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Le coupeur de roseaux de Junichirô TANIZAKI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 

Tanizaki Junichirō grandit dans une famille aisée de marchands. Il fait de brillantes études à l'Université impériale de Tôkyô, mais en 1910 la ruine de son père le contraint à les interrompre. La même année, il publie son premier texte, une nouvelle cruelle et raffinée, Le Tatouage, dans la revue qu'il a fondée avec quelques amis. L'histoire de la belle courtisane et de son tatouage en forme d'araignée fait scandale et lance sa carrière d'écrivain.

En 1913, il rassemble toutes ses nouvelles dans un recueil intitulé Le Diable et subit les foudres de la censure qui les juge « immorales ». Il publie sans trêve drames, comédies et scénarios à une époque où le cinéma en est encore à ses balbutiements, il traduit également la pièce d'Oscar Wilde L'Eventail de Lady Windermere.

Installé à Yokohama, il fréquente les résidents étrangers et découvre l'image de la femme occidentale. Lorsqu'un terrible tremblement de terre détruit la ville en 1923, il s'installe définitivement dans le Kansai. Le séisme le bouleverse profondément : alors qu'il puisait son inspiration dans un Occident et une Chine exotiques, il revient vers le Japon à partir de 1924, date à laquelle paraît son premier roman, Un amour insensé.

Il consacre la seconde partie de sa vie à traduire en japonais moderne le Genji monogatari, œuvre classique de la romancière du XIe siècle, Murasaki Shikibu. En 1943, la publication en feuilleton de son chef-d'œuvre Quatre sœurs est interdite car jugée inconvenante en temps de guerre.

Après la guerre, Tanizaki publie des romans audacieux au centre desquels il place la vieillesse, l'impuissance et la mort.

Tanizaki meurt en juin 1965, laissant une œuvre importante, unanimement considérée comme majeure, du XXe siècle japonais. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 

Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial, le sanctuaire de Minase, le narrateur rencontre un homme étrange. Est-ce un fantôme, un esprit qui hante les lieux ? Celui-ci lui offre du saké et lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, perverse et inaccessible..

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Le récit s’ouvre sur une errance du narrateur qui décide de visiter le sanctuaire de Minase. Ce désir est nourri de littérature, de références à des récits mentionnant ce lieu mythique. Le texte est imprégné de ces réminiscences de poèmes, de passages de récits impériaux, créant ainsi une atmosphère fine et lettrée comme toile de fond à la rencontre étrange que le narrateur va faire en ce lieu.

L’atmosphère est fantomatique, presque irréelle, baignée par les rayons de la lune, propice à l’apparition de cet homme étrange, tapi dans les roseaux. L’homme va alors lui conter l’histoire fascinante des relations de son père avec la belle O-Yû et sa sœur  O-Shizu.  Junichirô Tanizaki s’inspire ici d’un conte traditionnel  japonais.

Cette collection permet de rencontrer des auteurs à moindre coût et sans un engagement de durée trop long, elle permet de « flirter » avec l’auteur et nous invite à en découvrir davantage en cas d’affinités…

 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien de particulier si ce n’est l’impression que je l’oublierai facilement…

 


Premières phrases :

 

« C’était un mois de septembre, quand j’habitais encore à Okamoto. Il faisait un temps superbe ce jour-là et vers le soir, ou plutôt après trois heures de l’après-midi, j’eus soudain envie de faire une promenade à pied dans la région. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Littérature Asie de l'Est

 

D’autres avis :

 

 Choco

 

 Le coupeur de roseaux, Junichirô Tanizaki, traduit du japonais par Daniel Struve, Folio 2€, janvier 2004, 119 p., 2 euros

 

10-jours-japonais 

ChallengeDragonFeu

Publié dans Littérature Asie

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Electre de Jean GIRAUDOUX

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 « Evidemment, la vie est ratée, mais c’est très très bien, la vie. Evidemment rien ne va jamais, rien ne s’arrange jamais, mais parfois, avouez que cela va admirablement, que cela s’arrange admirablement… » (p. 94)

 

L’auteur :

 Né à Bellac en 1882, Jean Giraudoux est reçu en 1903 au concours de l'Ecole Normale Supérieure, puis en 1910 au concours de « chancelleries ». Il deviendra chef du service de d'information et de presse du minisitère des Affaires étrangères. Dès 1909, il publie Provinciales, et mène de front carrière diplomatique et création littéraire. Son œuvre frappe par sa diversité : essais, romans, théâtre. La guerre de Troie n'aura pas lieu est créée en 1935. Jean Giraudoux meurt en 1944. (Source : librairie dialogues.fr)

 

L’histoire :

Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, aidée de son amant, Egisthe, l’assassine à son retour de la guerre de Troie. Oreste, le fils, est banni. Reste Electre, la seconde fille. « Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là. » Aussi Egisthe veut-il la marier pour détourner sur « la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides ». Mais Oreste revient et désormais Electre n’est plus que haine, assoiffée de justice et de vengeance, au mépris de la menace qui pèse sur le royaume des siens.

 

Mon avis :

Electre est un personnage fascinant, qui, poussée par une haine contre les assassins et détracteurs de son père, va aller jusqu’au bout de sa passion, réclamant justice, même si un conflit sanglant doit en découler. Quand Oreste cherche à passer outre, à continuer son chemin pour ne pas avoir de sang sur les mains, Electre a soif de vérité et est prête à tout pour laver les affronts faits à son père :

 « ELECTRE

Je le sais, ce que tu voudrais m’entendre dire.

ORESTE

Alors dis-le moi.

ELECTRE

Que les humains sont bons, après tout, que la vie après tout est bonne !

ORESTE

N’est-ce pas vrai ?

ELECTRE

Que ce n’est pas un mauvais sort que d’être jeune, beau et prince. D’avoir une sœur jeune et princesse. Qu’il suffit de laisser les hommes à leurs petites occupations de bassesse et de vanité, de ne pas presser sur les pustules humaines, et de vivre les beautés du monde !

ORESTE

Et ce n’est pas ce que tu me dis ?

ELECTRE

Non. Je te dis que notre mère a un amant. » (p. 111)

 La question de la justice et de ce qu’il faut lui sacrifier est au cœur de cette pièce. Faut-il choisir la vérité alors qu’ « Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple », comme le souligne Egisthe qui en tant que roi a des responsabilités politiques.

GIraudoux lui-même, dans une interview avec Kleber Haedens (L'Insurgé, 12 mai 1937) a dit :

 « Electre, c'est pour moi, le mythe de la vérité. Dans une ville gorgée de plaisirs, abandonnée, tout entière aux joies fades, Electre est seule à souffrir . . . je crois qu'il est nécessaire de faire revenir de temps en temps les grandes figures ; je crois que de grandes héroïnes comme Electre et Jeanne d'Arc doivent revenir vers nous. Il faut épousseter de temps en temps les statues éternelles. »

 

A la fin de la pièce Electre triomphante clame : "J'ai la justice, j'ai tout," et pourtant sa patrie Argos est en flammes, son frère a tué Clytemnestre et Egisthe et est pétri de remords, si bien qu’il va finir par la haïr…

 

Premières répliques :

 PREMIERE PETITE FILLE

Ce qu’il est beau, le jardinier !

DEUXIEME PETITE FILLE

Tu penses ! C’est le jour de son mariage.

TROISIEME PETITE FILLE

Le voilà, monsieur, votre palais d’Agamemnon !

L’ETRANGER

Curieuse façade !... Elle est d’aplomb ? »

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La guerre de Troie n'aura pas lieu

Autre :  Antigone de Jean ANOUILH

 

  Electre, Jean Giraudoux, Le livre de poche, novembre 1967, 122 p., 4 euros

Publié dans Théâtre

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L’enchantement des lucioles de Valérie TORDJMAN

Publié le par Hélène

                                                  enchantement_des_lucioles.jpg

  ♥ ♥

« Qu’est-ce que la photographie sinon des filets à papillons démaillés qui laissent passer la lumière intermittente du réel ? » (p.110)

 

 L’auteur :

 Valérie Tordjman est née en 1960 et vit à Paris. Après des études d'histoire de l'art et d'esthétique, elle a travaillé pour le ministère de la Culture, le Centre national de la photographie et la Caisse des Monuments historiques. Elle est l'auteur de L’Atelier anthropophage (Belfond, 2002), La Pornographie de l'âme (Le Passage, 2004) Médor & Diego (Le Passage, 2006), Une fraction de seconde (Le Passage, 2008),

et Le Jour d’avant (Le Passage, 2010).

 

L’histoire :

Vers 1850, pour rejoindre son époux à la manufacture hollandaise de Nagasaki, Alexandra Van Polder brave les océans et les convenances. Avec elle, débute la saga océanique des Polder.

Entre le Japon et l’Amérique, c’est le choc de l’Ancien et du Nouveau Monde, des histoires d’hommes qui domptent les mers et de femmes qui se jettent à l’eau par amour, une merveilleuse alchimie d’image et de magie qui se rejoignent par-delà le temps et les océans jusqu’à Sarah, son arrière-arrière-petite-fille.
Et à travers ces êtres de chair et de passions : l’odeur du rivage, le bruissement de la soie, l’arrivée des immigrants sur l’île de Manhattan, la construction du Brooklyn Bridge et partout, d’un continent à l’autre, d’un siècle à l’autre, de l’eau, l’eau primordiale, miroitante, dangereuse. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Valérie Tordjman nous convie dans un univers mouvant, fluctuant, au sein duquel les femmes s'épanouissent dans une vie métaphorique dense et passionnante.

 « A cet instant, aux antipodes, pareille aux algues phosphorescentes en mer, aux petites lueurs verdâtres des vers luisants sur terre, aux étoiles du ciel et, dans l’air, aux lucioles qui émettent en morse lumineux la fugacité de leur apparition, Sarah Polder se tenait là.

Toujours au bord de sa vie vivante.

Déjà plus là. » (p. 136)

Les images sont au coeur du texte comme au coeur des destinées des femmes pour qui la photographie, l'illusion, la magie constituent une raison d'être et de devenir. Alexandra a mis au point un procédé pour photographier alliant les techniques nouvelles de Daguerre et de Cutting et sa fille Sarah découvre avec tout autant de plaisir et de passion l'art et les secrets de la photographie.  

 « L’image, la magie, leurs escamotages et autres métamorphoses luttaient à la surface du monde contre le réel, la crédulité, le chagrin ; contre l’amour aussi. Et la mort devait être de la partie. » (p. 83)

 Un beau roman aux accents mélancoliques.

 

Ce que j’ai moins aimé :

Un texte qui se laisse difficilement saisir, aussi fuyant que l’eau qu’il évoque.

 

Premières phrases :

« Voir brûler de l’eau, l’expression est aussi ancienne que le creux pays : la Hollande des polders. Voir brûler de l’eau, c’est n’en pas croire ses yeux, ce qui avait dû lui arriver car, en même temps que les langues de feu s’éparpillaient dans la nuit noire des Caraïbes, sa lanterne magique émettait de petites lumières intermittentes dessinant sur la coque fraîchement repeinte du navire une pantomime de spectres familiers, à commencer par elle : Sarah. »

 

 L’enchantement des lucioles, Valérie Tordjman, Le passage, mars 2012, 144 p., 14 euros

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Furari de Jirô TANIGUCHI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

« Pas d’impatience. Prendre le temps qu’il faut. Et avancer, toujours avancer. Si on marche, on arrive toujours… » (p. 210)

 

L’auteur :

 

En quelques années, Jirô Taniguchi est devenu l’ambassadeur de la bande dessinée japonaise en France, séduisant un large public jusqu’alors rétif à ses codes graphiques et narratifs. Le livre qui a tout changé ? Quartier lointain, auréolé du Prix du scénario au festival d’Angoulême 2003 et publié dans la collection Ecritures de Casterman, qui défend l’auteur depuis 1995, date de sa première publication française avec l’Homme qui marche, promenade élégiaque dans le Japon contemporain, portée par une description incroyablement minutieuse des petits riens du quotidien. Depuis, on a découvert une autre facette du talent de Taniguchi avec le Sommet des Dieux – Prix du dessin à Angoulême en 2005 – tandis que Le Journal de mon Père, L’Orme du Caucase et Terre de rêves, tous trois chez Casterman, ont confirmé son statut de géant de la bande dessinée mondiale. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Furari pourrait se traduire par « au hasard », « au gré du vent »… Tout comme dans L’Homme qui marche, mais avec pour cadre un Japon ancien aujourd’hui disparu, Jirô Taniguchi entraîne son lecteur dans les longues et tranquilles déambulations d’un cinquantenaire dont le nom n’est pas donné mais que tout Japonais devine être Tadataka Inô, célèbre géomètre et cartographe qui, au début du XIXe siècle, établit la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes. Au hasard de ses intuitions et de son inextinguible curiosité, cet attachant et pittoresque personnage nous initie à la découverte des différents quartiers d’Edo, l’ancien Tôkyô, et de ses mille petits plaisirs. Retiré du monde des affaires mais fidèle à ses réflexes, il arpente, mesure, prend des notes, dessine, tout en laissant libre cours à son goût pour la poésie et à son inépuisable capacité d’émerveillement. 

 

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Ce que j’ai aimé :

 

Cet homme, géomètre du XIXème siècle qui arpente les rues de Edo –le vieux Tokyo-  est sans doute Tadataka Inô, célèbre géomètre et cartographe qui, au début du XIXe siècle, établit la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes.

 

Mais là n’est pas le propos, il est avant tout un homme épris de ce qui l’entoure, un hédoniste qui observe le monde et se fond en lui, devenant tout à coup chat, oiseau, fourmi… Il laisse aller ses pas, entièrement livré aux bienfaits de la marche et agrémente sa lente déambulation de poèmes accordés à son émerveillement.

 

« La pluie tombe.Le vent souffle. Le soleil monte dans le ciel. Les fleurs s’ouvrent. Aux fleurs, aux arbres…aux cours d’eau aussi.. ;à chacune des saisons…la pluie apporte un parfum particulier. Ahhh… Edo. C’est si beau. » (p. 90)

 

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Un album qui résonne comme un véritable hymne à la contemplation.

 

« Se laisser ainsi aller, sentir le vent, regarder la lune… Je suis vraiment comblé. » (p.162)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Toujours ces dessins en noir et blanc, j'aimerais comprendre pourquoi les éditeurs -ou les auteurs- font ce choix d'absence de couleurs. Voilà ce que donnerait la couleur :

-    furari couleurs

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Un zoo en hiver de Jirô TANIGUCHI ; L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI ; Les années douces de TANIGUCHI ET KAWAKAMI

Autre : Manga, Manhwa

D’autres avis :

 

Presse :L’express Télérama  

 

 Furari, Jirô TANIGUCHI, Editions Casterman, février 2012, 212 pages, 16 euros.

 

Merci aux Editions Casterman.

10-jours-japonais

Top-bd-2012

 

BD Mango bleu

Publié dans Manga - Manhwa

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Petits contes de printemps de Natsume SOSEKI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

 L’auteur :

 Né avec cette Restauration de Meiji qui oUvre le Japon sur le monde, Sôseki (1867-1916) – c’est ainsi qu’on le désigne, traditionnellement, par son prénom de plume – est considéré comme un des plus prestigieux écrivains de son temps. Je suis un chat, qui l’a rendu célèbre, et ses autres romans, qui ont contribué à l’élaboration d’une littérature moderne au Japon, sont maintenant devenus des classiques dans son pays et en Occident. (Présentation éditeur)

 

L’histoire :

Sôseki écrivit pour un journal le feuilleton de ses Petits contes de printemps au printemps 1909. Ces fragments de journal intime ont chacun une tonalité très différente, tantôt intime et familière, tantôt d'une drôlerie délicate, étrange, ou encore empreinte de nostalgie. Ils donnent à voir le temps qui passe, la douceur d'un soir de neige ou la beauté des flammes. Une façon de lire l'impermanence des choses. (Présentation éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

Ces petits contes très courts apportent fraîcheur et douceur comme une bouffée de printemps. Ils nous parlent de la vie qui passe, des journées aux mille détails insignifiants, qui, mis bout à bout sont ce qui s’approche le plus du bonheur.

  « Le cortège a défilé sans bruit devant moi. Au moment où je sentais la tristesse de la lumière éphémère du soleil que la porte entrouverte envoyait dans mon bureau, d’une largeur de plus d’un mètre sur la véranda, le grincement d’un violon a retenti du côté opposé. En même temps, des éclats de rire ont jailli à l’unisson des gorges enfantines. » (P 105)

« La suite restait enfouie au fond de mon cœur, comme si l’ensemble était légèrement brouillé. S’il était possible, à l’aide d’un pouvoir mystérieux, de rassembler au même endroit tout ce qui recouvre le fond du cœur, et d’en distinguer nettement les contours, cette forme… eh bien , je crois que ce serait quelque chose de la même couleur que l’oiseau que je tenais à présent, là, dans le creux de ma main, oui, la même chose. Je mis immédiatement  l’oiseau dans une cage et me perdis dans sa contemplation, jusqu’à ce que l’ombre du soleil printanier fût devenue oblique. » (p.120)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 Je ne pense pas que ces textes me marqueront d’une façon durable, ils sont très volatiles

 

Premières phrases :

« Après avoir avalé un bol de zôni, je me suis retiré dans mon bureau. Peu après, trois ou quatre visiteurs sont arrivés. Tous sont jeunes. L’un d’eux porte une redingote. Ce n’est probablement pas son vêtement de tous les jours, car ses gestes sont empruntés, on sent qu’il cherche à ménager le tissu de son molleton. »

 

Vous aimerez aussi :

Sélection littérature japonaise

 

  POCHE : Petits contes de printemps, Natsume SOSEKI, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, Picquier, 5.50 euros

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challengeQuatreSaisons

 

Publié dans Littérature Asie

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10 jours japonais

Publié le par Hélène

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Le salon du Livre consacré au Japon ferme ses portes ce soir mais Choco nous propose de prolonger les japonaiseries quelques jours encore.

 

Rendez-vous demain pour les premiers billets...

Publié dans Littérature Asie

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Haïku du XXème siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, Collectif

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

 

Présentation de l’éditeur :

La présente anthologie propose d'explorer sous toutes ses facettes le renouveau du haiku dans le Japon d'aujourd'hui.

Depuis la fracture d'Hiroshima, le haiku se nourrit du désordre des paysages urbains, exploite des gisements inattendus, ausculte l'accélération de l'histoire tout en gardant vivaces la saisissante simplicité et l'exigence d'expression absolue qui le fondent. Renaissant littéralement de ses cendres après le cataclysme, il trouve un nouveau souffle, cherchant un juste contrepoint au kaléidoscope du siècle.
En effet, et ce n'est pas là le moindre de ses paradoxes, la forme poétique la plus courte du monde, née sous l'égide de Bashô il y a quelque trois cents ans, semble résonner au mieux avec la sensibilité contemporaine, laquelle privilégie, on le sait, une esthétique de l'instantané.
Les 456 poèmes rassemblés dans cette anthologie témoignent d'un exceptionnel foisonnement. Invitation à tous les voyages, irruption de voix singulières qui tentent une fusion passionnante entre l'extrême modernité et le plus ancien passé. Dispositif d'émerveillement, tremplin de méditation, expérience de vérité, le haiku est plus proche que jamais de la fameuse injonction rimbaldienne : « fixer des vertiges ».

 

Ce que j’ai aimé :

Les haïkus sont comme des tremplins de méditation qui par leur brieveté et leur justesse mènent le lecteur vers d'autres rives. Le haïku "nous offre ce surcroît de présence, où les frontières vacillent amoureusement; Tous pulse, tout palpite. L'esprit et l'espace se fondent et se confondent." (Corinne Atlan et Zéno Bianu,p. 9).

Les haïkus présentés ici se situent dans le Japon de 1945 à nos jours : ils évoquent ainsi aussi bien la guerre, Pearl Harbour, Hiroshima, que l'enfance, la famille, la nature, la fulgurance du moment présent étant tamisé à l'aide de ces données essentielles de l'histoire d'un peuple et d'un pays.

Les haijin, compositeurs d'haïku sont avant tout des chasseurs de sensations et cherchent le mot juste qui permettra d'enfanter un monde en une petite touche, en trois vers.

 

"Le premier papillon du printemps

s'envole -

d'entre les rayures du zèbre" (Imai Sei)

 

"Dans les ravins

les névés ont l'air solitaire -

même la nuit brille !" (Mizuhara Shûôshi)

 

"Respirer ?

c'est aspirer toutes les voix

des cigales du soir" (Kaneko Tôta)

 

"Est-ce le son du brouillard -

presque imperceptible

entre les bouleaux ?" (Mizuhara Shûôshi)

 

"Nuit de givre -

en la prenant dans mes bras

je l'entends vibrer" (Ozawa Minoru)

 

 

  Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

 

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Haïku du XXème siècle, Le poème court japonais d’aujourd’hui, Collectif, Présentation, choix et traduction de Corinne Atlan et Zéno Bianu, Poésie/Gallimard, 2007, 6,70 euros

 

Publié dans Poésie étrangère

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L’aiguillon de la mort de SHIMAO Toshio

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« L’eau qui a été renversée une fois ne retourne plus jamais au récipient. » (p. 17)

 

L’auteur :

 

Shimao Toshio (1917-1986) sera confronté à la mort en 1944 en qu'officier de commando kamikaze, une expérience qui sera à la source de nombreux romans qu'il écrira après la guerre. Mais la folie qui s'empare de sa femme lorsqu'elle découvre son infidélité le conduira à écrire L'Aiguillon de la mort, long roman autobiographique rédigé durant dix-sept années et qui connaît toujours une grande célébrité au Japon. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

L’entremêlement inextricable de la littérature et de la vie peut donner parfois des oeuvres magistrales. Ainsi en est-il de L’Aiguillon de la mort, un roman autobiographique d’une sincérité stupéfiante où le narrateur tente de révéler ce qu’est l’amour dans une écriture vécue comme une expérience des limites.

Un couple s’est lié autrefois d’amour passionné dans une petite île du Japon pendant la guerre. Elle apprend un jour que son mari a une maîtresse. Pour elle, qui croyait à sa vie d’amour et de confiance absolus, tout à coup, l’univers s’effondre et l’emporte progressivement vers la folie. Commence alors l’histoire extraordinaire d’un couple vivant l’extrémité du possible, au rythme d’une vie quotidienne faite de suppliques, d’aveux et de dévouement que nous fait partager le narrateur dans le même souffle où lui les a éprouvés au quotidien. Et le lecteur en vient à entrer avec fascination au coeur de cette histoire et à vivre de l’intérieur cette vertigineuse descente dans les abîmes du désespoir, qui est aussi une recherche obsessionnelle, éperdue, de la vérité. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Shimao Toshio emprunte le titre de son œuvre à la Première Epitre de saint Paul aux Corinthiens (chap. 15, 55-56) :

« Où est-elle, ô mort, ta victoire ? Où est-il, ô mort, ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché, et la puissance du péché, c’est la Loi. » (p. 41)

Cet aiguillon est donc le péché, ici l’infidélité du narrateur, qui, pendant dix ans a cédé à la tentation et  a connu différentes maîtresses. Le jour où sa femme l’apprend, commence alors une lente descente aux enfers.  Les différents stades sont décrits méthodiquement, minutieusement, de l’intérieur : l’ impression de vivre en cage, la peur des crises imminentes, les interrogations sans fin nourries par des fatigues liées aux nuits d’insomnie, les mensonges inévitables,  la jalousie insidieuse, l’autre femme, toujours présente, quoi qu’il arrive, ombre de malheur planant sur le couple… Le narrateur espère que le temps atténuera les douleurs, mais sa femme ne fait que s’emmurer dans sa folie, loin de relâcher son étreinte fatale, elle emprisonne son mari jour après jour.

« Je dois me dire que tout ce qui m’entoure, sans exception, est passé au crible de la sensibilité anormale, obsessionnelle de ma femme. » (p.86)

 « La gaieté qui était revenue sur le visage de ma femme grâce qu plaisir de la journée s’ajoutait à cette impression, nous étions joyeusement  animés, mais il m’était impossible de perdre ma méfiance, car c’était comme si j’avais tenu dans mes mains une chose aussi fragile qu’un jouet en verre. » (p. 205)

Les enfants, âgés de quatre et six ans, pauvres témoins innocents de ces batailles sans fin, sont les dernières victimes de ce duel, êtres en souffrance qui ne se relèveront probablement pas d’une telle tension quotidienne.

« Chaque jour après l’autre était une image de l’enfer, mais ce n’était ni la souffrance d’un être humain en proie à la torture, ni la douleur de celui qui attend dans la solitude d’être jugé. Le tribunal n’était pas un endroit où tous les liens étaient coupés, c’était le lieu de vie d’un couple et de deux enfants. (.. .) Ce monde restait creux, obscur, et j’ignorais quand il m’attaquerait à coups de tentations et de châtiments qui venaient se superposer à mes péchés. » (p.123)

Un roman puissant sur l’infidélité, mais surtout sur la jalousie maladive qui peut ronger les êtres plus sûrement que la plus tenace des maladies mentales.

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Ce que j’ai moins aimé :

 

Un peu trop long à mon goût.

 

Premières phrases :

 

« Ce soir-là, nous avons cessé de suspendre la moustiquaire. Les insectes avaient disparu, sans qu’on sache pourquoi. Il y avait trois jours que nous ne dormions pas, ma femme et moi. J’ignore si c’est une chose réellement possible. Peut-être nous étions-nous assoupis sans nous en rendre compte, en tous cas ma mémoire n’en a pas gardé trace. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Sélection littérature japonaise

 

D’autres avis :

 

Télérama

 

L’aiguillon de la mort, Shimao Toshio, roman traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, Picquier, 2012, 640 p., 23 euros

 

Merci aux Editions Picquier.

Publié dans Littérature Asie

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Mon salon du Livre 2012 - soirée d'inauguration

Publié le par Hélène

 

Arrivée à 17h30, j'appelle Copiiine Isabelle  qui me dit être à "maison de la radio"... "ok je t'attends". je n'avais pas de plan de métro -ni Internet sur mon téléphone- pour moi la maison de la radio c'était dans Paris, j'étais moi-même dans Paris, donc j'allais attendre quoi... 10 minutes. Paris est grand mes amis, sachez-le, j'ai attendu 1 heure. Je suis restée plantée à l'entrée, et cinq fois des gentils gens sont venus me demander des renseignements, me prenant pour une hôtesse. Deux personnes ont même cherché à profiter de mon invit pour rentrer avec moi...Et il y en a une qui a même tenté de me piquer mon invit. J'ai alors pris mon plus beau sourire d'hôtesse et je lui ai dit "chère Madame, cette soirée est strictement réservée aux invités munis d'un carton d'invitation, aussi vous invitai-je (ouais, je parle comme ça...) à revenir les jours suivants dévolus aux visiteurs grand public. Bonne journée, au revoir Madame." Cinq ans de sourire et de langage normalisé pour éviter le "casse toi pétasse, fais pas ch... ou j'appelle la sécurité"...

 

Bref 18h30 Isablle arrive, après s'être quand même perdue dans le hall 5 ...

 

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Elle est contente d'être arrivée, Isabelle !

 

Arrêt chez Zulma qui nous explique pendant une demi-heure que chaque couverture de livre est unique, choisie par l'auteur en relation avec l'histoire ou le pays d'origine de l'auteur.

 

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Visite à Vincent des Editions Le passage (qui fête ses 10 ans cette année), un Vincent très people entre champagne et discussions enfièvrées. Après s'être moqué de mon look de touriste avec mon appareil autour du cou, (c'est l'accessoire tendance, il n'y connait rien...) il a quand même accepté de se faire prendre en photo avec Charlotte.

 

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Nous sommes repartis à l'assaut des allées noires de monde. Notre mission : trouver le stand des écrivains du bassin du Congo qui nous avait promis 'un cocktail africain" et un concert.

 

 

Nous avons trouvé un stand "librairie du Sud" avec quelques écrivains africains, un stand noir de monde... La raison ? Des livres ??? Des écrivains ??? Non, point du tout, de délicieux accras...

 

Coup de fil à Sophie du blog SophieLit "tu es où ?" "bah je sais pas chez Gallimard" "en U ou en S ?" "je sais pas je te rappelles". 10 minutes plus tard lecture du sms arrivé 10 minutes plus tôt (un salon, c'est bruyant, on n'entend pas bien les téléphones...) (surtout les vieux téléphones tout pourris comme le mien) "en s21" ni une ni deux, nous courons. sauf  que, trop tard, Sophie n'était plus là.

 

Nous sommes revenues à notre mission première et avons décidé d'aller au point information pour trouver nos congolais. L'hôtesse avec son foulard rose autour du cou nous dirige vers l'allée Z. Sauf que l'hôtesse est la pro du blush rose assorti à son foulard, mais ne connait pas du tout sa géographie et ne savait donc pas que la Turquie n'est pas dans la bassin du Congo. Allée Z, pas l'ombre d'un congolais...

 

Naruto nous indique le chemin, et j'aurais tendance à lui faire plus confiance qu'à l'hôtesse au foulard, allez savoir pouquoi !

 

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Sms de Sophie : "suis en I20"

 

 

Escale au stand des Editions Attila avec un accueil en or d'Hélène Morice qui, bien que débordée, a pris le temps de discuter avec nous, et ça c'est une vraie copiiine...(une copine qui vous accueille en plus en disant "t'es toute belle dis moi" est de toute façon une bonne copine (oui, j'avais retiré l'appareil photo de mon cou, car quand même Vincent est un poil plus fashion que moi, et sur ce coup-là, je lui ai fait confiance...))

 

Sms de Sophie  : P28. On cherche, on cherche...

 

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Fin de soirée enfin nous avons trouvé le stand (H29), grâce à un téléguidage à distance de mon cher et tendre qui lui, a Internet sur son téléphone. Nous avons trouvé Huchon aussi et ô victoire nous sommes en plus arrivées à point pour le concert ! Sauf que cela faisait 2h30 que nous piétiniions (oui, avec deux ii) dans les allées et que nos dos, nos pieds et nos jambes réclamaient du repos.

 

Moralité : j'm'en fous, free ou pas free, je resignechez SFR et je prends un forfait avec Internet compris.

Moralité 2 : toujours avoir un homme à distance qui peut vous guider -et garder les enfants, et faire à manger, et faire la vaisselle, et vous accueillir avec le sourire  "et ta soirée alors?"... bref toujours avoir un homme...

Moralité 3 : les salons c'est pas pratique pour voir les copines

Moralité 4 : et les livres dans tout ça ? Ah oui, les livres bah, y'en avait plein...

Publié dans Divers

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Sélection littérature japonaise

Publié le par Hélène

 salon livre paris 2012

 

 

Je vous propose une petite sélection d'auteurs japonais à l'occasion du salon du livre qui ouvre ces portes aujourd'hui à Paris :

 

L'auteur incontournable du moment Haruki MURAKAMI :

 

1q841

 

 

1Q84 de Haruki MURAKAMI

 

1Q84 livre 2 Juillet-septembre de Haruki MURAKAMI

 

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond de Haruki MURAKAMI

 

 Le mangaka le plus connu, Jirô TANIGUCHI :

 

homme qui marche couleur

 

Les années douces de TANIGUCHI ET KAWAKAMI

 

Un zoo en hiver de Jirô TANIGUCHI

 

L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

 

  nonnonba

 

 Mes coups de coeur :

 

Mangas :

 

Hokusaï de Shôtarô ISHInoMORI

 

NonNonBâ de Shigeru Mizuki

 

Romans

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

 

 

D'autres titres en ces pages :

 

Ikebukuro West Gate Park de Ira ISHIDA

 

Le temps qui va, le temps qui vient de Hiromi KAWAKAMI

 

Parade De YOSHIDA Shuichi

 

La danseuse d’Izu de Yasunari KAWABATA

 

Kyoko de Ryû MURAKAMI

 

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