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Lady Susan de Jane AUSTEN

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Le portrait d'une manipulatrice hors pair... 

 

L’auteur :

 

Née en 1775 dans famille anglaise modeste de l’Hampshire, Jane Austen est l’avant-dernière d’une famille qui compte huit enfants. Son père est pasteur, et laisse sa bibliothèque bien fournie à portée de ses enfants, qui s’abreuvent des romans sentimentaux caractéristiques du XVIIIe siècle.

Elevée à la campagne, très proche de sa sœur Cassandra, avec qui elle monte des pièces de théâtre, Jane Austen apprend le piano, la danse, le français et l’italien, comme toute jeune fille de son temps que l’on prépare pour un bon mariage. Elle part également faire des études à Oxford et Reading. Raison et sentiments, Orgueil et préjugés, ses deux œuvres majeures, sont rédigées dans leurs premières versions alors qu’elle a à peine plus de vingt ans, mais ne parviennent pas à convaincre les éditeurs.

Lorsque son père meurt, la famille est depuis quelques temps installée à Bath, ville qu’elle déteste profondément. Condamnée, à la suite de ce décès, à vivre dans la gêne financière et à rester vieille fille, Jane Austen décide en 1808 de s’installer dans un village près de Manchester, pour y vivre avec sa mère et sa sœur. C’est là qu’elle remanie Raison et Sentiments, avant de réussir à le faire publier – de manière anonyme, comme il était d’usage pour les ouvrages féminins de l’époque. Suite à ce succès, qui lui rapporte, de manière inespérée un peu d’argent pour vivre, elle remanie Orgueil et Préjugés, lui aussi enfin publié, et dont le succès est encore plus grand. Suivront Emma, grand succès également, et Persuasion, laissé inachevé suite à une maladie dégénérative dont elle mourra en 1817.
Son œuvre romanesque, fortement marquée par le XVIIIe siècle, est en partie autobiographique : on y voit les marivaudages amoureux de jeunes provinciaux soumis à une pression sociale et familiale constante. Loin du romantisme échevelé et du renouveau gothique d'une
Mary Shelley ou des soeurs Brontë, Jane Austen puise ses sources dans les textes de Rousseau ou de Richardson. Ses textes donneront lieu à plusieurs adaptations cinématographiques.
(source : Fluctuat)

 

L’histoire :

 

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Le style incisif est en première ligne dans ce roman épistolaire :

"Si je tire vanité de quelque chose, c'est bien de mon éloquence. La considération et l'estime accompagnent aussi inévitablement la maîtrise des mots que l'admiration la beauté." ( p. 48)

Le personnage de Lady Susan, est fascinant, manipulatrice à souhait, elle en fait un jeu dans lequel elle doit être victorieuse à tout prix, même s’il faut pour cela sacrifier le bonheur de sa fille. Elle manie l’art de la séduction avec brio, en jouant de ses charmes et de sa verve et fait mouche très fréquemment, malgré une réputation sulfureuse attachée à ses pas. C'est une femme sans scrupules qui joue avec les passions des autres sans aucune considération pour les conséquences éventuelles...  

"Il y a un plaisir délicat à réduire l'insolence, à faire en sorte qu'une personne qui avait d'avance résolu de vous détester reconnaisse votre supériorité." (p. 26)

"Posséder le français, l'italien, l'allemand, la musique, le chant,le dessin, etc. vaudra quelques applaudissements à une femme mais n'ajoutera pas un seul prétendant à sa liste. La grâce et les manières, après tout, sont ce qui compte le plus." (p. 24)

Jane Austen est tellement douée qu'elle parvient à nous faire aimer cette femme fascinante car à côté d'elle tous les autres personnages semblent ternes et sans intérêt. Nous passons ainsi un agréable moment en sa compagnie.

 

Ce que j’ai moins aimé :

   

-          Trop court…

 

Premières phrases :

 

« Mon cher frère,

Je ne puis davantage me refuser le plaisir de mettre à profit l’aimable invitation que vous m’avez faite, quand nous nous sommes quittés la dernière fois, de passer quelques semaines en votre compagnie à Churchill. En conséquence, s’il n’y a pas le moindre inconvénient à ce que Mme Vernon et vous-même me receviez maintenant, je chérirai l’espoir d’être, dans peu de jours, présentée à une sœur dont j’ai depuis si longtemps désiré faire la connaissance. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Orgueil et préjugé

Autre : Les liaisons dangereuses de Choderlos de LACLOS

 

D’autres avis :

Cryssilda 

 Lu dans le cadre du Blogoclub  

Lady Susan, Jane Austen, traduit de l’anglais par Pierre Goubert, Folio, 2000, 115 p., 2 euros

blogoclub 

Publié dans Littérature Europe

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Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de VIGAN

Publié le par Hélène

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Prix Renaudot des lycéens 2011

Prix France Télévisions 2011

 

L’auteur :

 

Delphine de Vigan est notamment l’auteur du best-seller No et moi, plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, et des Heures souterraines (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier. Elle faisait partie de la dernière sélection du Goncourt. Elle vit à Paris.

 

L’histoire :

 

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

 

Mon avis :

 

Rien ne s’oppose à la nuit est un roman dont on demeure prisonnier dès les premières pages amorcées. Il ferre le lecteur avide de connaître l’ensemble du portrait offert par Delphine de Vigan, impatient d’aller jusqu’au bout du malheur, pour, peut-être entrevoir ensuite une once d’éclaircie. Heureusement, Delphine de Vigan, entre deux chapitres consacrés à la souffrance liée à sa famille, désamorce l’angoisse en revenant au présent et en décrivant son propre processus d’écriture. Ces chapitres sont comme des bouffées d’air avant de retourner en apnée dans les pages plus dures.

 

La question que j’ai fini à me poser est « pourquoi s’infliger cette épreuve en tant que lectrice ? » Je conçois que l’auteure ait besoin de se délivrer, de rompre la malédiction, de comprendre :

 

« Je ne me suis jamais vraiment intéressée à la psycho-généalogie ni aux phénomènes de répétition transmis d’une génération à une autre qui passionnent certains de mes amis. J’ignore comment ces choses (l’inceste, les enfants morts, le suicide, la folie) se transmettent.

Le fait est qu’elles traversent les familles de part en part, comme d’impitoyables malédictions, laissent des empreintes qui résistent au temps et au déni. » (p. 283)

 

« A la fois pour moi-même et pour mes enfants – sur lesquels pèse, malgré moi, l’écho des peurs et des regrets- je voulais revenir à l’origine des choses.

Et que de cette quête, aussi vaine fût-elle, il reste une trace. » (p. 297) 

 

«  J’écris ce livre parce que j’ai la force aujourd’hui de m’arrêter sur ce qui me traverse et parfois m’envahit, parce que je veux savoir ce que je transmets, parce que je veux cesser d’avoir peur qu’il nous arrive quelque chose comme si nous vivions sous l’emprise d’une malédiction, pouvoir profiter de ma chance, de mon énergie, de ma joie, sans penser que quelque chose de terrible va nous anéantir et que la douleur, toujours, nous attendra dans l’ombre. »

 

Mais cette plongée en apnée m’a mise mal à l’aise, comme si je rentrais trop avant dans l’univers intime et psychanalytique de l’auteure, au risque de m’y perdre. Je n'ai pas saisi l'intérêt de cette plongée asphyxiante pour un lecteur lambda, je suis passée à côté du texte... 

 

 « Pourtant, toute tentative d’explication est vouée à l’échec. Ainsi devrai-je me contenter d’en écrire des bribes, des fragments, des hypothèses.

L’écriture ne peut rien. Tout au plus permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. » (p. 47)

 

Premières phrases :

 

« Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tâchées d’encre, au pli des phalanges. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Les heures souterraines

Autre : Annie ERNAUX

 

D’autres avis :

Yv Leiloona, Clara, Canel, Mango, Sylvie Emeraude Babélio

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine DE VIGAN, JC Lattès, août 2011, 440 p., 19 euros

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Les ombres de Kittur de Aravind ADIGA

Publié le par Hélène

                                           ombres de kittur

 ♥ ♥

  « Vous ne comprenez pas que ce monde déraille ? » (p. 192)

  

L’auteur :

 

Aravind Adiga est né à Chennai en 1974. Il a été couronné par le prestigieux Booker Prize en 2008 pour Le Tigre blanc traduit en trente-cinq langues, Romancier avant tout, il écrit aussi pour le New Yorker, le Financial Times et le Sunday Times. Il vit à Bombay.

 L’histoire :

 Kittur est une petite ville imaginaire de l’Inde du sud située sur la côte du Karnataka - entre Goa et Calicut - dont l’auteur du Tigre blanc fait le théâtre de ses dernières histoires. Avec ses castes supérieures et inférieures, ses religions multiples, ses immigrés tamouls, ses enfants des rues, ses rikshawallahs, ses fonctionnaires corrompus, Kittur contient l’Inde tout entière.

On y croise Ziauddin, un de ces garçons faméliques qui hantent toutes les gares de l’Inde, Ramakrishna Xerox, arrêté pour vente illégale de photocopies des Versets Sataniques, Shankara, qui fait exploser une bombe dans son école jésuite, Abbasi, propriétaire musulman d’un atelier de confection qui résiste aux pressions des fonctionnaires corrompus, Soumya, petite fille d’un ouvrier en bâtiment que son père envoie à l’autre bout de la ville chercher sa dose d’héroïne, George D’Souza le jardinier catholique de Madame Gomes, qui peine à établir la juste distance entre maîtresse et serviteur, Murali, le brahmane devenu communiste qui a laissé la vie passer…
Quatorze destinées attachantes, puissantes, envoûtantes, qui incarnent les mêmes enjeux terribles de castes, de classe et de pouvoir que dans Le tigre blanc. Quatorze personnages émouvants, que l’injustice et la misère obligent à accepter l’inéluctable, et dont on suit les épreuves entre 1984 et 1991, années marquantes de l’assassinat d’Indira Gandhi et de son fils Rajiv.

 Ce que j’ai aimé :

 Ces nouvelles offrent une image juste et percutante de l’Inde contemporaine à travers le portrait de ces hommes et ces femmes perdus dans une ville gangrenée par la corruption, l’immoralité ambiante, le Mal serpentant parmi les consciences.  Certains choisiront l'honnêteté quand d'autres abdiqueront devant tant de tentations et de pressions insoutenables... 

La pauvreté règne en effet au cœur du pays et du livre, avec des conséquences désastreuses pour tous :

  "Tu sais quelle est la plus grande différence entre les riches et les pauvres comme nous? Les riches peuvent commettre des erreurs encore et encore. Les pauvres, à la moindre erreur, ils perdent tout." (p.258)

 Les nouvelles courent des années 1980 à 1990, marquées par l'assassinat de Indira Gandhi et de son fils Rajiv, et la situation politique offre une toile de fond non négligeable :

« La seule erreur, Mr Bhatt, rétorqua Mr D’Mello, a été commise le 15 août 1947, lorsque nous avons cru que ce pays pouvait être gouverné par une démocratie au lieu d’une dictature militaire.

-          Oui, oui, c’est juste, acquiesça le jeune professeur. Mais quid de l’état d’urgence ? N’était-ce pas une bonne chose ?

-          Nous avons gaspillé cette chance. Et, maintenant, ils ont assassiné la seule personnalité politique qui savait comment administrer à ce pays les remèdes dont il a besoin. » ( p. 96)

 Les ombres de Kittur nous plonge dans une réalité indienne bien plus sombre que ne le laisse voir le beau monde de Bollywood... 

Ce que j’ai moins aimé :

 L'ensemble est très sombre, comme dans Le tigre blanc, seulement ici la longueur réduite des nouvelles ne permet pas au lecteur de s'attacher suffisamment aux personnages, si bien qu'une lassitude finit par s'installer au fil de la lecture, les histoires étant somme toute assez similaires.

 

Premières phrases :

« Kittur se trouve sur la côte occidentale de l’Inde du Sud, entre Goa et Calicut, à égale distance ou presque de ces deux villes. Elle est bordée par la mer d’Oman à l’ouest, et par la rivière Kaliamma au sud et à l’est. Le relief est vallonné, le sol noir et légèrement acide. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Le tigre blanc de Aravind ADIGA

 Autre : La colère des aubergines de Bulbul SHARMA

 

D’autres avis :

Kathel ;  Fransoaz ; Brize ; Lounima  

Les ombres de Kittur, Aravind ADIGA, Traduit de l’anglais (Inde) par Annick LE GOYAT, Buchet Chastel, août 2011, 354 p., 21 euros

Publié dans Littérature Asie

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Aziyadé de Franck BOURGERON d’après le roman de Pierre LOTI

Publié le par Hélène

                                            Aziyade

 ♥ ♥ ♥

Un bel hommage au roman de Pierre Loti

 

L’auteur :

Pierre Loti est un écrivain français, né à Rochefort en 1850. Officier de marine, ses voyages ont inspiré beaucoup de ses romans. On lui doit notamment  Ramuntcho et Pêcheur d’Islande.

En 1879, il écrit Aziyadé et en 1892, Fantôme d’orient, ultime hommage à la femme qui ne cessa jamais de hanter son cœur. Il est mort en 1923 à Hendaye et est enterré dans l’île d’Oléron. 

 

L’histoire :

e passage en Grèce, à Salonique (alors sous domination turque), Loti, jeune et sémillant lieutenant de la marine anglaise aperçoit, derrière les barreaux d'une fenêtre de harem, le visage d'Aziyadé, belle et jeune odalisque aux yeux verts. Dès lors, il ne vit plus que pour elle. « Aziyadé est âgée de dix-huit ou dix-neuf ans, elle est capable de prendre des résolutions extrêmes et de les suivre coûte que coûte, jusqu’à la mort… »

 Leur liaison amoureuse, née au milieu des parfums et des mystères de l'Orient, culminera à Stamboul (quartier de Constantinople) dans le déchirement et le sacrifice.

 

Ce que j’ai aimé :

Le jeune Loti est un homme seul, « sans foi ni espérance », qui a dû quitter sa sœur et sa mère pour débarquer dans un pays inconnu, prêt à se laisser envoûter par les plaisirs que cet orient peut lui offrir.

aziyadé

Il va donc se laisser charmer par la belle Aziyadé, au risque de sa vie et de celles de quelques autres, puisque la jeune femme appartient au harem d’un dignitaire turc. Mais pour lui ces heures de plaisir sont une façon d’exister, de se sentir vivant dans un monde déroutant :

« Mais j’en suis venu à penser que tout ce qui me plaît est bon à faire… il faut toujours épicer de son mieux… le repas si fade…de la vie. » (p. 19)

L’excitation de l’interdit, de ces rencontres volées, de ces éloignements prolongés, de ces retrouvailles fougueuses vont tresser en son cœur des sentiments durables, qui ne pourront malheureusement jamais s’épanouir pleinement. Lui qui n’aimait personne et ne « croyais à l’affection de personne » sera pris aux rets de la belle Aziyadé…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 La typographie, notamment dans les lettres de Pierre Loti à sa famille, n'est pas toujours très fluide.

  

Aziyadé, D'après le roman de Pierre Loti. Récit et dessin de Franck Bourgeron. Couleurs de Claire Champion, Futuropolis, février /2007 , 128 p., 19.3 euros

  Top-bd-2012 

BD du mercredi de Mango 1

 

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Sauver sa peau de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

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L’auteur :

Écrivain américain, Lisa Gardner a grandi à Hillsboro, dans l’Oregon. Auteur de plusieurs thrillers, elle a également écrit des romans sous le pseudonyme d’Alicia Scott. Elle vit actuellement dans le New Hampshire.

 

L’histoire :

Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… Sans qu’on lui donne la moindre explication. La découverte dans une chambre souterraine de l’ancien l’hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes, mortes des années auparavant, fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l’une des petites victimes : Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt cinq ans…

Mon avis :
Sauver sa peau est un roman policier efficace, de ces pages-turners qui retiennent l’attention le temps de quelques pages. Seulement, une fois le roman refermé, il n’en reste pas grand-chose, les personnages ne sont pas assez denses pour être inoubliables, et l’intrigue reste somme toute assez classique pour être oubliée rapidement une fois résolue. Demeurent quelques réflexions sur la volonté de protéger les siens envers et contre tout, mais là encore cette piste n’est pas suffisamment exploitée à mon goût.
Efficace mais loin d’être un chef d’œuvre…


Premières phrases :

« Mon père m’a expliqué ça pour la première fois quand j’avais sept ans : le monde est un système. L’école est un système. Les quartiers sont des systèmes. Les villes, les gouvernements, n’importe quel grand groupe de gens. Le corps humain aussi d’ailleurs, un système qui fonctionne grâce à de petits sous-systèmes biologiques. »

Vous aimerez aussi :
Du même auteur : La maison d'à côté de Lisa GARDNER

Autre : Instinct de survie de Jeffery DEAVER

D’autres avis :

Jostein

Sauver sa peau, Lisa Gardner, traduit de l'américain par Cécile Deniard, Albin Michel, 2009, 19.90 euros
POCHE : Sauver sa peau, Lisa Gardner, traduit de l'américain par Cécile Deniard, Le livre de poche, septembre 2011, 7.50 euros

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Texasville de Larry McMURTRY

Publié le par Hélène

                                             texasville

 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

LARRY McMURTRY est né en 1936, au Texas. Il publie son premier roman à l’âge de 25 ans. Suivront plusieurs best-sellers dont six ont été adaptés à l’écran – notamment La dernière séance réalisé par Peter Bogdanovich et Tendres passions de James L. Brooks. Auteur de nombreux scénarios, il a reçu un Oscar pour Brokeback Mountain. Son roman Lonesome Dove a obtenu le prix Pulitzer en 1986 avant d’être adapté pour la télévision. Larry McMurtry vit à Archer City, au Texas, où il a ouvert une des plus grandes librairies indépendantes des États-Unis.

 

L’histoire :

 

Entre crise du pétrole et crise de nerfs, il ne reste plus une seule personne saine d'esprit dans la petite ville de Thalia où Duane aborde difficilement son passage à la cinquantaine. Il jongle entre une femme insolente, quelques maîtresses blasées, des enfants timbrés, un chien stupide, douze millions de dollars de dette et un jacuzzi. Mais entre deux frasques, les habitants sont pris d'une nouvelle lubie: fêter le centenaire de la ville. Tout ce petit monde verse alors un peu plus dans la folie...

Après La dernière séance, Larry McMurtry renoue avec ses personnages aussi loufoques qu'attachants. Cette comédie humaine hilarante est un portrait sans détour de l'Amérique contemporaine ! (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Duane est un être perdu, qui aime flirter, avec des femmes, mais aussi avec une forme de déprime confortable qui émane de sa vie qui lui échappe. Doté d’une famille atypique, d’une femme qu’il ne saisit pas toujours très bien, d’une maîtresse qui finit par le lasser, d’un fils beau comme un Dieu qui lui vole ses potentielles conquêtes, de deux jumeaux tonitruants, et d’une fille qui se marie aussi vite que son ombre, il essaie de vivre le plus harmonieusement possible alors que son entreprise fait faillite.  Il aime à tel point sa famille qu’il aimerait construire deux maisons, « une pour nous, et une autre, à plusieurs kilomètres de distance, pour les enfants et les petits-enfants. » (p. 87)

 

Quand la belle Jacy, son amour de jeunesse, revient dans la région, il se retrouve totalement désemparé.  Mais c’est de sa femme Karla dont s’est entichée Jacy. Et Duane reste seul avec ses dettes, des collègues dépassés qui s’amusent à tirer sur des grenouilles plutôt que de travailler à creuser sa faillite et une fête du centenaire de la ville à organiser...

 

L'humour percutant fait toujours mouche dans ce roman qui installe confortablement son lecteur dans la petite bourgade, l'assimilant rapidement à l'un de ses habitants. Si bien que quand les dernières pages se profilent, il est comme orphelin, attristé à l'idée de devoir quitter tout ce petit monde si attachant.

 

 

texasville.jpg

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Un peu long.

 

Premières phrases :

 

« Assis dans son jacuzzi, Duane tirait au .44 magnum sur la niche qu’il venait d’offrir : un édifice en rondins à deux étages censé reproduire un fortin du temps de la conquête de l’Ouest. Il l’avait achetée avec Karla dans une foire à Fort Worth, un jour où ils s’ennuyaient tous les deux. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La dernière séance , Lonesome Dove

 

D’autres avis :

 

Presse : Le point   

Blog : Keisha

 

Texasville, Larry McMurtry, Traduit de l’américain par Josette Chicheportiche, Gallmeister, Totem, janvier 2012, 554 p., 11 euros

 

Merci à Marie-Anne des Editions Gallmeister...

 

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Je n’ai pas fini de regarder le monde de David THOMAS

Publié le par Hélène

                                             je n'ai pas fini de regarder le monde

 ♥ ♥

 « Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j’aimerais moi aussi savoir qui je suis. »

 

 L’auteur :

 

Après avoir été journaliste pendant une quinzaine d’années, David Thomas se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a publié plusieurs pièces de théâtre, un recueil de nouvelles, La patience des buffles sous la pluie (prix de la Découverte 2009 de la Fondation Prince Pierre de Monaco), et un roman, Un silence de clairière (prix Orange du Livre 2011).

 

L’histoire :

 

 Un homme qui ne peut se passer des hurlements de sa femme, un autre qui se fait arrêter par la police juste pour fumer une cigarette au chaud, un petit monsieur sous une maîtresse de 192 kilos, une femme qui rêve de mettre KO son conjoint sur un ring… Avec ces 75 nouvelles, David Thomas s’invite une nouvelle fois dans les interstices de nos vies. Rien n’est épargné, notre ridicule, nos cruautés, nos faiblesses ou nos inavouables arrangements avec nous-mêmes. Mais qu’ils nous fassent rire ou nous serrent le ventre, tous ces personnages portent aussi en eux ce qui peut faire de l’humain un être attachant à côté de qui on a envie de s’asseoir. (Présentation de l’éditeur)

 

Mon avis :

  

 Comme dans La patience des buffles sous la pluie, David Thomas fait preuve d’une acuité sentimentale et restitue avec délicatesse et justesse les travers de la vie de couple, les questionnements qui restent sans réponses, les hésitations, la solitude intrinsèque à toute relation…

 

 « Quand je pense à tout ce qu’il me reste à parcourir avec toi, à te supporter et à me rendre supportable, à ces trois enfants que nous voulons et qu’il faudra élever et soutenir, quand je pense à tous ces guets qui m’attendent, à ces plaines d’ennui et de quotidien qu’il faudra traverser, à ces difficultés qu’il faudra gravir, ces pièges qu’il faudra déjouer, quand je pense à tout cela, j’aimerais être débarrassé de toute pensée et devenir comme ces bêtes qui, par milliers, lors des transhumances, parcourent des pays entier en s’en remettant à leur instinct et à la force du groupe. Alors que moi je me sens si seul avec ma vie. » (p. 41)

 

« Si tu savais comme je me sens seul quand tu ne cesses de m’interroger, quand tu exiges que l’on parle pour dénouer de faux problèmes, que l’on se dise ce qui ne va pas pour analyser nos sentiments et nos émotions. Que nous décortiquions et décomposions tout ce que nous éprouvons pour mieux clarifier les choses, dis-tu, mieux les rendre opaques et les emmêler, pensais-je. Comme je me sens seul quand tu déverses sur moi un torrent de mots pour calmer tes angoisses et que ces angoisses ne sont pour moi que le reflet de ton refus d’accepter, enfin, ce que je suis. Si tu savais comme je me sens seul quand je lis dans tes yeux ce souhait plus fort que les pierres que je sois un autre homme. » (p. 73)

 

Mais à la différence des textes de La patience, tous les textes ici ne tombent pas justes, l’ensemble est inégal et plutôt pessimiste, comme si le spectre de la dépression attendait l’auteur, tapi dans l’ombre. Les chutes ne sont pas toutes vertigineuses et tombent quelquefois à plat, comme certains textes, trop collés à la banalité d’une réalité quotidienne pour être percutants.

 

Premières phrases :

 

« J’adore entendre les voisins faire l’amour. Etre le témoin du plaisir ou du bonheur des autres me rassure sur l’état du monde. Je suis capable de tout arrêter pour écouter attentivement les pleins et déliés du sexe derrière une cloison. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

 Autre : Carole Fives

 

Je n’ai pas fini de regarder le monde, David Thomas, Albin Michel, février 2012, 173 p., 15 euros

 

 

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Les yeux d’Elsa de Louis ARAGON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Mon amour n’a qu’un nom c’est la jeune espérance » (Elsa-Valse)

L’auteur :

Après une brillante scolarité, Louis Aragon entame des études de médecine. Incorporé en 1917, il part pour le front où il rencontre André Breton. La guerre finie, il se consacre avec une énergie décuplée à l'écriture et publie 'Feu de joie', 'Mouvement perpétuel', ou encore 'Anicet ou le panorama'. Il participe à la création du mouvement artistique Dada, puis à la naissance du surréalisme qu'il théorise dans 'Une vague de rêve'. Sa notoriété ne cesse de s'accroître notamment avec 'Le Paysan de Paris'. En 1928, il rencontre Elsa Triolet : c'est le début d'un mythe largement mis en scène par ses protagonistes. Inscrit au Parti communiste dès 1927, Aragon s'engage dans la lutte politique et rompt définitivement avec Breton et les surréalistes. Journaliste à L' Humanité, il entame une nouvelle carrière de romancier avec le cycle romanesque 'Le Monde réel' (' Les Voyageurs de l'Impériale', 'Aurélien' ou encore 'Les Communistes'). Pendant la Seconde Guerre mondiale, Aragon devient l'un des poètes de la Résistance, célébrant l'amour absolu et l'action politique. Après la guerre, il fonde le Comité national des écrivains avec Jean Paulhan. Combats politiques et publications (' Le Fou d'Elsa') rythment la fin de sa vie. Se clamant 'réaliste socialiste', il prône l'avènement du communisme. Les dénonciations des atrocités commises sous le régime stalinien et la mort de sa compagne le désarçonnent mais n'altèrent en rien son credo : assimiler l'écriture à une quête de soi.


Présentation de l'éditeur :

A la gloire de la femme aimée, Aragon, le dernier poète courtois, a composé ses plus merveilleux poèmes " Ma place de l'étoile, à moi, est dans mon cœur, et si vous voulez connaître le nom de l'étoile, mes poèmes suffisamment le livrent. " Pétrarque a chanté Laure, Ronsard Hélène, Lamartine, Elvire, c'est à Elsa qu'Aragon donne ses poèmes qui sont au nombre des plus beaux chants d'amour qu'un poète ait écrits. La présente édition intègre la préface que Louis Aragon rédigea en février 1942, ainsi que trois textes en prose particulièrement éclairants " La leçon de Ribérac ", " La rime en 1940 " et " Sur une définition de la poésie ". Les Yeux d’Elsa est l'une des œuvres majeures de la poésie française.

Ce que j’ai aimé :

Aragon nous offre une poésie de l’engagement, pour lui il n'existe pas de dichotomie entre aimer et se battre : aimer Elsa c’est s’engager, libérer le pays des occupants ennemis.

Les yeux d'Elsa est à la fois un chant d’amour et un chant national « Mon amour n’a qu’un nom / C’est la jeune espérance » (Elsa-Valse)

Ni occupants ni collaborateurs ne pourront dissoudre l’identité nationale contenue dans les chansons populaires, aussi Aragon s'en inspire-t-il pour chanter son amour du pays et faire acte de résistance, il souhaite sauver le passé pour construire l’aveni. 

Chacun de ses poèmes est un long rappel douloureux de la défaite, de l'exode, puis de l'armistice, et de la coupure de la France. Mais si le Mal occupant peut freiner le tourbillon de la vie, la valse continuera malgré tout, Elsa continuera de tourner.

Par ce recueil, Aragon a conçu un pari un peu fou : tenter de susciter l’espoir  au moment où l’on touche le fond du désespoir :

« Ils ont la force et nous sommes le nombre

Vous qui souffrez nous nous reconnaissons

On aura beau rendre la nuit plus sombre

Un prisonnier peut faire une chanson. » (Richard Cœur De Lion)

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«  La nuit plus que le jour aurait-elle des charmes
Honte à ceux qu'un ciel pur ne fait pas soupirer
Honte à ceux qu'un enfant tout à coup ne désarme
Honte à ceux qui n'ont pas de larmes
Pour un chant dans la rue une fleur dans les prés
(…)

Que ton poème soit l'espoir qui dit A suivre
Au bas du feuilleton sinistre de nos pas
Que triomphe a voix humaine sur les cuivres
Et donne une raison de vivre
A ceux que tout semblait inviter au trépas
Que ton poème soit dans les lieux sans amour
Où l'on trime où l'on saigne où l'on crève de froid
Comme un air murmuré qui rend les pieds moins lourds
Un café noir au point du jour
Un ami rencontré sur le chemin de croix
Pour qui chanter vraiment en vaudrait-il la peine
Si ce n'est pas pour ceux dont tu rêves souvent
Et dont le souvenir est comme un bruit de chaînes
La nuit s'éveillant dans tes veines
Et qui parle à ton cœur comme au voilier le vent
Tu me dis Si tu veux que je t'aime et je t'aime
Il faut que ce portrait que de moi tu peindras
Ait comme un ver vivant au fond du chrysanthème
Un thème caché dans son thème
Et marie à l'amour le soleil qui viendra »

 (Ce que dit Elsa)

Un magnifique chant d'amour pour Elsa, pour la France, pour la Résistance, contre l'oppression...

Ce que j’ai moins aimé :

 Quelquefois un peu hermétique.

Premiers vers :

« Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire »

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :Le roman inachevé

Autre : les poésies de Paul ELUARD

 

Les yeux d’Elsa, Louis ARAGON, Seghers, avril 2004, 15 euros

Publié dans Poésie française

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Traversée de Nikki GEMMELL

Publié le par Hélène

                                                               

♥ ♥ ♥

Une traversée pure et glaciale

 

L’auteur :

 

Née dans une famille de mineurs au sud de Sydney, Nikki Gemmell voulait devenir écrivain depuis qu'elle a dix ans, mais après ses études à l'université de technologie de Sydney, elle devient journaliste et travaille pour la radio. Sept ans plus tard, en 1995, Triple J Radio l'envoie en Antarctique pour couvrir une expédition scientifique, expérience qui change sa vie. Après le décès de l'homme dont elle était tombée amoureuse, le chagrin lui fait comprendre l'importance de suivre son coeur et de faire ce dont elle a envie. Elle publie son premier roman, 'Shivers', en 1997 (' Traversée', 1999) qui s'inscrit dans ce désert de glace, et situe son deuxième roman, 'Cleave' (2000, 'Noces Sauvages') dans le désert australien de Alice Springs, où elle a vécu plusieurs années, en tant que journaliste parmi les Aborigènes. 'Lovesong', (2001, 'Lovesong', 2001), qui se passe dans une communauté religieuse stricte et ensuite à Londres, est le troisième volet de sa trilogie sur des femmes dans des environnements ardus. Elle change de registre avec son quatrième roman, 'The Bride Stripped Bare' (2004, 'La Mariée mise à nu', 2007), une confession féminine sur le sexe, initialement publié à titre anonyme. Nikki Gemmell a contribué à des articles pour divers magazines et journaux, et ses écrits figurent dans plusieurs anthologies. Elle a également été productrice pour le BBC World Service.

 

L’histoire :

 

Fin, une jeune journaliste de Sydney, fatiguée de sa vie citadine et des faits divers sordides, saisit l'occasion qui lui est offerte de couvrir une expédition scientifique en Antarctique. Ce désert blanc, le plus inhospitalier de tous, continent de légendes et de souffrances, n'est-il pas l'une des dernières frontières de notre monde ? Durant la traversée, elle apprend à vivre dans la promiscuité du bateau, dans cette micro-société cosmopolite et essentiellement masculine où le regard de l'autre prend une importance considérable. Le monde clos du bateau et des campements a ses règles et ses tabous que Fin met à mal lorsqu'elle tombe amoureuse. La vie sur le continent sauvage se révèle à la fois dure et enthousiasmante, âpre et enrichissante. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Le style de la jeune narratrice est à la fois journalistique, simple et direct, tout en sachant s'envoler quand nécessaire vers de beaux horizons lyriques. Elle nous emmène dans son univers avec facilité, à la rencontre de ces hommes et de ces femmes coupés du monde, scientifiques pour la plupart, qui, par passion, vont à la rencontre d'un monde blanc et pur. 

 

« Je n’ai pas dit à Max que ce que je souhaite trouver dans ce voyage, c’est une atmosphère pas compliquée. C’est difficile à expliquer. Je voudrais me poser dans ma peau, avoir un corps détendu, oublier mon existence citadine surchargée. » (p. 56)

 

                                                   banquise-antarctique_3823_w250.jpg

 

      Les paysages sont enchanteurs, appartenant à ces terres vierges qui permettent oubli et renaissance. La pureté du monde qui entoure les personnages leur ôte de l'esprit toute fioriture inutile pour les mener à l'essentiel, au coeur d'eux-mêmes.

 

« Ces moments exquis où on se tient sous une falaise de glace. La glace fait penser à du cristal de Waterford, elle est lisse et dure comme un diamant. Et puis, entendre le vent tout autour, entendre la glace craquer, exploser et, ensuite, se taire. Oh ! ma chérie ! Ecouter simplement le néant, ponctué par la glace qui éclate. La glace palpite de bruits, mais il faut se taire pour l’entendre. » (p. 162)

 

- Un récit original dans un monde glacial qui encourage des relations humaines fortes...

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Certains passages liés à la relation amoureuse m'ont semblé un peu plats, flirtant avec les clichés. 


Premières phrases :

 

« Ils m’ont installée dans une petite chambre blanche, calme, et c’était la chose à ne pas faire. Un jour, Rick est venu et m’a emmenée dehors, où l’air vibrait d’odeurs, de couleurs et de bruits. »

 

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La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

 

Traversée, Nikki Gemmell, traduit de l’anglais pas Michèle Valencia, 10-18,

 

12 d'Ys

2) Australasie

Publié dans Littérature Océanie

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Sélection de romans pour la Saint Valentin

Publié le par Hélène

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