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litterature amerique du nord

Les vrais durs ne dansent pas de Norman MAILER

Publié le par Hélène

♥ ♥

 "Nous avons tous en nous de l'extraordinaire qui ne demande qu'à sortir, et voilà tout. Chacun est libre de s'y prendre comme il peut." (p.135)

 

L'auteur :

Fils d'Isaac Barnett, un comptable juif originaire d'Afrique du Sud, et de Fanny Schneider, gestionnaire d'une agence de femme de ménage, il est élevé à Brooklyn, et entre à l'université Harvard en 1939 où il étudie l'ingénierie aéronautique. Il s'y découvre un intérêt pour l'écriture et publie sa première histoire à 18 ans.

 Enrôlé dans l'armée américaine, il participe à la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique Sud. En 1948, juste avant d'entrer à la Sorbonne à Paris, il écrit The Naked and the Dead, basé sur son expérience de la guerre dans le Pacifique, qui le rend célèbre.

 Les années suivantes, Norman Mailer écrit des scripts pour Hollywood qui sont pour la plupart refusés. Vers le milieu des années 1950, tenté par le marxisme et l'athéisme, il devient un célèbre écrivain « anti-establishment » et libertaire. Dans The White Negro: Superficial Reflections on the Hipster (1956) et Advertisements for Myself (1959), il traite de la violence, de l'hystérie, des crimes et du désarroi de la société américaine. Son œuvre, partagée entre un réalisme hérité de John Dos Passos et une écriture journalistique proche d'Ernest Hemingway, se veut la conscience en éveil des injustices du temps, des débordements politiques américains et des drames qui en découlent. Aussi, tente-t-elle d'étudier, de manière souvent provocatrice, les névroses et pathologies d'une société occidentale constamment en crise de valeurs. Il a été l'un des emblèmes de l'opposition à la guerre du Vietnam dans les années 60 et 70.

 Norman Mailer est aussi connu comme biographe, il a par exemple écrit sur Marilyn Monroe, Pablo Picasso, et Lee Harvey Oswald.

 Il s'était marié six fois et a eu neuf enfants (dont un adopté avec sa dernière épouse - Matthew Norris Mailer). En 1960, il agresse à coups de canif sa seconde épouse (Adele) lors d'une fête. Elle n'est que légèrement blessée, et ne portera pas plainte contre Mailer.
L'écrivain-journaliste est un habitué des récompenses : il a reçu aux États-Unis le prix Pulitzer pour Les Armées de la nuit en 1969, et à nouveau en 1980, pour Le Chant du bourreau avant de recevoir, en 1983, l'insigne de Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres de la part de la France et le 3 mars 2006, la Légion d'honneur des mains de l'ambassadeur de France aux États-Unis. (Source : Babélio)

 

L'histoire :

À Provincetown, dans la trompeuse quiétude de la morte-saison, Tim Madden, écrivain raté et amateur de femmes, noie son ennui dans le bourbon.

 Un matin de plus, il se réveille avec une formidable gueule de bois, mais cette fois il va aller de découverte en découverte : un curieux tatouage sur le bras, du sang dans sa voiture et, dans la cache où il planque sa marijuana, la tête, proprement coupée, d'une belle blonde platinée... Est-il pour autant un assassin ? Pour répondre à cette question, Tim se lance dans une enquête personnelle. Une poursuite pleine de péripéties qui l'amènera à rencontrer des ex-boxeurs, des maniaques sexuels, des repris de justice, une ancienne maîtresse et enfin son propre père, dont la figure haute en couleur restera l'une des créations les plus mémorables de Mailer. (Source : Babélio)

 

Ce que j'ai aimé :

- La couverture !

- L'intrigue de départ est aguichante, un peu à la "Very bad trip" : après une nuit agitée, Tim Madden se réveille avec un tatouage sur son bras, du sang dans sa voiture, et surtout la tête coupée d'une blonde platine cachée dans sa plantation de marijuana. Avouez que cela fait beaucoup pour un seul homme... Sauf qu'il ne garde aucun souvenir de ladite nuit mouvementée à l'origine de tant de bouleversements. Ques s'est-il passé ? Est-il coupable ou non coupable ? Lui-même doute, les frontières entre violence latente et actions sont quelquefois si ténues... Bienvenue à Enferville !

- En sus d'une intrigue somme toute bien intriguante, les personnages paumés sont attachants : Tim, écrivain plus inspiré par les blondes, la drogue et le sexe que par la page blanche, son père, soutien indéfectible, ses relations, loosers drogués...

 

Ce que j'ai moins aimé :

- très sexe drogue et rock'n'roll, trop à mon goût

- lent

- la résolution de l'intrigue est un peu alambiquée...

 

Premières phrases :

A l'aube, quand la marée découvrait les bas-fonds, le bavardage des mouettes m'éveillait. Les mauvais jours, j'avais l'impression d'être mort et que ces volatiles me picoraient le coeur. Plus tard, après que j'eus sommeillé encore un moment, la marée montait sur le sable aussi vite que l'ombre descend sur les collines quand le soleil disparaît derrière la crête, et, avant peu, les permiers rouleaux venaient se fracasser sur la muraille de la jetée sous la fenêtre de ma chambre, le choc montant en un infime espace de temps sur un mur marin jusqu'aux passages les plus intimes de ma chair." 

 

Vous aimerez aussi :

Las Vegas Parano de Hunter S. THOMPSON

 

D'autres avis :

Babélio


Les vrais durs ne dansent pas, Norman Mailer, traduit de l'anglais (EU) par Jean-Pierre Carasso, Robert Laffont, pavillons poche, 2010, 471p., 9.90 euros

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La fille sur le coffre à bagages de John O’HARA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

L’auteur :

Ami d'Ernest Hemingway et de Francis Scott Fitzgerald, John Henry O'Hara a écrit de nombreux feuilletons et nouvelles pour le magazine américain The New Yorker. Ses scénarios et ses romans ont été très bien accueillis par la critique au point qu'on le surnomma le "Balzac américain".

Une des œuvres majeures de John O'Hara est Rendez-vous à Samarra, qu'il publia en 1934 et dont Hemingway disait : « Si vous rêvez d'un roman magnifique, écrit par un auteur qui maîtrise parfaitement son sujet, lisez Rendez-vous à Samarra ». 

Citons aussi son roman Gloria (BUtterfield 8) (1935), qui fut adapté au cinéma par Daniel Mann en 1960, le rôle de Gloria Wandrous est incarné par Elizabeth Taylor. 

L’histoire :

 A New York, pendant la Prohibition, James Malloy, attaché de presse pour une société de production cinématographique, accompagne Charlotte Sears, actrice sur le déclin et maîtresse d'un riche homme d'affaires lié à la pègre. Au retour d'une réception, la star et son amant ont un accident de voiture. Ami d'Hemingway et de Fitzgerald, John O'Hara, qui fut surnommé par la critique « le Balzac américain », excelle dans le portrait désenchanté d'une société où l'on promène ses chagrins en limousine et en vison, en buvant du champagne.

 Ce que j’ai aimé :

 John O'hara peint les portraits désenchantés d'une génération aspirée par la spirale du cinéma, aliéné par l'or factice de la gloire et de l'argent. Ses personnages évoluent dans le monde du cinéma, monde dans lequel les rôles se font et se défont, et où les carrières peuvent sombrer dans l'oubli en quelques minutes, au gré des accointances du moment. Ainsi Charlotte Pears artiste que le déclin cherche encore dans les yeux de ses spectateurs la lumière qui lui permettrait d'exister. James Malloy ne sera qu'un miroir pour son égocentrisme exacerbé...

La description de ces personnages se fait tout en finesse, l'auteur passant au crible une société, usant pour ce faire de dialogues fluides et très cinématographiques. Surnommé «  Le Balzac américain », il brille dans l’art de la short story, de la novella, sorte de court roman.

Ce que j’ai moins aimé :

 Je n'ai pas bien compris la relation entre le titre traduit et le titre original "Sermons and soda-water »

Il s'agit là d'un roman d’atmosphère pas inoubliable.

Premières phrases :

 « Au début de ma carrière, à New York,, j’écrivis de nombreuses nécrologies d’hommes vraisemblablement en bonne santé, mais qui n’étaient plus tout jeunes. Dans le quotidien pour lequel je travaillais, la coutume voulait qu’un journaliste sans rubrique spécifique se vît confier cette tâche, considérée par la plupart comme une corvée, mais qui, moi, me plaisait assez. »

Vous aimerez aussi :

Les nouvelles de Raymond CARVER

 

La fille sur le coffre à bagages, John O’Hara  Le livre de poche, 2012, 128 p.,  5.10 euros

 

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La mécanique du bonheur de David BERGEN

Publié le par Hélène

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L’auteur :

 Salué comme l’un des meilleurs écrivains canadiens contemporains, David Bergen a déjà publié quatre romans aux éditions Albin Michel : Une année dans la vie de Johnny Fehr (2000), Juste avant l’aube (2002), Un passé envahi d’ombres (2007) et Loin du monde (2010). Son œuvre a été récompensée par le Giller Prize, le Margaret Laurence Award et le Carol Shields Book Award. Il vit à Winnipeg, dans la province du Manitoba. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 « Une écriture immaculée, une honnêteté percutante, un pouvoir d’attraction considérable, c’est ce qui caractérise ce magnifique roman sur les ambiguïtés insolubles de l’existence. » The Globe and Mail

 « Un livre lumineux, intelligent, provocateur et émouvant. » The Edmonton Journal

 Quand Morris Schutt, un journaliste important, passe en revue l’année qui vient de s’écouler, il ne peut que constater que tout autour de lui n’est que désastre, à commencer par sa famille. Son fils a été tué en Afghanistan, sa femme psychiatre de renom s’éloigne de plus en plus, sa fille a l’air d’avoir une liaison avec un de ses professeurs et son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Suite à l’une de ses chroniques, il entretient une correspondance avec la femme d’un fermier du Minnesota qui a, elle aussi, perdu un fils en Afghanistan. Morris Schutt veut retrouver le goût de la vie et du bonheur. Quoi de plus naturel que d’interroger les grands philosophes en quête de vérité : Cicéron, Platon, Socrate ? Ou peut-être vaut-il mieux chercher le bonheur sur un site de rencontre ? Mais le bonheur est-il si facile à atteindre ? Avec le charme et l’intelligence qui lui sont propres, La mécanique du bonheur est une dissection brillante de la vie d’un homme, à un moment critique, et de celle de sa famille, qui refuse de le laisser tomber. David Bergen nous éblouit par son écriture, sa sensibilité et son humour ironique. Avec ce nouveau roman, il prouve une fois encore qu’il est un formidable connaisseur de la complexité humaine.

(Quatrième de couverture)

 

Mon avis :

 Morris Schutt traverse une mauvaise passe. Il faut dire que son fils a été tué en Afghanistan, que sa femme l’a quitté, que sa fille aînée ne veut plus le voir, et que sa fille cadette semble entretenir une liaison avec un professeur beaucoup plus âgé qu’elle, et que son journal l’a mis en congé pour une durée indéterminée. Bon. Mais Morris Schutt essaie de garder la tête hors de l’eau, que ce soit en se rapprochant d’une femme lointaine qui lui ressemble, ou d’une femme proche qui gravite dans un univers bien différent du sien. 

La quatrième de couverture m’a induite en erreur : je pensais lire un roman sur le bonheur, et je me retrouve avec un personnage semi dépressif, un peu mou et perdu. Psy, groupe de paroles, introspection, liaisons, toutes les étapes lui permettant de faire le deuil de la mort de son fils et de son mariage jalonnent les pages.  

Bref quand on aime ce genre-là je pense qu’on pourra reconnaître le talent de conteur de David Bergen, mais si vous cherchez dans vos lectures autre chose que le destin ordinaire d’une homme dépressif, comme moi vous risquez de vous ennuyer à sa lecture…

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Loin du monde

Autre :  Le cœur par effraction par James MEEK

 

D’autres avis :

 CathuluKeisha  ;   Clara 

 

La mécanique du bonheur, David BERGEN, Traduit de l’anglais (Canada) par Hélène Fournier, Albin Michel, Collection « Terres d’Amérique », octobre 2013,

 

rentrée littéraire2013 2

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Esprit d'hiver de Laura KASISCHKE

Publié le par Hélène

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Un récit oppressant

 

L’auteur :

Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires ainsi que le Hopwood Awards. Elle a également reçu la Bourse MacDowell. Laura Kasischke est aussi romancière. Les Éditions Christian Bourgois ont déjà publié huit de ses romans, dont À suspicious river(1999), La Couronne verte(2008), En un monde parfait(2010) et Les Revenants (2011). Deux d’entre eux, La Vie devant ses yeux, et À suspicious riveront été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille. Elle enseigne l'art du roman à l’université de Ann Arbor. (source : éditeur)

 

L’histoire :

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. » Marine Landrot, Télérama

(Quatrième couverture)


Mon avis :

Le matin de Noël, Holly se réveille tard. Son mari part comme une flèche chercher ses parents à l’éaroport, et  sa fille se terre dans sa chambre. Holly ressent comme une angoisse diffuse, difficile à cerner, qu’elle aimerait retranscrire par écrit, comme pour mieux l’appréhender et la comprendre. Mais elle ne trouve ni le temps car il lui faut préparer le repas de Noël, tandis que la cohabitation avec sa fille Tatiana se fait de plus en plus tendue et étrange. Le blizzard se lève, les invités annulent leur venue, Tationa devient inquiétante et l’angoisse sourde prend ses aises, entre souvenirs de l‘adoption de Tatiana et tensions exacerbées dans la maison.

Esprit d’hiver est un huis-clos anxiogène, qui plonge dans la psychologie de Holly avec une précision chirurgicale. Les non dits évacués par la conscience de Holly s’estompent petit à petit, le pire revient à la surface, et le coup de massue ne sera assenée qu’à la toute dernière page.

Il faut être prêt à aborder des rivages mouvants qui effleurent la conscience et l’inconscient, prêt à sentir jusque dans nos chairs le mal être rampant dans les pièce sd ela maison, insidieusement, sournoisement.

Laura K. crée un univers particulier, suintant, qui crée un malaise lancinant.

"Vous voyez, c'est toujours la même obsession qui revient, des êtres qui voudraient supprimer des choses qu'ils savent avant que ces choses ne les anéantissent eux-mêmes." Interview le Monde 

 

Premières phrases :

"Noël, 20..

 

Ce matin-là, elle se réveilla tard et aussitôt elle sut :

Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux.

C'était dans un rêve, pensa Holly, que cette bribe d'information lui avait été suggérée, tel un aperçu d'une vérité qu'elle avait portée en elle pendant - combien de temps au juste ?

Treize ans ?

Treize ans !"

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Sucipisious river

D’autres avis :

  Lecture commune avec Géraldine,  Tiphanieet Cynthia

Les Inrocks ; Télérama

      Papillon Clara 

 

Esprit d’hiver, Laura Kasischke, traduit de l'anglais (EU) par Aurélie TRONCHET, Christian Bourgeois éditeur,

 

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      11/20

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L’école des saveurs de Erica BAUERMEISTER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

« Nous sommes tous des ingrédients, Tom, reprit-elle, rien de plus. Ce qui compte, c’est la grâce avec laquelle on prépare le repas. » (p. 139)

 L’auteur :

 Erica Bauermeister est née à Pasadena en Californie en 1959.
Elle a longtemps enseigné la littérature et l’écriture à l’université de Washington, et a publié deux ouvrages consacrés à la littérature féminine. Son séjour au nord de l’Italie durant 2 ans avec sa famille lui a donné cet amour pour la « Dolce Vita » et la bonne chair.
L’École des saveurs, son premier roman, a connu un succès considérable. Traduit dans une vingtaine de pays, il est resté plus de deux ans dans la liste des meilleures ventes aux États-Unis.
Elle vit actuellement à Seattle avec son mari et ses deux enfants, et dit à propos de son livre, qu’il parle « de nourriture et des gens, de cette façon de prendre les choses "sans grande importance" de la vie et de les rendre beaux ».

 L’histoire :

 Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Un savoureux roman culinaire, une ode à la gourmandise et aux sens.

http://www.lecoledessaveurs-livredepoche.com/recettes.html

Ce que j’ai aimé :

 La cuisine et les alliances de saveur sont au cœur de ce roman. Les élèves de l’école des saveurs concoctent des repas savoureux qui leur permettent de s’éveiller à la vie et aux  sens. Une idée quelque peu éculée et banale…

Les descriptions des sensations donnent nénamoins l'eau à la bouche, comme pour ces spaghettis del mare :

« Après le sucre du melon, cette saveur était riche d’explosions rouges et de flèches de piment qui lui transperçaient la langue, et en dessous, comme une main qui stabilise, un coussin salé de palourdes, le velours doux de l’origan et des spaghettis, chauds comme du sable sur une plage. » (p. 217)

Ce que j’ai moins aimé :

Un peu facile, léger comme une bulle de savon qui s’évanouit dés la dernière page refermée. Lecture agréable sans être inoubliable.

Alors que le roman s’ouvre sur l’histoire de Lillian, rapidement, elle laisse place à des chapitres consacrés aux élèves, et le mystère demeure que la jeune femme, rien  n’est totalement levé.

 Premières phrases :

« Le moment que préférait Lillian, c’était juste avant d’allumer la lumière. Debout sur le pas de la porte, laissait derrière elle l’air chargé d’humidité, elle sentait les odeurs de la cuisine venir à elle : la levure fermentée ; le café, terreux et sucré ; l’ail qui s’adoucissait à l’air libre. »

 Vous aimerez aussi :

   Le restaurant de l’amour retrouvé par OGAWA Ito

D’autres avis :

   chez Babélio 

 

L’école des saveurs, Erica Bauermeister, traduit de l’anglais (EU) par Mona de Pracontal, Le livre de poche, 2009, 6.50 euros

 

Merci à ma JU..

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Le goût sucré des pommes sauvages de Wallace STEGNER

Publié le par Hélène

gout-sucre.jpg

♥ ♥ ♥

L’auteur :

 http://wallacestegner.org/bio.html

 

L’histoire :

 « Il engagea la décapotable sur le chemin, et Margaret se laissa aller contre son dossier pour regarder le ciel se déverser sur elle en une enveloppante cascade de bleu »: un couple, ébloui par la splendeur de l'automne, sillonne les routes du Vermont. A la faveur d'une halte aux abords d'un village isolé, Ross sort pinceaux et chevalet, Margaret ramasse quelques pommes sauvages et aperçoit la silhouette fragile d'une jeune femme venant à sa rencontre. Entre rêve et mélancolie, cinq nouvelles de Wallace Stegner au sommet de son art. (Quatrième de couverture)

 Ce que j’ai aimé :

Ce petit recueil de nouvelles datant des années 50 contient de véritables pépites :

Le goût sucré des pommes sauvages : Un couple découvre une région du Vermont du bout du monde, des hameaux abandonnés avec quelques habitants dont une jeune fille dans un « chemin fantôme qui se termine en cul-de-sac au milieu de nulle part. » (p. 19)

Le couple erre parmi ces fermes abadonnées, le mari peint pendant que sa femme se promène, nous conviant à une ballade hors du temps qui emmène le lecteur dans ce no man’s land.  

Une nouvelle qui nous enjoint à savourer le présent et le goût sucré des pomme sauvages...

 Jeune fille en sa tour : 

Un homme retourne sur les lieux de son adolescence, dans une maison habitée jadis par l’élue de son cœur, et aujourd’hui attribuée à un funérarium.

Entre remords et regrets, le bilan d’un homme qui se fait prendre au piège du passé  : « cela le tenaillait comme une souffrance » p. 47

« Il ne trouvait pas de consolation à se dire que l’on ne pouvait prendre aucune direction sans tourner le dos à quelque chose. » (p. 47)

Guide pratique des oiseaux de l’ouest :

Un homme de 70 ans observe les oiseaux dans une maison isolée sur la proue d’une colline californienne, quand il est sommé d’assister à un dîner mondain organisé par des voisins, dîner durant lequel un jeune pianiste doit se produire.

Une nouvelle sur les relations humaines et leurs complexités, et sur ce monde artistique : l'impression pour ce jeune pianiste d’être incompris perdurera longtemps après cette soirée.

L'auteur nous offre de très belles pages sur l’observation de la nature :

« Le soleil, très bas, commence à filtrer sous le chêne et m’aveuglede reflets intenses Du pied de notre colline deux grands eucalyptus s’élèvent au-dessus des houx et des yeuses, et els feuilles ovales et flexibles de leur cime, pas très loin en contrebas, tournoient comme autant de poissons éblouissants en papier d’aluminium. Dans le sous-bois la caille se remet à caqueter. Une hirondelle passe au-dessus de la terrasse, décrit une embardée à la poursuite d’un insecte et s’en va. » (p. 58)

Fausse perles pêchées dans la fosse de Mindanao :

Un homme va découvrir des caractère forts, téméraires, des vies de passion plus que de raison.

Génèse :

Ma nouvelle préférée de ce recueil, la plus longue aussi .

Il s'agit d'un western : un jeune anglais Rusty accompagne dans la Saskatchewan une équipe de meneurs de bétail « chargé de rassembler et ramener aux stations de fourrage des veaux que l’on ne pouvait laisser hiverner dans la prairie."

Il va connaître alors l'aventure dans toute sa splendeur mais aussi dans toute sa dureté. Il sera difficile pour lui de s’intégrer dans cette équipe de cow-boys aguerris, mais le temps et les épreuves feront leur oeuvre. Rusty ressortira grandi de cette belle aventure dans le blizzard...

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Bilan :

Un recueil avec deux nouvelles qui prennent l’ascendant sur les autres la première et la dernière et qui revèlent le grand talent de cet auteur « doyen des écrivains de l’ouest », maître pour les romanciers de l’école du Montana. 

Une très belle découverte !

 Ce que j’ai moins aimé :

  Comme dans tout recueil de nouvelles, certaines plaisent plus que d'autres...

 Premières phrases :

 « Ils roulèrent sur une chaussée égale, dont les bas-côtés avaient été creusés par la lame d’une niveleuse. Puis la route obliqua sur la doroite, et un écriteau peint cloué  à un poteau leur annonça : « Harrow. » Harrow, ils en venaient. Droit devant, en revanche, un chemin peu passant filait entre deux hauts talus pareils à des haies vives. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : La vie obstinée

D’autres avis :

 Lmda 

Babélio 

 

Le goût sucré des pommes sauvages, Wallace stegner, traduit de l’anglais (EU) par Eric Chédaille, Points, 302 p., 10 euros

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Super triste histoire d’amour de Gary SHTEYNGART

Publié le par Hélène

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  ♥  

 

L’auteur :

 

   Né en 1972, Gary Shteyngart a été désigné comme l'un des vingt meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker. Ses deux premiers romans, Absurdistan et Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes Russes, sont disponibles en Points. 

 

L’histoire :

 

Lenny Abramov vit dans un New York futuriste, image exagérée de notre époque mais qui lui ressemble étrangement : le monde entier est arrimé à son téléphone ultra-perfectionné, la publicité triomphe et la littérature est un art préhistorique que quelques inadaptés tentent de sauvegarder sans succès. Lenny fait partie de ceux-là. Il lit des "livres papier", croit encore aux relations humaines et commet la folie de tomber amoureux d’Eunice Park, jeune américaine d’origine coréenne. Cette Super Triste Histoire d’amour est une comédie romantique qui finit mal (Lenny et Eunice ne vieilliront pas ensemble) et qui dresse un portrait accablant de la "modernité". L'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois et une ambiance très Big Brother s’installe au quotidien. Cette satire mélancolique est surtout un roman à l’humour dévastateur.

Sans délaisser la fable politique, Shteyngart livre ici un texte plus personnel, un autoportrait à peine déguisé d’un homme en décalage avec son temps. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Gary Shteyngart nous entraîne dans un univers décalé, loufoque, au sein d'une sorte de roman d'anticipation se situant aux Etats-Unis, pays devenu un état policier glaçant. Ce changement d'époque lui permet de figurer une satire de la modernité avec au centre de l'intrigue un Lenny décalé et has been, face à un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.

Les points de vue varient entre ceux de Lenny par le biais de son journal et les conversations d'Eunice avec ses amies sur le forum Globados. Cette formation en miroir des situations racontées sous deux formes différentes permet de mettre en valeur la solitude des êtres appelés bien souvent à se tromper sur leurs congénères, aveuglés par leurs égos. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

 Le style est assez vulgaire notamment dans les conversations entre Eunice et sa soeur :

"Quoi de neuf, pétasse ? Ta nigaude te manque ? Tu veux me lâcher la purée dessus ? MDR. J'suis grave dégoûtée de baiser avec des meufs. A prop', j'ai vu les photos du comité des anciens d'Elderbird où tu mets ta langue dans, hum !, l'oreille de Bryana." (p. 41)

De plus les personnage principaux sont peu sympathiques voire franchement antipathiques : Lenny est un vieux bedonnant amoureux d’une jeunette, et Eunice, une jeune femme perdue et vulgaire. Des êtres obsédés par le sexe et en perpétuel décalage entre ce qu'ils montrent d'eux-mêmes et ce qu'ils sont, des êtres égoïstes, se répétant sans cesse, pour le plus grand désarroi du lecteur. 

Une déception...


Premières phrases :

 

"Très cher journal,

Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision : je ne mourrai jamais.

D'autres mourront autour de moi. Annihilés. Rien de leur personnalité ne substitera. Extinction des feux. Leur vie, leur entièreté, seront résumées sur le marbre poli de leur pierre tombale par des formules mensongères ("Son étoile brillait au firmament", "Nous ne t'oublierons jamais", "Il aimait le jazz"), lesquelles seront à leur tout balayées par un raz-de-marée ou mises en pièces par on ne sait quelle dinde de l'avenir génétiquement modifiée." 

 

D’autres avis :

L'express  ; Les inrocks ; France Info 

  Babélio 

 

Super triste histoire d’amour, Gary Shteyngart, traduit de l'anglais (EU) par Stéphane Roques, Points, 8 euros

 

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Avant la nuit de Pete FROMM

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un bel hommage aux rapports pères-fils

 

L’auteur :

 PETE FROMM est né en 1958 dans le Wisconsin et a d'abord été ranger avant de se consacrer pleinement à l'écriture. Il a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles qui ont remporté de nombreux prix et ont été vivement salués par la critique. Indian Creek est son premier livre traduit en français. Il vit à Great Falls dans le Montana.

 

L’histoire :

 

 Les nouvelles de ce recueil ont pour cadre les paysages du Montana et de l'Ouest qui tissent des liens entre les êtres, les fêlures, les espoirs ou les désillusions qui les hantent. Du père divorcé qui traverse les Etats-Unis en voiture pour emmener son fils à la pêche au jeune homme qui retourne chez sa mère et son beau-père après une absence de six années, Avant la nuit présente une galerie de personnages inoubliables. Ces histoires offrent autant de tableaux de l'Amérique et se placent dans la lignée des plus beaux textes de Norman Maclean ou de Thomas McGuane. Après le succès d'Indian Creek, Pete Fromm confirme, avec ces héros ordinaires auxquels il prête une voix singulière, son appartenance à la famille des grands auteurs de l'Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

« Père et fils » : un père traverse le pays pour aller voir son fils et l’emmener pêcher. Emouvant.

« Epuisette » : des jeunes mariés en conflit.

« Avant la nuit » : un homme va pêcher avec son beau-fils soudainement réapparu après six ans de silence. Ils ont peur de ne pas rentrer avant la nuit.

De belles réflexions sur l’angoisse de perdre ceux qu’on aime même si comme le dit un des personnages « On ne peut pas commencer à regretter la chose la plus importante de sa vie avant même qu’elle ait disparu. (...) On finirait par devenir dingue. » (p. 64)

« Indigènes, wagons et déménagements » : un homme se souvient d’une belle histoire d’amitié.

« Le cours normal des choses » : un père emmène ses deux enfants pêcher après la mort de leur mère. Le plus jeune est hanté par l’image de sa mère sur son lit de mort, et touché par les changements survenus chez son père.

« Stone » : un père essaie de pêcher avec son fils qui préfère faire des ricochets. L’un comme l’autre vont apprendre à apprivoiser la passion de l’autre. Une de mes nouvelles préférées du recueil. Un bel échange entre les deux êtres.

« Ambre » : partie de pêche entre deux frères.

« La petite frappe » : un jeune garçon emmène le petit frère de sa petite amie à la pêche avec des amis à lui.

« Pour le gamin » : deux anciens amis partent à la pêche avec le jeune fils de l’un d’eux, qui va être le révélateur des changements survenus entre les deux hommes.

« Super souris et le fromage bleu de la Lune » : un couple part pêcher pour le meilleur et pour le pire.

 Ce que ces récits ont en commun, hormis un goût immodéré pour la pêche à la mouche, est sans doute l’analyse très fine des rapports humains. Pete Fromm nous parle de l’incommunicabilité entre les êtres, de la difficulté de se faire comprendre, de laisser de côté son égo pour venir à l’autre en toute innocence. Il évoque aussi nos peurs, angoisses diffuses : celles liées au fait d’être parents, mais aussi la peur de perdre ceux qui nous sont chers, la peur que le temps passe trop vite. La rivière est là pour leur rappeler que tout file, inexorablement…

 Un très beau recueil pour apprendre à se recueillir sur le bord des rivières …

 

Ce que j’ai moins aimé :

-Rien 

 

 Premières phrases :

 « L’argent ne coule pas à flots. Il n’y a pas vraiment de quoi emporter ou noyer quelqu’un, si vous voyez ce que je veux dire. Un désastre après un autre. Vous savez ce que c’est. Alors la décision du juge m’arrive ne pleine figure, comme si elle débarquait d’une autre planète. En parcourant des yeux le compte rendu d’audience, vous vous posez d’abord la question habituelle –Qu’est-ce que c’est que cette langue ? – avant de vous demander : c’est de moi qu’on parle là ? »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  Indian creek : un hiver au coeur des Rocheuses de Pete FROMM

Autre :  La rivière de sang de Jim TENUTO

 

D’autres avis :

 ClaraClaudia Lucia 

 

Avant la nuit, Pete Fromm, traduit de l’américain par Denis Lagae-Devoldère, Gallmeister, avril 2010, 172 p., 21 euros

 

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Swamplandia de Karen RUSSELL

Publié le par Hélène

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Une visite mouvementée dans les Everglades...

 

L’auteur :

 Originaire de la Floride, où se déroule ce premier roman classé par le New York Times comme un des meilleurs de l’année passée, Karen Russell est considérée par le New Yorker et la revue britannique Granta comme un des vingt jeunes auteurs américains les plus talentueux.

Swamplandia a été un des trois finalistes du prix Pulitzer 2012 (non attribué, les jurés n’ayant pu se mettre d’accord). Il est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.

 

L’histoire :

      « Quand on n’est qu’au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j’étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C’est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s’est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l’histoire d’un seul mot : chute. »

Swamplandia a longtemps été le parc d’attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d’alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n’y était pas pour rien. Mais à sa mort, l’entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l’Obscur, leur redoutable concurrent… Sélectionné par le New York Times comme l'un des meilleurs romans américains de l'année 2011, Swamplandia plonge le lecteur dans l'univers luxuriant et magique de Karen Russell, dont l'écriture inventive n'est pas la moindre des qualités. 

 Mon avis :

 Je ne m’attendais pas du tout à cela après lecture de la quatrième de couverture : je pensais lire quelque chose de beaucoup plus délirant, or l’atmosphère est plutôt glauque , marécageuse, on ne voit pas bien où veut en venir l’auteure. Passé cette première impression négative, je reconnais que le récit fait preuve d'originalité et d'excentricité avec le destin atypique de ces personnages perdus sur une île et contraint de se confronter au monde pour s'extraire d'ennuis financiers. La mort de la mère obligera tout un chacun à grandir et à assumer ses responsabilités. Mais elle bouleversera aussi profondément l'une de ses filles qui se réfugiera dans un imaginaire débordant et aliénant. Le fils partira vers le continent obnibilé par l'envie de rembourser les dettes de son père, père qui lui aussi partira, laissant la jeune Ava seule avec sa soeur étrange qu'elle essaiera de protéger de ses mauvaises rencontres...

 

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Un contexte humide et sordide : les Everglades, une famille ruinée, un marécage dangereux, un continent aliénant synonyme de grande consommation inutile, le monde de Karen Russell est assez particulier...

Il doit y avoir une allégorie, mais je n’ai même pas eu envie de me creuser la tête, d'autant plus que des longueurs pèsent sur le récit assez souvent…

Une déception...

Premières phrases :

 « Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. »

 

D’autres avis :

Presse : http://www.rentree-litteraire.com/auteur/karen-russell/

Blogs : JérômeYvesCathulu

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l’américain par Valérie Malfoy, Albin Michel, août 2012, 22.50 euros

 

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Contrée indienne de Dorothy m. JOHNSON

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Cap sur le western !


 L’auteure :

 

DOROTHY M. JOHNSON est née en 1905 dans l’Iowa et a passé son enfance dans le Montana. Rédactrice pour des magazines féminins, puis professeur à l’université du Montana, elle publiera une quinzaine de livres et plus de 50 nouvelles dont plusieurs seront adaptées au cinéma (L’Homme qui tua Liberty Valance, Un homme nommé cheval, La Colline des potences). En 1959, elle est faite membre honoraire de la tribu blackfoot. Elle meurt en 1984. (Présentation de l’éditeur)

 

L’histoire :

 

Dans l’intimité de loges indiennes ou celle de ranches à peine construits, à travers les plaines, derrière les murs des forts militaires ou dans les rues de villes nouvelles, pionniers, Indiens et cow-boys sont confrontés à la dure loi de l’Ouest. Dotés d’un formidable instinct de survie, ces hommes et ces femmes résistent à la destruction de leurs foyers, de leurs croyances et de leurs rêves. Ces onze nouvelles – dont deux restaient inédites en français – racontent les incidents devenus légendaires et les paysages encore sauvages de cette terre de frontières. On retrouve parmi elles L’Homme qui tua Liberty Valance et Un homme nommé Cheval qui inspirèrent deux grands westerns de John Ford et Elliot Silverstein.

Avec Contrée indienne, Dorothy Johnson, grande dame de la littérature américaine, ressuscite le mythe de l’Ouest américain. (Présentation de l’éditeur)

 Première publication chez JC Lattès en 1986 et chez 10/18 en 1993.

Ce recueil est présenté pour la première fois dans son intégralité, deux nouvelles “L’incroyant” et “Cicatrices d’honneur” étant jusqu’à présent restées inédites en français.

 Deux nouvelles ont été adaptées au cinéma : L’Homme qui tua Liberty Valance par John Ford en 1962, avec James Stewart et John Wayne ; Un homme nommé Cheval par Elliot Silverstein en 1970.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les cow-boys… et les indiens !!! Ils me manquaient…

Les nouvelles sont variées : il est question d'enlèvements de femmes colons dans « Flamme sur la plaine », « Retour au fort », d'hommes blancs qui ont été des indiens ou le sont toujours dans « L’incroyant », « La tunique de guerre », « Un homme nommé cheval », de colons confrontés aux attaques d'indiens dans « Prairie kid », « Après la plaine », d'indiens et de leurs rituels dans « L’exil d’un guerrier », de vrais cow boys dans « L’homme qui tua Liberty Valance »... Dorothy m Johnson en conteuse exemplaire ne prend pas partie pour l'un ou l'autre camp, elle palpite aux cotés des colons traqués, comme elle respire avec le souffle des indiens et de leurs coutumes. Elle nous explique par exemple ce rituel pour que les jeunes indiens découvrent leur totem : 

« Seul dans un endroit élevé pendant quatre jours et quatre nuits, sans eau ni nourriture ? Certains rêvent d’une bonne médecine, d’autres d’une mauvaise médecine, d’autres encore ne font pas de rêve. » (p. 192)

Elle s'interroge sur la limite entre la sauvagerie et la civilisation et représente intelligemment les deux peuples. Ainsi, ses nouvelles mettent en scène des personnages forts, marquants, confrontés à la violence, mais aussi humains qui vont apprendre la tolérance, l'ouverture, dans un enrichissement mutuel des cultures.

Un incontournable du genre !

 

Ce que j’ai moins aimé :

  - Rien 

 

Premières phrases :

«Le dimanche matin, le chef sioux nommé Little Crow, portant les vêtements sobres d’un homme blanc, assista au service religieux de la Lower Sioux Agency et serra la main du pasteur après la cérémonie. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Lonesome Dove de Larry McMURTRY

Le tireur de Glendon SWARTHOUT

Mille femmes blanches de Jim Fergus

 

D’autres avis :

 

Folfaerie ; Télérama 

 

 Contrée indienne, Dorothy Johnson, traduit de l’américain par Lili Sztajn, mars 2013, 256 p., 10.00 euros

 

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