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Des vies d’oiseaux de Véronique OVALDE

Publié le par Hélène

                                           Des-vies-d-oiseaux-Veronique-Ovalde-copie-1.jpg

♥ ♥

« Si tu voulais des garanties, ma douce, il fallait acheter un toasteur. » (p. 235)

 

L’auteur :

 

Véronique Ovaldé est un écrivain français né en 1972. Ses ouvrages connaissent un succès grandissant et depuis le début de sa carrière littéraire elle bénéficie d’une reconnaissance de la librairie et de la critique. En 2008, son cinquième roman Et mon cœur transparent est récompensé par le prix France Culture/Télérama. En 2009, son septième roman Ce que je sais de Vera Candida, reçoit le 18e prix Renaudot des lycéens2, le prix France Télévisions 20093 et le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010. (source Wikipédia)

 

L’histoire :

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo » Car c’est lui, Gustavo Izzara, qui, revenant de vacances un soir d’octobre 1997, appelle la police pour qu’elle vienne constater que sa somptueuse villa de Villanueva avait été cambriolée. Un vol pour le moins étrange puisqu’aucun objet n’a été dérobé et que les intrus, apparemment familiers des lieux, se sont contentés d’habiter la maison en l’absence du couple. Vida Izzara va peu à peu sortir de son silence et dévoiler au lieutenant Taïbo la vérité : Paloma, sa fille unique de 18 ans, s’est évaporée du jour au lendemain avec Adolfo, un mystérieux (dangereux?) jardinier, et elle la soupçonne d’être revenue, par effronterie, insolence, nostalgie, hanter la demeure familiale. Les vies d’oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d’un nouvel amour, est conduit à se défaire de ses anciens liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d’exister. Sans plus se soucier d’où il vient ni de là où la vie le mène. Avec Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé continue à explorer les rapports qui lient les hommes et les femmes.  (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

Ce n’est pas le sujet, somme toute assez insignifiant, qui retient le lecteur, mais plutôt cette atmosphère si particulière que sait créer Véronique Ovaldé, ce monde teinté de mélancolie et de douceur, un univers dans lequel rien n’est vraiment grave, comme dans les romans sud-américains teintés de réalisme magique.

Les personnages évoluent comme dans un songe, et c’est presque malgré eux qu’ils accomplissent leur destin, poussés par des sentiments qui tombent du ciel et restent relativement inexplicables et mystérieux. Hypnotisés alors par cette force nouvelle qu’ils puisent en eux, ils trouvent le courage de s’abstraire d’un monde qui ne leur convient plus pour, enfin, devenir eux-mêmes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

     C’est un roman à l’atmosphère et à l’histoire tellement aériennes que je me demande si le vent de l’oubli ne va pas l’emporter rapidement loin de moi…


Premières phrases :

 

« On peut considérer que ce fut grâce à son mari que Madame Izarra rencontra le lieutenant Taïbo. Monsieur Izarra avait tenu à appeler le poste de police, un soir d’octobre 1997, malgré l’heure tardive et le caractère sans urgence de son appel, afin de déclarer qu’il leur semblait avoir été cambriolés mais que rien, et il avait insisté étrangement sur ce point, ne leur avait été dérobé. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Toutes choses scintillant

Autre :  Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

 

D’autres avis :

 

Théoma, Clara , Cuné , Amanda

PRESSE : Babélio recense les articles presse

 

Des vies d’oiseaux, Véronique Ovaldé, Editions de l’Olivier, 2011, 235 p., 19 euros

 

challenge 1% littéraire  

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L’amant de Marguerite DURAS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

  "Très vite dans ma vie il a été trop tard. "

 

L’auteur :

 Marguerite Donnadieu - alias Marguerite Duras - est née et a grandi en Indochine, élevée par sa mère dans une concession incultivable. Ce séjour en Asie a profondément marqué sa vie. Le spectacle quotidien de la misère, l'image de l'océan qui déferle sur la concession que sa mère possède, les paysages écrasés par la chaleur constitueront des thèmes récurrents dans son oeuvre romanesque. Le baccalauréat en poche, elle se rend à Paris, poursuit ses études et entre un temps au ministère des Colonies. Journaliste, dramaturge, scénariste, elle reçoit le Grand prix du théâtre de l'Académie française en 1983 et le prix Goncourt en 1984 pour 'L' Amant', adapté par Jean-Jacques Annaud au cinéma. Son oeuvre est à rattacher au courant du Nouveau Roman. Les textes de Marguerite Duras, concis, chargés d'ellipses et de silences, se disloquent jusqu'à l'énigme. Les écrits, les paroles sont à la fois insuffisants et superflus. Parmi ses romans, on peut citer 'Un barrage contre le Pacifique' (1950), 'Le Marin de Gibraltar' (1952), 'Moderato cantabile' (1958). (source : Evene)

 

L’histoire :

Évoquant sa liaison, au début des années 1930, à l’âge de 15 ans, avec un jeune et riche Chinois, Duras reprend les thèmes qui traversent son oeuvre : l’enfance, l’Indochine, la transgression sociale… Derrière la trame de cet amour inachevé, elle offre un récit à plusieurs niveaux de lecture que berce une écriture à la formidable efficacité. D’une portée universelle, ce roman autobiographique valut à l’écrivain la consécration du prix Goncourt et la reconnaissance du public : traduit dans trente-cinq pays, il s’est vendu à 2 400 000 exemplaires. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

J'ai cherché dans la liste des Goncourt, quelle était la lecture qui m'avait le plus marquée et il se trouve qu'il s'agissait de L'amant.

Des années après sa lecture, je me souviens encore de la magie de ce texte, la magie du style qui donne littéralement à voir grâce à sa musicalité qui parle directement aux sens :

« Que je vous dise, j’ai quinze ans et demi.

C’est le passage d’un bac sur le Mékong.

L’image dure pendant toute la traversée du fleuve.

J’ai quinze ans et demi, il n’y a pas de saisons dans ce pays-là, nous sommes dans une saison unique, chaude, monotone, nous sommes dans la longue zone chaude de la terre, pas de printemps, pas de renouveau. » (p. 11)

Je l’ai lu adolescente et cette initiation amoureuse et érotique  tout en moiteur fut aussi la mienne.

« Il est sur moi, il s’engouffre encore. Nous restons ainsi, cloués, à gémir dans la clameur de la ville encore extérieure. Nous l’entendons encore. Et puis nous ne l’entendons plus. » (p. 58)

Plus tard, j’ai compris que « L’amant », c’était aussi autre chose,  une douleur portée par les mots et irrémédiablement liée à la  vie familiale  de Marguerite Duras : la mère dont on attend trop et qui n’est jamais à la hauteur, le frère aîné violent, le petit frère idolâtré dont la mort prématurée laisse des stigmates prégnants…

Roman autobiographique, « L’amant » est ce roman hypnotique ,  éveil à la sensualité,  éveil à la littérature.

Premières phrases :

« Un jour, j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s’est fait connaître et il m’a dit : « Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu pour vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j’aimais moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Un barrage contre le Pacifique

 

D’autres avis :

Blogs : Vilvirt ; Keisha Ys 

Presse : Les Editions de minuit 

 

L’amant, Marguerite Duras, Les Editions de Minuit, 1984, 146  p., 11.50 euros

POCHE : Nombreuses éditions en poche.

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Tag du portrait chinois

Publié le par Hélène

Première version : le tag de Kathel :

 

Si j'étais :

 

1) une odeur


      L'odeur de la terre après la pluie.


2) un dictionnaire

 

Un dictionnaire de poésie parce que

 

"Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement."
Cocteau (1889-1963), Le Secret professionnel


dictionnaire-poesie.gif

3) une montagne


Le Néouvielle pour les souvenirs heureux qui s'y rapportent.


Neouvielle_and_lac_d-_aumar.png

4) un panneau

 

signals-panneau-sens-interdit-alu-panneau-sens-interdit-alu.jpg

 pour être tranquille...

 

5) une habitation

 

Un château pour pouvoir loger qui je veux, quand je veux, aussi longtemps que nécessaire...

 

6) un pays d’Europe

 

Aucune idée...

 

 7) un prédateur

 

Un ours

 

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8) une série télé

 

Desperate Housewives car je me reconnais en elles... (mettez-moi une robe rouge et vous verrez...)

 

desperate-housewives.jpg

 

9) une ville des Etats-Unis

 

Missoula, la ville des écrivains du Montana


10) magicienne ?

 

Je ferais en sorte que "Liberté, Egalité, Fraternité" ne soient pas que des mots..

 

declaration-droits-de-l-homme.jpg

 

2ème version : Le tag de Juliette :

 

Si tu étais :

 

1. Moi :

 

Je choisirais Hélène pour m'assister quand je serai maître du monde...

 

       2. Fashion :

 

Qui donc ?

 

3. amoureuse :

 

Je ne vous ai pas dit ? Je vis avec l'homme le plus intelligent, le plus sage, le plus beau, le plus sexy, le plus gentil, le plus... Bref comment ne pas être amoureuse ? 

 

4. anglaise :

 

Je déménagerais.

 

5. écrivain :

 

J'écrirais un bouquin drôle et intelligent sans hémoglobine, sans dépression, sans pathos, sans auto-apitoiement, sans raconter ma vie, sans parler de ma grand-mère ou de mon arrière grand-oncle, sans bons sentiments, sans banalités... Et tout cela dans un style digne de Proust bien sûr...

 

6. en colère :

 

J'apprendrais à me battre...

 

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7. d'humeur joueuse :

 

Je savourerais ...

 

8. un rideau

 

Un rideau de douche (bah oui...)

 

9. une pandémie

 

Une pandémie d'intelligence, ça changerait...

 

10. un assureur  

 

Je changerais de métier, parce que franchement...

 

 

Je ne passe la main à personne car je dois être une des dernières à avoir répondu à ce tag sur la blogosphère...

 

Publié dans Tags - challenges...

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Désolations de David VANN

Publié le par Hélène

                                           

 ♥ ♥

 « On peut choisir ceux avec qui l’on va passer sa vie, mais on ne peut choisir ce qu’ils deviendront. » (p. 109)

  

L’auteur :

 

DAVID VANN est né sur l'île Adak, en Alaska. Après avoir parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il travaille actuellement à la construction d’un catamaran avec lequel il s'apprête à effectuer un tour du monde à la voile en solitaire. Auteur de plusieurs livres, il vit en Californie où il enseigne également à l'Université de San Francisco. Sukkwan Island fut son premier roman traduit en français. Site de l'auteur

 

L’histoire :

 

Sur les rives d’un lac glaciaire au cœur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd’hui adultes. Mais après trente années d’une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l’accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l’assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l’obsession de son mari, elle le voit peu à peu s’enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, tout à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s’annonce un hiver précoce et violent qui rendra l’îlot encore plus inaccessible. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

- Désolations nous offre tout un faisceau de réflexions sur le couple : la question du mariage, sa durée, la fidélité, l’engagement, les concessions nécessaires et aliénantes…

 

« L’attention devait être la suite logique de l’amour. Cela paraissait pourtant évident. » (p. 205)

 

Irène et Gary sont mariés depuis trente ans et les fissures commencent à devenir des gouffres entre eux, Rhoda et Jim envisagent le mariage, même si cette perspective semble effrayer Jim, quant à Mark et Karen ils vivent des expériences extrêmes peut-être pour combler un vide sous-jacent. Vient se greffer sur cette famille particulière un couple électron : Monique et Carl, deux êtres qui se laissent porter par le vent de la vie. Les choix que chacun de ces couples doit faire bouleverseront l'ordre pré-établi de leurs vies bien réglée.

 

« Nous vivons pour bâtir. C’est ce qui nous définit. C’était vrai, pensa-t-il. Imaginer quelque chose, le tourner en tous sens dans son esprit, l’arpenter encore et encore dans ses rêves, puis le rendre réel dans la vraie vie. Rien de plus satisfaisant que cela. » (p. 73)

 

 « La vraie question concernait sa vie et son but ultime. Il ne croyait pas en Dieu, il n’avait pas choisi le bon domaine pour devenir célèbre ou puissant. C’était pourtant les trois éléments indispensables : la foi, la célébrité et le pouvoir. Ils justifiaient une existence tout entière, ou du moins vous donnaient l’illusion que votre vie avait un sens. Toutes ces conneries, être un bon gars, traiter les gens correctement, passer du temps en famille, c’était de la merde parce que ce n’était pas ancré dans quelque chose de solide. Il n’existait aucune échelle de valeur universelle. Avoir des enfants semblait fonctionner pour certains, mais pas complètement. Ils mentaient parce qu’ils avaient perdu leur vie d’antan et qu’il était trop tard. Et l’argent à lui seul n’avait aucun sens. Il ne restait donc que le sexe, et l’argent pouvait y être d’un grand secours. » (p. 169)

 

 - L’expérience de Carl sommé de travailler pour gagner de quoi manger et optant pour une usine de poissons est désarmante de réalité et assez glaçante...

 

« Pour Carl, toutes les leçons de la vie s’illustraient là. (…) :

  1. Ne travaille pas avec d’autres personnes.
  2. N’exerce pas un travail manuel.
  3. Sois content de ne pas être une femme que le marché du travail.
  4. Le contrôle de qualité n’existe pas. Tous les autres termes du monde des affaires sont aussi des conneries. Le monde des affaires est le cimetière de la pensée et de la parole.
  5. Le travail ne sert qu’à gagner de l’argent. Alors trouve-toi un boulot qui aille au-delà, un boulot qui, dans l’idéal, ne te donne pas la sensation d’en être un. » (p. 190)

- Les éléments sont omni-présents dans ce roman, mais la nature est elle aussi en proie à une tempête qui rend peu accueillante cette île perdue au milieu du lac Skilak. Cette nature sauvage qui avait tant attiré Gary se révèle menaçante, déprimante, mettant à mal ses projets de construction. La pluie incessante joue aussi sur le moral vacillant d'Irène qui suit mécaniquement son mari jusqu'à ce qu'un trop plein de non-dits et de déceptions les terrassent... Loin du monde, coupé de leur entourage inquiet, isolés sur cette île, ils seront face à eux-mêmes et à leurs démons.

 

Caribou_island.jpg 

@Dominic Ryan, Caribou island 

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

- Pendant toute ma lecture, j’ai redouté le phénomène de la page 113 (ceux qui ont lu Sukkwan island comprendront) et plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais soulagée  de ne pas la rencontrer…

 

Jusqu’à ce que la fin du roman bouleverse toute l’histoire  et fasse éclater en mille morceaux les vies désolantes des protagonistes. D’un sens cette fin sauve le roman de l’ordinaire en frappant un grand coup, mais de l’autre, elle laisse un goût amer proprement désespéré au lecteur, une sensation de gâchis immense. Aucune once d’espoir dans ce roman qui entremêle dépression, vacuité des vies vouées à l’échec, mort, infidélité… Je dirais juste que pour se confronter à ce « Caribou island », il faut être prêt à affronter ses propres démons…

 

Premières phrases :

 

« Ma mère n’était pas réelle. Elle était un rêve ancien, un espoir. Elle était un lieu. Neigeux, comme ici, et froid. Une maison en bois sur une colline au-dessus d’une rivière. Une journée couverte, la vieille peinture blanche des bâtiments rendue étrangement brillante par la lumière emprisonnée, et je rentrais de l’école. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Sukkwan island 

 

D’autres avis :

 

Babélio 

 

 

Désolations, David Vann, Traduit de l’américain par Laura Derajinski, Gallmeister, 2011, 296 p., 23 euros

 

challenge 1% littéraire

 

challenge nature writing

 

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Loin d’être parfait de Adrian TOMINE

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 

Adrian Tomine est un dessinateur américain né en 1974 à Sacramento, Californie.

 

L’histoire :

 

Ben Tanaka a des problèmes.
Non seulement il est cynique, sarcastique et insensible, mais en plus sa relation avec sa copine se passe mal. Miko Hayashi lui reproche d’être attiré par les femmes blanches. Tous les deux sont d’origine asiatique.
Elle fuit à New York, il reste en Californie. Leur histoire s’inscrit dans l’Amérique multiraciale et borderline d’aujourd’hui. Un pays imparfait, tout comme eux.

 

Mon avis :

 

Sur la quatrième de couverture qui présente quelques passages des articles de presse concernant l’album, l’un des critiques compare l’auteur à Eric Rohmer. J’ai effectivement capté cette même hésitation  ressentie devant les films de Rohmer : cette oscillation entre ennui et envie d’être charmée.

 

Il ne se passe pas grand-chose dans cet album, il s’agit juste du délitement d’un couple, des interoogations multiples et variées de deux personnes qui ne savent pas encore bien cerner leur identité ni leur attente de la vie. Ben Tanaka est désarmant de mauvaise foi, Miko trop bêcheuse  pour être honnête et la meilleure amie lesbienne de Ben semble finalement la seule à se sentir équilibrée et prête à assumer ses choix.

 

Si l’on sent quelquefois la vie et sa vérité s’immiscer entre les lignes et les images,  la lassitude des personnages et leurs interrogations nombrilistes ont été tellement communicatives qu'elles ont fini par m'ennuyer. Les questions sur les origines et les attirances sexuelles des protagonistes m’ont semblé assez simplistes et sans grand intérêt. Je ne suis pas tombée sous le charme...

 

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Loin d’être parfait, Adrian Tomine, Delcourt, novembre 2008, 108 p., 14,95 euros

 

 BD du mercredi de Mango 1

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Une heure de silence de Michael KORYTA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman policier plutôt bien mené.

 

L’auteur :

 

Michael Koryta est un auteur américain, ancien journaliste et détective privé.

 

L’histoire :

 

La mystérieuse propriété baptisée «La Crête aux murmures» et estimée à plusieurs millions de dollars, a longtemps abrité un étrange programme de réinsertion mené par Alexandra Cantrell, soeur d'un ponte de la mafia de Cleveland.

Le détective privé Lincoln Perry en apprend l'existence lorsque débarque dans son bureau Parker Harrison - ancien détenu et «pensionnaire» de la Crête aux murmures - l'implorant de retrouver Alexandra, mystérieusement disparue. Déconcerté et embarrassé par l'instinctive méfiance que lui inspire son client, Perry décide de prendre l'affaire mais se rend vite compte que les os de Joshua Cantrell, l'époux d'Alexandra, ont été découverts au moment même ou Parker s'est décidé à faire appel à lui.

Coïncidence ? Sûrement pas. Pour régler ce dossier dont les pistes sont froides depuis des années, Lincoln Perry, aidé d'un autre détective, va devoir plonger le nez dans les enquêtes de la police mais aussi du FBI, et enfin résoudre disparition et meurtre au risque et au prix de sa vie.

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’atmosphère liée à cette maison idéale tapie en pleine nature intrigue le lecteur dés les premières pages. Le décor est attirant, les personnages énigmatiques : on rencontre un ancien meurtrier qui semble s’être réinséré, un détective hésitant, un autre à la retraite, et le troisième hanté par ses échecs. Et surtout la disparition mystérieuse et inexpliquée de ce couple aux valeurs morales aiguillonne la curiosité…

Le point de vue de la jeune Alexandra sur la réinsertion des anciens meurtriers est intéressant et ouvre de nouvelles perspectives...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai moins aimé les imbroglios liés à la mafia locale, j’ai trouvé que l’intrigue perdait de son épaisseur en tombant dans ces poncifs, alors qu’elle aurait pu sans doute partir sur des voies plus originales et passionnantes.

-          Le suspens n’est pas assez exploité car à chaque fois que l’enquête frôle le danger, Lincoln connaît les affres de l’hésitation qui le happent et le font douter de sa mission –la trouille tout simplement … C’est sans doute tout à son honneur de souhaiter protéger ses proches  mais on est loin du personnage de dur à cuire que rien ni personne ne fait reculer, à la Sam Spade …

-          A dire vrai, je n’ai pas vraiment envie de revoir le beau Lincoln, et ça, croyez-en une fan des beaux détectives musclés, ce n’est pas très bon signe… (personne n’a encore remplacé Dahlgren dans mon cœur, qu’on se le dise !)

 

Premières phrases :

 

« Il avait aiguisé son couteau une heure avant de tuer. La police, le procureur et les médias en avaient fait grand cas. Pour eux, il y avait préméditation. Dessein criminel. Meurtre de sang-froid.

Parker Harrison s’était contenté de répondre qu’il aiguisait souvent son couteau le soir.

Un peu léger comme défense. »

 

 

D’autres avis :

Babélio

 

Une heure de silence, une enquête de Lincoln PERRY, Michael KORYTA, Traduit de l’anglais (EU) par Frédéric Grellier, Seuil policiers, octobre 2011, 365 p., 21.50 euros

 

JURY-2011Jury seuil babélio

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Sang impur de Hugo HAMILTON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Peut-être que votre pays, c’est juste un endroit que vous vous fabriquez dans votre tête. » (p. 277)

 

L’auteur :

Hugo Hamilton est né à Dublin en 1953 d'une mère allemande et d'un père irlandais. Il accède à la consécration avec son roman autobiographique Sang impur, récompensé en France par le prix Femina étranger en 2004.

 

L’histoire :

Issue de l'union d'une Berlinoise antinazie avec un nationaliste irlandais, une portée de gamins grandit dans les quartiers misérables du Dublin des années 1960. Talochés par un père dont les échecs affligent toute la famille, les petits Hamilton essuient au dehors les insultes du voisinage. Mais auprès de leur douce mère, Hugo, Franz et Maria apprennent le bonheur d'être en vie, de s'aimer et de se serrer fort contre les siens.

 

Ce que j’ai aimé :

Sang impur peint par touches subtiles la fragilité de l’enfance, sa virginité. Le petit narrateur répète sans cesse « je ne sais rien » comme si c’était à lui de s’inventer une histoire, à lui de se construire en fabriquant un être avec tout ce qu'il saisit et entend.

« Quand on est petit, on est comme une feuille de papier vierge sans rien marqué dessus. Mon père écrit son nom en irlandais, ma mère écrit le sien en allemand et il reste un blanc pour tous les gens dehors, qui parlent anglais. (…) Mais nous on a pas envie d’être spéciaux. »  (p. 21)

« Il y a des choses qu’on hérite de son père, pas juste le front, le sourire ou une jambe qui boite, mais d’autres trucs, comme la tristesse, la faim, les blessures. On peut hériter de souvenirs qu’on préfèrerait oublier. Il y a des choses qui peuvent vous être transmises, enfant, comme la colère impuissante. » (p. 54)

Cette lente construction ne se fait pas sans heurts, et si la violence fait aussi partie intégrante de son apprentissage, le giron maternel, la sécurité de son foyer atténuent la douleur liée à la souffrance d'un être qui ne trouve que difficilement sa place dans un monde bien décidé à placer les humains dans des cases :

« Ma mère elle arrange tout avec des gâteaux, des histoires et des câlins qui vous font craquer les os. » (p. 56)

En nous contant avec humour son univers quotidien au sein d'une famille unie, ces luttes incessantes contre un père décidé à bannir de sa miason tout ce qui représente la Grande-Bretagne -y compris les chansons en anglais-, contre les camarades qui ne parviennent pas à adopter ces enfants oscillant entre deux nationalités ennemies, c'est aussi la grande Histoire qu'évoque l'auteur en nous éclairant sur le passif des luttes entre la Grande-Bretagne et l'Irlande et en interrogeant intelligemment la question de la nationalité.

« Lire Sang impur, c’est se rappeler pourquoi les grand écrits ont à nos yeux tant d’importance. C’est aussi voir tous les clichés de l’Irlande du XXème siècle subtilement dénoncés et détruits. Voilà un ouvrage riche de sève, dont la force rare opère comme une délivrance – ce qui ne l’empêche pas d’être dénué du moindre soupçon de prétention. Un livre pour notre temps, et sans doute pour tous les temps. » (Joseph O’CONNOR, préface)

 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

« Quand on est petit, on ne sait rien.

Quand j’étais petit, je me suis réveillé en Allemagne. J’ai entendu les cloches, je me suis frotté les yeux et j’ai vu le vent qui gonflait les rideaux par la fenêtre et j’ai vu l’Irlande. »

 

Vous aimerez aussi :

Autre : Au pays des hommes de Hisham MATAR

 

D’autres avis :

Blogs : A propos des livres

Presse : Lire ; Lmda

 

Sang impur, Hugo Hamilton, traduit de l’anglais (Irlande) par Katia Holmes, préface de Joseph O’CONNOR, Phébus, 2004, 279 p., 19.50 euros

POCHE : Sang impur, Hugo Hamilton, traduit de l’anglais (Irlande) par Katia Holmes, Points, 2007, 347 p., 7 euros

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Les formidables aventures de Lapinot. Tome 0. Slaloms de Lewis TRONDHEIM

Publié le par Hélène

slaloms.jpg 

♥ ♥

 

L’auteur :

Lewis Trondheim de son vrai nom Laurent Chabosy (né le 11 décembre 1964, à Fontainebleau, France) est un dessinateur, scénariste et éditeur français de bande dessinée.

 

La série :

Les Formidables Aventures de Lapinot est une série de bande dessinée réalisée par Lewis Trondheim.

La série met en scène des animaux à forme humaine. Le personnage principal est un lapin, Lapinot, entouré d'une bande d'amis (Richard, Pierrot, Titi, Nadia…). En alternance, les histoires se déroulent dans un environnement urbain habituel ou dans des mondes empruntés à des univers variés : westerns, Spirou et Fantasio, etc.(source : Wikipédia)

 

L’histoire :

Lapinot, Richard, Pierrot et Titi vont aux sports d'hiver. Au début, Lapinot a mal au cœur à cause des virages en bagnole. Après, ils ne peuvent pas faire de ski à cause du loup qui a déjà zigouillé trois skieurs. Après, ils peuvent en faire parce que le loup est parti, mais c'est coton de louer des chaussures et le reste parce que Lapinot chausse du 88 et Pierrot a "juste besoin de gants normaux à quatre doigts". Après, Richard descend tout schuss du matin au soir, et les autres, qui trouvent globalement que le paysage est pentu, comptent leurs abattis quand ils se ramassent. Le reste du temps, ils échangent des vannes poilantes, ils emballent les filles - mollement : Lapinot ne se sent pas d'entamer une relation en ce moment - ou ils jouent à des jeux idiots et dansent sur Cloclo : "Les sirènes du poort d'alee-xandrie chantencore la même méé-lodie…"  (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Les formidables aventures de Lapinot peignent la vie simple de trentenaires : ce sont des êtres sans fioritures à cheval entre la vie adulte et les bouffonneries de l’enfance. Des personnages  dans lesquels tout un chacun se reconnaît :  ici évoluant aux sports d’hiver, on y rencontre celui qui veut dévaler les pistes –noires-  de la première à la dernière heure, celui venu pour se reposer et qui refuse de « s’exciter », celui venu avant tout pour lever des filles,  sur les pistes ou en boîte de nuit…  Des personnes capables de chanter « Etoile des neiges » à tue-tête –ou sa version actualisée assez étonnante… - et capable l’instant d’après de disserter :

 

« Il faut bien admettre qu’on est tous devenus des adultes responsables.

-          Ou en tout cas des adultes…

-          Légalement parlant ;

-          Mm… On est peu de chose…

-          Tu veux dire qu’on est plus que très importants

-          Le fait qu’on existe donne une dimension aux choses.

-          Le fait qu’on existe nous fait nous rendre compte qu’on est nous-mêmes d’une petite dimension. » (p. 31)

 

« Des gens meurent à chaque seconde ! C’est comme si tu découvrais que la mort existe vraiment parce qu’elle a été proche de toi… » (p. 46)

 

Slaloms est un album simple, sans prétention, et ses héros des êtres sympathiques avec qui on passe du bon temps.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Ce n’est pas hilarant, on sourit tout juste, les aventures sont somme toute tellement banales que l’on pourrait leur reprocher de rester trop à plat…

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D’autres avis :

Babélio

 

Slaloms, Lewis TRONDHEIM, Dargaud, 2000, 46 p., 11.55 euros

 BD du mercredi de Mango 1

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Limonov d'Emmanuel CARRERE

Publié le par Hélène

limonov

♥  

Prix Renaudot 2011

 

L’auteur :

Emmanuel Carrère est un écrivain français.

 

L’histoire :

« Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous Brejnev ; clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan ; écrivain branché à Paris ; soldat perdu dans les guerres des Balkans ; et maintenant, dans l’immense bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part mon jugement.

C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie, mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

-         -  Je pourrais vous dire que Limonov est un roman passionnant centré sur un personnage marquant. Mais si Edouard Limonov est sans conteste un homme qui marque les esprits, il est aussi un être prêt à tout pour échapper à sa condition tristement humaine et exister. Prêt à tout, et surtout prêt au pire pour devenir quelqu’un et s’échapper d’un destin étroit. Ce n’est pas un être attachant, et la fascination étrange de l’auteur pour cet homme est assez déroutante :

« « C’est bizarre, quand même. Pourquoi est-ce que vous voulez écrire un livre sur moi ? »

Je suis pris de court mais je réponds, sincèrement : parce qu’il a – ou parce qu’il a eu, je ne me rappelle plus le temps que j’ai employé – une vie passionnante. Une vie romanesque, dangereuse, une vie qui a pris le risque de se mêler à l’histoire.

Et là, il dit quelque chose qui me scie. Avec son petit rire sec, sans me regarder :

« Une vie de merde, oui. » » (p. 484)

La frontière entre biographie et roman est ténue ici et l’auteur le reconnaît lui-même "J'ai une réticence à utiliser ce mot, explique l'auteur. La définition du roman parle de fiction. Or, tous les événements rapportés sont véridiques, même si je garde une liberté dans la mise en scène. Et il y a aussi tout ce qui relève de l'inexactitude involontaire..." (source L’express, Jean-Paul Guilloteau)

-          - Je pourrais vous dire que l’on apprend beaucoup sur la Russie et la politique de cette époque. Sauf que personnellement, je me suis ennuyée dans ces passages historiques et politiques.

-         - Je pourrais vous dire qu’Emmanuel Carrère est un grand écrivain, mais je n’avais pas du tout apprécié son « D’autres vies que la mienne », qui jouait trop sur le pathos à mon goût, et ici j’ai été énervée par ces allers et retours entre sa vie et celle de son héros, parce que je n’ai pas cette idée-là de la littérature et des romans.

 -         -  Je pourrais vous dire qu’il faut croire les critiques et découvrir cet ouvrage,  et je pense qu’il faut le faire si :

1. Vous appréciez les biographies

2. Vous appréciez l’histoire du communisme

3. Vous vous intéressez à  Edouard Limonov

4. Vous appréciez Emmanuel Carrère.

Sinon ? Il y a tant d’autres romans à découvrir…

 

Premières phrases :

 

« Jusqu’à ce qu’Anna Politkovskaïa soit abattue dans l’escalier de son immeuble, le 7 ocotbre 2006, seuls les gens qui s’intéressaient de près aux guerres de Tchétchénie connaissaient le nom de cette journaliste courageuse, opposante déclarée à la politique de Vladimir Poutine. »

 

 

D’autres avis :

 

Blogs : Clara , Mathilde, Valérie, PetitSachem, SD49

Presse : Les InrocksTélérama, Lire, Le Magazine Littéraire

 

Limonov, Emmanuel Carrère, POL, 2011, 488 p., 20 euros

 

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Le kiosque d’Olga GRUSHIN

Publié le par Hélène

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♥♥♥

 

L’auteur :

 

Olga Grushin est née en 1971 à Moscou; Elle vit aux Etats-Unis depuis 1993 et écrit en anglais. Elle est l'auteur de La Vie rêvée de Sukhanov (2006).

 

L’histoire :

 

En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky.

Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes.

Comme le précise l'auteur, elle s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Dés les premières pages, le lecteur est comme happé dans cet univers particulier, et il est lui aussi contraint de patienter pour connaître le dénouement de cette attente qui n’en finit pas. Comme ceux qui attendent, il s’attache à ces silhouettes rencontrées quotidiennement, à ces destins si dissemblables et pourtant tous tendus vers une promesse de bonheur. Au-delà de l’attente, se profile l’histoire touchante de cette famille branlante : Anna, qui fait la queue pour faire plaisir à sa mère, cette mère muette, fantôme hantant la maison dont le passé plane comme un halo diffus au-dessus des protagonistes, Sergueï, homme insatisfait tout prêt à se laisser charmer par d’autres femmes pour fuir son quotidien morose, et leur fils Alexander, jeune homme qui fréquente des milieux interlopes peu recommandables, et qui, lui aussi, rêve de changer sa vie.

 

Le kiosque est une belle réflexion sur le temps, sur le bonheur, sur la vie qui passe en nous effleurant seulement quelquefois…

 

« Le temps comme un ogre dévorant ses enfants, le temps comme le souffle de Dieu, le temps comme la formule tracée par la craie crissant entre les doigts du physicien, avec son halo de cheveux argentés. Et, pour la plupart d’entre nous, notre petit bout de chemin, bref, terne, aux virages de plus en plus sombres, les moments de bonheur étant le plus souvent les moments passés à espérer le bonheur, à espérer quelque chose de magique, de lumineux – peut-être le frôlement d’un minuscule miracle d’immortalité, un rayon de soleil préservé dans une larme d’ambre, la prière damnée que Faust adresse à l’instant : « Arrête-toi, tu es si beau ! » » (p. 279)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Un peu long.

 

Premières phrases :

 

« Qui est arrivé ? C’est vous le dernier ? Ils vendent quoi ?

-          Aucune idée, quelque chose d’intéressant, j’espère. Peut-être des gants, j’ai les mains gelées.

-          Des écharpes, j’ai entendu dire. Importées. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Laitier de nuit de Andreï KOURKOV

 

D’autres avis :

 

Delphine 

 

Le kiosque, Olga Grushin, Traduit de l’anglais (EU) par Alain Defossé, Rivages, 2011,

398 p., 23 euros

 

 

  Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de BABELIO

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