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Challenge Rire et Humour

Publié le par Hélène

Le challenge Rire et Humour s'achève ce mois-ci, voici donc le récapitulatif des lectures "enjouées" des participants que je remercie vivement pour ces joyeux  conseils de lecture

 

rire copie

 

Caroline (Delivres et d'eau fraiche) :

Tokyo Sanpo de Florent CHAVOUET (BD) 

Les pieds dans l'eau de Benoît DUTEURTRE 

   La douce empoisonneuse de Arto PAASILINNA

 

  Sophie (Sophielit) :

 

Schlabaya (Scriptural)  :

 

Alex (Mots à mots) :

L'oeil du singe de Hugo BUAN

   Le voyage des pères : Simon de David RATTE

 L'élégance du maigrichon - Pascal FIORETTO

 

Kathel (Lettres exprès) : 

L'oiseau canadèche de Jim DODGE

  Trois hommes deux chiens et une langouste de Iain LEVISON

  L'atelier d'écriture de David LODGE 

  Le aye aye et moi de Gérald DURRELL 

 

Mango (Liratouva) :

L'oiseau canadèche de Jim DODGE  

 

  Eclat de rire :

 

Keisha : Double bonheur de Stéphane FIERE

  L'autre fin du monde de Ibn Al Rabin

  La rivière de sang de Jim TENUTO   (Policier)

 Le aye aye et moi de Gérald DURRELL

  Les nouveaux nouveaux mystères de Paris de Cécile VARGAFTIG

  Trois hommes, deux chiens et une langouste de Iain LEVISON

 

Cathulu : 

Journal d'un garçon de Colas GUTMAN                                                                                Le koala tueur de Kenneth COOK  

 Mes valises diplomatiques de Brigid KEENAN 

  Le pingouin de Andreï KOURKOV

  Hontes. Confession impudiques mises en scène par les auteurs, réunis par Robin Robertson 

  

Mort de rire :

 

Hélène (Lecturissime) :

Ma famille et autres animaux de Gérald DURRELL

 La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

 La maison de mes pères de Jorn RIEL

  Manabéshima de Florent CHAVOUET (BD)

 Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, tome 1 de BLAIN et LANZAC (BD) 

  Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas JONASSON

 Le koala tueur de Kenneth COOK

 Le sens de la vis tome 2 Tracer le cercle de Jean-Yves FERRI et Manu LARCENET (BD)

Brèves de comptoir Tome I de Jean-Marie GOURIO

 

Catherine (La culture se partage) :

Allumer le chat de Barbara CONSTANTINE

 Alerte sur Fangataufa de GELUCK et DEVIG  (BD)

  J'aime les sushis de AYUMI KOMURA (BD)                                                                                La cote 400, de Sophie Divry (roman français)

  Burquette (tome 2) de Francis Deharnais (BD québécoise)

 Les tableaux de Marcel, d'Anthony Browne (album illustré)

Le fils d'Hitler, de Pieter de Poortere (BD belge)

 Il était une fois... peut-être pas, d'Akli Tadjer (roman français)

 

 

Yves (Lyvres) : 

Le pari des guetteurs de plumes africaines de Nicholas DRAYSON

  Le mécano du vendredi de FELLAG et Jacques FERRANDEZ  

  Du pur amour et du saut à l'élastique de Frédéric PAGES

  La petite culotte communiste de Nicolas BLAISE

  Joséphine de Pénélope BAGIEU

  On n'arrête pas la connerie de Jean YANNE

   Gags de MIX ET REMIX

  Iphigénie Vanderbilt de Eric DESCHODT

 

   

Quelques suggestions :  

 

  Un tout petit monde de David LODGE  

Thérapie  de David LODGE  

Nouvelles de Roald DAHL dont "L'inspecteur se met à table"

 L'oiseau canadèche de Jim DODGE

Gagner la guerre de Jean-Philippe JAWORSKI

Le faiseur d'histoire de Stephen FRY

La forêt ivre de Gérald DURRELL

Parti tôt pris mon chien de Kate ATKINSON

  Le livre de Joe de Jonathan TROPPER

Mon chien stupide de John FANTE

 

Merci à tous et peut-être à bientôt pour de nouvelles aventures challengesques....

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Tag de l'Abécédaire

Publié le par Hélène

Taguée par Mango , je dois établir un abécédaire où il faut indiquer ce qui nous a marqués en 2011 : 

 

  A comme Apprendre

B comme Bloguer

C comme Créer

D comme Donner

E comme Elever

F comme Fêter

G comme Grogner

H comme Hasarder

I comme Ignorer

J comme Jouer

K comme Kilométrer

L comme Lire

M comme Minimiser

N comme Nier

O comme Oser

P comme Pleurer

Q comme Questionner

R comme Rebondir

S comme Sourire

T comme Tenter

U comme Unir

V comme VIVRE

W comme Westerner (quoi ça n'existe pas ? cow-boyer alors...)

X comme X (bah oui quoi X)

Y comme Yeaaahhh (trouvez moi un verbe commençant par un Y, vous !)

Z comme Zigzaguer...

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Elmer de Gerry ALANGUILAN

Publié le par Hélène

elmer1

  Prix Asie de la Critique 2011, décerné par l’ACBD

Prix Quai des Bulles - Ouest France Saint Malo 2011

  

L’auteur :

 

Né en 1968 à San Pablo City (Philippines), Gerry Alanguilan a un diplôme d’architecte, mais il a passé les dix-sept dernières années à faire de la bande dessinée. Il est connu aux Philippines pour ses créations Wasted, Humanis Rex ou encore Elmer. Il travaille fréquemment pour des éditeurs américains, et notamment Marvel, DC Comics ou encore Image, en tant qu’encreur de nombreuses séries, comme X-Men, Fantastic Four, Wolverine, Superman ou Batman. Gerry vit à San Pablo, dans la province de Laguna, aux Philippines.

 

L’histoire :

 

Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer : il n'arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, son frère Freddie est devenu une star du cinéma; mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa soeur May, qui s'est mise en tête d'épouser... un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979, au grand désarroi de l'espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l'histoire de sa famille et de ce dernier, Elmer, qui appartient à la première génération de poulets à avoir dû apprendre à cohabiter avec les hommes. (Présentation Babélio)

 

Mon avis :

 

La couverture de cette Bd atypique m’a attirée dans un premier temps. Puis j’ai été déçue en l’ouvrant en découvrant les illustrations en noir et blanc, aux traits fins et pluriels. Mais en le refermant aujourd’hui, je dois avouer que je comprends l’absence de couleurs qui n’aurait fait qu’apporter davantage de violence à une Bd déjà marquée par un thème dur.

 

Le rapport entre les hommes et les poulets est empreint de combats et de sang versé. L’intolérance, le  racisme, l’exclusion sont les thèmes phares de cet album pessimiste.

 

« C’est notre histoire. A tous. Et c’est important de ne pas l’oublier. » (p. 157)

 

Néanmoins, je n’ai pas adhéré à cette lecture, dérangée par les dessins, par cette lutte sans fin, par ces gouttes de sang omniprésentes à chaque page, par cette agressivité latente étouffante. Il m’a manqué une bulle d’air, de poésie, une touche de couleur, d’espoir dans laquelle m’évader…

 

elmer_image.jpg

 

Vous aimerez aussi :

 

Blacksad

 

 D’autres avis :

 

Mo’ ; Télérama 

   

"Gerry Alanguilan signe ici une parabole aussi déroutante qu’absolument bouleversante : le rejet, puis la reconnaissance des « poulets parlants » renvoie aux épisodes de ségrégation raciale qui ont émaillé l’histoire de l’humanité... Ce récit intelligent révèle un auteur accompli." 20 Minutes

 

« Coulé dans une chronique familiale parfois sentimentale, le conte violent de Gerry Alanguilan, dessiné dans un noir et blanc précis et réaliste, gagne son pari : prendre un sujet sérieux par l’absurde, pour mieux en atteindre l’universalité. » Fluctuat.net

 

« Si vous êtes avides de romans graphiques sortant de l’ordinaire, précipitez-vous sur Elmer. C’est une des plus belles surprises de cette fin d’année. » Bodoï

 

Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là, novembre 2010, 144 p. en noir et blanc, 14 euros

 

 

Top-bd-2012-copie-1

 

 BD du mercredi de Mango 1

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                  09/20

 

 

 

 

 

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Les chiens enterrés ne mordent pas de Gunnar STAALESEN

Publié le par Hélène

                                                 chiens-enterres-ne-mordent-pashd.jpg

 ♥ ♥ ♥ ♥

Un Varg Veum en grande forme... 

 

 L’auteur :

 

Gunnar Staalesen est un auteur norvégien de romans policiers, né le 16 octobre 1947 à Bergen. Ses romans mettent en scène Varg Veum, un ancien salarié de la Protection de l'Enfance devenu détective privé après avoir eu la main un peu trop lourde sur un dealer, et qui s'occupe désormais d'aller chercher des fugueuses jusqu'à Copenhague ou d'enquêter sur des meurtres, non sans que son grand ennemi de la police de Bergen, Muus, lui mette des bâtons dans les roues. Varg est divorcé, ressasse encore et toujours ses déboires passés et présents avec la gent féminine, tout en noyant ses pensées dans l'aquavit.

Au fil des romans le lecteur s'immerge dans le Bergen des années 1980 en pleine transformation urbaine, où règnent le meurtre et la toxicomanie. Un Bergen de paradoxes, de maisons cossues et de taudis, de prostituées et d'avocats renommés. La vision sociale-réaliste de l'auteur porte un coup sérieux au célèbre modèle social scandinave. (source Wikipédia)

 

L’histoire :

 

En mission à Oslo, Varg Veum met la main sur une vieille photo représentant quatre hommes attablés devant café et cognac. Quatre convives qui ne sont rien moins qu'un entrepreneur norvégien en vogue, un éminent financier, un magnat de l'industrie d'armement suédois et un encaisseur corrompu. Or, les têtes de ces derniers semblent destinées à tomber aussi vite que dans une partie de Qui est-ce ? mal engagée. Veum, dans une forme éblouissante, se saisit de cette affaire et, en marathonien chevronné, allonge ta foulée. Il court les rues de la capitale, plus ou moins bien accompagné, happé au passage par les souvenirs d'un temps où il faisait bon faire mine d'étudier à Oslo et se promener au bras de jeunes filles chantant Bob Dylan. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

J’ai aimé Varg Veum, son humour, son intégrité, son humanité, son endurance. C’est un héros discret mais attachant. Les autres personnages sont tout aussi bien cernés, dotés d’un contour psychologique trop souvent absent de certains romans policiers, ils sont ici  des personnages en prise avec leur époque, crédibles psychologiquement parlant, à l’image de cette jeune Marit, jeune femme seule dans le Oslo des années 90, attendant vainement quelques miettes amoureuses venues de son amant, homme marié influent.

 

« Mais son expression mélancolique, renforcée par les notes tristes de la chaîne hi-fi, la trahit. Ce n’était pas une fille d’Oslo de 1935 ou 1936. Sous la peau, elle avait l’Oslo des années 90 : sombre, agressif et déséquilibré. Rues obscures rendues acides par les gaz d’échappement ; passages souterrains aux murs couverts de graffitis racistes ; le bruit d’une bouteille brisée, le froufrou métallique d’une chaîne, le soupir à peine audible d’un cran d’arrêt qui s’ouvrait : aussi loin que possible des pistes immaculées, aussi loin du Sognsvann que Manhattan. » (p. 250)

 

A travers cette intrigue et ces personnages, Gunnar Staalesen nous livre une vision de la Norvège des années 90 (le roman est sorti là-bas en 1993) assez sombre : un système qui part à la dérive, une violence latente omniprésente, une pièce bouffonne se jouant en coulisses régie par des pantins incompétents…

 

« Les années 70, c’étaient celles des Maoïstes, les années 80 celles de la vague de droite, qui nous a tous rejetés sur la côte dans les années 90, les membres en petits morceaux et la nuque brisée. A qui appartiendront les années 90, Dieu seul le sait. (…)

Ce que tu vois là-dedans, Ove, c’est tout autre chose qu’une remise à zéro des compteurs historiques. C’est une civilisation en pleine déconfiture, la recherche perverse qu’a la société d’abondance d’un renouvellement constant de ses besoins d’excitants, un besoin de divertissement sans mesure. Et il est adapté à un monde où l’argent, c’est le pouvoir, et où la vie n’a plus de valeur propre. » (p. 291)

 

L’enquête policière frôle tous ces milieux liés au pouvoir et est menée avec brio, les chapitres courts permettant de ferrer le lecteur en captant toute son attention.

 

La narration, pour ne rien gâter, sait être à la fois lyrique, philosophique, sertie dans une construction impeccable à l’image de cette ultime phrase qui répond en écho à la première phrase du roman :

 

« La mort a de nombreux déguisements. Elle est venue me voir un jour de début septembre, sous le nom de Mons Vassenden. » (Première phrase)

 

« Mais ainsi va la vie. On ne peut pas se payer de garde du corps contre la mort. Personne n’en a les moyens. Et on reçoit rarement une lettre d’avertissement avant que tout ne soit terminé.

La mort a de nombreux déguisements. Mais on ne les reconnaît pas tous. Pas avant qu’il soit trop tard. Ça, il me l’avait appris, en tout cas, le héraut de l’automne. » (Fin du roman)

 

Du grand Staalesen...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien.

 

Premières phrases :

 

« La mort a de nombreux déguisements. Elle est venue me voir un jour de début septembre, sous le nom de Mons Vassenden.

Debout à la porte de mon bureau, il faisait penser à un messager d’une espèce disparue. Il avait une expression particulière sur le visage comme s’il demandait à ce qu’on lui pardonne d’exister. Ce n’était d’ailleurs peut-être pas injustifié.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : L'écriture sur le mur de Gunnar STAALESEN

Autre : Roman policier nordique

 

D’autres avis :

 

Cynic63 ; Jean-Marc Laherrère 

 

Les chiens enterrés ne mordent pas, Une enquête de Varg Veum le privé norvégien, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa, 2009, 362 p., 22 euros

POCHE : Les chiens enterrés ne mordent pas, Une enquête de Varg Veum le privé norvégien, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gallimard, Folio policier, février 2011, 7.30 euros

 

La série des Varg Veum dans l'ordre :

 

1- Le Loup dans la bergerie (Rocher, 1994 ; rééd. Gaïa, 2002)

2- Brebis galeuses (L'Aube, 1997)

3- Pour le meilleur et pour le pire (Gaïa, 2002)

4- La Belle dormit cent ans (Gaïa, 2002)

5- La Femme dans le frigo (Gaïa, 2003)

6- La Nuit, tous les loups sont gris (Gaïa, 2005)

7- Anges déchus (Gaïa, 2005)

8- Fleurs amères (Gaïa, 2008)

9- Les Chiens enterrés ne mordent pas (Gaïa, 2009)

10- L'Ecriture sur le mur (Gaïa, 2011)

 

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L’inquiétude d’être au monde de Camille de TOLEDO

Publié le par Hélène

                                              inquietude-d-etre-au-monde.jpg

 ♥ ♥ ♥

"L'inquiétude est le nom que nous donnons à l'impermanence." (p. 14)

 

 L’auteur :

 

Camille de Toledo a étudié l’Histoire et les Sciences Politiques à l’IEP de Paris ainsi que le Droit et la Littérature à l’Université de la Sorbonne. Il a poursuivi ses études à Londres, à la London School of Economics, puis à la Tisch School de New York pour le cinéma et la photographie. En 2004, il obtient la bourse de la Villa Médicis.
Au printemps 2008, il fonde la « Société européenne des auteurs », une institution visant à créer une communauté intellectuelle et littéraire par-delà les langues et les nations.

 

L’histoire :

 

« L’inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf,
au mouvement de toute chose dans ce siècle.
Paysages! Villes! Enfants!
Voyez comme plus rien ne demeure.
Tout bouge et flue.
Paysages! Villes! Enfants!
L’inquiétude est entrée dans le corps du père qui attend son fils,
comme elle s’est glissée, un jour, dans le corps des choses.
C’était hier. C’est aujourd’hui.
Ce sera plus encore demain.
L’inquiétude de l’espèce, des espèces,
et de la Terre que l’on croyait si posée,
qui ne cesse de se manifester à nous,
sous un jour de colère, au point qu’on la croirait
froissée ou en révolte. »

 

(Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Au coeur de L''inquiétude face au monde l'inquiétude et le monde se tutoient. Camille de Toledo observe le siècle qui s'achève dans le vertige et ouvre la voie à un 21ème siècle tout aussi inquiétant. Pour scander le mal-être dominant de ce siècle, il choisit de s’exprimer à travers une prose poétique qui épouse au plus près l'inquiétude lancinante des êtres perdus dans un monde recelant quantité de dangers potentiels, qu'il s'agisse de la perte d'un enfant, ou de la folie de ce même enfant capable de massacrer ses camarades comme à Columbine en 1999 ou à Utoya en 2011. 

 

« Qui  prépare les enfants à ce temps nucléaire ?

Pour eux, c’est le soupçon qui triomphe.

Ou le romantisme malade de la refondation :

Voyez encore !

Columbine !

Utoya. 

(…)

Les gamins savent intuitivement,

Comme des dieux, que l’enseignement

De leurs écoles est inadapté.

Vieille herméneutique du savoir.

Vieilles catégories de l’être.

 

Penser, classer, écrivait Pérec.

Et comme il a raison.

La pensée occidentale est une névrose d’enfant

à qui l’on répète :

Allez ! Range ta chambre ! » (p.47)

 

L'inquiétude ronge les êtres et le monde qui ne peuvent trouver d'échappatoire face à ce naufrage progressif. Née des horreurs du 20ème siècle, de la guerre, de la déportation, des politiques démagogiques pernicieuses, cette inquiétude est sans fond car ancrée profondément en l'homme du 21ème siècle.

 

« Il y eut un autre mot pour le vingtième siècle.

Ce fut la dé-mesure. Dé-liaison,

Dé-litement, dé-lit de l’esprit, qui,

Croyait-on avant, gouvernait la flèche du temps,

Ou peut-être aussi, dé-règlement de la mesure,

Emballement de la raison

Qui, après avoir classé les peuples,

Entre sauvages et civilisés, noirs et blancs,

S’est mis à diviser, couper, entre le soi et le presque soi.

Le dé du déluge, de la démence, le dé du hasard

Et de la fin, s’insinua dans le pli de chaque chose,

Comme l’accident et la catastrophe. » (p. 24)

 

« C’est l’inquiétude et la peur qui nous livrent à la pharmacie, aux pouvoirs, à tous ceux qui prétendent nous en libérer. C’est l’inquiétude et la peur qui nous poussent à déléguer la charge de l’homme aux prêtres, aux moralistes, aux dogmes et aux milices. (…) Par peur, s’en remettre au commerce de la consolation. C'est-à-dire à l’intoxication : nous voulons être délivrés du risque, du mal, de la pluie qui tombe en été. Nous voulons être délivrés de la peur, de la mort, et finalement, de la vie.» (p. 30)

 

Que reste-t-il comme espoir au poète si ce n'est celui de charmer ou d'enivrer les Dieux par son chant, tel Orphée devant Hadès. Espoir de « de voir les mots agir sur et dévier l’esprit contemporain de l’Europe ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien

 

Premières phrases :

 

« Je pense au père qui attend son enfant, le soir, et qui prie, en silence. Il ne croit pas en Dieu, le père, mais il prie quand même, parce qu’il ne sait plus vers qui se tourner. Il attend son enfant et l’inquiétude trace en lui des lignes vertigineuses, des phrases et des phrases qui racontent des histoires formidables d’enlèvements, d’accidents, de fugues et de disparitions. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Vies potentielles

 

D’autres avis :

 

Sur le site des Editions Verdier  

 

L’inquiétude d’être au monde, Camille DE TOLEDO, Editions Verdier, 2010, 58 p., 6.30 euros

 

Merci à Olivia Michel pour m'avoir permis de découvrir cette oeuvre.

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Les vagues de Virginia WOOLF

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

 « Quand une tremblante étoile apparaît dans le ciel clair, j’en viens à penser que seul l’univers est plein de beauté, et que nous ne sommes que des reptiles dont la luxure souille même les arbres. »

 

L’auteur :

 

Virginia Stephen a grandi dans une famille recomposée dont le père, à la personnalité fantasque mais illustre, sera longtemps le modèle. Elevée dans une atmosphère très cultivée, Virginia développe très tôt une personnalité angoissée avant même que la mort prématurée de sa mère ne l'entraîne sur la pente de la dépression. Avec ses frères et sa soeur, elle fréquente rapidement les milieux artistiques, et à la mort de son père, son rythme créatif s'accélère. Elle est l'auteur de romans, comme 'Mrs Dalloway' ou 'La Chambre de Jacob' qui, en rupture avec les règles classiques littéraires, se veulent des tableaux 'impressionnistes' des méandres de l'âme. Elle a aussi, grâce au soutien permanent de son mari, Léonard Woolf, édité de grands auteurs étrangers, comme Fiodor Dostoïevski ou Freud. Mais sa souffrance psychique est trop forte, Virginia Woolf se suicide en 1941.

 

L’histoire :

 

Publié en 1931, Les Vagues se compose d'une succession de monologues intérieurs entrecroisés de brèves descriptions de la nature. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées. « J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule. » (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Virginia Woolf transcrit ici des courants de conscience avec un art de l’esquisse parfaitement maîtrisé. La pensée pure des personnages afflue à la surface des pages nous menant par contrebalancement dans les profondeurs de l'âme et de l'identité des êtres. Se découvre alors un monde complexe, tissé de mille fils inextricablement entremêlés, un monde dans lequel les êtres ne peuvent communiquer, condamnés à rester prisonnier de leurs mots, de leurs pensées, de leur incapacité à créer des liens.

 

L'évolution des personnages au fil du temps nous parle des échecs qui apparaissent quand la vie coule sans qu'on s'en aperçoive, et de la difficulté de trouver son identité, si identité il y a.

 

Les interludes lyriques ponctuent superbement ces pensées soumises aux aléas du temps qui passe :

 

 « Sur la maison, le soleil déversait des rayons plus larges. La lumière toucha quelque chose de vert au coin d’une fenêtre, et en fit un bloc d’émeraude, une grotte du vert le plus pur, tel un fruit dénoyauté. La lumière aiguisait le rebord des tables, des chaises, et ourlait de délicats fils d’or les nappes blanches. A mesure que le jour croissait, les bourgeons éclatèrent çà et là, dépliant brusquement leurs fleurs veinées de vert palpitantes comme si l’effort fait pour s’ouvrir les avait mises ne branle, et leurs frêles battants frappant contre leurs parois blanches fit un vague carillon. Les choses se fondaient, perdaient doucement leur forme ; on eût dit que l’assiette de porcelaine s’écoulait, et que le couteau d’acier devenait liquide. Et, tout le temps, le bruit des brisants retentissait, pareil aux grands coups sourds de bûches tombant sur le rivage. »

« Maintenant, je mesure la farine, je fais des confitures. Le soir, je m’assieds dans le fauteuil et je tends la main vers mon ouvrage ; j’entends mon mari ronfler ; je relève la tête quand le passage d’une charrette met dans les vitres le reflet d’une lanterne, et je sens les vagues de ma vie se presser, se briser contre moi comme autour d’un tronc d’un arbre. Et j’entends des cris, et je vois d’autres vies flotter comme des brins de paille autour des piles d’un pont, tout en faisant courir mon aiguille à travers mon calicot. »

 

Un  très beau roman qui nous mène aux portes de la conscience...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

C’est une lecture difficile, qui demande concentration et abnégation pour une plongée en apnée dans les affres de la conscience...

 

« Pour lire ce poète, il faut mettre de côté ses antipathies, sa jalousie et surtout ne pas l’interrompre. Il faut avoir beaucoup de patience, et des soins infinis, et laisser venir à la surface les découvertes de la lumière, qu’il s’agisse de pattes d’araignée délicatement posées sur une feuille ou de l’eau qui gargouille dans un malpropre tuyau d’égout. Rien de doit être rejeté avec crainte, avec horreur. (…) et c’est ainsi (tandis que ces gens continuent leur conversation) qu’on laisse descendre son filet de plus en plus loin de la surface, pour le retirer ensuite avec précaution, et ramener à la lumière ce que ces hommes et ces femmes ont dit, et en faire un poème. »

 

Premières phrases :

 

« Le soleil ne s’était pas encore levé. La mer et le ciel eussent semblé confondus, sans les mille plis légers des ondes pareils aux craquelures d’une étoffe froissée. Peu à peu, à mesure qu’une pâleur se répandait dans le ciel, une barre sombre à l’horizon le sépara de la mer, et la grande étoffe grise se raya de larges lignes bougeant sous sa surface, se suivant, se poursuivant l’une l’autre en un rythme sans fin. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La promenade au phare

Autre : Enfance de nathalie SARRAUTE

 

D’autres avis :

 

Lecture commune avec Keisha et Flo

 

Télérama 

 

 

Les vagues, Virginia Woolf, traduction de Marguerite Yourcenar, Le livre de poche, Biblio romans, 288 p., 1982, 6 euros

Publié dans Littérature Europe

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Portugal de Cyril PEDROSA

Publié le par Hélène

                                         portugal-couv.jpg

 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Son blog : http://cyrilpedrosa.blogspot.com/

 

L’histoire :

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.

Plus vraiment d'inspiration, plus d'envies et pas de projets, l'auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d'animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi.

Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n'était plus allé depuis l'enfance, il va y découvrir une autre façon d'exister et d'être - et peut-être le début d'une nouvelle inspiration ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

Cet album est un bijou graphique avec une utilisation de la couleur permettant de toucher au plus près aux sentiments du narrateur : quand son moral frôle le néant, les couleurs sont ternes, sans vie, cette vie qui revient au Portugal quand Simon retourne vers ses racines. Les couleurs et le mouvement affluent alors sur les pages comme dans l'âme des personnages. Les pages consacrées aux souvenirs se teintent d'une coloration sépia mélancolique et triste.

 

portugal 2

 

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portugal-5.jpg

 

Portugal nous peint le retour à la vie de Simon, jeune adulte perdu, errant dans sa vie en se laissant porter par les évènements, et surtout par les décisions de sa copine, Claire, qui finit bien évidemment à se lasser de la perpétuelle indécision et morosité dans laquelle évolue son compagnon déprimé. Le temps du mariage de sa cousine, Simon va retourner vers ce qui le fonde, son père, sa famille, un pays qu'il connaît peu mais est avide de découvrir, un monde coloré et vif. Là aussi la vie n'épargne guère les êtres, mais Simon y est à sa juste place, il trouve enfin ce qui lui manquait, une identité.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Le rythme assez lent et profondément mélancolique a instillé sur mon âme une touche amère et un peu déprimante…

 

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D’autres avis :

 

Blogs :

 

Ys ; Mo’; Les 8 plumes  

 

Presse :

 

"Un long et beau récit (...) intime et vagabond, parfaitement universel" (Le Nouvel Observateur)

- "Un roman graphique bouleversant" (Rue89)

- "Une BD intime et flamboyante. Un album fabuleux au graphisme sans cesse mouvant" (Métro)

- "Un magnifique album" (20MN)

- "Cyril Pedrosa signe là une oeuvre tout simplement magistrale" (Télérama)
  

 

- "Un petit bijou de BD" (Ouest France)

- "Un album d'une profondeur et d'une acuité rare" (Livres Hebdo)

 

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Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis, septembre 2011, 261 p., 35 euros

 

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Polina de Bastien VIVES

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

Un magnifique portrait de danseuse.

   

L’auteur :

 

Bastien Vivès est un auteur de bande dessinée français.

 

L’histoire :

 

Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré. Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe avec son mentor une relation complexe, entre antagonisme et soumission – et finit par le quitter pour explorer de nouvelles expériences artistiques, en toute indépendance.

 

Ce que j’ai aimé :

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Polina est une jeune personne fragile et attachante, une jeune danseuse qui mène ses choix avec grâce et intensité. Danseuse dans l’âme, elle assume ses choix artistiques et sentimentaux en parcourant son destin avec légèreté.

 

Les dessins épousent parfaitement la finesse des corps et des mouvements. Les  traits en noir et blanc laissent filer parmi les interstices le désarroi, la souffrance, mais aussi la beauté et la passion de ces jeunes artistes.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

D’autres avis :

 

Théoma, Midola

  

Polina, Bastien VIVES, Casterman, 2011, 210 pages,  18 euros

 

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Hokusaï de Shôtarô ISHInoMORI

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Shôtarô Ishinomori naît en 1938, dans le département de Miyagi. Après ses débuts avec Nikyû Tenshi, qu'il écrivit pendant ses années de lycée, il devient l'un des meilleurs auteurs de mangas au Japon. Ses oeuvres les plus connues sont Kamen Rider, Gambare Robokon, Cyborg 009 (prix du manga Kôdansha en 1966), Sabu to Ichi torimonohikae (prix du manga Shôgakukan en 1968), Jinzô Ningen Kikaider, Himitsu Sentai Gorenger, L'histoire du Japon en manga en 55 volumes (Grand Prix de la cérémonie du manga asiatique en 1977) et bien d'autres encore. Shôtarô Ishinomori meurt en janvier 1998.
(source kana)

 

L’histoire :

 

Hokusai est un maître de l’estampe japonaise qui a notamment réalisé « La grande vague de Kanagawa. » L’histoire de cet artiste commence lorsque le personnage a une quarantaine d’année. Il prend le nom de Hokusai pour créer un nouveau style, SON style. Mais avec ce changement, il redevient un parfait inconnu dans le milieu de l’estampe. Hokusai va devoir se battre pour trouver sa place, vivre et imposer le style qui émerveille tant… (Présentation de l’éditeur)

 

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Ce que j’ai aimé :

 

Hokusaï apparaît dans les premières planches comme un être un  peu bouffon, qui décide de changer de nom sur un coup de tête et est prêt à défendre corps et âme sa nouvelle appellation, quitte à finir sans le sou. Son caractère têtu et colérique transporte le lecteur vers un portrait au ton léger de cet homme un brin grivois, souvent fâché, bougon, caractériel…

 

Mais derrière cette forte personnalité souvent ridicule, se cache un artiste, un homme à la recherche permanente du beau, du vrai, de ce qui fonde son identité d’artiste, sa vérité d’homme. Le texte rend magnifiquement hommage aux interrogations du peintre, oscillant entre tentations lucratives et véritable recherche de l'infini.

 

Et c'est alors un autre homme qui apparaît, un être amoureux de son art, prêt à le défendre becs et ongles, refusant la facilité pour réellement CREER, inventer, réinventer sa peinture...

 

« N’importe qui peut dessiner la forme d’un personnage. Mais… Retranscrire ses différents mouvements, c’est ça qui est difficile. Et ce qui l’est encore plus, c’est de dépeindre l’âme qui se cache derrière ces mouvements. » (p. 167)

 

« Mais alors Maître… A force de passer autant de temps sur la même montagne… Finalement… Qu’est-ce que vous trouvez à dessiner ? Parce que le Fuji, de quelque coté qu’on le regarde, il a toujours la même forme…

- La même forme ? Si on fait un pas sur le côté, il parait sous une autre forme ! Pareil, si j’on s’avance ou s il l’on recule d’un pas… Le Fuji se présente toujours sous un autre aspect ! Et puis moi… Ce n’est pas le Fuji que je dessine. C’est l’homme ! C’est le temps que je dessine. C’est pour ça qu’aussi sublime soit un paysage… Si on ne parvient pas à le faire passer dans le regard des gens, il perd tout intérêt. Quand on le fait passer dans le regard des gens… C’est comme s’il n’appartenait plus à ce monde et qu’il devenait éternel… Je peins le temps qui marque de son empreinte chaque instant de ce monde. » (p. 411)

 

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Les esquisses interposées entre les planches permettent de découvrir l’œuvre de l’artiste pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Les illustrations noir et blanc ont eu tendance à me frustrer, j’aurais tant voulu découvrir les esquisses colorées de Hokusaï.

 

Hokusai planches

 

D’autres avis :

 

Choco  

 

Hokusaï, Shôtarô Ishinomori, Kana, juin 2010, 15 euros

 

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BD du mercredi de Mango 1 

 

Publié dans Manga - Manhwa

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Dragons et dragon de Marie SELLIER et Catherine LOUIS

Publié le par Hélène


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♥ ♥ ♥ ♥

  De magnifiques contes pour célébrer l'année du dragon... 

 

Les auteurs :


Marie Sellier a été journaliste pendant plusieurs années, dont dix ans chez Bayard Presse jeune, avant de passer du côté de l'édition.

Voilà maintenant plus de quinze ans qu'elle explore, en direction des enfants, un champ vaste comme le monde, l’ART sous toutes ses formes, avec un enthousiasme qui ne se dément pas.

Cela se traduit par plus de quarante livres, quatre collections (L’Enfance de l’Art et Mon petit musée aux éditions de la Réunion des musées nationaux, Des mains pour créer aux éditions Paris-musées et Entrée libre aux éditions Nathan) et cinq films pour la télévision.

dragon et féeÀ tant côtoyer les grands peintres et sculpteurs, elle a eu envie de travailler avec des artistes contemporains. C’est ainsi que sont nés L’Afrique petit Chaka (RMN, prix sorcière et Octogone 2001) avec la complicité de Marion Lesage, Le rêve de Louis (RMN) avec le peintre Luc Gauthier, Les douze manteaux de Maman (Adam Biro jeunesse) avec l’illustratrice et peintre Nathalie Novi et >Miriam mafou métisse et L'histoire sans fin des Mafous et des Ratafous (Paris-musée) a

vec le peintre et sculpteur Diagne Chanel.


Catherine Louis est née en 1963 à La Neuveville. Après avoir suivi l'Ecole des Arts visuels de Bienne et l'Ecole dragon-ivre.jpg

des Arts décoratifs de Strasbourg (Atelier de Claude Lapointe), elle vit et travaille dans le canton de Neuchâtel.
Elle a illustré une centaine de livres dont certains sont traduits en allemand, italien, hollandais, anglais, tchèque, coréen et chinois. Son travail autour de la calligraphie chinoise lui a valu d'être sélectionnée pour la Biennale internationale de Bratislava 2005 et de figurer sur la Liste d'honneur d'IBBY 2006. Il l'a aussi conduite en Chine.
Catherine Louis a conçu sur son travail une exposition itinérante qui connaît un grand succès depuis 2003. A côté de ce travail d'illustratrice de livres pour enfants, elle collabore avec la presse enfantine, elle donne des cours aux adultes et crée des affiches culturelles, des décors de théâtre.


Leurs sites :dragon-jaune.jpg


http://charte.repertoire.free.fr/s/sellier.html
http://www.catherinelouis.ch/

Le livre :

 

Long en Chine, Yong en Corée, Rông au Vietnam ou Ryû au Japon, les dragons peuplent les contes d’Asie.
Marie Sellier a choisi d’en raconter quatre que Catherine Louis  qui nous a déjà donné La Naissance du dragon a enluminés de gravures colorées.
Chaque conte fait l’objet d’un livret qui, déplié, révèle au verso un dragon de près de deux mètres de long.

 

Mon avis :

Une pure merveille.

Les contes sont courts et tout à fait accessibles, mêlant subtilement surnaturel et magie.

Le travail sur les couleurs, sur le graphisme est magnifique transformant le livre en un objet ludique surprenant avec ses immenses dragons qui s'étirent au dos de l'histoire. dragon-tout-rouge.jpgLe terme d"enluminures"  prend ici tout son sens avec ce travail d'exception.


L'avis d'Anaïs 3 ans et demi :

 

"Je peux garder les petits livres ? Je les adore, je vais les regarder tous les jours..."

   

Dragons et dragon, Marie Sellier, Illustré par Catherine Louis, Picquier  Jeunesse, janvier 2012, 96 pages, 19,50  euros

 

Un immense merci à Isabelle Lacroze des Editions Picquier.

Publié dans Jeunesse Album

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