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Lambeaux de Charles JULIET

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Et tu sais qu’en dépit des souffrances, des déceptions et des drames qu’elle charrie, tu sais maintenant de toutes les fibres de ton corps combien passionnante est la vie. » (p. 155)

 

L’auteur :

 Charles Juliet est né en 1934 à Jujurieux (Ain). À trois mois, il est placé dans une famille de paysans suisses qu’il ne quittera plus. À douze ans, il entre dans une école militaire dont il ressortira à vingt, pour être admis à l’École de Santé Militaire de Lyon. Trois ans plus tard, il abandonne ses études pour se consacrer à l’écriture. Il travaille quinze ans dans la solitude avant de voir paraître son premier livre (Fragments préfacé par Georges Haldas). Il vit à Lyon.
Une nouvelle édition en format poche de L'Autre faim aux éditions POL est prévue pour décembre 2011.
En janvier 2012 paraîtra Hadewijch d'Anvers, une femme ardente, dans la collection " Sagesses " de Points.
Charles Juliet prépare pour les éditions P.O.L une anthologie de ses poèmes et le prochain tome de son Journal.

 L’histoire :

Lambeaux est un récit autobiographique dans lequel Charles Juliet évoque sa mère qu’il n’a pas connue – morte de faim après huit ans d’enfermement abusif en hôpital psychiatrique – et le rôle que, malgré cette absence, ou à cause de cette absence, elle a joué dans sa vie d’homme et dans sa formation d’écrivain.
Dans un second temps, il nous relate son parcours : la famille adoptive, l’enfance paysanne, l’école d’enfants de troupe, puis les premières tentatives d’écriture, lesquelles vont progressivement déboucher sur une toute autre aventure : celle de la quête de soi. Une descente aux enfers sera le prix à payer pour qu’un jour puisse éclore la joie grave et libératrice de la seconde naissance.
Dans cette démarche obstinée il trouve la force de se mesurer à sa mémoire pour en arracher les moments les plus enfouis, les plus secrets, et les plus vifs. L’auteur devient son propre historien et nous livre un texte « pour finir encore ». (Présentation de l’éditeur)

 Ce que j’ai aimé :

Charles Juliet nous offre le portrait émouvant d’une mère idéaliste exceptionnelle aux aspirations quasi philosophiques et qui ne peut pas se contenter d’une vie commune banale. Elle se trouve dans l’incapacité d’exprimer son mal-être et sombrera peu à peu, enfermée en elle-même.

 « Toujours en toi cette nostalgie de tu ne sais quoi, ce besoin incoercible d’une vie dégagée de toute entrave une vie libre et riche, vaste, intense, une vie où ne règneraient  que bonté, compréhension et lumière. » (p. 72)

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« T’enfuir… marcher sans fin sur les routes… aller là où tout pourrait recommencer…là où tu ne connaîtrais plus ni la peur ni l’angoisse ni la honte… là où les humains vivraient dans la concorde, n’auraient pour leurs semblables que respect, attention, bonté… là où peut-être le temps ni la mort n’existeraient plus… là où la vie ne serait que joie, bonheur, félicité… Mais  ces rêves et ces divagations sont de courte durée, car la réalité est là, que tu ne saurais oublier. Alors une lourde mélancolie s’empare de toi. Ce que tu ressens et penses est comme amorti, la vie ne te traverse plus, semble s’écouler ailleurs, et il n’est rien qui puisse te tirer de ta désespérance.» (p. 76)

 « Heures merveilleuses des voyages immobiles ! Tu lisais un poème, méditais en contemplant la reproduction d’une toile, dialoguais avec un philosophe de l’Antiquité, et le temps ainsi que tout ce qui t’enténébrait se trouvaient instantanément abolis. Tu rencontrais là ce qui en toi reposait encore dans des limbes, et tu vivais des heures exaltées à sentir que tu t’approchais de la source. Ces hommes et ces femmes dont les œuvres t’ont aidé à te mettre en ordre, dénuder ton centre, glisser parfois à la rencontre de l’impérissable, de quel profond amour tu les as aimés. » ( p. 148)

 

Il ne s’agit pas ici d’établir une véritable biographie, mais plus d’évoquer des états de conscience, de peindre la vie intérieure dense de ces femmes. Les lambeaux de pensée s’ajoutent les uns aux autres pour faire revivre ces mères essentielles. L’écriture permet d’approcher au plus près la magie de l’enfantement.

« En écrivant, se délivrer de ses entraves, et par là même, aider autrui à s’en délivrer. Parler à l’âme de certains. Consoler cet orphelin que les non-aimés, les mal-aimés, les trop-aimés portent en eux. Et en cherchant à apaiser sa détresse, peut-être adoucir d’autres détresses, d’autres solitudes. » (p. 124)

Un très bel hommage rendu à ces mères dévouées et au pouvoir rédempteur de l'écriture...

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Rien

 Premières phrases :

 « Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit la lumière. Dans l’âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l’épaule contre le manteau de la cheminée. »

 Vous aimerez aussi :

 Le livre de ma mère de Albert COHEN

 

POCHE : Lambeaux, Charles Juliet, Folio, avril 1997, 5.95 euros

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La concession du téléphone d’Andréa CAMILLERI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

L’auteur :

Maître du polar à l'italienne, Andrea Camilleri débute en tant que metteur en scène et scénariste pour la télévision, avant de se lancer dans l'écriture. C'est sous l'influence de son ami Sciascia que le Sicilien s'initie aux romans policiers. Il accède à la notoriété grâce au personnage de Montalbano, commissaire singulier, colérique et bon vivant qui fait sa première apparition en 1994 dans 'La Forme de l'eau'. Drogue, mafia et faits divers, autant de thèmes qui vont séduire un large public, au point qu'une série est adaptée pour la télévision en 1998. Le succès est tel que l'on parle désormais de 'phénomène Camilleri', pour évoquer l'écrivain et de son oeuvre. (source : Evene)

 

L’histoire :

Filippo Genuardi jeune sicilien féru des nouvelles technologies souhaite obtenir une ligne téléphonique. Nous sommes en 1891, en Sicile, et le jeune homme doit donc faire sa demande par écrit au préfet de la région. Mais une petite erreur orthographique va entraîner une suite de malentendus : Filippo sera soupçonné d'être un dangereux agitateur qu'il faut neutraliser...

Ce que j’ai aimé :

-          L'originalité de ce roman tient dans son genre épistolaire : seules les lettres que s'envoient les différents protagonistes constituent le fond et le coeur du roman.
André Camilleri écrit d'habitude des romans policiers, mais ici il s'agit plus d'un roman social drôle, d'une récréation dans la série policière de Camilleri.

 

-          L'action se passe en Sicile, à Vigata petite bourgade dans laquelle se situe la plupart des intrigues d'Andréa Camilleri. La vie de cette petite communauté est admirablement bien rendue, de façon très vivante et drôle. Nous sommes en 1891, le téléphone fait tout juste son apparition et l'on se demande pourquoi Filippo tient autant à l'avoir...

 

-          C'est un roman très original, drôle et fin. Il est court, facile à lire et très divertissant. Il pointe du doigt non seulement les lourdeurs administratives, mais aussi les rapports humains quelquefois considérablement compliqués par certains... L'ensemble fait penser à une farce burlesque bien menée, très intelligente.

 

Ce que j’ai moins aimé :

-          Il faut juste un petit effort au début pour situer tous les personnages qui sont nombreux à correspondre entre eux, mais une fois ce petit exercice accompli, le lecteur se régale d'un bout à l'autre de ce petit livre...

D'autres avis :

L'express 

  

La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Fayard, 1999, 17.80 euros

POCHE : La concession du téléphone, Andrea Camilleri, Le livre de poche, avril 2001, 281 p., 5.60 euros

 

Vous aimerez aussi :

Publié dans Littérature Europe

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De Gaulle à la plage de Jean-Yves FERRI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 "A Londres, j'étais comme un roc qui venait battre les vagues. Je me retrouve aujourd'hui dans la même situation mais, en face de moi, je n'ai plus que des vaguelettes." (Charles de Gaulle)

 

L'auteur :

Né dans une cabane en planches en bordure d'un champ d'avoine, il a gardé de ses premières années un amour immodéré pour la glaise du terroir. "Seul, le coquelicot m'enchante, Seule, la libellule m'émeut..." (Labours fous - Poésie Plon 1969). Nombre de ses albums dessinés témoignent de sa frénésie bucolique: ainsi ses Fables autonomes (Fluide Glacial 1996 - 1998 ). Classées à tort dans la catégorie humour, elles célèbrent une ruralité âpre et violente, située à mi-chemin entre le réalisme social des Raisins de la colère et le lyrisme printanier d'Oscar le petit canard. La consécration vient avec le personnage d' Aimé Lacapelle. Héros de la campagne profonde, ce policier du BIT (Bureau d'investigation Tarnais) devient l'idole de toute une génération d'agriculteurs rebelles. Pour Ferri, le succès international est tel, qu'il lui permet de repeindre à neuf plusieurs fois sa cabane. Avec le scénario du Retour à la terre (dessin Larcenet), il tente de réconcilier ville et campagne et d'attirer l'attention sur le sort douloureux des chats déracinés. Dernier album solo de Ferri, De Gaulle à la plage, album anachronique et balnéaire sorti en décembre 2007 où le Général confond sa silhouette avec le Monsieur Hulot de Jacques Tati. Un De Gaulle à Londres est en préparation, et Ferri s’attaque également aux scénarios des irréductibles gaulois. L'auteur partage son temps entre la BD et le bouturage des dahlias. Texte © Dargaud

 

L'histoire :

De Gaulle à la Plage est né dans les pages de Vive la Politique, ce grand homme en short découvrant les tongs et les congés payés nous a fait tellement rire qu'il ne pouvait pas nous quitter aussi vite. Très vite Jean-Yves Ferri s'est senti investi d'une impérative mission, il en allait de l'intérêt supérieur du pays, il fallait raconter l'été 56, celui où le Général, lassé de l'ingratitude de ces veaux de français, décida de se consacrer à l'édification de châteaux de sable, au bonheur des pique-nique et aux joies du volley ball.

 

Ce que j'ai aimé :

 

Le général De Gaulle était un personnage à proprement parlé, le  "sauveur de la france", mais aussi un grand échalas décalé. En 1956 il effectue sa "traversée du désert" : son parti a périclité en 1955, et le général se retire alors pour rédiger ses mémoires. Mais la France s'enferre dans la crise et De gaulle espère être rappelé au pouvoir pour "sauver" à nouveau la France (ce qui sera vrai 2 ans plus tard).

Aussi Le général selon Ferri prend du bon temps durant cet été 56 et apprend la trivialité du quotidien de vacancier. Imprégné de son passé, le général continue néanmoins à user de certains réflexes quelque peu inappropriés à la plage... 

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 Epaulé par son fidèle aide de camp Lebornec, il doit gérer la vie de famille, notamment son fils à qui il conseille un CAP de tourneur-friseur, envoie des messages sybilliques par l'intermédiaire du poste de secours "le singe se parfume à la naphtaline...Je répète...Le singe se parfume à la naphtaline..." (p. 39), tente d'éduquer son chien traumatisé, fils du chien-loup d'Hitler, évite sa femme autant que possible pour aller traquer les belles nymphes, et attend surtout impatiemment que la France le réclame à nouveau pour qu'il puisse accomplir sa seule et unique mission : sauver la France...

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Le général de Ferri ressemble à s'y méprendre à un personnage de Tati et son humour n'est pas tellement éloigné de celui de son confrère : décalé et finalement désopilant...

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Les vacances de Monsieur Hulot, Jacques TATI

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 

Vous aimerez aussi :

Le retour à la terre de FERRI et LARCENET

 

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D'autres avis :

Mango  Kathel et Alwenn CécileQde9,

 

De Gaulle à la plage, Jean-Yves FERRI, Dargaud, 2007, 46 p., 11.99 euros

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BD Mango bleu

 

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Le lanceur de couteaux de Steven MILLHAUSER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

  « A l’orée du merveilleux »

  

L’auteur :

Steven Millhauser est un nouvelliste et romancier américain. Son écriture poétique, explorant les frontières entre rêve et réalité, lui a valu à plusieurs reprises les louanges de la critique. Ainsi, il obtient le prix Médicis étranger en 1975 pour 'La Vie trop brève d'Edwin Mulhouse' et le Prix Pullitzer en 1997 pour 'Martin Dressler ou Le roman d'un rêveur américain'. Son univers merveilleux teinté de fantastique est souvent comparé à celui de Franz Kafka, Thomas Mann, Edgar Poe ou encore à celui d'Italo Calvino. Il vit aujourd'hui à Saratoga Springs (État de New York) et enseigne l'anglais au Skidmore College.

 

L’histoire :

 Un lanceur de couteaux transgressant les limites de son art, un homme marié à une grenouille, un enfant virtuose du tapis volant…

Dans ces douze nouvelles mêlant la fable métaphysique et le récit d’aventure, l’auteur de Nuit enchantée entraîne le lecteur dans une visite fascinante et dérangeante de notre quotidien et de notre imaginaire. On retrouve ici ses thèmes favoris : l’artiste dévoré par son oeuvre pour avoir recherché la perfection ; l’enfance de plain-pied avec le surnaturel, le monde de la nuit et du songe ; le rêve américain, sa promesse du « tout est possible », ses échecs cruels ; l’irrésistible et dangereux attrait d’un envers du réel, un monde de ténèbres accessible aux seuls audacieux.


L’écriture est comme toujours magistrale : acérée, précise et poétique à la fois, d’une grande musicalité. Avec son univers très particulier où réalité et imaginaire s’interpénètrent et se confondent, Millhauser demeure un virtuose du rêve éveillé. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Steven Millhauser nous entraîne dans un univers nimbé d’une lumière oscillant entre chien et loup, à cette heure improbable où les limites se brouillent et où les esprits se perdent dans des limbes mystérieux. A ce moment-là, les femmes parfaites se transforment en grenouille, les enfants jouent sur des tapis volants, des nymphes apparaissent, des sociétés secrètes s’organisent, les contours entre vérité et illusion se brouillent pour laisser la place à un monde étrange et étranger. Les nouvelles sont comme en suspens dans l’air et dans la littérature, et doucement, elles  mènent vers des réflexions fondamentales sur le monde réel qui nous inonde et nous empêche bien souvent de  nous arrêter pour faire le point sur notre vision de l’univers.

 « Je suggère que les filles se rassemblent la nuit non pas pour observer quelque rite banal et titillant, procéder clandestinement à un acte qu’il serait aisé de mettre au jour, mais dans le simple but de se retirer du monde et de jouir du silence. Les membres de cette société désirent être inaccessibles. Elles désirent éviter notre regard, se soustraire aux investigations – elles désirent, par-dessus-tout, qu’on ne sache pas qui elles sont. Dans un monde que la compréhension rend étouffant, où pèsent les explications, les intuitions et l’amour, les membres de cette société du silence ressentent une ardente envie d’échapper à toute définition, de demeurer mystérieuses et insaisissables. » (p. 72)

 Servies par un style serti, ces nouvelles rompent avec les textes traditionnels et élèvent notre âme vers des régions insoupçonnées…

 « Alors que nous pressons le pas sur le trottoir, nous éprouvons la sensation absurde d’avoir à l’instant même pénétré dans un autre rayon encore, composé d’un ingénieux simulacre de rues extrêmement ressemblantes, où jouent artistement les ombres et les reflets – que nous sommes en route pour un recoin lointain de ce même rayon – que nous sommes éternellement condamnés à traverser à la hâte ces halls artificiels, tout illuminés par cette lumière de fin d’après-midi, à la recherche d’une issue. » (p. 190)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Les nouvelles descriptives sur le grand magasin ou le parc d’attractions.

 

Premières phrases :

 « Lorsque nous apprîmes que Hensch, le lanceur de couteaux, s’arrêterait dans notre ville pour une unique représentation le samedi soir à huit heures, nous fûmes pris d’hésitation, incertains de nos sentiments. »

 

Vous aimerez aussi :

 Sur les jantes de Thomas MCGUANE 

 

D’autres avis :

 Blogs : Jostein ;  Yves ; Clara ;  Cuné

Presse : L’express ; Libération  

Lire avec intérêt l’étude de Nathalie Cochoy « The knife thrower ant other stories : l’écriture au couteau » dans Etudes anglaises 2003/4 tome 53 http://www.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2003-4-page-467.htm

 

Merci aux Editions Albin Michel pour cette belle découverte.

 

Le lanceur de couteaux et autres nouvelles, Steven Millhauser, traduit de l’anglais (EU) par Marc Chénetier, Albin Michel, 2012, 304 p., 22 euros

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Romans d'amour

Publié le par Hélène

Sur son blog Lettres Exprès Kathel nous parle d'amour et nous offre une petite sélection de romans d'amour.


C'est ICI

 

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Merci à elle pour cette belle initiative...

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Japon : le Japon vu par 17 auteurs, Collectif

Publié le par Hélène

 

                                                 japon vu par 17 auteurs

   ♥ ♥ ♥

 Les auteurs :

 

Kan TAKAHAMA, David PRUDHOMME, Jirô TANIGUCHI, Aurélia AURITA, François SCHUITEN et Benoît PEETERS, Emmanuel GUIBERT, Nicolas de CRECY, Taiyô MATSUMOTO, Joann SFAR, Little Fish, Moyoko ANNO, Frédéric BOILET, Fabrice NEAUD, Daisuké IGARASHI, Kazuichi HANAWA, Etienne DAVODEAU

 

Présentation de l’éditeur :

 

A l'origine, un voyage, un échange entre deux cultures, française et japonaise, qui va remuer bien des choses chez chacun des auteurs qui participent à l'aventure : un séjour au Japon ne laisse pas indemne... En découlent huit récits d'auteurs européens qui rendent avec imagination, humour et poésie tout l'exotisme de ce pays insaisissable et
mystérieux. Comme en réponse à ces impressions de dessinateurs-voyageurs, huit auteurs de l'Archipel donnent à voir leur Japon, celui du quotidien, de la modernité ou des légendes. Tout au bout de cet assemblage sensible d'anecdotes et de nouvelles tissées par des regards si différents, l'envie est grande de partir saisir soi-même un peu du pays du Soleil Levant.

 

Ce que j’ai aimé :

 

La diversité des univers permet de donner une vision globale du Japon. Les histoires se suivent etjapon.jpg ne se ressemblent pas : Kan Takahama nous présente une jeune fille qui retourne sur les lieux de son enfance, David Prudhomme nous emmène dans un univers onirique aux côtés de chaussures qui fuguent, nous retrouvons l’univers feutré de Jirô Taniguchi au sein d’une famille et de la relation tendre qui se noue entre deux jeunes gens, Aurélia Aurita suit les périples d’une jeune femme avide de croquer la vie et décidée à ne pas mourir sans avoir vu des merveilles, Schuiten et Peeters  et Emmanuel Guibert ont choisi le mode du récit illustré pour nous entraîner dans des récits aux allures étranges, Nicolas de Crécy peint l’errance d’un publicitaire qui se promène avec son projet de dessin publicitaire personnifié, Taiyô Matsumoto campe un conte traditionnel japonais, Joann Sfar nous offre le point de vue d’un européen qui rend visite à un ami à Tokyo qui l’initie aux mœurs japonaises, dans les planches de Little Fish les bulles sont absentes, mais il nous offre une tranche de vie très imagée, chez Moyoko Anno une jeune fille vend des grillons, Frédéric Boilet nous initie au recyclage japonais, Fabrice Neaud se centre aussi sur un européen en visite, Daisuké Igarashi nous convie à la fête des chevaux-grelots, dans un univers tout aussi onirique que Kazuichi Hanawa, et enfin Etienne Davodeau nous montre le lien subtil qu’un homme établit entre lui et une montagne, son jumeau…

Ils ont tous un petit supplément d’âme…japonaise qui permet de voyager par pages interposées…

Cette initiative permet de surcroît de découvrir des auteurs et d’être sensible plus ou moins à leur univers pour ensuite aller –ou non- leur rendre visite dans un album bien à eux et plus long…

  "Je redevins un écolier et reconquis l'oubli de moi-même, la saine bêtise, la pure exaltation. Quand nous chevauchions de front nos bicyclettes sur Shijô-dôri, laissant derrière nous, aux bons soins du couchant, nos rouleaux saturés de dessins et de signes, nous étions heureux. Qaund miroitaient devant nous les lanternes de Gion, à travers les larmes que la vitesse et le vent du soir faisaient monter à nos yeux, nous glapissions des mots sans suite et nous étions heureux. Quand nous conçûmes l'immense canular du faux palanquin à la grande hallebarde, du haut duquel Kin, visage blanc, sourcils peints et lèvre sfardées de rouge, invectiva la foule en frappan des cymbales, nous touchâmes aux confins de l'ivresse. Et quand l'hiver isolait l'un et l'autre d'entre nous en tête à tête dans l'atelier humide, à pleurer l'inconstance d'une femme, à gémir sous un accès de détresse, je sais aujourd'hui combien nous étions heureux."(Emmanuel Guibert, "Shin.Ichi")

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Rien…

 

Vous aimerez aussi :

 

Sélection littérature japonaise 

 

D’autres avis :

 

 

 

A girl from earth  

 

Japon : le Japon vu par 17 auteurs, Collectif, Casterman Ecritures, novembre 2005, 254 p., 17 euros

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Publié dans Manga - Manhwa

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Le coupeur de roseaux de Junichirô TANIZAKI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Tanizaki Junichirō grandit dans une famille aisée de marchands. Il fait de brillantes études à l'Université impériale de Tôkyô, mais en 1910 la ruine de son père le contraint à les interrompre. La même année, il publie son premier texte, une nouvelle cruelle et raffinée, Le Tatouage, dans la revue qu'il a fondée avec quelques amis. L'histoire de la belle courtisane et de son tatouage en forme d'araignée fait scandale et lance sa carrière d'écrivain.

En 1913, il rassemble toutes ses nouvelles dans un recueil intitulé Le Diable et subit les foudres de la censure qui les juge « immorales ». Il publie sans trêve drames, comédies et scénarios à une époque où le cinéma en est encore à ses balbutiements, il traduit également la pièce d'Oscar Wilde L'Eventail de Lady Windermere.

Installé à Yokohama, il fréquente les résidents étrangers et découvre l'image de la femme occidentale. Lorsqu'un terrible tremblement de terre détruit la ville en 1923, il s'installe définitivement dans le Kansai. Le séisme le bouleverse profondément : alors qu'il puisait son inspiration dans un Occident et une Chine exotiques, il revient vers le Japon à partir de 1924, date à laquelle paraît son premier roman, Un amour insensé.

Il consacre la seconde partie de sa vie à traduire en japonais moderne le Genji monogatari, œuvre classique de la romancière du XIe siècle, Murasaki Shikibu. En 1943, la publication en feuilleton de son chef-d'œuvre Quatre sœurs est interdite car jugée inconvenante en temps de guerre.

Après la guerre, Tanizaki publie des romans audacieux au centre desquels il place la vieillesse, l'impuissance et la mort.

Tanizaki meurt en juin 1965, laissant une œuvre importante, unanimement considérée comme majeure, du XXe siècle japonais. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial, le sanctuaire de Minase, le narrateur rencontre un homme étrange. Est-ce un fantôme, un esprit qui hante les lieux ? Celui-ci lui offre du saké et lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, perverse et inaccessible..

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Le récit s’ouvre sur une errance du narrateur qui décide de visiter le sanctuaire de Minase. Ce désir est nourri de littérature, de références à des récits mentionnant ce lieu mythique. Le texte est imprégné de ces réminiscences de poèmes, de passages de récits impériaux, créant ainsi une atmosphère fine et lettrée comme toile de fond à la rencontre étrange que le narrateur va faire en ce lieu.

L’atmosphère est fantomatique, presque irréelle, baignée par les rayons de la lune, propice à l’apparition de cet homme étrange, tapi dans les roseaux. L’homme va alors lui conter l’histoire fascinante des relations de son père avec la belle O-Yû et sa sœur  O-Shizu.  Junichirô Tanizaki s’inspire ici d’un conte traditionnel  japonais.

Cette collection permet de rencontrer des auteurs à moindre coût et sans un engagement de durée trop long, elle permet de « flirter » avec l’auteur et nous invite à en découvrir davantage en cas d’affinités…

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien de particulier si ce n’est l’impression que je l’oublierai facilement…

 


Premières phrases :

 

« C’était un mois de septembre, quand j’habitais encore à Okamoto. Il faisait un temps superbe ce jour-là et vers le soir, ou plutôt après trois heures de l’après-midi, j’eus soudain envie de faire une promenade à pied dans la région. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Littérature Asie de l'Est

 

D’autres avis :

 

 Choco

 

 Le coupeur de roseaux, Junichirô Tanizaki, traduit du japonais par Daniel Struve, Folio 2€, janvier 2004, 119 p., 2 euros

 

10-jours-japonais 

ChallengeDragonFeu

Publié dans Littérature Asie

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Electre de Jean GIRAUDOUX

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Evidemment, la vie est ratée, mais c’est très très bien, la vie. Evidemment rien ne va jamais, rien ne s’arrange jamais, mais parfois, avouez que cela va admirablement, que cela s’arrange admirablement… » (p. 94)

 

L’auteur :

 Né à Bellac en 1882, Jean Giraudoux est reçu en 1903 au concours de l'Ecole Normale Supérieure, puis en 1910 au concours de « chancelleries ». Il deviendra chef du service de d'information et de presse du minisitère des Affaires étrangères. Dès 1909, il publie Provinciales, et mène de front carrière diplomatique et création littéraire. Son œuvre frappe par sa diversité : essais, romans, théâtre. La guerre de Troie n'aura pas lieu est créée en 1935. Jean Giraudoux meurt en 1944. (Source : librairie dialogues.fr)

 

L’histoire :

Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, aidée de son amant, Egisthe, l’assassine à son retour de la guerre de Troie. Oreste, le fils, est banni. Reste Electre, la seconde fille. « Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Aussi Egisthe veut-il la marier pour détourner sur « la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides ». Mais Oreste revient et désormais Electre n’est plus que haine, assoiffée de justice et de vengeance, au mépris de la menace qui pèse sur le royaume des siens.

 

Mon avis :

Electre est un personnage fascinant, qui, poussée par une haine contre les assassins et détracteurs de son père, va aller jusqu’au bout de sa passion, réclamant justice, même si un conflit sanglant doit en découler. Quand Oreste cherche à passer outre, à continuer son chemin pour ne pas avoir de sang sur les mains, Electre a soif de vérité et est prête à tout pour laver les affronts faits à son père :

 « ELECTRE

Je le sais, ce que tu voudrais m’entendre dire.

ORESTE

Alors dis-le moi.

ELECTRE

Que les humains sont bons, après tout, que la vie après tout est bonne !

ORESTE

N’est-ce pas vrai ?

ELECTRE

Que ce n’est pas un mauvais sort que d’être jeune, beau et prince. D’avoir une sœur jeune et princesse. Qu’il suffit de laisser les hommes à leurs petites occupations de bassesse et de vanité, de ne pas presser sur les pustules humaines, et de vivre les beautés du monde !

ORESTE

Et ce n’est pas ce que tu me dis ?

ELECTRE

Non. Je te dis que notre mère a un amant. » (p. 111)

 La question de la justice et de ce qu’il faut lui sacrifier est au cœur de cette pièce. Faut-il choisir la vérité alors qu’ « Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple », comme le souligne Egisthe qui en tant que roi a des responsabilités politiques.

GIraudoux lui-même, dans une interview avec Kleber Haedens (L'Insurgé, 12 mai 1937) a dit :

 « Electre, c'est pour moi, le mythe de la vérité. Dans une ville gorgée de plaisirs, abandonnée, tout entière aux joies fades, Electre est seule à souffrir . . . je crois qu'il est nécessaire de faire revenir de temps en temps les grandes figures ; je crois que de grandes héroïnes comme Electre et Jeanne d'Arc doivent revenir vers nous. Il faut épousseter de temps en temps les statues éternelles. »

 

A la fin de la pièce Electre triomphante clame : "J'ai la justice, j'ai tout," et pourtant sa patrie Argos est en flammes, son frère a tué Clytemnestre et Egisthe et est pétri de remords, si bien qu’il va finir par la haïr…

 

Premières répliques :

 PREMIERE PETITE FILLE

Ce qu’il est beau, le jardinier !

DEUXIEME PETITE FILLE

Tu penses ! C’est le jour de son mariage.

TROISIEME PETITE FILLE

Le voilà, monsieur, votre palais d’Agamemnon !

L’ETRANGER

Curieuse façade !... Elle est d’aplomb ? »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La guerre de Troie n'aura pas lieu

Autre :  Antigone de Jean ANOUILH

 

  Electre, Jean Giraudoux, Le livre de poche, novembre 1967, 122 p., 4 euros

Publié dans Théâtre

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L’enchantement des lucioles de Valérie TORDJMAN

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

« Qu’est-ce que la photographie sinon des filets à papillons démaillés qui laissent passer la lumière intermittente du réel ? » (p.110)

 

 L’auteur :

 Valérie Tordjman est née en 1960 et vit à Paris. Après des études d'histoire de l'art et d'esthétique, elle a travaillé pour le ministère de la Culture, le Centre national de la photographie et la Caisse des Monuments historiques. Elle est l'auteur de L’Atelier anthropophage (Belfond, 2002), La Pornographie de l'âme (Le Passage, 2004) Médor & Diego (Le Passage, 2006), Une fraction de seconde (Le Passage, 2008),

et Le Jour d’avant (Le Passage, 2010).

 

L’histoire :

Vers 1850, pour rejoindre son époux à la manufacture hollandaise de Nagasaki, Alexandra Van Polder brave les océans et les convenances. Avec elle, débute la saga océanique des Polder.

Entre le Japon et l’Amérique, c’est le choc de l’Ancien et du Nouveau Monde, des histoires d’hommes qui domptent les mers et de femmes qui se jettent à l’eau par amour, une merveilleuse alchimie d’image et de magie qui se rejoignent par-delà le temps et les océans jusqu’à Sarah, son arrière-arrière-petite-fille.
Et à travers ces êtres de chair et de passions : l’odeur du rivage, le bruissement de la soie, l’arrivée des immigrants sur l’île de Manhattan, la construction du Brooklyn Bridge et partout, d’un continent à l’autre, d’un siècle à l’autre, de l’eau, l’eau primordiale, miroitante, dangereuse. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Tordjman nous convie dans un univers mouvant, fluctuant, au sein duquel les femmes s'épanouissent dans une vie métaphorique dense et passionnante.

 « A cet instant, aux antipodes, pareille aux algues phosphorescentes en mer, aux petites lueurs verdâtres des vers luisants sur terre, aux étoiles du ciel et, dans l’air, aux lucioles qui émettent en morse lumineux la fugacité de leur apparition, Sarah Polder se tenait là.

Toujours au bord de sa vie vivante.

Déjà plus là. » (p. 136)

Les images sont au coeur du texte comme au coeur des destinées des femmes pour qui la photographie, l'illusion, la magie constituent une raison d'être et de devenir. Alexandra a mis au point un procédé pour photographier alliant les techniques nouvelles de Daguerre et de Cutting et sa fille Sarah découvre avec tout autant de plaisir et de passion l'art et les secrets de la photographie.  

 « L’image, la magie, leurs escamotages et autres métamorphoses luttaient à la surface du monde contre le réel, la crédulité, le chagrin ; contre l’amour aussi. Et la mort devait être de la partie. » (p. 83)

 Un beau roman aux accents mélancoliques.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Un texte qui se laisse difficilement saisir, aussi fuyant que l’eau qu’il évoque.

 

Premières phrases :

« Voir brûler de l’eau, l’expression est aussi ancienne que le creux pays : la Hollande des polders. Voir brûler de l’eau, c’est n’en pas croire ses yeux, ce qui avait dû lui arriver car, en même temps que les langues de feu s’éparpillaient dans la nuit noire des Caraïbes, sa lanterne magique émettait de petites lumières intermittentes dessinant sur la coque fraîchement repeinte du navire une pantomime de spectres familiers, à commencer par elle : Sarah. »

 

 L’enchantement des lucioles, Valérie Tordjman, Le passage, mars 2012, 144 p., 14 euros

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Furari de Jirô TANIGUCHI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Pas d’impatience. Prendre le temps qu’il faut. Et avancer, toujours avancer. Si on marche, on arrive toujours… » (p. 210)

 

L’auteur :

 

En quelques années, Jirô Taniguchi est devenu l’ambassadeur de la bande dessinée japonaise en France, séduisant un large public jusqu’alors rétif à ses codes graphiques et narratifs. Le livre qui a tout changé ? Quartier lointain, auréolé du Prix du scénario au festival d’Angoulême 2003 et publié dans la collection Ecritures de Casterman, qui défend l’auteur depuis 1995, date de sa première publication française avec l’Homme qui marche, promenade élégiaque dans le Japon contemporain, portée par une description incroyablement minutieuse des petits riens du quotidien. Depuis, on a découvert une autre facette du talent de Taniguchi avec le Sommet des Dieux – Prix du dessin à Angoulême en 2005 – tandis que Le Journal de mon Père, L’Orme du Caucase et Terre de rêves, tous trois chez Casterman, ont confirmé son statut de géant de la bande dessinée mondiale. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Furari pourrait se traduire par « au hasard », « au gré du vent »… Tout comme dans L’Homme qui marche, mais avec pour cadre un Japon ancien aujourd’hui disparu, Jirô Taniguchi entraîne son lecteur dans les longues et tranquilles déambulations d’un cinquantenaire dont le nom n’est pas donné mais que tout Japonais devine être Tadataka Inô, célèbre géomètre et cartographe qui, au début du XIXe siècle, établit la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes. Au hasard de ses intuitions et de son inextinguible curiosité, cet attachant et pittoresque personnage nous initie à la découverte des différents quartiers d’Edo, l’ancien Tôkyô, et de ses mille petits plaisirs. Retiré du monde des affaires mais fidèle à ses réflexes, il arpente, mesure, prend des notes, dessine, tout en laissant libre cours à son goût pour la poésie et à son inépuisable capacité d’émerveillement. 

 

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Ce que j’ai aimé :

 

Cet homme, géomètre du XIXème siècle qui arpente les rues de Edo –le vieux Tokyo-  est sans doute Tadataka Inô, célèbre géomètre et cartographe qui, au début du XIXe siècle, établit la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes.

 

Mais là n’est pas le propos, il est avant tout un homme épris de ce qui l’entoure, un hédoniste qui observe le monde et se fond en lui, devenant tout à coup chat, oiseau, fourmi… Il laisse aller ses pas, entièrement livré aux bienfaits de la marche et agrémente sa lente déambulation de poèmes accordés à son émerveillement.

 

« La pluie tombe.Le vent souffle. Le soleil monte dans le ciel. Les fleurs s’ouvrent. Aux fleurs, aux arbres…aux cours d’eau aussi.. ;à chacune des saisons…la pluie apporte un parfum particulier. Ahhh… Edo. C’est si beau. » (p. 90)

 

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Un album qui résonne comme un véritable hymne à la contemplation.

 

« Se laisser ainsi aller, sentir le vent, regarder la lune… Je suis vraiment comblé. » (p.162)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Toujours ces dessins en noir et blanc, j'aimerais comprendre pourquoi les éditeurs -ou les auteurs- font ce choix d'absence de couleurs. Voilà ce que donnerait la couleur :

-    furari couleurs

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Un zoo en hiver de Jirô TANIGUCHI ; L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI ; Les années douces de TANIGUCHI ET KAWAKAMI

Autre : Manga, Manhwa

D’autres avis :

 

Presse :L’express Télérama  

 

 Furari, Jirô TANIGUCHI, Editions Casterman, février 2012, 212 pages, 16 euros.

 

Merci aux Editions Casterman.

10-jours-japonais

Top-bd-2012

 

BD Mango bleu

Publié dans Manga - Manhwa

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