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Prix SNCF du polar 2017

Publié le par Hélène

Dernière ligne droite !

Vous avez jusqu'au 31 mai pour voter sur le site https://polar.sncf.com/

PRIX 100% PUBLIC

Vous avez toujours rêvé d’être jury d’un prix Littéraire ?

Alors le Prix SNCF du Polar est fait pour vous ! Prix 100% public, le sort des œuvres en compétition est placé entre les mains du plus intransigeant des jurys : VOUS !

Grâce à vos votes et à votre engagement, de nombreux noms du polar ont été révélés depuis 17 ans : Franck ThilliezMo HayderGilda PiersantiGilles Legardinier, Jérémie Guez, Ian Manook ou encore Emmanuel Grand !

Lors de l’édition précédente, 32 000 votes ont ainsi été recueillis.

Pour rappel voici les titres sélectionnés :

Catégorie Roman :

911 de Shannon BURKE : mon préféré vers lequel s'est porté mon choix !

Gravesend de William BOYLE

Grossir le ciel de Franck BOUYSSE 

Pur d'Antoine CHAINAS

Les arpenteurs de Kim ZUPAN

Catégorie BD :

L'été Diabolik de Thierry Smolderen et Alexandre Clerisse

Watertown de Jean-Claude GOTTING

Chaos debout à Kinshasa de Thierry Bellefroid et Barly BERUTI

Homicide Squarzoni

Apache de Alex Winter

Catégorie courts-métrage  :

Ils sont ici

 

A vous de jouer !

Publié dans Prix littéraires

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Sept voix sur le bonheur de Luc FERRY, Sylvain TESSON, Claudia SENIK, Boris CYRULNIK, Michela MARZANO, Leili ANVAR et Karol BEFFA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Qu'ils soient philosophe, neuropsychiatre, économiste, écrivain, musicien, tous les auteurs cités proposent des voies vers le bonheur, finalité ultime de la vie. Ils s'interrogent à l'aune du XXIème siècle sur cette course effrénée au bonheur qui balaie souvent des interrogations essentielles. Ce petit recueil rassemblent des conférences données dans le cadre des "Conférences Sara Yalda" au théâtre de l'Atelier à paris du 25 septembre au 11 décembre 2016. Elles sont reproduites telles qu'elles on été présentées.

Luc Ferry : La quête du bonheur : sagesse ou illusion ?

Cette conférence passionnante nous parle des philosophies du bonheur qui justement fleurissent aujourd'hui, des recettes "qui s'appuient sur les sagesses anciennes, sur le bouddhisme et le taoïsme, sur la psychologie dit "positive" et les théories du développement personnel pour vous proposer de parvenir au bonheur en "quinze leçons"" . Luc Ferry n'y croit pas et explique pourquoi. En effet il pose des questions centrales qui déconstruisent ces théories toutes faites : Le bonheur dépend-il seulement de nous ? Est-il possible d'être heureux partout ? Le bonheur est-il définissable ?

Selon lui, ces façons de faire transforment la recherche en tyrannie et l'être humain, qui ne pourra parvenir aux objectifs visés, culpabilisera et s'éloignera inéluctablement du bonheur.

Sylvain Tesson : La bénédiction de l'action

"Agir, c'est connaitre le repos" nous explique Sylvain Tesson en citant Pessoa.

"L'action naît d'une idée, vise un objectif, est animée par une volonté. L'accomplissement est solaire, lumineux, glorieux. Il faut lutter contre la semi-présence du brouhaha intérieur, la semi-présence de la révolution digitale, cette conversation permanente entretenue pour savoir si tel ou tel terme de l'action convient. Il faut choisir d'agir. Et franchir la ligne. Ni âne de Buridan ni hussard, telle est notre recherche. Telle est la difficulté."

Claudia Senik : La croissance suffit-elle à nous rendre heureux ?

Selon l'auteur, il existe bel et bien un lien entre les deux même si la croissance ne semble pas suffire à rendre les gens durablement heureux.

Boris Cyrulnik : Avons-nous besoin de héros pour être heureux ?

Michela Marzano : La perfection nous donne-t-elle accès au bonheur ?

" On peut commencer à être en paix avec soi-même à partir du moment où l'on sait que personne ne possède tout, que nous manquons tous de quelque chose et que fort probablement la chose qui nous manque le plus c'est la chose que nous voudrions. Là, démarre une existence à peu près équilibrée. Savoir que ce que nous aurions voulu c'est exactement ce que nous n'aurons jamais. "

 

Ce que j'ai moins aimé :

Les deux dernières parties, pour des raisons différentes :

Leili Anvar  posait une question qui est essentielle pour moi parce qu'elle recoupe ma propre conception du bonheur : " La poésie comme manière de vivre". J'attendais donc beaucoup de son intervention, mais malheureusement mes attentes ont été déçues.

"Je ne définis donc pas le bonheur comme le contraire du malheur mais comme une joie qui jaillit d'être en présence de quelque chose qui s'éclaire, d'une vérité qui se révèle, d'une beauté qui apparait, fût-ce dans le malheur."

Enfin, Karol Beffa s'intéressait à "Qu'est ce qui nous rend heureux dans la musique ?" et au risque d'en choquer certains, je préfère le silence à la musique, ou bien le chant du vent dans les arbres, je n'ai donc pas du tout été réceptive à cet aspect du bonheur.

Bilan :

Un petit livre dans lequel chacun pourra puiser des réponses à ses questions.

 

Présentation de l'éditeur : Editions des Equateurs

 

Sept voix sur le bonheur, de Luc FERRY, Sylvain TESSON, Claudia SENIK, Boris CYRULNIK, Michela MARZANO, Leili ANVAR et Karol BEFFA, Equateurs, 2017, 179 p., 15 euros

 

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Miniaturiste de Jessie BURTON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

A dix-huit ans, Nella Oortman quitte son petit village pour rejoindre Amsterdam où l'attend son mari, Johannes Brandt. De lui, elle sait peu de choses, ainsi, c'est avec anxiété qu'elle ouvre la porte de l'opulente maison qui va accueillir sa vie de femme. Son mari, riche marchand de la ville n'est pas présent à son arrivée, c'est donc Marin, sa soeur célibataire avec laquelle il vit, qui reçoit la jeune femme avec une certaine froideur. L'atmosphère semble glacée dans cette maison du bord du canal et la jeune Nella sent courir dans les murs des secrets chuchotés tandis que son mari garde ses distances. Néanmoins, il lui offre un cadeau de mariage : une maison de poupée identique à leur propre maison. Nella fait alors appel à un mystérieux miniaturiste de la ville pour décorer cette maison miniature. Mais les livraisons de l'artisan sont surprenantes, comme si il en savait plus qu'elle-même sur les habitants de la maison et leurs secrets...

 

Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam Rijkmuseum

Pour ce premier roman, Jessie Burton s'est inspirée d'une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, prétexte pour explorer l'âme humaine et ses tréfonds marécageux. En cette fin du XVIIème la religion et la morale régissent la société, enserrant chacun dans un carcan duquel la jeune Nella fera tout pour s'extraire, choisissant de forger son propre destin. La miniaturiste, aidant les femmes de la ville, "leur a donné la force de croire en elles-mêmes. Elles ont le pouvoir de déterminer leur existence et peuvent choisir de l'échanger, de le conserver ou d'y renoncer." Si notre héroïne arrive innocente et naïve dans la maison de son mari, avec une image très romancée du mariage et de la famille qu'elle est appelée à fonder, l'expérience densifie son point de vue et elle comprend que des forces plus sombres et plus fortes sous-tendent la vie en société. La maison est pour l'auteur le symbole d'un monde intérieur fait de secrets et de répression, monde qui évolue en parallèle du monde extérieur. "C'est une réflexion sur le contrôle, le pouvoir, l'imagination, la vie domestique, la liberté et ses limites, mais c'est également une réflexion sur l'importance de l'imagination et de la créativité."

Le roman est nourri par les recherches poussées de l'auteur sur la société de l'époque et ses pages réussissent à nous emporter dans les rues au bord du canal auprès de ces  êtres déchirés entre l'envie de vivre comme ils l'entendent et la peur calviniste de l'au-delà, contradictions qui les mènent  une certaine hypocrisie dans leur façon de vivre.

Ce premier roman a connu un immense succès, une série télévisée est même en préparation, succès grandement mérité tant Jessie Burton maîtrise parfaitement l'art de la narration !

A conseiller !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Dominique ;

 

Miniaturiste, Jessie Burton, traduit de l'anglais par Dominique Letellier, Folio, mars 2017, 528 p., 8.20 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Crépuscule du tourment de Léonora Miano

Présentation de l'éditeur :

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel. 

Grasset

Mon avis :

Au début j'ai été ferrée par le style. De même le thème de l'identité d'un peuple, du rapport de la femme par rapport à l'homme, de la nécessité de prendre soin de l'autre étaient des sujets passionnants.

Mais le monologue des quatre femmes qui s'adressent à un homme absent m'a perdue en cours de route, la forme déroutante lassant au fil des pages.

C'est un texte difficile malgré la beauté crépusculaire de son propos.

 

Les avis sur Babélio sont assez identiques

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Un moindre mal de Joe FLANAGAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

Cape Cod, 1957. le lieutenant Warren enquête sur des meurtres d'enfants. Parallèlement une famille disparait et un homme est projeté d'une voiture, mal en point il reste mutique. Stasiak, officier de la police d'Etat est envoyé à Cape Cod pour reprendre l'enquête de Warren, mais ses méthodes sont quelque peu différentes de celles de Warren.

Si le duel flic ripou/ flic qui marche droit est usuel, la galerie de personnages secondaires densifient l'intrigue et lui apportent ses lettres de noblesse. Entre le fils quasi-autiste de Warren, son ancienne femme alcoolique qui a mystérieusement disparu, des antiquaires homosexuels victimes de vol mais dont on en fait aucun cas, des prêtres nébuleux officiant dans l'école voisine, un journaliste tenace refusant de se plier aux règles du système qui voudraient que les politiciens soient intouchables, tous semblent avoir quelque chose à cacher, tous portent leurs plaies. Quand ensuite le FBI lui-même s'en mêle, les pistes se croisent et se décroisent... Dans ce monde régi par l'argent et les relations, les hommes vrais sont rares.

Dés les premières pages, ce premier roman envoutant se démarque par un lyrisme affiché :

"Dans ces eaux vertes peu profondes, les petites créatures de l'océan se montraient. Des vairons ternes apparaissaient là où les herbes marines s'éclaircissaient, leurs yeux de poissons écarquillés par l'étonnement d'avoir survécu à une marée de plus. Des bernard-l'ermite trainaient leur fardeau sur le fond, tels de vieux réfugiés depuis longtemps en peine, et des méduses effilochées dérivaient comme des âmes traversant les limbes."

L'auteur a ce talent pour rendre l'atmosphère des lieux, il lui suffit d'une ombre projetée la nuit sur la maison de Warren pour que le lecteur tremble à l'idée de ce mal qui rôde et l'enserre.

Du grand art de la part d'un auteur à suivre...

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

 

Un moindre mal, Joe Flanagan, traduit de l'américain par Janique Jouin-de Laurens, Gallmeister, mars 2017, 480 p., 24.10 euros

 

Merci à l'éditeur.

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Ce qu'il faut de terre à l'homme de Martin VEYRON

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Grand Prix de la ville d'Angoulême en 2001

Pour cette bande dessinée, Martin Veyron s'est inspiré d'une nouvelle de Léon Tolstoï datant de 1886. L'histoire met en avant la cupidité des hommes qui en veulent toujours davantage sans savoir se contenter de ce qu'ils ont.

Le paysan Pacôme cultive sa terre en Sibérie. Or dans la campagne russe la vie des paysans qui travaillent durement la terre est difficile et certains rêvent de richesse. Pacôme est de ceux-là : « Si seulement j’avais plus de terres, soupire-t-il en regardant par-delà la clôture, je pourrais être tout à fait heureux. » Mais le bonheur est-il réellement dans la possession ? Malgré les avertissements de sa femme, plus sage, il court après les biens, l'argent, le matériel, sans voir qu'il court surtout à sa perte !

 "On en voit des gens comme ça, ivre de pouvoir et de richesse. Je crois qu'avec un peu de sagesse, on pourrait arriver à une société plus sobre", explique l'auteur. Cette vérité reste d'actualité !

Une belle parabole servie par des dessins tout en retenue.

 

Présentation de l'éditeur : Dargaud

D'autres avis : Yves ; Babélio

 

Ce qu'il faut de terre à l'homme, Martin Veyron, Dargaud, janvier 2016, 19.99 euros

Ado-adulte à partir de 12 ans

 

 

La bd de la semaine accueillie par Steph cette semaine !

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La sonate à Bridgetower de Emmanuel DONGALA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Au début de 1789 George, jeune violoniste de talent et son père, un noir de la Barbade arrivent d'Autriche pour conquérir un public parisien. Recommandés par Haydn, le jeune métis semble voué à un bel avenir. S'ils multiplient rapidement les concerts, la révolte révolutionnaire gronde et les oblige à fuir pour Londres.

George Bridgetower, s'il est tombé aujourd'hui dans l'oubli, a pourtant marqué son siècle, au point que Beethoven lui a consacré une sonate, ladite "Sonate à Bridgetower". Il fut un temps en effet où les deux hommes furent amis, avant qu'une brouille ne les sépare et transforme la sonate en "Sonate à Kreutzer". Fondé sur des faits réels, ce roman retrace le destin du jeune Georges des cours parisiennes au faste de Vienne, en passant par Londres.

"Frederick de Augustus prit conscience d'une chose : l'importance de la musique. Elle ne se situait pas à la périphérie, mais au coeur même de la société, voire du régime, là où se croisaient et se confrontaient tous ceux qui avaient la prétention de faire bouger les choses dans quelque domaine que ce soit dans le royaume de la France." p. 95

Son père a joué un rôle prépondérant dans sa notoriété puisqu'il l'a poussé, motivé par des voeux égoïstes : devenir lui-même riche et célèbre. Leurs personnalités finiront par se heurter.

Au-delà des destins individuels, Emmanuel Dongala dresse le portrait d'une époque mouvementée, aux bouleversements marquants. Les deux hommes rencontrent dans les salons des hommes et des femmes illustres qui ont façonné le siècle comme Thomas Jefferson, Olympe de Gouges, Louise de Keralio.  Il aborde également l'essor du mouvement abolitionniste et les conditions des noirs à l'époque. A la fin du roman, George découvre horrifié le destin d'Angelo Soliman qui finit empaillé dans un musée "Voilà que cet homme éminent qui, sa vie durant, avait incarné pour ces Européens la "perfectibilité" de l'Africain postulée par leurs philosophes, le "sauvage" qui, à force d'éducation, de travail et de dévouement, s'était "civilisé" et s'était si parfaitement intégré qu'il était considéré comme un pair par l'élite de la société, était maintenant exposé comme le type même du "sauvage", à moitié nu, avec des plumes et des coquillages !" p. 331

Ce que j'ai moins aimé : S'il est érudit et enrichissant, ce roman manque néanmoins à mes yeux de souffle romanesque...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Photo de groupe au bord du fleuve

 

La sonate à Bridgetower, Emmanuel Dongala, Actes Sud, janvier 2017, 336 p., 22.50 euros

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Emmanuel Dongala pour Lire le Monde

 

Publié dans Littérature Afrique

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La nuit des temps de René BARJAVEL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Les littérateurs appellent ça l'amour de la science. Moi j'appelle ça la curiosité. Quand elle est servie par l'intelligence, c'est la plus grande qualité de l'homme." p. 165

Une expédition en exploration au Pôle Sud détecte des signaux perçus avec un appareil de sondage sous glaciaire. Les scientifiques découvrent alors une cité souterraine, à 900 mètres de profondeur, issue d'une civilisation datant vraisemblablement de 900 000 ans. Tous les écrans se tournent vers cette découverte extraordinaire. Puis, au coeur de cette cité, les explorateurs découvrent bientôt deux corps en état de biostase, un homme et une femme. Ils décident de les réveiller. La femme est tirée de son sommeil par Simon, le médecin de l'expédition, elle se nomme Eléa et Simon tombe immédiatement amoureux de cet être venu des profondeurs du temps. Peu à peu, les scientifiques en apprennent un peu plus sur cette civilisation des Gondas vivant il y a 900 000 ans dans un Antarctique tropical du fait d'une inclination différente de la Terre.

Deux thématiques essentielles parcourent le roman : tout d'abord celle de la découverte scientifique et de ses conséquences, mettant en lumière une vision plutôt pessimiste du genre humain :

"Ce qu'il y a à connaitre ici c'est fantastique. Et ce que nous pouvons en tirer pour le bien des hommes est inimaginable. Mais si nous laissons intervenir nos nations, avec leur idiotie séculaire, leurs généraux, leurs ministres et leurs espions, tout est foutu ! " p. 165

"Et voilà ! Ils sont là ! Ils sont nous ! Ils ont repeuplé le monde, et ils sont aussi cons qu'avant, et prêts à faire de nouveau sauter la baraque. c'est pas beau ça ? C'est l'homme !" p/ 320

Dans ce monde tourmenté en butte aux luttes de territoire, le couple d'Elea et Païkan et porté par un amour inconditionnel reste un refuge, une lueur d'espoir. Leur amour transcende les époques pour vivre désormais pur et intact au panthéon de notre littérature !

Ce roman était à l'origine un scénario destiné à devenir un film de science-fiction, mais faute de financement, Barjavel a dû le convertir en roman. Publié en 1968 si le roman n'a connu du succès que tardivement, aujourd'hui, il fait partie des romans de science-fiction incontournables !

 

Présentation de l'éditeur : Pocket

 

Publié dans Science Fiction

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Sens dessus dessous de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Parfois la vie est trop grande pour nous."

La narratrice habite dans un petit immeuble de la ville de Cagliari. Au-dessous de chez elle vivent Anna et sa fille Natasha et au-dessus, Monsieur Johnson, homme riche, ancien violoniste assez excentrique. Inévitablement, la route d'Anna va croiser celle de Monsieur Johnson, pour le meilleur et pour le pire.

"Toutes nos joies et tous nos malheurs résident dans les détails." dit un des personnages de cette joyeuse galerie de portraits. Aussi Milena Agus s'attache-t-elle à ces petits détails qui façonnent la vie, en laissant de côté les intrigues tonitruantes. Par le regard observateur de sa narratrice, son double, elle évoque juste les rapports humains, et la complexité de chacun. Les êtres se frôlent, chacun vient à l'autre avec son vécu, avec son passé et les leçons qu'il a pu en tirer. Ainsi après avoir vu plusieurs hommes de son entourage quitter leur femme pour une autre souvent plus jeune, la narratrice est persuadée que pour garder un homme il faut être une machine de guerre sexuelle. Mais les méfiances des uns et des autres se fondent et confondent dans les rencontres.

"Il dit que nous ne sommes jamais comme les autres voudraient que nous soyons. Nous pouvons en être très malheureux, jusqu'à en mourir. Ou bien accepter d'être à contre-courant, comme dans les comptines. (...) Etre bien avec soi-même, ne pas désirer être autre chose que ce que l'on est, ni plus ni moins." p. 76

Si les autres peuvent être sources de tristesse, ils sont aussi ceux qui peuvent nous sauver, des failles de chacun jaillit soudainement la lumière

"Bien sûr, j'imagine toujours l'immeuble en flammes, l'explosion d'une bonbonne de gaz, ou des assassins embusqués derrière la porte, mais je fais ce que Johnson junior m'a appris, un calcul de probabilités, en pourcentage. Il m'a fait remarquer que si les journaux racontent les faits divers, c'est bien parce qu'il est rare que des choses semblables se produisent. Sans quoi ils écriraient : "Aujourd'hui, aucun immeuble n'a explosé, rien n'a pris feu et personne ne s'est fait égorger en sortant de chez lui." Ce qui signifie que le monde est bon. Statistiquement bon." p. 78

Dans ce roman d'atmosphère, les petits riens de folie qui jalonnent la vie illuminent les vies des uns et des autres, entre rire et larmes. Puis quand la vie est trop lourde, reste la littérature, et sa capacité à transmuer tout cela en or.

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥

Vous aimerez aussi : En attendant Bojangles d'Olivier BOURDEAUT 

 

Sens dessus dessous, Milena Agus, traduit de l'italien par Marianne Faurobert, Editions Liana Levi, 2016, 146, 15 euros

Publié dans Littérature Europe

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Grossir le ciel de Franck BOUYSSE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Les Doges, un hameau perdu au fin fond des Cévennes.  Gus et Abel ont toujours vécu dans cette région désertée et ce sont adaptés à la solitude. S'ils sont voisins, ils ne se cotoient pas pour autant, pas plus que nécessaires, et chacun passe cet hiver dans son domaine, isolé.

"Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l'année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qu disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tout à tout espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le coeur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles." p. 9

L'hiver se ressent au plus profond des êtres et des âmes, tant les humains là-bas s'adaptent à leur environnement, ne faisant qu'un avec la terre qu'ils labourent. Leur accord est tellement intense avec la nature, que le jour où Gus rencontre un jeune faon mourant, il reste à ses côtés jusqu'à la fin, en lui parlant. 

Mais ce jour-là, des évènements étranges vont déranger le quotidien routinier de Gus, et d'interrogations en interrogations, il se plonge alors dans son passé...

"Gus pensait que c'était décidément une drôle de journée, avec tous ces souvenirs qui s'amenaient, comme des vols de corneilles sorties du brouillard. Des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de les avoir, mais qui ressurgissent et s'imposent, sans crier gare"

Des secrets tapis dans les campagnes surgissent alors, sans crier gare, la violence s'invite, la rage palpite au milieu des solitudes. A trop rester esseulés, les êtres ont tendance à inviter la belle et traitresse imagination dans leur foyer, à leurs risques et périls. Même les visiteurs occasionnels planent tels des anges de l'apocalypse.

Dans ce roman atypique, chaque expression est travaillée, en relation avec la terre, les paysans. La psychologie affinée de ces deux bougres les rend attachants au-delà de leurs contradictions. Leur histoire nous porte plus loin qu'une simple intrigue policière, et nous parle de la vie et ses revers, de la vie et ses surprises, de la vie comme elle va, parfois, cahin-caha.

Ce que j'ai moins aimé : la fin, confuse et un peu précipitée, tout à coup tout se dénoue, alors que jusqu'ici les noeuds qui faisaient l'intérêt du roman étaient subtils et lentement amenés.

Bilan : un roman original.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

 

Dans la sélection du prix polar SNCF et il est possible ce mois-ci de le découvrir en format numérique ici  : https://e-livre.sncf.com/page/prix-polar-2017

 

Grossir le ciel, Franck Bouysse, Le livre de poche, 240 p., janvier 2016, 6.90 euros

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