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Le jardin de minuit de EDITH

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Rien ne reste figé si ce n'est dans notre mémoire."

Le jardin de minuit est un roman classique anglais de Philippa Pearce qui reçut en 1958 la médaille de Carnegie. Edith en propose ici une adaptation dans laquelle s'entrelacent étroitement réalité et imaginaire.

Tom Long est invité à passer les vacances d'été chez son oncle et sa tante pour éviter d'être contaminé par la rougeole de son frère. Il arrive dans l'immeuble où il loge persuadé que ses journées vont être interminables et que l'ennui sera son seul compagnon. Mais une nuit, alors que l'horloge du hall sonne treize coups, des évènements étranges se produisent : la petite porte du fond du hall ne donne plus sur une petite cour abandonnée, mais sur un gigantesque jardin fleuri. Tom s'y aventure et y rencontre la jeune Hatty, petite fille semblant tout droit sortie du siècle dernier. 

La jeune Hatty serait-elle un fantôme ? Tom interroge son oncle sur les espaces temporels sans parvenir réellement à expliquer ce phénomène étrange, cet espace temps ouvert pour lui sur des amusements sans fin avec la jeune fille aux habits de l'époque victorienne... Il se laisse bercer par les plaisirs de l'enfance, attendre quelqu'un pour jouer, désirer l'endroit où l'on peut s'amuser et passer des heures entières à s'enivrer de cette connivence placée sous le sceau de l'imaginaire et de la surprise. 

Alors peut-être finalement sommes nous tous les fantômes de quelqu'un du moment que ce quelqu'un se souvient de nous...

Cet album aux accents merveilleux chante l'imaginaire sans fin de l'enfance, cet univers et ces décors qui nous influencent et font de nous ce que nous sommes : "les couleurs, les matières, les odeurs, les sons aimés sont des empreintes de nos enfances." Temps de l'enfance comme suspendu entre réalité et mémoire, il est fait de ces heures uniques comme irréelles parce que situées dans un présent éclatant d'innocence et de bonheur... 

 

Présentation de l'éditeur : Soleil Prod 

D'autres avis : Babelio  ; Jérôme ; Noukette ; Mo' ; Jacques

 

Le jardin de minuit, Edith, Soleil prod, 2015, 17.95 euros

 

Lu avec la BD du mercredi accueillie aujourd'hui par Stephie

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Heureux les heureux de Yasmina REZA

Publié le par Hélène

Les heureux du titre, vous ne les trouverez guère dans ces pages relativement déprimantes. Comme si ils étaient une  espèce rare, en voie de disparition, surtout quand les hommes et les femmes s'échinent à nouer des relations à deux. Quelle erreur ! Les nouvelles de Yasmina Reza mettent en scène des couples au sein desquels sont reines les mesquineries, les petites phrases assassines, les perversités immondes, une désharmonie qui semble rédhibitoire. Quand l'une de ses narratrices affirme : "Les couples me dégoûtent. Leur hypocrisie. Leur suffisance." p.107 cela sonne comme une revendication de l'auteure elle-même qui martèle  "Je ne me suis jamais fait beaucoup d'illusions sur le couple. Je crois que littérairement je tape dessus depuis le début. Je me méfie du mot "amour". C'est un mot difficile à manier."  (Interview Jéröme Garcin pour le Nouvelobs) 

Alors bien sûr, certaines phrases sonnent juste, et l'analyse reste intelligente :

"Deux êtres vivent côte à côte et leur imagination les éloigne chaque jour de façon de plus en plus définitive. Les femmes se construisent, à l'intérieur d'elles-mêmes, des palais enchantés. Vosu y êtes momifié quelque part mais vous n'en savez rien. Aucune licence, aucun manque de scrupules, aucune cruauté ne sont tenus pour réels. A l'heure de l'éternité, il nous faudra raconter une histoire de jouvenceaux. Tout est malentendu, et torpeur." p. 66

Mais il manque une transcendance, un espoir, une folie, une passion salvatrice, une bonté qui sauverait les écrits et le monde. Ces nouvelles alignent une suite d'égoïsmes sans fin, le couple n'étant pas la seule victime de la plume acerbe de l'écrivain, les personnalités des personnages sont souvent aigries, désabusées, foncièrement mauvaises, frustrées ! Quelle vision de l'humanité ! Des êtres malheureux qui répandent le malheur autour d'eux...

"Etre heureux, c'est une disposition. Tu ne peux pas être heureux en amour si tu n'as pas une disposition à être heureux." p. 132

Laissons le Perdican de Musset répondre à cette Camille moderne :

"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueuilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompés en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueuil et mon ennui."

 

Présentation de l'éditeur : Folio 

D'autres avis : Télérama ; Bibliobs ; Le Figaro

Des avis tout aussi contrastés sur Babelio 

 

Heureux les heureux, Yasmina Reza, Folio, août 2014, 192 p., 7.10 euros

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Comment tu parles de ton père de Joann SFAR

Publié le par Hélène

♥ 

Dans ces quelques pages, Joann Sfar, auteur du magnifique Chat du rabbin, évoque les derniers jours et la mort de son père. Entre humour et émotion, il offre un témoignage touchant de l'amour d'un père pour son fils mais également un portrait en creux de lui-même en tant que fils. 

"J'ai constaté que l'on m'aimait lorsque je racontais des histoires. Et aussi quand je dessine. Tu fais une princesse, on te dit "oh, la jolie princesse". Alors tu passes ta vie à refaire des princesses pour avoir des compliments. Si à quarante-trois ans quelqu'un te passe derrière le dos et te dit "tu es encore à dessiner tes princesses" et si tu réponds "oui, sinon on m'aime plus", tu es moi." p. 72

Il évoque ainsi sa mère, ses conquêtes, son mariage, son divorce, mais aussi sa religion, la lutte incessante entre l'Israël et la Palestine...

"Voilà, mes frères, aimer la paix, c'est se mettre dans une colère folle. Plus je songe à la paix, plus je souhaite vous casser la gueule à tous. Mon papa faisait ainsi, il souhaitait la paix dans le monde et il se bagarrait tout le temps. Je crois que c'est inévitable, dès qu'on a un tout petit peu d'ambition pour l'espèce humaine, de se mettre dans une colère folle." p. 108

Ce que j'ai moins aimé : un récit qui n'est guère marquant, il s'évapore dès les dernières pages refermées. Des répétitions jalonnent le récit, dénotant un problème de construction comme si les souvenirs avaient été jetées pêle mêle sur le papier. L'auteur dit qu'il "triturait" ce texte depuis deux ans (date à laquelle il a perdu son père), le terme choisi est à l'image du livre : il garde un aspect bancal, inachevé, qui ne lui permet pas d'échapper à une certaine forme de banalité. 

Bilan : L'humour de l'auteur seul sauve ce court roman autobiographique.

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

Vous aimerez aussi : Le livre de ma mère de Albert Cohen, un modèle du genre ! 

D'autres avis : Babélio ; Caroline en parle aussi ce matin (et son illustration vaut le coup d'oeil, elle a l'art de le vendre..)

 

Merci à l'éditeur; 

 

Comment tu parles de ton père, Joann Sfar, Albin michel, août 2016, 150 p., 15 euros

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Le Maître du Jugement dernier de Léo PERUTZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Chacun de nous porte son propre Jugement dernier en lui-même." p. 201

Vienne 1909, le baron Von Yosh assiste à un récital privé chez le célèbre acteur Eugen Bischoff. Lors de la soirée, l'acteur est retrouvé mort et les circonstances de cette mort restent mystérieuses : s'agit-il d'un suicide ? D'un meurtre ? Le baron von Yosh, amoureux de Dina, la femme de Bischoff, est rapidement soupçonné et lui-même en vient à douter de sa mémoire. Aurait-il cédé à une pulsion de mort inhérente à l'être humain ? Les identités des uns et des autres se craquèlent lentement, quand dans l'ombre semble oeuvrer des forces obscures régissant les âmes humaines.

"Mon cher ami, qui d'entre nous peut-on définir aussi facilement ?  On ne vient pas à bout du caractère d'un homme avec quelques formules à l'emporte pièce. Le caractère humain n'est pas une chose aussi simple que vos bobines de fil vert par exemple, qui sont de pôle positif ou négatif." p. 83

Tout à la fois enquête prenante au suspens palpable et étude psychologique affûtée, Le Maître du Jugement dernier est un chef d'oeuvre de maîtrise aux accents fantasmagoriques. Le récit est pris en charge par Von Yosh, ce qui ajoute au trouble du lecteur qui ne sait jamais s'il doit accorder du crédit au témoignage de cet homme fou amoureux, ou le soupçonner de mensonges romanesques... L'imagination de l'emmène-t-il pas vers un au-delà mensonger, vers un piège qui risque de se refermer sur son esprit rationnel ? 

Un roman démoniaque...

 

Présentation de l'éditeur : Zulma 

D'autres avis : Babelio 

 

Le maître du Jugement dernier, Léo Pérutz, roman traduit de l'allemand par Jean-Claude Capèle, Zulma, 2014, 224 p., 8.95 euros

 

Merci à ma nièce Clémentine pour ce cadeau !

Publié dans Littérature Europe

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Concours pour gagner une liseuse Kobo-Fnac - Ouvert à tous

Publié le par Hélène

Pour bien commencer la semaine, j'organise un concours en partenariat avec la Fnac  avec en jeu deux Kobos Aura 2ème édition.

Pour participer :

Envoyez-moi un message privé à l'adresse lecturissime@hotmail.fr :

1. En indiquant dans l'objet du mail CONCOURS KOBO

2. En répondant aux questions suivantes :

- Quel est le roman de la rentrée littéraire 2016 que j'ai préféré (et pourtant il est à moitié français...)

- Qui ai-je accompagné pour une balade littéraire pendant le Forum Fnac Livres ?

- Etait-ce la première fois que je participais au Forum Fnac Livres ?

3. En précisant vos coordonnées postales au cas où vous seriez les heureux gagnants (si vous utilisez un pseudo, merci de le préciser)

4. Pour avoir une chance supplémentaire de gagner, vous pouvez partager le concours sur vos réseaux sociaux. Merci dans ce cas de me le préciser dans votre mail.

 

Vous avez jusqu'au lundi 19 septembre, minuit. Je désignerai par tirage au sort les gagnants par la suite.

 

Voici la présentation de la Kobo :

Faites l’expérience d’une lecture numérique simple et naturelle avec Kobo Aura

Compact et confortable.

Faites l’expérience d’une lecture numérique simple et naturelle avec Kobo Aura et perdez-vous dans votre livre grâce à son écran tactile Carta E Ink de 6 pouces. Le design léger de la Kobo Aura assure un confort de lecture pendant des heures, vous ne voudrez jamais la poser.

Lisez nuit et jour, dans le noir ou en pleine lumière.

Comme vous le feriez avec un livre papier, lisez en plein soleil sans gêne ni reflet ou améliorez votre expérience de lecture en lisant dans l’obscurité complète grâce à l’éclairage ComfortLight réglable intégré. Quelle que soit l’heure de la journée, continuez votre lecture sans vous fatiguer les yeux.

Le compagnon de voyage idéal.

La Kobo Aura est compacte et facile à transporter : vous pouvez l’emmener absolument partout. Grâce à sa capacité de stockage de 3 000 eBooks, vous ne serez jamais à cours de lecture. Avec une autonomie pouvant aller jusqu’à deux mois, vous pouvez lire un eBook en entier sans recharger et profiter de la liberté de laisser votre chargeur à la maison.

Découvrez des possibilités de lecture infinies.

Grâce au Wi-Fi intégré, vous avez accès aux plus de 3 millions de titres de la librairie en ligne Kobo by Fnac. Ainsi, vous trouverez toujours votre nouveau titre préféré à portée de doigts. Recevez des recommandations personnalisées en fonction de vos habitudes et de vos évaluations de lecture ainsi que de critiques de bibliophiles comme vous.

Une liseuse ouverte

Par ailleurs, Kobo Aura est une liseuse numérique ouverte. Vous pouvez lire un nombre incroyable de types de fichiers (voir plus bas les formats compatibles). Contrairement à d'autres modèles concurrents pour lesquels vous êtes contraints d'acheter dans la libraire du constructeur, les liseuses Kobo by Fnac vous laissent libre de choisir l'origine de vos fichiers et de la librairie (sous réserve que le format soit compatible).

 

Bonne chance à tous !

 

Edit du 20/09/2016 : Les heureux gagnants sont Sylvie D.,  et Yves M., bravo à eux et merci aux autres pour leur participation !

 

 

Publié dans Concours

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Soyez imprudents les enfants de Véronique OVALDE

Publié le par Hélène

♥ ♥

Atanasia Bartolome, jeune adolescente de 13 ans part sur les traces du peintre Roberto Diaz Uribe après avoir été émue par la vue d'une de ses peintures. Leurs destins se croisent puisqu'elle apprend que le peintre appartient à sa famille. La quête de son histoire devient une obsession qui la mène aux quatre coins du monde. Elle rencontre notamment à Paris un professeur spécialiste du peintre qui met en lumière les étranges disparitions qui jalonnent la vie du peintre. Il faut dire que son histoire reste liée à celle de l'Espagne sortie après 40 ans d'un régime dictatorial. 

Histoire à tiroirs aux nombreuses ramifications, Soyez imprudents les enfants résonne comme un roman d'apprentissage, à la fois réflexion sur la famille, sur le pouvoir, mais aussi sur les choix qui ordonnent nos vies.

"C'est toi qui rends puissant le puissant en acceptant son pouvoir."

Ce que j'ai moins aimé : La fadeur du personnage principal allié à quelques longueurs dans sa quête finissent par noyer l'intérêt du lecteur et à restreindre toute émotion, qu'elle soit physique, psychologique ou intellectuelle. Il faut se laisser porter par sa "petite musique" sans chercher à être marqué durablement...
 

Bilan : Il reste évident que le style de Ovaldé et la beauté des images la rendent agréable à lire. Mais cela reste une impression éphémère. 

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion 

Du même auteur : Des vies d'oiseaux ; Le sommeil des poissons

D'autres avis : Noukette et Jérôme, Caroline ; Cuné ; Mo

Télérama

 

Merci à l'éditeur.

 

Soyez imprudents les enfants, Véronique Ovaldé, Flammarion, août 2016, 20 euros

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The girls d'Emma CLINE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On a tous envie d'être vus"

A la fin des années 60 en Californie un été brûlant cloue au sol la jeune Evie Boyd, adolescente de 14 ans. La jeune femme qui vit seule avec sa mère traîne sa solitude dans la ville, errant ici et là sans parvenir à trouver un point d'ancrage. Il y a bine Connie, son amie d'enfance, mais cet été-là, même elle semble terne et sans intérêt. L'ennui et la solitude s'invitent aux côtés de l'adolescente mal dans peau. Jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de Suzanne, une jeune femme marginale qui attire irrésistiblement la jeune Evie en mal de reconnaissance. Suzanne l'a regardée, Suzanne l'a vue, lui a parlé, Evie est conquise et suit Suzanne juqu'au ranch où elle habite avec d'autres filles. S'ouvre alors devant elle un autre monde mené par le charismatique Russell, leader du groupe de jeunes filles, personnage étrange qui veut bâtir une nouvelle société , "Sans racisme, sans exclusion, sans hiérarchie." loin des modèles bourgeois en place. Comme un papillon désarçonné par la lumière, Evie fuit sa réalité insipide pour se fondre dans cette communauté.

"Je commençais à remplir tous les vides qui étaient en moi avec les certitudes du ranch. Le chouette bagou de Russell : plus d'ego, débrancher l'esprit. Capter le vent cosmique à la place. Nos croyances aussi légères et digestes que les petits pains et les gâteaux fauchés dans ne boulangerie de Sausalito, pour nous empiffrer de fécule." p. 190 

Elle voit la liberté et le faste derrière la crasse et le délabrement du ranch, prête à tout pour intégrer le groupe et être reconnue, regardée, et ne plus être cet être fade, cette adolescente qui traîne sa jeunesse sans but et sans motivation. Et pourtant, elle risque de se brûler les ailes à vouloir trop s'approcher ...

Emma Cline s'inspire ici de la secte de Charles Manson et du meurtre de Sharon Tate, épouse du réalisateur Roman Polanski et de quatre de ses amis tués sauvagement par les émissaires de Manson dans leur villa de Los Angelès en 1969. Mais au-delà du fait divers, la jeune auteure parvient à capter avec une acuïté de vue époustouflante les dérives de l'adolescence, offrant des personnages avec une vraie profondeur psychologique. Tout est juste, au bon endroit, chaque mot est pesé, maîtrisé, chaque phrase porte presque en elle les contradictions de la secte.

Du grand art, une perfection rare pour un premier roman !

 

Présentation de l'éditeur : Quai Voltaire 

D'autres avis : Sandra ; Noukette ; Keisha ; Léa ; Valérie 

 

Merci à Sandra et à Arnaud qui ont su être convaincants et m'ont permis de découvrir cette pépite ! 

 

The girls, Emma Cline, traduit de l'anglais (US) par Jean Esch, Quai Voltaire, août 2016, 300 p., 21 euros

 

Une adaptation est prévue : 

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Festival America 2016

Publié le par Hélène

C'est aujourd'hui que débute le Festival America !

Des auteurs à la renommée internationale mais aussi de jeunes écrivains, reflétant la diversité des cultures et des régions, seront présents à ce rendez-vous qui s’annonce déjà historique et fêtera le 240eanniversaire des États-Unis : c’est le 4 juillet 1776 que la Déclaration d’indépendance américaine a été proclamée.

C’est quoi l’Amérique dans la tête de ces auteurs ? Le rêve américain est-il un vieux souvenir, une illusion ou encore une réalité ? Pourquoi la littérature américaine est-elle aussi vivante et dynamique ? Qu’est-ce qui définit la culture américaine et d’où vient l’attrait qu’elle semble exercer sur le reste de la planète ? Quel regard ces écrivains portent-ils sur leur propre pays et sur le monde ?

À quelques semaines du premier tour des élections présidentielles et de la fin du second mandat de Barack Obama, les écrivains présents seront les interlocuteurs privilégiés de ceux qui s’interrogent sur les États-Unis de 2016. Violence, armes à feu, discrimination raciale, obscurantisme religieux, peine de mort, écologie, immigration et sans-papiers, autant de sujets que les invités aborderont dans des rencontres à la tonalité plus sociale ou politique, en compagnie d’une dizaine de journalistes et écrivains de non-fiction venus des USA mais aussi de France.

Avec le quinzième anniversaire des attentats du 11 septembre, il sera aussi question de leurs conséquences géopolitiques qui bouleversent le monde aujourd’hui, et des guerres que l’Amérique mène actuellement.

« L’Amérique dans tous ses États », voici un intitulé qui promet des dizaines de débats et rencontres thématiques tout au long de quatre journées qui n’épuiseront certes pas le sujet, mais qui donneront au public français une occasion exceptionnelle de mieux comprendre un pays et une culture avec lesquels notre pays entretient une relation si particulière, faite tout à la fois de défiance et d’admiration.

Seront présents notamment :

Tom Cooper dont j'ai adoré Les maraudeurs 

James Ellroy

Karen Joy Fowler dont Le club Jane Austen avait eu un certain succès

Pete Fromm, un de mes auteurs favoris avec  Indian creek  ; Avant la nuit  Le nom des étoiles 

Laura Kasishke (je ne vous parle pas de Esprit d'hiver hein..)

Colum Mc Cann

Dan O'Brien, lu avant le blog avec notamment sa Brendan prairie qui m'a profondément marquée

Stewart O'Nan auteur de Emily 

David James Poissant Le paradis des animaux 

David Treuer

et de nombreux autres encore...

 

Pour ma part, je m'y rendrai vendredi après-midi et j'assisterai au bal littéraire  du vendredi soir !

Au plaisir de vous croiser ! 

Publié dans Festival, Salons

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Petit pays de Gaël FAYE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Au début des années 90, Gabriel fait les 400 coups avec sa bande de copain au fond de leur ruelle à Bujumbura au Burundi. Il respire le bonheur et l'insouciance mais une première déchirure transperce son quotidien quand ses parents décident de se séparer. Mais autour de cette famille désunie, de ce père français et de cette mère rwandaise dont la famille habite Kigali, rôde une catastrophe bien plus violente et sanguinaire...

Roman de l'enfance, Petit pays chante l'insouciance des jours sans fin passés à voler des mangues dans le jardin des voisins, à se raconter des histoires dans des vieilles voitures décatis, à se disputer pour mieux se réconcilier, à courir à perdre haleine en virevoltant dans le temps infini d'un avenir radieux, sur le sol d'un pays à la beauté pure et simple : 

"Rien de plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes. Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute. A cette heure-ci, le rythme change. Les gens rentrent tranquillement du travail, les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s'installent devant leur portail. C'est le silence avant l'arrivée des crapauds et des criquets. Souvent le moment idéal pour une partie de football, pour s'asseoir avec un ami sur le muret au-dessus du caniveau, écouter la radio l'oreille collée au poste ou rendre visite à un voisin." p. 81

Puis, tout bascule quand tout à coup la politique rattrape l'enfance, quand les différences ethniques éclatent au grand jour : 

"J'ai découvert l'antagonisme hutu et tutsi, infranchissable ligne de démarcation qui obligeait chacun à être d'un camp ou d'un autre. Ce camp, tel un prénom qu'on attribue à un enfant, on naissait avec, et il nous poursuivait à jamais. Hutu ou tutsi. C'était soit l'un soit l'autre. Pile ou face. (...) La guerre, sans qu'on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n'ai pas pu. J'étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais." p. 133

Vient alors la perte des innocences "qui se débattaient à marcher au bord des gouffres.", l'horreur qui s'invite sur les terrains de jeu, les tueries incompréhensibles, les familles éplorées, la folie des uns pour combler le désespoir des autres. Les enfants deviennent alors des "exilés de leur enfance", parce qu'ils ont vu et vécu des choses qu'un enfant ne devrait jamais voir, ni même concevoir. Ils perdent leur enfance dans la peur dévorante, dans la haine, dans le sang. 

Dans un texte puissant, à la poésie évocatrice, Gaël Faye nous raconte un peu de son histoire, un épisode de l'Histoire de son pays. Lui-même a dû se réfugier dans l'écriture pour survivre, comme le jeune Gabriel trouve refuge dans les livres prêtés par la voisine. Mais il chante aussi la joie de l'enfance, l'amour inconditionnel pour son pays, et, au bout de l'horreur, l'espoir, comme un point ténu au fond de l'horizon...

"On en doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n'es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c'est comme si tu étais déjà mort. 

- Demain, le soleil se lèvera et on essaiera encore, a dit Prothé, pour conclure." p. 181

Essai gagnant que ce Petit pays... 

 

Présentation de l'éditeur : Grasset 

D'autres avis : Africultures ; Les avis sont nombreux, et unanimes ! Si vous ne devez en lire qu'un de la rentrée littéraire, lisez celui-là ! 

 

Merci à l'éditeur.

Petit pays, Gaël Faye, Grasset, 2016, 215 p., 18 euros

 

Il a obtenu le Prix du roman Fnac. Vous pourrez rencontrer l'auteur :

- à la Fnac Montparnasse le mardi 20 septembre à 18h

- à la Fnac de Nantes le mrecredi 28 septembre à 17h  

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Forum Fnac Livres 2016

Publié le par Hélène

Dans le cadre du Forum Fnac Livres organisé pour la première année j'ai eu la chance d'assister à : 

Déjeuner avec Gaël Faye entre blogueurs :

Organisé par la Fnac et mené d'une main de maître par Julie Henry, ce déjeuner en petit comité nous a permis de rencontrer le lauréat du prix Roman Fnac, récompensé pour son roman Petit Pays. 

@http://www.majicmiju-photos.com/artists

Un homme profondément humain qui nous a raconté comment l'écriture a pu le sauver le jour où il a dû fuir son pays aux prises avec une guerre sanguinaire. Depuis, il a écrit des chansons, du rap, et s'est illustré sans ce domaine d'abord aux côtés du groupe Milk Cofee and Sugar, puis en solo avec son album Pili Pili sur un croissant au beurre.

Puis, ce roman, comme une évidence, qu'il doit à son éditrice de chez Grasset. Une éditrice qui lui a fait tout de suite confiance. Ce roman dans lequel il a voulu chanter son pays, le Burundi :

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

A travers son personnage Gabriel, Gaël Faye raconte son chemin, son exil, son arrivée en France, son déracinement. Il y a  un an il s'est installé au Rwanda avec sa femme et ses deux filles, comme un retour aux sources, pour mieux connaître ce pays, autrement qu'au travers du prisme de la guerre. Il évoque avec tendresse ce Rwanda sur lequel chaque homme croisé pourrait être un roman à lui tout seul. 

Un grand homme profondément humain ... 

A lire sur son parcours Le Figaro , et à voir, ce documentaire de France ô : 

Balade littéraire en bus des années 30 avec Olivier Bourdeaut auteur du magnifique

En Attendant Bojangles

Le bus à lui tout seul vaut le détour, pétaradant, explosant et sentant bon l'essence fraîche...

Olivier Bourdeaut est étonnant, atypique, presque surpris par son succès, lui qui semblait avoir si peu confiance en ses écrits. Il faut dire qu'auparavant ses brèves carrières ne furent guère constructives : "Durant dix ans il travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres." (présentation Finitudes)

Il écrit En attendant Bojangles à l'été 2014, au fil de la plume en sept semaines acculé par son banquier. Auparavant il s'était déjà essayé à l'écriture, acculé par son frère cette fois, mais ce premier roman beaucoup plus sombre n'a jamais trouvé son éditeur...

@télérama

Il écrit actuellement un deuxième roman qui devrait sortir en janvier 2018 puis il s'arrêtera. Ce roman devrait s'inspirer de son expérience de cueilleur de fleur de sel au Croisic.

Un auteur très simple qui ne croit toujours pas à son succès...

A lire sur son parcours : L'express

Le Forum Fnac en lui-même :

Bel espace où déambuler, à taille humaine. De nombreux auteurs emblématiques de la rentrée littéraire, des signatures, des rencontres et tout cela gratuitement, ce qui laisse aussi la possibilité de rentrer et sortir du lieu comme on l'entend... Un rendez-vous beaucoup plus convivial que le salon du livre à nos yeux ! 

Côté librairie, étaient proposés les livres de la rentrée littéraire. Je suis restée raisonnable je suis repartie avec "Apprendre à vivre" de Edgar Morin, qui me semble être une base pour l'éducation, et "En attendant Bojangles" pour l'offrir.

En tant que blogueurs nous avons été accueillis comme des rois par l'équipe de la Fnac, Julie Henry en tête. Nous avions l'opportunité de rencontrer de nombreux auteurs, de déjeuner ou prendre un café avec eux, même à l'improviste, de se balader dans le bus avec eux...

Ce fut comme toujours un plaisir de croiser les blogueurs présents : Leiloona, Audrey, Noukette et Jérôme, Caroline, Stephie, Keisha, Séverine, entre autres.

 

Un beau rendez-vous littéraire que l'on aura plaisir à retrouver l'an prochain !!

 

Merci encore aux équipes : l'agence Anne et Arnaud, et les filles de la Fnac Julie, toujours disponible pour nous, Marine et Stéphanie.

 

Publié dans Divers

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