n'a toutefois pas pris l'affaire complètement à la légère. Quelques touches de culture, d'une visite d'exposition à une soirée à la Comédie-Française, sont venues distraire l'agenda présidentiel. Plus que jamais, la princesse de Clèves aura montré à quel point elle pouvait être précieuse... 

A lire aussi : Le Monde, 24 heures philo

 Vous aimerez aussi :

   Le scandale de la saison de Sophie GEE

 

La princesse de Clèves, Madame de la Fayette, plusieurs éditions disponibles.

 A découvrir aussi ici : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/cleve1.html

 

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Une enfant de Poto-Poto de Henri LOPES

Publié le par Hélène

                       

♥ ♥

L’auteur :

Né en 1937, Henri Lopès est un écrivain congolais (Brazzaville).Il a assumé de hautes fonctions politiques et administratives dans son pays (Premier ministre de 1973 à 1975) avant de devenir (depuis 1982) fonctionnaire international de l'Unesco à Paris. La récente parution de Le Lys et le Flamboyant aux éditions du Seuil complète un oeuvre jusque là composée d'un recueil de nouvelles (Les Tribaliques, Clé, 1971), et de cinq romans : La Nouvelle Romance (Clé, 1976), Sans Tam-tam (1977), Le Pleurer-Rire (1982), Le Chercheur d'Afrique (Seuil, 1989), et Sur l'Autre Rive (Seuil, 1992). Ses écrits réalisés au Congo révèlent les contradictions de L'Afrique indépendante ; elle évoque surtout le combat que l'individu mène contre les entités collectives en s'appuyant sur la lecture et le savoir. Son oeuvre parisienne très intimiste est une quête identitaire de ses principaux personnages à travers le temps. (Source : africultures)

 

L’histoire :

 

« À la une, la photo d'une foule en liesse... En bas, dans le coin gauche, quelqu'un lève deux doigts. C'est Pélagie. À sa gauche, c'est moi, Kimia... C'était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance... Pour Pélagie et moi, il s'agissait plus d'une occasion de réjouissance que d'une date historique. » Suit le récit d'une amitié liant deux jeunes femmes que l'évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d'un monde divisé.


Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas ! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto ?... Doublant l'intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d'Afrique et d'ailleurs. À contre-courant des clichés, l'auteur, à l'écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues.


De l'Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d'intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s'assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Toute la première partie du roman est consacrée aux dernières années de lycée des deux jeunes femmes que sont Pélagie et Kimia. Entre soirées dansantes, partiels aux sujets improbables ("Aux partiels de février, il sema la panique en nous faisant sécher sur un sujet dont le libellé fit penser à un canular : "Quelle est la teneur métaphysique du jaune, quel est le coefficient métaphysique du citron ?"" (p.122)), prétendants pas toujours désirables, rêves de départ pour la France, premiers amours, premières déceptions...

«Au Congo, on danse pour courtiser, pour célébrer la lune, la moisson, le nouveau-né, le mariage, on danse aussi pour exprimer sa tristesse. On danse pour prier. On danse pour pleurer ses morts. On danse pour se recréer, on danse pour dire sa mélancolie. Selon la manière dont on remue sa ceinture, la rumba exprime la joie ou le chagrin ».(p.103)

 

Elles sont surtout fascinée par leur professeur, métis plus noir que les congolais, homme brillant et passionnant, contesté, renvoyé, réintégré...

 

En toile de fond vibre l'indépendance du Congo, les violences inhérentes au nouveau statut du pays, les enlèvements discrets, les cannonades inexpliquées, un climat tendu et dur.

 

Pourtant, ce sont pour les jeunes femmes, les derniers jours paisibles qui ne demandent pas d'efforts, de ceux qui nous portent vers le futur sans grand trouble.

 

Vient ensuite le temps des choix, les départs vers l'étranger pour suivre des études qui éloignent inéluctablement les êtres de leurs amis et de leurs racines...

 

Avec simplicité et intelligence, Henri Lopès rend hommage à son pays et à ses jeunes filles pour qui tout commence et tout finit. Ce roman est aussi pour lui l'occasion de s'exprimer sur des sujets qui lui sont proches comme le métissage, l'amour, les femmes, son pays , ou encore le statut d'écrivain puisque la jeune Kimia devient elle-même écrivain et est amenée à assister à des rencontres avec ses lecteurs :



"Je ne crois pas au bien-fondé de ces rencontres. Elles aident peu à la vente des livres et sont une perte de temps pour les auteurs. Je n'y rencontre jamais les écrivains que j'admire. Aujourd'hui, c'est par les médias que l'on touche les lecteurs. C'est à notre personnage qu'on s'intéresse, pas à notre travail.
Le programme prévoyait l'animation d'ateliers d'écriture. Un exercice vain. L'écrivain est un artisan. Son métier s'apprend, mais pas dans une classe. Il n'est ni un cordon bleu ni un féticheur possédant des recettes et des pouvoirs secrets à transmettre. C'est en lisant qu'on apprend à écrire.
[...]
Pas d'atelier d'écriture ni de conférence ex cathedra. Je lirai mes textes. C'est l'unique introduction à tout débat fructueux. La meilleure.
Paresse ? Fantaisie ? Un peu des deux. Avant tout une intime conviction. La préparation de conférences disperse, mord sur le temps réservé à l'écriture, n'est pas dans la nature de l'artiste. Toute ma philosophie s'exprime dans mes romans. Mes gloses ne peuvent éveiller l'écho que mes romans font résonner en vous."  (page 204)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

La deuxième partie centrée sur la relation triangulaire entre Pélagie, Kimia et Franceschini est beaucoup plus classique et de fait moins passionnante et enrichissante...

 

Premières phrases :

 

« Certains nous appelaient les enfants dipanda, un mot forgé pour traduire indépendance en langue. J’avais alors dix-huit ans, Pélagie un peu plus.

J’ai conservé le numéro de Courrier d’Afrique qui relate les festivités de la nuit de dipanda.

A la une, la photo d’une foule en liesse. L’épreuve est de mauvaise qualité. En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. A sa gauche, c’est moi, Kimia. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Photo de groupe au bord du fleuve de Emmanuel DONGALA

 

D’autres avis :

 

Presse : Le point L'Humanité  

 

Une enfant de Poto-Poto, Henri LOPES, Gallimard, Continents noirs, janvier 2012, 272 p., 17,50 euros

 

Merci aux Editions Gallimard.

 

Publié dans Littérature Afrique

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A la trace de Deon MEYER

Publié le par Hélène

                     

♥ ♥ ♥

L’auteur :

Né en 1958 à Paarl, en Afrique du Sud, Deon Meyer a été journaliste, puis rédacteur publicitaire et stratège en positionnement Internet, il est aujourd’hui l’auteur unanimement reconnu de best-sellers traduits dans 15 pays. Il vit à Melkbosstrand.

 L’histoire :

Chacun des protagonistes de ce roman aux intrigues apparemment distinctes laisse des traces. Toutes, à un moment donné, vont se croiser.

Milla, mère de famille qui plaque son foyer et rejoint l’Agence de Renseignement Présidentielle au moment où un groupuscule islamiste s’agite de manière préoccupante.

L’aventurier Lemmer qui protège le transfert à la frontière du Zimbabwe de deux inestimables rhinos noirs. Lukas Becker, l’archéologue aux prises avec les gangs de la plaine du Cap. L’ex-flic Mat Joubert, devenu détective privé, chargé d’enquêter sur la disparition d’un cadre de l’Atlantic Bus Company.

Comparée à l’univers du polar américain (corruption, drogue, prostitution), la matière romanesque de À la trace, qui allie « le monde animal, inhérent à notre culture », des contrebandes pittoresques, l’émancipation des femmes, la culture gangsta des villes, frappe par sa richesse et sa diversité.

Deon Meyer est un des rares auteurs qui, tout en maîtrisant avec brio les règles du genre, ouvre grand le champ des problèmes contemporains de son pays. (Présentation de l’éditeur)

Ce que j’ai aimé :

Deon Meyer nous offre trois histoires dans un seul roman :

Celle de Milla, femme au foyer qui décide de fuir son havre oppressant. Obligée de trouver du travail, elle se fait embaucher ni plus ni moins par les services de renseignement sud africains et va se lancer à cœur perdu dans sa mission. Seulement un grain de sable va s’immiscer dans sa vie monotone, faisant exploser en lambeaux toutes ses certitudes. Milla souhaiter une vie trépidante, loin de son quotidien lassant, elle va trouver bien plus que cela...

« Notre vie est composée de vingt-deux mille jours en moyenne. Combien nous restent en mémoire, nommés et datés ? Dix, douze ?... Anniversaires, mariage et divorce, séparations, décès, puis quelques Grandes Premières… Les traces des autres jours s’usent peu à peu. Résultat : la vie consiste en fin de compte en l’équivalent d’un mois de jours dûment enregistrés en mémoire et d’une poignée de souvenirs non datés.

Il faudrait vivre en sorte que chaque jour laisse une trace. » (p. 345)

La deuxième histoire nous permet de retrouver Lemmer et ses failles qui nous emmène au cœur du veld. Lemmer est un personnage passionnant qui garde en lui cette violence sous-jacente, l'entourant d'une aura dense. Il va faire ici la connaissance de Fléa, jeune femme fascinante aux mille facettes...

 

Rhinoceros_en_Afrique_du_Sud.jpg

 

« N’est-ce pas là le problème essentiel de notre communauté ? Nous sommes tous devenus spectateurs, nous restons en marge et commentons, critiquons… Avides de lire, d’entendre et de raconter les malheurs d’autrui, nous participons de loin, du haut de notre supériorité morale. « Eh oui, ils ont eu ce qu’ils ont cherché !... » Personne n’a le courage d’intervenir, de faire quoi que ce soit. » (p. 273)

La troisième histoire est ancrée autour de l’enquête de Mat Joubert qui cherche à expliquer la disparation d’un conducteur de bus. Cette partie du roman permet de mettre en avant les luttes entre bandes rivales mais aussi l’incommunicabilité qui peut régner dans un couple au point qu’on ne connait pas vraiment son conjoint.

On y croise aussi Lukas Becker, archéologue idéaliste aux prises avec des gangs bien plus puissants que lui...

Cette combinaison de destins permet d’offrir un panorama juste de cette Afrique du Sud post- apartheid. Deon Meyer, en nous menant dans des univers différents aux ramifications multiples nous offre la possibilité de nous plonger dans un monde riche, passionnant mais aussi terrifiant, et ceci sans jamais nous lasser.

« Sacré pisteur que ce Meyer, qui traque sa proie sans jamais la lâcher, jusqu'à la dernière page. » (Télérama Christine Ferniot)

 

Ce que j’ai moins aimé :

Plus de 700 pages, c’est lourd à transporter…

 

Premières phrases :

« Ismail Mohammed dévale le Heiliger Lane. Les plis de sa galabiyya blanche s’envolent à chaque foulée ; le col mao est ouvert, comme le veut la mode. Terrifié, il agite les bras pour garder son équilibre. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  13 heures de Deon MEYER

Autre :  Disgrâce de J.M. COETZEE

 

D’autres avis :

Blogs : Cathulu

Presse : Le figaro  Télérama Jeune Afrique   Lire 

 

A la trace, Deon Meyer, Traduit par Marin Dorst, Seuil Policiers, février 2012,  736 pages, 22.9 € 

Publié dans Littérature Afrique

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Du haut de la montagne, une longue descente de Dave EGGERS

Publié le par Hélène

du haut de la montagne

  

  L’auteur :

 Dave Eggers est un écrivain américain. Il est aussi fondateur du magazine littéraire The Believer et la maison d'édition McSweeney's. Sa femme Vendela Vida est rédactrice en chef du The Believer.


Il a écrit 3 livres populaires : A Heartbreaking Work of Staggering Genius (Une oeuvre déchirante d’un génie renversant) (Éditions Balland, Paris, 2001), You Shall Know Our Velocity(Suive qui peut ), How We Are Hungry (Pourquoi nous avons faim), et What Is the What: The Autobiography of Valentino Achak Deng (Le Grand Quoi : Autobiographie de Valentino Achak Deng).

Il vit à San Francisco Bay Area avec sa femme et leurs deux enfants.

Dave Eggers et Vendela Vida sont les scénaristes de Away We Go, film de Sam Mendes, sorti en 2009. (Source : Babélio)

  L’histoire :

Un groupe de randonneurs s’apprête à attaquer l’ascension du Kilimandjaro. Cinq Américains accompagnés d’un guide et d’une trentaine de porteurs. Rita, Shelly, Grant, Mike, et Jerry veulent se prouver à eux-mêmes ou au reste du monde, qu’ils sont capables de grimper jusqu’au sommet mythique de l’Afrique. Ils ne tardent pas à se rendre compte que la randonnée est loin d’être une partie de plaisir.  Dave Eggers, auteur du Grand Quoi (prix Médicis étranger 2009) signe une nouvelle haletante, dans laquelle l’angoisse et l’absurdité des hommes croissent à mesure que le sommet approche. (Présentation de l’éditeur)

  Mon avis :

Ce récit aurait peut-être gagné à être plus long : il souffre ici de défauts liés pour certains à sa brieveté : l'ascension manque de suspens, l'ensemble manque également de descriptions -et pourtant il me semble que l'ascension d'une montagne comme le Kilimandjaro, même sous la pluie, est sujet à descriptions -, et enfin la fin est décevante, comme s'il avait fallu conclure à tout prix. Reste une sensation d'inachevé, de superficialité, liée aussi au fait que les personnages sont assez sommairement décrits et cernés psychologiquement parlant. 

Une petite déception pour ce récit qui semblait pourtant très prometteur...

Kilimandjaro.jpg
Premières phrases :

« Elle est sur son lit, sur son lit, Rita est sur son lit, les yeux au plafond, dans une chambre tellement bruyante, à une heure tellement matinale, en Tanzanie. Elle est à Moshi. Elle est arrivée la nuit dernière, dans une Jeep conduite par un homme du nom de Godwill. La lumière est éclatante au matin alors que la nuit a été follement, incroyablement noire. »

 

Du haut de la montagne, une longue descente, Dave Eggers, traduit de l’américain par Laurence Viallet, Folio, 97 p., 2 euros

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