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Des voyous magnifiques de Bruno GALLET

Publié le par Hélène

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♥ ♥

" Moi qui croyait que les happy ends, c'était toujours gai..." (p.21)

 

L’auteur :

 

Architecte de formation, Bruno Gallet est scénariste pour le cinéma et la télévision. Passionné d'alpinisme, il est guide de haute montagne et effectue régulièrement l'ascension de l'Himalaya.
Bruno Gallet vit actuellement à Avignon.

 

L’histoire :

 

Lors d’un braquage dans une petite ville du sud des Alpes, Tuscan tue le directeur d’une banque. Après avoir volé une voiture, il s’enfuit en compagnie d’Abel, son complice, pour trouver refuge chez sa sœur, au fin fond du Causse. Mais, à la suite d’un accident, tous deux sont contraints de fuir à pied à travers la campagne, en plein cœur de l’hiver.

En chemin, par l’insolite magie d’un précieux fardeau qu’ils ont dû prendre en charge, leur cavale ordinaire se transforme peu à peu en quête rédemptrice, métamorphosant les malfrats qu’ils sont en voyous magnifiques. (Quatrième de couverture)

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’histoire de ces deux voyous entraînés presque malgré eux dans une cavale épique est touchante malgré ses invraisemblances. Les deux voyous sont des êtres écorchés au destin peu classique, loin des clichés habituels sur les « bad boys », ils ont juste en eux un brin de folie et de colère qui déborde quelquefois au-delà des frontières de la moralité. Mais ils restent des êtres humains avides de reconnaissance et d’amour, des êtres qui vont s’épauler d’un bout à l’autre de l’aventure.

 

Leurs dialogues sont millimétrés, sonnant parfaitement juste entre humour et raison. L’écriture  et la construction de ce premier roman est parfaitement maîtrisée.

 

La beauté des paysages est à couper le souffle, même si cette nature plongée en plein hiver n’épargnera guère les protagonistes…

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’histoire de ce fardeau improbable n’est guère vraisemblable, mais on y croit malgré tout de la même façon que l’on a envie de croire aux contes de fée…

 

Premières phrases :

 

« Il est bientôt cinq heures et le Crédit agricole va fermer. Abel se dit que les banques doivent être drôlement friquées pour s’arrêter si tôt. Mais ce n’est pas ce qui le contrarie le plus ; il est en rogne parce qu’il pleur au lieu de neiger, ce qui n’est pas normal à Barcelonnette en cette saison. En plus, il s’est laissé embringuer dans une aventure dont il sent qu’elle va mal finir. »

 

D’autres avis :

 

Sandrine 

 

Des voyous magnifiques, Bruno Gallet, Editions Anne Carrière, octobre 2011, 279 p., 18.50 euros

 

Merci à Julia Gallet des Editions Anne Carrière. 

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Bonne année 2012 !

Publié le par Hélène

 

D'accord :

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Et :

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De plus :

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Mais :

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Et :

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Finalement :

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Dans :

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Si bien que :

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Publié dans Divers

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Déceptions et abandons de 2011

Publié le par Hélène

les-types-comme-moi.jpgLes types comme moi de Dominique FABRE

 

Les types comme lui ce sont :

 

"Des types seuls, ou divorcés, ou les deux.

Des types au sourire bleu.

Des types qui ont perdu au jeu de la vie, avec des C.V. à trous.

Des types qui se retrouvent dans des bars. « Et qu'est-ce qu'il devient, untel ? »

Des types qui baissent les stores.

Des types qui baissent les bras.

Des types qui s'achètent un scooter, depuis le temps qu'ils en rêvent.

Des types qui ne croient pas aux deuxièmes chances, et qui pourtant..."

 

Des types comme lui, j'en croise tous les jours et je dois avouer que quand j'ouvre un roman, je n'ai pas envie d'écouter encore la longue litanie de doléances inhérentes aux vies ratées...

 

J'ai moi aussi baissé les bras...

 

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Le sixième homme de Monica KRISTENSEN

 

Quatrième de couverture : onnaissez-vous Longyearbyen ? Un nom assez énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l’archipel du Svalbard et plongée une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire. C’est dans cette obscurité qu’un lourd manteau neigeux peine à éclaircir que la petite Ella disparaît. Le jardin d’enfants est pourtant bien surveillé, mais les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis. Un homme rôde qui les observe. Des traces de pas dans la neige mènent droit à la mine de charbon. Située sur les hauteurs de la ville, cette mine est le centre de gravité de l’île. Chacun connaît dans son entourage un ou plusieurs de ses employés. Comment une si petite ville, d’à peine 2 000 habitants, pourrait longtemps cacher un criminel ? Le commissariat de Longyearbyen est plutôt engourdi par le manque de rotation des affaires à traiter… Rien de commun en effet entre cette disparition inexplicable et la routine des policiers : les chasses à l’ours en scooter des neiges - leurs couloirs migratoires menacent régulièrement de traverser la ville -, les petits trafics des pêcheurs contrebandiers ou encore le fléau de l’alcoolisme qui n’épargne pas tous les foyers… Epaulé par des agents venus de métropole, le commissariat parvient à recouper plusieurs pistes quand le père d’Ella disparaît à son tour. Nouvelle victime.

MOn avis : Je me suis arrêtée aux environs de la page 100, les policiers s'interrogeaient toujours sur la disparition de la petite Ella mais l'action n'avançait toujours pas d'un iota... L'explication la plus plausible est que le froid a engourdi leurs réflexes et a gelé leurs instincts...

Les chapitres ne se suivent pas chronologiquement, si bien que le lecteur a aussi l'impression d'être totalement désorienté, comme perdu dans une tempête de neige et de lire en plein brouillard : une fois la petite Ella  a disparu et on est en février, la fois suivante, le chapitre se déroule en décembre et a pour personnage principale une parfaite inconnue au nom improbable (comme tous les personnages mais ceci est une autre histoire) puis le chapitre suivant revient en février mais cette fois-ci avec le bon vieux Knut, mais ce n'était que provisoire, Trulte Hansen apparaît ensuite, puis Froydis, puis Per Leikvik (en novembre). N'en jetez plus ! Bref je me demande si l'auteure a pensé à ses lecteurs étrangers en écrivant ces chapitres désordonnés pullulant de personnages aux noms imprononçables...

A vouloir trop se concentrer pour comprendre qui est qui, et si on est en février ou en décembre, nous aussi oublions la pauvre Ella perdue dans la tempête de neige et risquant de croiser des ours polaires qui s'invitent eux aussi inopinément dans l'histoire (qui ont comlme seul bénéfice d'être reconnu parfaitement dans ces pages au charme brouillon...)

Je pense que pour qui est suffisamment concentré et n'a qu'un seul livre dans sa PAL, le détour peut valoir le coup, personnellement je n'ai pas pris le risque de me perdre dans les montagnes norvégiennes !

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La bataille du petit Trianon de Jorge AMADO

 

Je vous livre la quatrième de couverture pour que vous compreniez pourquoi je l'ai choisi :

 

"Nous sommes au Brésil à Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre mondiale, sous l’Estado Novo, dictature militaire proche de l’idéologie nazie qui n’a de cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques.
Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend la déroute des Français et l’entrée des Allemands dans Paris. Devant une telle défaite, voyant que la barbarie s’installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l’Académie des Lettres brésilienne ; le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d’être élu à l’unanimité. Mais les académiciens refusent de laisser ce « Goebbels » brésilien briguer le fauteuil des immortels et vont lui imposer un autre candidat, membre de l’armée lui aussi, mais défenseur de la démocratie : le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par gagner ? L’armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres ? 
Avec un humour féroce, Jorge Amado dénonce, dans La bataille du Petit Trianon, la bestialité et la bêtise de l’homme. 
Dans une société où les machinations et la perversité sont de mise, ne restent que la littérature et la poésie pour (ré)enchanter le monde et faire éclater sa sensualité."

 

Le sujet avait tout pour me plaire puisque l'histoire entremêle subtilement le monde des lettres, de la résistance face au nazisme et à l'oppression, tout en nous offrant quelques anecdotes croustillantes sur la vie privée des protagonistes.


Et pourtant... J'ai essayé plusieurs fois de rentrer dans l'histoire sans succés, je lisais quelques lignes et mon esprit s'évadait, je revenais au texte, réussissait à accrocher quelques lignes, puis mon esprit prenait à nouveau la fuite... J'ai tout tenté pour le retenir, puis j'ai rendu les armes et je n'ai fait que survoler cette lutte pour un siège à l'Académie.


Je dois tout de même concéder que la fin de la fable est surprenante, mais que de circonvolutions pour en arriver là...


Je vous  livre tout de même la morale, elle aussi prometteuse : "La morale ? Voyez : partout, à travers le monde, ce sont les ténèbres à nouveau, la guerre contre le peuple, l'absolutisme. Mais, comme il est prouvé dans cette fable, il est toujours possible de planter une semence, d'éveiller une espérance."

 

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Mathématiques congolaises de In Koli Jean Bofane

 

Présentation de l'éditeur : Celio Mathematik, jeune fana de mathématiques dans une Kinshasa de la débrouille, va grimper candidement dans les cercles obscurs du pouvoir.
Dans un Kinshasa secoué de remous de toutes sortes, Célio aurait pu traîner sa galère encore longtemps, n’eut été sa rencontre avec le directeur d’un bureau aux activités très confidentielles, attaché à la Présidence de la République. La faim tenaille suffisamment les ventres pour que le débat sur le bien et le mal puisse être sérieusement envisagé. La ville ne fait pas de cadeau, le jeune homme le sait, et il tient là l’occasion d’enfin se réaliser. Faire partie du cercle très fermé de ces sorciers modernes d’un genre particulier qui manipulent les êtres et la vie quotidienne n’est pas non plus pour lui déplaire.
Orphelin depuis une de ces guerres chroniques qui ravagent le pays, Célio se rêve grand mathématicien, conservant comme une bible un vieux manuel scolaire retrouvé dans le sac de son père tué au hasard d’une route de fuite. C’est grâce à des théorèmes et des définitions que Célio espère influer sur le destin dont il dit n’être que le jouet. C’est à travers les épreuves, aussi, qu’il lui faudra procéder à des choix cruciaux, tenter de maîtriser les déséquilibres dans un environnement livré aux tiraillements et au chaos institutionnalisé.
Dans le jeu subtil de la manipulation politique, si loin de l’amitié constante du père Lolos, le prêtre qui l’a recueilli autrefois, Célio a l’ambition d’exceller et de faire parler de lui. Facile : le jeune homme, a toujours été proche des phénomènes complexes. Il a toujours su établir un dialogue privilégié avec les mathématiques. Ses amis, d’ailleurs, l’ont surnommé « Célio Mathématik ». Appliquer ses connaissances à la désinformation, c’est ce qu’il compte accomplir.
Avec humour et gravité, connaissant son monde et pour cause, In Koli Jean Bofane trace d’une plume aussi acerbe qu’exotique des tableaux d’un Congo que le lecteur s’approprie vite parce qu’il sent les rues, palpite au rythme des musiques et des images livrées avec justesse et énormément d’empathie. Parmi une petite dizaine de personnages forts, typés et vivants sous nos yeux, Célio Mathématik double-mitu, devient ainsi très vite un personnage auquel on s’attache, un Candide d’Afrique, sapeur à ses heures, amoureux et bon copain, qui saura finalement faire le bon choix.

 

J'ai trouvé ce roman plat et sans grand intérêt et j'ai fini par m'ennuyer..

 

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

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Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

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  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

 

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Ces choses que nous n'avons pas vu venir de Steve AMSTERDAM

Je l'ai déjà dit en ces pages, je suis rarement convaincue par les romans d'anticipation. Et là encore, j'ai trouvé cette évocation d'un monde dévasté décevante. Les êtres humains sont déshumanisés si bien qu'on ne parvient pas à s'attacher à qui que ce soit, mais rien de philosophique ou sociologique ne m'a non plus frappé, m'est seulement resté un grand vide interrogatif. De plus la construction particulière m'a plus d'une fois déconcerté : les chapitres ne sont pas liés, ou très peu, ni temporellement, ni narrativement, si bien que l'on en sait plus bien dans quelle époque, avec quels personnages, et pourquoi erre-ton dans ces paysages dévastés. C'était sans doute voulu par l'auteur pour marquer davantage encore la déconstruction de notre monde, mais à force de vouloir me déstabiliser, l'auteur a fini par me perdre...

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Avant d'aller dormir de S. J. WATSON

Le pitch : À la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Seulement, du fait que tous les matins, tout est à recommencer, les chapitres ont tendance à se ressembler et ont fini par me lasser. De plus le fait que l'action soit concentrée sur un seul personnage, avec seulement quelques personnages satellites annexes, dans un même endroit, crée un sentiment d'étouffement proprement désagréable au final.

Néanmoins, de nombreux avis positifs chez Babélio par exemple vous encourageront peut-être à le lire : Babélio.

 

meme-les-truites-ont-le-vague-a-l-ame.jpgMême les truites ont le vague à l'âme de John GIERACH

 

Quel crève-coeur de devoir avouer avoir abandonné un roman appartenant au Nature Writing de chez Gallmeister...

 

Mais je n'ai résolument pas pu avancer dans cette lecture qui m'a très rapidement ennuyée. J'aime quand l'alliance entre l'histoire et les scènes liées au nature Writing est savamment dosée, quand l'un ne prend pas le pas sur l'autre, or j'ai trouvé ici que les histoires s'adressaient davantage à des passionnés de pêche qu'à un lecteur lambda. Les détails sont foisonnants, toutes les histoires et les personnages tournent exclusivement autour de ce sujet, et j'ai résolument coulé au fur et à mesure des pages...

 

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Là-haut tout est calme de Gerbrand BAKKER

Trop calme pour moi sans doute...

De nombreux avis positifs dans la blogosphère : Yves vous renverra  vers les liens...

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  Générosité de Richard POWERS

 

J'ai abandonné "Trois fermiers s'en vont au bal", j'ai adoré "Le temps où nous chantions", moins "La chambre aux échos", et j'ai fait l'impasse sur "L'ombre en fuite". Richard Powers est un écrivain puissant, érudit, passionnant, protéiforme, et ces romans restent indéniablement profondément ancrés en nous. Mais il faut s'accrocher pour les lire, c'est indéniable, et ce mois-ci, pour diverses raisons ma concentration n'est pas à son point culminant, si bien que j'ai abandonné ce nouvel opus que je pressens pourtant puissant. Je le garde pour des jours plus clairs. En attendant, je vous renvoie chez KathelClaraKeishaChocoAmandaCunéPapillonTélérama,

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  Un assassin blanc comme neige de Christian BOBIN

J'ai dû me résoudre à placer mon cher Christian Bobin dans les déceptions de ce mois, et pourtant ceux qui me connaissent savent combien j'apprécie cet auteur... Mais là, force m'est de constater que ces textes ne m'ont rien apporté. D'accord, même si l'auteur n'a rien à dire, il le dit très bien, mais le constat reste le même : il n'a rien à dire...

J'ai trouvé quelques perles malgré tout, extraites de cette contemplation extatique :

"J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite." (p. 59)

"Bientôt le mariage des oiseaux. Je me demande quelle tenue choisir." (p. 85) 

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Ce livre va vous sauver la vie de A.M.HOMES

 

Bon d’accord ma vie va très bien et n’avait pas besoin d’être sauvée. Bon d’accord j’ai toute une pile de livres très attirants qui m’attendent dans ma PAL, si bien qu’un livre doit vraiment me passionner pour que je ne lui sois pas infidèle (oui je suis une femme TRES exigeante, c'est bien connu...). Bon et puis les hommes larmoyants un rien loosers, ce n’est pas mon truc.

 

Comme à la page 150 de ce roman la situation n’avait pas franchement évoluée et que je n’apercevais point de sauvetage miraculeux à l’horizon,  j’ai lâchement laissé ce pauvre Richard Novak à son mal-être métaphysique pour me tourner vers des personnages un rien moins tourmentés (ah, les cow-boys, il n’y a que cela de vrai…) (je suis plongée dans « True Grit », la faute à Keisha…)

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Sachant toute solitude de John Millington Synge

 

 Des poèmes irlandais qui ont coulé sur mon âme sans y laisser aucune trace... L'artiste est plus connu pour ses pièces de théâtre que pour ses poèmes. Et pour cause...

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Saison de lumière de Francesca KAY

 

J'ai lâchement abandonné cette lecture n'y trouvant pas la lumière suggérée par le titre. Au contraire j'ai trouvé l'histoire très noire, comme si dés le début le narrateur s'ingéniait à sous-entendre que l'histoire de Jennet serait tragique, mais que quelques touches de lumière, nées de sa peinture, éclaireraient son destin. Ce parti pris m'a gêné, j'ai ressenti un malaise prégnant à la lecture de ce roman, si bien que je n'ai pas souhaité avancer plus avant dans un roman qui me déprimait...

 

Vous trouverez des avis positifs chez CathuluClaraEmiLie

 

  Merci aux Editions Plon d'avoir assouvi ma curiosité...

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Et c'est le soir toute la journée de Preeta SAMARASAN

 

Par une triste journée de septembre 1980, une jeune servante tamoul, Chellam, est chassée de la "Grande Maison" de Kingfisher Lane qui abrite les Rajasekharan, une famille de notables indiens de la ville d'Ipoh, en Malaisie. Peu à peu le mystère se lève sur les raisons de ce congédiement et sur l'histoire de cette famille...

 

"Peu à peu" mais ô combien lentement...

L'auteur a un style à couper le souffle, et elle sait en jouer pour créer une atmosphère particulière, envoûtante et mystérieuse. Mais ses mots lyriques m'ont malheureusement plus ennuyée que fascinée, je me suis perdue dans les méandres de cette histoire centrée sur quelques personnages seulement. Je me suis sentie étouffée par cette atmosphère confinée, lourde de secrets et de non-dits.

 

C'est un roman qui demande disponibilité et concentration, un roman dense qui ne se laisse pas appréhender facilement...

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Les pérégrins de Olga TOKARCZUK

L'histoire :

Olga Tokarczuk nous livre une série de textes courts qui ont en commun d'aborder la question du "nomadisme moderne" (j'aurais dû déjà me méfier me direz-vous avec un terme aussi pompeux...) Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : ses personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps.

 

Ce livre fut d'une part trop philosophique pour moi (les passages sur la psychologie du voyage m'ont profondément ennuyée...), d'autre part trop scientifique pour mon esprit littéraire borné (les allusions incessantes à l'anatomie humaine m'ont pour le coup définitivement fait fuir...)

 

Je ne me suis pas découragée et j'ai essayé de picorer ça et là quelques passages plus en adéquation avec mes goûts, parce qu'il faut reconnaître que les textes sont intelligents et admirablement bien écrits.

 

Par exemple :

 

La narratrice se laisse convaincre par un nouveau concept : elle découvre en effet sur son paquet de serviettes hygiéniques des phrases courtes imprimées, en lieu et place des petites fleurs habituelles : "Je suis donc retournée dans la même pharmacie, pour chercher d'autres produits de cette étrange société qui avait pris l'initiative de joindre l'utile à l'indispensable. Pourquoi imprimer des fleurs ou des fraises sur du papier ? Ca n'a aucun sens. Après tout, le papier a été inventé pour véhiculer des idées ! Le papier d'emballage est un pur gaspillage, cela devrait être interdit. Et quitte à emballer des articles, autant imprimer dessus des récits ou des poèmes, en veillant toujours à ce qu'il ya ait quelques rapport entre le contenu et le contenant." (p. 102)

 

"Se tenir à l'écart. On ne peut voir que des fragments du monde, il n'y a pas autre chose. Il y a juste des instants, des bribes, des configurations fugaces qui, à peine surgis dans l'existence, se désagrègent en mille morceaux. Et la vie ? Cela n'existe pas. (p. 174)

 

Mais les passages retenant mon attention se faisant de plus en plus rares, j'ai lâchement abandonné cette lecture, laissant la narratrice à ses pérégrinations physiques et philosophiques...

 

Les pérégrins, Olga TOKARCZUK, Editions Noir sur Blanc, 2010, 380 p., 24 euros

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Un autre amour de Kate O'RIORDAN

 

Connie revient de son voyage à Rome sans son mari Matt, resté là-bas pour une femme. Elle rentre donc seule à Londres, retrouvant ses trois garçons avides d'explications.

 

""Un autre amour" est le récit intense du désespoir d'une femme dont l'heureux et paisible mariage se trouble." nous dit la quatrième de couverture.

 

Je pressentais que ce livre n'allait pas cadrer avec mes goûts mais j'en ai lu tant de critiques dithyrambiques, que j'ai craqué et ai tenté l'aventure. Et j'y ai trouvé ce que je redoutais : beaucoup trop de trouble, beaucoup trop de désespoir, beaucoup trop de mariage... Je ne suis pas allée au bout.

 

Parmi ceux qui ont adoré : ChocoThéomaAntigoneChiffonnetteCathulu...

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La quatrième de couverture m'annonçait un roman exaltant  que j'avais hâte de découvrir... :

"

Des montagnes du Colorado aux confins du Nord-Ouest, dans le sillage de Zebulon, ce western littéraire nous fait traverser les États-Unis jusqu'au Mexique, en pleine révolution, en remontant le long de la côte californienne, vers San Francisco et ses mines d'or.
En chemin, Zebulon multiplie rencontres et aventures épiques qui le mêlent à de tragiques triangles amoureux, le rendent témoin et acteur de bouleversements politiques et le font s'interroger sur des questions aussi fondamentales que la vie, l'amour, et la mort.

 

«Zebulon est un livre dont on voit le film en le lisant, dont on effectue le casting en le relisant, et auquel on invente une suite en dormant. Une fable hypnotique, un poème d'amour mystique. » Patti Smith

 

« Une aventure sauvage écrite par un musicien qui sait comment maintenir son public envoûté autour du feu de camp. Un roman moderne et subversif sur les limites de l'amour et les malaises de la vie civilisée. » Judith Thurman

 

« Ensorcelant. Un western comme Céline aurait pu en écrire. » Times Literary Supplement of London"

 

Et pourtant, je n'ai pas réussi à me passionner pour les aventures de ce Zébulon peu sympathique. Il s'agit bel et bien d'un western avec coups de feus, prostituées, règlements de compte, re-prostiuées... Je l'avoue : j'ai lâchement abandonné le pauvre Zébulon à son mauvais sort... Cela ne remet pas en cause ses qualités, mais il n'était simplement pas à mon goût.

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Les jardins statuaires de Jacques ABEILLE, Editions Attila

Je n'ai malheureusement pas réussi à rentrer dans ce roman.

Les descriptions concernant la culture des statues m'ont ennuyée (peut-être parce que je ne suis pas jardinière...), le personnage principal ne m'a pas semblé particulièrement attachant et l'intrigue trop lente à mon goût ne m'a pas convaincue (peut-être parce que je suis hermétique à tout ce qui touche à la science fiction ou au surnaturel...)

Bref, j'avais envie d'aimer ce livre, j'ai fait des efforts, mais ce fut un échec. J'ai tenté de chercher une allégorie, car je pense qu'elle existe, puis j'ai lâchement abandonné cette lecture surréaliste.

Par contre c'est un très bel objet, illustré par Schuiten la couverture cartonnée est magnifique.

 Un festin de hyènes de Michael STANLEY

 

Présentation : Un premier cadavre - ou du moins ce que les hyènes en ont laissé - est découvert près d'un point d'eau considéré comme un endroit magique par les peuples du désert. Pour l'inspecteur-en chef David " Kubu " Bengu, policier rusé et plein de ressources, il est évident que des forces obscures sont à l'oeuvre. Son enquête va le conduire sur une piste sanglante où les mensonges se mêlent aux superstitions, et l'amener à découvrir une série de meurtres liés aux personnalités les plus influentes du pays...

 

Un roman qui se déroule au Botswana, avec en toile de fond le trafic de diamants, voilà qui semblait très prometteur. Malheureusement, les longueurs ont eu raison de ma bonne volonté. C’est vraiment dommage, car s’il avait été plus condensé, je suis certaine que ce roman m’aurait beaucoup plu…

 

Merci à Jérôme Lambert des Editions Points.

 

convoi-de-l-eau-M20409.jpg

Le convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA

 

Là encore, je reconnais les qualités indéniables de ce roman nébuleux poétique très beau, dont l'histoire est celle d'un homme qui accompagne un groupe d'ouvrier chargés de la construction d'un barrage en montagne. Cet homme fuit son passé, ses souvenirs, et ce hameau du bout du monde va le mener vers la rédemption.

 

On peut trouver cette histoire très belle (cf Martine Laval) et elle l'est, mais elle est aussi très glauque, et c'est cette impression désagréable qui perdure en moi..

 

 trois amisTrois amis de Mario TOBINO

 

Les trois amis en question sont Turri, Campi et Ottaviani. Ottaviani, resté seul, raconte leur recnontre, leurs premières expériences en tant que médecins, leurs idées communes, puis leur engagement pendant la guerre gangrenée par le fascisme pour une italie libre. Campi, martyr, demeure jusqu’au bout leur héros, par-delà la mort, qu’il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux.

 

J'ai abandonné ces trois amis en cours de route (lâchement, je le reconnais) : Ottaviani, le narrateur livre ses pensées de façon désordonnée, en entremêlant les époques, en anticipant, puis revenant en arrière, si bien que j'ai vite perdu le fil temporel du récit, premier point qui m'a agacé.

 

Ensuite, l'héroïsme de ces trois compagnons est trop souvent rappelé au cours de la narration, trop lisse, pas assez indécis pour me plaire.

 

Finalement, j'ai trouvé que ce roman manquait de fluidité dans la narration, et de corps dans le propos.  

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  L'enfant allemand de Camilla LACKBERG

 

Dès les premières pages j'ai été agacée par ce couple improbable et par les scènes domestiques sans aucun intérêt.

 

Les dialogues sont consternants :

"Salut tout le monde ! lança Erica en arrivant dans l'escalier.

- Qui veut du café ? demanda Patrik depuis la cuisine avant de recevoir trois "moi" en réponse.

- Alors Erica, ça se passe comment, la vie, maintenant que tu es mariée ? dit Johan.

-Bien merci, à peu près comme avant. A part que Patrik s'entête tout le temps à m'appeler "ma p'tite femme". tu n'aurais pas un tuyau pour qu'il s'arrête ? demanda erica à Elisabeth avec un clin d'oeil." (p. 16)

 

Pleine d'abnégation, j'ai persévéré, j'ai fait des efforts, je vous assure, mais je n'ai pas pu. L'intrigue n'a pas réussi à me faire oublier les défauts des personnages principaux, ni leurs dialogues insipides. J'ai abandonné... 

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Les solidarités mystérieuses de Pascal QUIGNARD

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Les femmes ont besoin des hommes afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable. »

 

L’auteur :

 

Pascal Quignard est né dans une famille d'enseignants. Il grandit au Havre. Adolescent, ses goûts se portent sur la musique, le latin, le grec et les littératures anciennes…

En 1968, il est étudiant en philosophie à Nanterre. Le Mercure de France publie son premier essai, consacré à Sacher Masoch en 1969, mais il faudra Le Salon du Wurtemberg en 1986 puis Les Escaliers de Chambord en 1989, pour révéler Pascal Quignard au grand public.

Il a enseigné à l’université de Vincennes et à l’École pratique des hautes études en sciences sociales. Il a fondé avec le président François Mitterrand le festival d’opéra et de théâtre baroque de Versailles.

 

Pascal Quignard a collaboré longtemps aux éditions Gallimard (lecteur extérieur à partir de 1969, puis membre du comité de lecture en 1976 et enfin en charge du secrétariat général du service littéraire, en 1990). En 1994, il a démissionné de toutes ses fonctions, pour se consacrer uniquement à son travail d’écrivain. Il déclare alors « Je suis plus heureux d’être libre et solitaire ».

 

Le prix Goncourt 2002, obtenu pour Ombres errantes, a été perçu comme le couronnement d'une œuvre à mi-parcours.  (Présentation Babélio)

 

L’histoire :

 

En Bretagne, près de Dinard, une femme d'une quarantaine d'années rencontre son ancien professeur de piano qui l'invite chez elle. Peu à peu, elle se réinstalle ainsi dans la ville de sa jeunesse, retrouve son premier amour, se rapproche de son frère et redécouvre les lieux autrefois familiers. (Présentation de Babélio)

 

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Ce que j’ai aimé :

 

Les solidarités mystérieuses appartient à la catégorie des textes rares qui modifient par leur beauté et l’intensité de leur texte le rapport au monde du lecteur.

 

Il chante la limpidité de la vie et des instants saisis dans leur pureté lumineuse :

 

«  Elles restent assises dans l’herbe.

Tout est silencieux.

Il n’y a pas encore de sauterelles, de papillons, de cigales, d’abeilles. C’est un peu leur silence qu’elles entendent. Il n’y a pas de vent. Tout est vide.

Les nuages se déchirent silencieusement les uns après les autres laissant passer de plus en plus de lumière.

Et cette lumière inonde la lande. » (p. 40)

 

La nature omniprésente est le miroir des émois et des pensées de Claire, mais petit à petit ces paysages happent Claire avec une telle force qu’elle devient partie intégrante du monde qui l’entoure. Les oiseaux ne s’envolent plus à son arrivée, elle est une composante essentielle du paysage et souffre quand les éléments lui refusent sa promenade quotidienne.

 

« Elle avance le plus près possible, courbée sous le vent, la tête en avant, les cheveux tout raides et tout blancs tombant sur ses yeux, au bord de l’à-pic.

Il fait froid.

Maintenant le soleil s’était éloigné dans le ciel.

Maintenant les étoffes avaient des couleurs extraordinairement variées. Maintenant on pouvait voir sans être aveuglé ou ébloui. Parfois le réel revenait. Parfois la nuit s’allongeait peu à peu dans les jours. Parfois le goudron était solide et blessant. Parfois on pouvait oublier le bonheur de l’été. Parfois il fallait de nouveau lutter contre le vent et se protéger contre le froid. » (p. 98)

 

-          Le titre du roman fait référence aux liens ténus qui s’imposent entre Claire et  son frère Paul, des liens qui transcendent les sentiments amoureux et restent inexpliqués, inexplicables, rayonnant de beauté mystérieuse :

 

« Ce n'était pas de l'amour, le sentiment qui régnait entre eux deux. Ce n'était pas non plus une espèce de pardon automatique. C'était une solidarité mystérieuse. C'était un lien sans origine dans la mesure où aucun prétexte, aucun événement, à aucun moment, ne l'avait décidé.» (p. 185)

 

 Claire est une femme amoureuse meurtrie qui essaie de vivre dans le mince  interstice

 qui s’épanouit entre la vie et la mort.

 

« Les femmes ne désirent pas les hommes comme les hommes se désirent entre eux.

Les femmes ne sont pas vraiment sensibles à la beauté invraisemblable de leur sexe.

Les femmes ne séduisent pas non plus les hommes pour mettre la main sur leur pouvoir, ni pour l’exercer en sous-mains, ni pour les domestiquer, ni pour prendre leur argent, ni pour acquérir ce qu’elles convoitent.

Les femmes ne veulent même pas des enfants des hommes qu’elles étreignent afin de les reproduire, ni pour se reproduire elles-mêmes, ni dans le dessein d’assouvir leur vengeances en lançant leurs petits à la conquête du monde.

Les femmes n’attendent même pas des hommes des maisons où s’ennuyer auprès d’eux et y vieillir.

Les femmes ont besoin des hommes afin qu’ils les consolent de quelque chose d’inexplicable. » (p. 195)

 

Un texte lumineux éblouissant…

 

« Qu'il réfléchisse au mystère des origines, de la mort ou de la sexualité dans les essais de Dernier Royau­me, qu'il subjugue par son érudition ou la fulgurante beauté poétique de ses contes et de ses Petits Traités, qu'il se promène en imagination dans la Rome antique (Albucius), la France janséniste du XVIIe siècle (Tous les matins du monde) ou le monde d'aujour­d'hui (Les Escaliers de Chambord, Villa Amalia)..., chaque phrase, chaque ligne de Pascal Quignard sonde sans fin l'énigme que constitue le fait d'être au monde : naître du néant pour finalement y retourner, entre-temps choisir de vivre, d'aimer, de vieillir - ou s'extraire du cycle, s'absenter, faire sécession. » Nathalie Crom, Télérama

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières phrases :

 

« Mireille Methuen se maria à Dinard le samedi 3 février 2007. Claire partit le vendredi. Paul refusa de l’accompagner. Il n’avait conservé aucun lien avec ce qui restait de la famille. Dès onze heures elle eut faim. Elle suivait l’Avre. Elle préféra passer Breux, Tillières, Verneuil. Après la sortie de Verneuil, Claire s’arrêta pour déjeuner sur une aire sableuse et vide. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Villa Amalia

Autre :  Coups de coeur

 

D’autres avis :

 

Presse : Télérama, Le Magazine littéraire

Blogs : Clara

 

Les solidarités mystérieuses, Pascal Quignard, Gallimard, octobre 2011, 251 p., 18.50 euros

 

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Chroniques de la nécropole de GOLO et DIBOU

Publié le par Hélène

                                        chroniques de la necropole bd futuropolis

♥ ♥ ♥ ♥

 

Les auteurs :

 

Guy Nadaud dit Golo né en 1948 à Bayonne. Avec son complice Franck il a signé des albums chez Futuropolis, Dargaud et Casterman puis a continué seul dans le mensuel A Suivre en adaptant "Mendiants et Orgueilleux" d'Albert Cossery. Depuis plus de 10 ans maintenant, il vit entre le Caire et un village près de Louxor. Dernier livre paru : "B.Traven, portrait d'un anonyme célèbre", éditions Futuropolis.

Dibou est sa compagne.

 

L’histoire :

 

Loin des lieux figurants dans les dépliants touristiques, et pourtant aux abords même de Louxor, Golo et sa compagne Dibou habitent depuis plus de 10 ans dans le village de Gournah.
Ils ont assisté démunis, à sa destruction inéluctable. Tout le monde soupçonne l'existence de projets immobiliers pharaoniques portés par des gens proches du pouvoir...
Dans ce récit de l'impuissance des individus face à la logique financière de l'état, c'est aussi et surtout leur amour immense.profond pour l'Égypte et son peuple fascinant, que Dibou et Golo racontent avec tendresse, émotion et joie de vivre. - Présentation de l'éditeur -

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          - Dibou liquide sa société, déménage à Gournah pour vivre " en artiste" et coudre, sculpter... Si cette décision est mûrement réflechie, elle n'est pas exempt de questions : " Mais qu'est-ce que je vais faire maintenant ? - Faire, faire, faire, vous les Français, vous n'avez que ça à la bouche ! Et ETRE alors, vous n'y pensez jamais ?" (p. 135) lui répond sagement son ami égyptien...

      Et c'est ainsi que Dibou va ETRE, être une femme accomplie oeuvrant pour des causes justes aux côtés des habitants du village, fustigeant le gouvernement en place qui préfère les touristes aux autochtones, critiquant les touristes eux-mêmes, complices.

      "Ils ont l'illusion de faire partie d'une élite aisée, ayant accès à la culture, appartenant à une civilisation supérieure qui maîtrise les techniques, l'espace, le temps... En réalité ils sont des prolétaires en pleine activité, travaillant pour l'industrie du tourisme à des postes subalternes : consommateurs d'appoint dans des pays aux économies en voie de développement." (p. 45)

     Elle et son ami Golo vont s'épanouir dans un pays magnifique au charme envoûtant, ne regrettant nullement le choix radical qui les a amenés à Gournah. Ils vont éveiller les enfants du village à la création et à la culture, mûs par un amour des autres incommensurables. Et même s'ils ne parviendront pas à sauver le village, ils resteront dans les mémoires des habitants et nous laissent ce superbe album, témoin magnifique d'un monde déchu.

 l'   L'alliance subtile entre les dessins de Golo et les photographies apporte puissance et magie aux propos.

      Chroniques de la nécropole chante la vie, exhalte la beauté et parle avant tout d'amour et d'humilité. 

           

      " J'aime les bruits de Gournah, la voix des fellahs qui se répondent d'un champ à l'autre... Le chant des oiseaux qui se tait d'un coup au coucher du soleil... Le rire des enfants... Le chant de la huppe, "Hod hod", qui change lorsqu'elle tourne la tête... Le ramdam des moineaux... le braiement orgasmiques des ânes... la guêpe entrée par mégarde dans la maison qui s'obstine à rester devant les moustiquaires des fenêtres jusqu'à tomber d'épuisement... Les psalmodies du Coran qui reviennent tout au long de la journée pendant les trois jours des obsèques et sont si apaisantes..." (p. 180) 

     

golo

 

    Une Bd à posséder absolument pour ne pas oublier qu'il est possible de créer quelque chose et de ne pas suivre bêtement la masse...

 

golo-1.jpg

U

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Je trouve que les surnoms choisis par les auteurs infantilisent la Bd et en donnent

une golo2.jpgpremière image bien loin du propos tenu.

 

Vous aimerez aussi :

 

Grain de sable Burkina

 

D'autres avis :

 

A voir le reportage sur ARTE

 

Chroniques de la nécropole, Golo et Dibou, Futuroppolis, mai 2011,  208 p., 22 euros

 

 

BD du mercredi de Mango 1

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La valse aux adieux de Milan KUNDERA

Publié le par Hélène

                                               valse aux adieux

 ♥ ♥ ♥

"Si quelque chose m'a toujours profondément écœuré chez l'homme, c'est bien de voir comment sa cruauté, sa bassesse et son esprit borné parviennent à revêtir le masque du lyrisme."

 

L’auteur :

 

La vie de Milan Kundera pourrait se résumer en deux temps : auteur dissident en Tchécoslovaquie, il devient, en 1975, une figure importante de la vie littéraire française et internationale. Dissident, Kundera ne l'a pas toujours été : inscrit au Parti communiste, les premiers écrits de cet étudiant en littérature, en esthétique et en cinéma s'inscrivent dans une vison marxiste du monde. Pourtant, le lyrisme et la poésie sensible d'ouvrages comme 'Le Dernier mai' ou 'Monologues' ne tardent pas à l'éloigner du réalisme socialiste prôné par le régime. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que sa critique se fait plus virulente : 'La Plaisanterie' et 'Risibles amours' incarnent avec force le souffle de liberté qui s'exprime lors du printemps de Prague, auquel il participe activement. Déchu de sa nationalité tchèque, la France lui réserve un accueil chaleureux et il devient enseignant à l'université de Rennes et à l'EHESS de Paris. C'est dans la langue de Molière qu'il signe ses plus grands succès dont son chef-d' oeuvre : 'L' Insoutenable légèreté de l'être', paru en 1984. Il y poursuit sa réflexion sur la parole, l'illusion et la condition humaine, ainsi que sur l'éternel retour nietzschéen. Cet ouvrage contient également sa définition du 'kitsch', devenue une référence. Analyste de son propre travail, Milan Kundera signe plusieurs écrits théoriques comme 'L'Art du roman', qui le place parmi les plus grands penseurs contemporains de la littérature. Le 24 mars 2011, l'auteur de 'L' Insoutenable légèreté de l'être' voit ses oeuvres complètes publiées dans la prestigieuse collection de Gallimard. Il en est le seul écrivain vivant à faire son entrée dans La Pléiade. Kundera canonisé côtoie désormais Proust et Balzac, Rabelais et Molière, Goethe et Conrad. (Source : Evene)

 

L’histoire :

 

Dans une ville d'eaux au charme suranné, huit personnages s'étreignent au gré d'une valse qui va en s'accélérant : une jolie infirmière ; un gynécologue fantaisiste ; un richard américain (à la fois saint et don Juan) ; un trompettiste célèbre ; un ancien détenu, victime des purges et sur le point de quitter son pays... Un 'songe d'une nuit d'été'. Un 'vaudeville noir'. Les questions les plus graves y sont posées avec une blasphématoire légèreté qui nous fait comprendre que le monde moderne nous a privés même du droit au tragique.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Cette valse nous entraîne dans un tel tourbillon que l’on ne peut que succomber au charme des destins des habitants de cette petite ville d’eau. Mais une fois l’ivresse passée, reste un faisceau de réflexions qui s’épanouit dans l’esprit du lecteur et instillent leur philosophie.

 

Si le thème de la tromperie est au cœur du roman, bien d’autres ramifications philosophiques s’offrent à nous.

 

Un nouveau regard porté sur elle illumine la belle Mme Klima aspirée tout à coup par la liberté : elle se demande si son mari n’est pas juste auréolé par la jalousie et non pas par l’amour :

 

 « La jalousie possède l'étonnant pouvoir d'éclairer l'être unique d'intenses rayons et de maintenir les autres hommes dans une totale obscurité. »

 

Jakub cherche sa liberté dans l’apprivoisement de la mort, se promener avec un cachet de poison lui permet de maîtriser sa vie. Mais n’est-ce pas là encore qu’une illusion ? Ce petit cachet bleu va l’amener à s’interroger sur la vie et le mort, mais aussi sur le meurtre… La vie et la mort restent intrinsèquement liés.

 

De même que sont irrémédiablement  liés  les doubles thèmes de l’avortement et la fécondité.

 

"Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne pourrai jamais dire avec une totale conviction : l’homme est un être merveilleux et je veux le reproduire."

 

« Avoir un enfant, c'est manifester un accord absolu avec l'homme. Si j'ai un enfant, c'est comme si je disais : je suis né, j'ai goûté à la vie et j'ai constaté qu'elle est si bonne qu'elle mérite d'être multipliée. »

« [...] je dois me demander dans quel monde j'enverrais mon enfant. L'école ne tarderait pas à me l'enlever pour lui bourrer le crâne de contre-vérités que j'ai moi-même vainement combattues pendant toute ma vie. Faudrait-il que je voie mon fils devenir sous mes yeux un crétin conformiste ? ou bien, devrais-je lui inculquer mes propres idées et le voir souffrir parce qu'il serait enchaîné dans les mêmes conflits que moi ? »

 

Faut-il mettre au monde un enfant dans un contexte politique plus que bancal. Ce contexte n’est guère développé, mais la menace sous-jacente reste bien présente. Derrière la futilité de certaines scènes ou de certains dialogues se cachent une tragédie en cours :

 

 « Une blonde s'adapte inconsciemment à ses cheveux. Surtout si cette blonde est une brune qui se fait teindre en jaune. Elle veut être fidèle à sa couleur et se comporte comme un être fragile, une poupée frivole, une créature exclusivement préoccupée de son apparence, et cette créature exige de la tendresse et des services, de la galanterie et une pension alimentaire, elle est incapable de rien faire par elle-même, elle est toute délicatesse au-dehors et au-dedans toute grossièreté. Si les cheveux noirs devenaient une mode universelle, on vivrait nettement mieux en ce monde. Ce serait la réforme sociale la plus utile que l'on ait jamais accomplie. » (p. 56)

 

« [...] le désir de l'ordre veut transformer l'univers humain en un règne inorganique où tout marche, où tout fonctionne, où tout est assujetti à une règle supérieure à l'individu. Le désir de l'ordre est en même temps désir de mort, parce que la vie est perpétuelle violation de l'ordre. Ou, inversement, on peut dire que le désir de l'ordre est le prétexte vertueux par lequel la haine de l'homme justifie ses forfaits. » (p. 126)

 

Milan Kundera réussit là encore à allier subtilement tragédie et comédie, à l’image d’une vie qui oscille sans cesse entre vie et mort…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« L'automne commence et les arbres se colorent de jaune, de rouge, de brun ; la petite ville d'eaux, dans son joli vallon, semble cernée par un incendie. Sous le péristyle, des femmes vont et viennent et s'inclinent vers les sources. Ce sont des femmes qui ne peuvent pas avoir d'enfants et elles espèrent trouver dans ces eaux thermales la fécondité.
Les hommes sont ici beaucoup moins nombreux parmi les curistes, mais on en voit pourtant, car il paraît que les eaux, outre leurs vertus gynécologiques, sont bonnes pour le coeur. Malgré tout, pour un curiste mâle, on en compte neuf de sexe féminin, et cela met en fureur la jeune célibataire qui travaille ici comme infirmière et s'occupe à la piscine de dames venues soigner leur stérilité ! C'est ici qu'est née Ruzena, elle y a son père et sa mère. Échappera-t-elle jamais à ce lieu, à cet atroce pullulement de femmes ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L’insoutenable légèreté de l’être

 

La valse aux adieux, Milan Kundera, traduit du tchèque par François Kérel, Folio,  juillet 1978, 363 p., 7.30, euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Joyeux Noël

Publié le par Hélène

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Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque.


A te regarder, ils s'habitueront.

 

 

Les Matinaux (1950)
  René Char

Publié dans Divers

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Ariel de Sylvia PLATH

Publié le par Hélène

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♥♥

"Le coeur se ferme,

La mer se retire,

Les miroirs sont voilés." (Lésion)

 

L’auteur :

 

Jusqu'à l'âge de huit ans, Sylvia Plath grandit à Winthrop, au bord de la mer.

En 1940, son père adoré, spécialiste des abeilles et professeur à Boston University, meurt de diabète - un traumatisme dont elle ne se remettra jamais vraiment.

L'année suivante, son premier poème est publié par le Boston Herald. En 1950, Seventeen publie sa première nouvelle, et en septembre elle entre au Smith College. Sa nouvelle 'Un Dimanche chez les Minton' remporte un concours de Mademoiselle et Sylvia passe juin 1953 à New York comme éditrice invitée. A son retour, elle fait une dépression, tente de mettre fin à ses jours en avalant des somnifères et se retrouve en hôpital psychiatrique avec traitements à l'électrochoc. Une première descente aux enfers qu'elle décrit dans son unique roman, publié en 1962, sous le pseudonyme de Victoria Lucas : 'La Cloche de détresse'.

En 1954, elle obtient son doctorat Magna cum Laude et une bourse Fullbright pour étudier à Cambridge, où elle rencontre le poète Ted Hughes, épousé en 1956. Leur fille Frieda naît en 1960, année de publication de son premier recueil de poèmes, 'Le Colosse'. L'année suivante naît Nicolas et, suite à une liaison de Ted, le couple se sépare.

Sylvia déménage avec ses enfants et connaît une période faste de création, écrivant souvent la nuit. Le matin du 11 février, Sylvia met fin à ses jours à l'aide du gaz. Ted rassemblera ses poèmes dans trois recueils posthumes : 'La Traversée', 'Arbres d'hiver' et 'Ariel’. (Source : Evene)

 

L’histoire :

 

Née aux États-Unis, Sylvia Plath met fin à ses jours le 11 février 1963, à Londres. Elle a trente ans, et laisse derrière elle le manuscrit en préparation de son second recueil de poèmes intitulé Ariel. Le poète Ted Hughes, dont Plath était séparée, procède à l’édition du volume publié en 1965 par Faber and Faber.

Révélation d’une écriture à la fois exigeante et novatrice, Ariel assure à son auteur, depuis cette date, un succès continu. Ce recueil, qui appartient au courant de la poésie dite « confessionnelle », fait des conflits du moi et de la douleur un champ d’expérimentation poétique. S’il décrit l’obsession du suicide et l’impossible deuil de la perte du père et de la trahison de l’homme aimé, il célèbre aussi l’avènement d’un sujet poétique aérien et flamboyant. L’imagination de l’air est libératrice à plus d’un égard dans ce recueil où l’écriture devient une expérience extrême, où s’inscrit, en même temps que la violence de l’Histoire contemporaine, dont l’œuvre se lit comme le miroir déformé, l’évidence d’une subjectivité féminine. Celle-ci fait avec Ariel, dans la poésie, une irruption majeure.

(http://www.univ-bpclermont.fr/celis/spip.php?article131)

 

Ce que j’ai aimé :

 

L’univers de Sylvia Plath baigne dans une lumière aveuglante ambivalente. Ses textes de fois sont à la fois lumineux, éclairés de l’intérieur par un esprit fin et passionné, et sombres parce sylvia-plath.jpgqu’hantés par la mort, seule échappatoire à une angoisse folle.

 

« Je suis cette demeurée hantée par un cri.

La nuit, ça claque des ailes

Et part, toutes griffes dehors, chercher de quoi aimer.

 

Je suis terrorisée par cette chose obscure

Qui sommeille en moi ;

Tout le jour je devine son manège, je sens sa douceur maligne. » (La voix dans l’Orme)

 

Ces poèmes sont le cri de désespoir d’une femme qui aurait voulu vivre mais s’en sentait incapable, accablée par tant de démons intérieurs, sans la force suffisante pour les combattre.  Elle chante son mal-être comme pour l’enchanter, mais ce sera finalement lui qui aura le dernier mot… Nous reste ce chant hypnotique, fascinant :

 

« Je ne bronche pas.

Le givre crée une fleur,

La rosée une étoile,

La cloche funèbre,

La cloche funèbre.

Quelqu’un quelque part est foutu. » (Mort et cie)

 

« Plath compte parmi les plus grands poètes qui soient, chez elle l’anecdote autobiographique n’est jamais narcissique et la petite histoire se trouve dépassée, inscrite dans l’Histoire plus vaste de nous tous. » (extrait de la Préface)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je pense que cette lecture est à éviter pour les dépressifs…

 

Premières lignes :

 

« Amour, l’amour a réglé le rythme de ton cœur comme une grosse montre d’or.

La sage-femme a giflé les plantes de tes pieds, et le pur cri de toi

Pris sa place aussitôt parmi les éléments. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les femmes du braconnier de Claude PUJADE-RENAUD

 

D’autres avis :

 

Blog : http://journalisme-culturel.over-blog.com/article-ariel-de-sylvia-plath-73899605.html

 

Ariel, Sylvia Plath, Présentation et traduction de l’anglais par Valérie Rouzeau, Poésie Gallimard, mai 2011, 113 p., 5 euros

 

Publié dans Poésie étrangère

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Le deuil et l’oubli de John HARVEY

Publié le par Hélène

deuil-et-oubli.jpg

♥ ♥

  

 L’auteur :

 

Né à Londres, John Harvey a longtemps vécu à Nottingham qui lui a inspiré le cycle de l’inspecteur Charlie Resnick. Il est l’auteur d’une oeuvre importante couronnée en 2007 par le prestigieux "Diamond Dagger".

 

L’histoire :

 

Eté 1995, Cornouailles. Malgré le temps incertain Heather et Kelly partent se baigner. L’obscurité tombe rapidement, le brouillard s’épaissit et les deux adolescentes ne reviennent pas. Après une nuit de recherches, on retrouve Kelly prostrée et traumatisée. Quant à Heather, son corps est découvert dans une usine désaffectée le long de la côte. La thèse de l’accident est retenue mais le doute continue de planer.

Quatorze ans plus tard, la mère de Heather, Ruth, a refait sa vie avec un autre homme. Elle a eu une autre fille, Beatrice, qui a maintenant dix ans. Elle croit avoir tourné la page quand Beatrice disparaît à son tour. C’est comme si le cauchemar recommençait...

Chargés de l’enquête, les deux policiers Will Grayson et Helen Walker vont s’apercevoir que la folie et le crime ne sont pas toujours là où on les attend.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         Le thème du deuil est ici abordé finement à travers  le destin de cette mère de famille qui a perdu sa fille de dix ans et qui essaie de se reconstruire au sein d’un nouveau foyer. Mais l’oubli est-il possible ? Est-il souhaitable ? Ne serait-ce pas trahir que de ne pas se souvenir ?

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         La construction de ce roman est assez particulière puisque l’intrigue entremêle plusieurs fils liés à des disparitions d’enfants. Le lecteur ne saisit pas bien les relations entre les différentes histoires et finit par s’y perdre…

 

-         Quelques longueurs liées à des répétitions alourdissent le récit.

 

-         Les relations de chat et souris entre les deux héros ont fini par me lasser…

 

Premières phrases :

 

« Ruth pose sa tasse, traverse la pièce et ouvre un tiroir. Le sol de la cuisine lui paraît froid, malgré ses chaussons. Février. A sept heures ce matin, quand elle était sortie la première fois, il faisait encore nuit. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : De chair et de sang de John HARVEY

Autre : Quand viennent les cyclones de Anita NAIR

 

D’autres avis :

 

Télérama

 

Le deuil et l’oubli, John Harvey, traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau, Rivages Thriller, 2011, 445 p., 22 euros

 

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Publié dans Roman policier Europe

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1Q84 livre 2 Juillet-septembre de Haruki MURAKAMI

Publié le par Hélène

                                               1q84 tome 2

 

 

 L’auteur :

 

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié le théâtre et le cinéma à l'université Waseda, avant d'ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974. Son premier roman Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat. Suivront La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l'impossible, Danse, Danse, Danse et L'éléphant s'évapore (Seuil, 1990, 92, 94, 95 et 98). Exilé en Grèce en 1988, en Italie, puis aux États-Unis, ou il écrit ses Chroniques de l'oiseau à ressort (Seuil, 2001) et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), il rentre au Japon en 1995, écrit deux livres de non-fiction sur le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum, un recueil de nouvelles, Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004) et le superbe Kafka sur le rivage (Belfond, 2006). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu récemment le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006.

 

L’histoire (Quatrième de couverture) :

 

Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n'existent pas en ce monde. Mais c'est dans notre coeur, ce monde à part, qu'elles se construisent pour y vivre.
Le Livre 1 a révélé l'existence du monde 1Q84.
Certaines questions ont trouvé leur réponse.
D'autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l'air, est-elle ce lieu ou sommeille notre double ?
Ceux qui s'aiment ne sont jamais seuls.
Le destin de Tengo et d'Aomamé est en marche.

 

Mon avis :

Déçue… Déçue à tel point que je ne l’ai pas même fini et que je n’ai pas supplié non plus ma collègue qui l’a lu de me raconter la fin (et pourtant ma collègue adore qu'on la supplie...)

  Alors, pourquoi une telle déception alors que le livre 1 m’avait franchement enthousiasmée (cf mon avis) ?

 - Parce que l’auteur se répète au fil des pages, l’action n’avance pas, repart en arrière, patine, les mêmes paragraphes apparaissent plusieurs fois, bref il s’agit ni plus ni moins de délayage

- Parce que les réflexions frôlent la caricature et la bêtise :

 « Je suis fatigué de vivre dans la haine, dans la rancune. Je suis fatigué de vivre sans aimer personne. Je n’ai pas un seul ami. Pas un seul. Et plus que tout, je suis incapable de m’aimer. Pourquoi ? Parce que je ne peux pas aimer les autres. C’est en aimant, puis en étant aimé, qu’un homme apprend à s’aimer. Tu comprends ce que je te dis ? Quand on ne peut pas aimer, on est incapable de s’aimer vraiment. »

 Et au cas où vous n’auriez pas compris le message, ne vous inquiétez pas, il revient quelques pages plus loin… Une autre réflexion philosophique ?

 « Là où il y a de la lumière, il y a nécessairement de l’ombre, là où il y a de l’ombre, il y a nécessairement de la lumière. Sand lumière il n’y a pas d’ombre, et, dans ombre, pas de lumière. » (p. 288)

 Oui je sais, vous aussi vous pensez que Jean-Claude Vandamne est passé par là, personnellement je ne vois pas d’autres explications…

 - Vous aurez également remarqué un style basique assez déconcertant.

 « Tout est affaire de destin. (…) Il y a là des forces extrêmement puissantes qui se sont mises à l’œuvre et qui m’ont poussée à agir. » (p. 383)

 (Jean-Claude sort de ce corps…)

 - L’intrigue reste invraisemblable : comment un homme peut-il être à ce point obsédé par le souvenir d’une rencontre datant de sa prime enfance ? Sans parler des deux lunes, de la ville des chats et tutti quanti…

 Pour conclure :

 « Si tu as besoin qu’on t’explique pour comprendre, cela veut dire qu’aucune explication ne pourra jamais te faire comprendre. » (p. 227)

Tu l'as dit bouffi Haruki !!

 

Vous aimerez aussi :

   Le livre 1

 D’autres avis :

 

Babélio 

  

Je remercie Brigitte Semler des Editions Belfond qui a accepté de me faire découvrir le tome 2 d’une série qui s’annonçait prometteuse…

 

1Q84, Haruki Murakami, Traduit du japonais par Hélène MoritaBelfond, août 2011, 544 p., 23 euros

 

challenge 1% littéraire 

 

Publié dans Littérature Asie

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