Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

The girls d'Emma CLINE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"On a tous envie d'être vus"

A la fin des années 60 en Californie un été brûlant cloue au sol la jeune Evie Boyd, adolescente de 14 ans. La jeune femme qui vit seule avec sa mère traîne sa solitude dans la ville, errant ici et là sans parvenir à trouver un point d'ancrage. Il y a bine Connie, son amie d'enfance, mais cet été-là, même elle semble terne et sans intérêt. L'ennui et la solitude s'invitent aux côtés de l'adolescente mal dans peau. Jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de Suzanne, une jeune femme marginale qui attire irrésistiblement la jeune Evie en mal de reconnaissance. Suzanne l'a regardée, Suzanne l'a vue, lui a parlé, Evie est conquise et suit Suzanne juqu'au ranch où elle habite avec d'autres filles. S'ouvre alors devant elle un autre monde mené par le charismatique Russell, leader du groupe de jeunes filles, personnage étrange qui veut bâtir une nouvelle société , "Sans racisme, sans exclusion, sans hiérarchie." loin des modèles bourgeois en place. Comme un papillon désarçonné par la lumière, Evie fuit sa réalité insipide pour se fondre dans cette communauté.

"Je commençais à remplir tous les vides qui étaient en moi avec les certitudes du ranch. Le chouette bagou de Russell : plus d'ego, débrancher l'esprit. Capter le vent cosmique à la place. Nos croyances aussi légères et digestes que les petits pains et les gâteaux fauchés dans ne boulangerie de Sausalito, pour nous empiffrer de fécule." p. 190 

Elle voit la liberté et le faste derrière la crasse et le délabrement du ranch, prête à tout pour intégrer le groupe et être reconnue, regardée, et ne plus être cet être fade, cette adolescente qui traîne sa jeunesse sans but et sans motivation. Et pourtant, elle risque de se brûler les ailes à vouloir trop s'approcher ...

Emma Cline s'inspire ici de la secte de Charles Manson et du meurtre de Sharon Tate, épouse du réalisateur Roman Polanski et de quatre de ses amis tués sauvagement par les émissaires de Manson dans leur villa de Los Angelès en 1969. Mais au-delà du fait divers, la jeune auteure parvient à capter avec une acuïté de vue époustouflante les dérives de l'adolescence, offrant des personnages avec une vraie profondeur psychologique. Tout est juste, au bon endroit, chaque mot est pesé, maîtrisé, chaque phrase porte presque en elle les contradictions de la secte.

Du grand art, une perfection rare pour un premier roman !

 

Présentation de l'éditeur : Quai Voltaire 

D'autres avis : Sandra ; Noukette ; Keisha ; Léa ; Valérie 

 

Merci à Sandra et à Arnaud qui ont su être convaincants et m'ont permis de découvrir cette pépite ! 

 

The girls, Emma Cline, traduit de l'anglais (US) par Jean Esch, Quai Voltaire, août 2016, 300 p., 21 euros

 

Une adaptation est prévue : 

Partager cet article
Repost0

Petit pays de Gaël FAYE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Au début des années 90, Gabriel fait les 400 coups avec sa bande de copain au fond de leur ruelle à Bujumbura au Burundi. Il respire le bonheur et l'insouciance mais une première déchirure transperce son quotidien quand ses parents décident de se séparer. Mais autour de cette famille désunie, de ce père français et de cette mère rwandaise dont la famille habite Kigali, rôde une catastrophe bien plus violente et sanguinaire...

Roman de l'enfance, Petit pays chante l'insouciance des jours sans fin passés à voler des mangues dans le jardin des voisins, à se raconter des histoires dans des vieilles voitures décatis, à se disputer pour mieux se réconcilier, à courir à perdre haleine en virevoltant dans le temps infini d'un avenir radieux, sur le sol d'un pays à la beauté pure et simple : 

"Rien de plus doux que ce moment où le soleil décline derrière la crête des montagnes. Le crépuscule apporte la fraîcheur du soir et des lumières chaudes qui évoluent à chaque minute. A cette heure-ci, le rythme change. Les gens rentrent tranquillement du travail, les gardiens de nuit prennent leur service, les voisins s'installent devant leur portail. C'est le silence avant l'arrivée des crapauds et des criquets. Souvent le moment idéal pour une partie de football, pour s'asseoir avec un ami sur le muret au-dessus du caniveau, écouter la radio l'oreille collée au poste ou rendre visite à un voisin." p. 81

Puis, tout bascule quand tout à coup la politique rattrape l'enfance, quand les différences ethniques éclatent au grand jour : 

"J'ai découvert l'antagonisme hutu et tutsi, infranchissable ligne de démarcation qui obligeait chacun à être d'un camp ou d'un autre. Ce camp, tel un prénom qu'on attribue à un enfant, on naissait avec, et il nous poursuivait à jamais. Hutu ou tutsi. C'était soit l'un soit l'autre. Pile ou face. (...) La guerre, sans qu'on lui demande, se charge toujours de nous trouver un ennemi. Moi qui souhaitais rester neutre, je n'ai pas pu. J'étais né avec cette histoire. Elle coulait en moi. Je lui appartenais." p. 133

Vient alors la perte des innocences "qui se débattaient à marcher au bord des gouffres.", l'horreur qui s'invite sur les terrains de jeu, les tueries incompréhensibles, les familles éplorées, la folie des uns pour combler le désespoir des autres. Les enfants deviennent alors des "exilés de leur enfance", parce qu'ils ont vu et vécu des choses qu'un enfant ne devrait jamais voir, ni même concevoir. Ils perdent leur enfance dans la peur dévorante, dans la haine, dans le sang. 

Dans un texte puissant, à la poésie évocatrice, Gaël Faye nous raconte un peu de son histoire, un épisode de l'Histoire de son pays. Lui-même a dû se réfugier dans l'écriture pour survivre, comme le jeune Gabriel trouve refuge dans les livres prêtés par la voisine. Mais il chante aussi la joie de l'enfance, l'amour inconditionnel pour son pays, et, au bout de l'horreur, l'espoir, comme un point ténu au fond de l'horizon...

"On en doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n'es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c'est comme si tu étais déjà mort. 

- Demain, le soleil se lèvera et on essaiera encore, a dit Prothé, pour conclure." p. 181

Essai gagnant que ce Petit pays... 

 

Présentation de l'éditeur : Grasset 

D'autres avis : Africultures ; Les avis sont nombreux, et unanimes ! Si vous ne devez en lire qu'un de la rentrée littéraire, lisez celui-là ! 

 

Merci à l'éditeur.

Petit pays, Gaël Faye, Grasset, 2016, 215 p., 18 euros

 

Il a obtenu le Prix du roman Fnac. Vous pourrez rencontrer l'auteur :

- à la Fnac Montparnasse le mardi 20 septembre à 18h

- à la Fnac de Nantes le mrecredi 28 septembre à 17h  

Partager cet article
Repost0

Forum Fnac Livres 2016

Publié le par Hélène

Dans le cadre du Forum Fnac Livres organisé pour la première année j'ai eu la chance d'assister à : 
Déjeuner avec Gaël Faye entre blogueurs :

Organisé par la Fnac et mené d'une main de maître par Julie Henry, ce déjeuner en petit comité nous a permis de rencontrer le lauréat du prix Roman Fnac, récompensé pour son roman Petit Pays. 

@http://www.majicmiju-photos.com/artists

Un homme profondément humain qui nous a raconté comment l'écriture a pu le sauver le jour où il a dû fuir son pays aux prises avec une guerre sanguinaire. Depuis, il a écrit des chansons, du rap, et s'est illustré sans ce domaine d'abord aux côtés du groupe Milk Cofee and Sugar, puis en solo avec son album Pili Pili sur un croissant au beurre.

Puis, ce roman, comme une évidence, qu'il doit à son éditrice de chez Grasset. Une éditrice qui lui a fait tout de suite confiance. Ce roman dans lequel il a voulu chanter son pays, le Burundi :

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

A travers son personnage Gabriel, Gaël Faye raconte son chemin, son exil, son arrivée en France, son déracinement. Il y a  un an il s'est installé au Rwanda avec sa femme et ses deux filles, comme un retour aux sources, pour mieux connaître ce pays, autrement qu'au travers du prisme de la guerre. Il évoque avec tendresse ce Rwanda sur lequel chaque homme croisé pourrait être un roman à lui tout seul. 

Un grand homme profondément humain ... 

A lire sur son parcours Le Figaro , et à voir, ce documentaire de France ô : 

Balade littéraire en bus des années 30 avec Olivier Bourdeaut auteur du magnifique

En Attendant Bojangles

Le bus à lui tout seul vaut le détour, pétaradant, explosant et sentant bon l'essence fraîche...

Olivier Bourdeaut est étonnant, atypique, presque surpris par son succès, lui qui semblait avoir si peu confiance en ses écrits. Il faut dire qu'auparavant ses brèves carrières ne furent guère constructives : "Durant dix ans il travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant. Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres." (présentation Finitudes)

Il écrit En attendant Bojangles à l'été 2014, au fil de la plume en sept semaines acculé par son banquier. Auparavant il s'était déjà essayé à l'écriture, acculé par son frère cette fois, mais ce premier roman beaucoup plus sombre n'a jamais trouvé son éditeur...

@télérama

Il écrit actuellement un deuxième roman qui devrait sortir en janvier 2018 puis il s'arrêtera. Ce roman devrait s'inspirer de son expérience de cueilleur de fleur de sel au Croisic.

Un auteur très simple qui ne croit toujours pas à son succès...

A lire sur son parcours : L'express

Bel espace où déambuler, à taille humaine. De nombreux auteurs emblématiques de la rentrée littéraire, des signatures, des rencontres et tout cela gratuitement, ce qui laisse aussi la possibilité de rentrer et sortir du lieu comme on l'entend... Un rendez-vous beaucoup plus convivial que le salon du livre à nos yeux ! 

Côté librairie, étaient proposés les livres de la rentrée littéraire. Je suis restée raisonnable je suis repartie avec "Apprendre à vivre" de Edgar Morin, qui me semble être une base pour l'éducation, et "En attendant Bojangles" pour l'offrir.

En tant que blogueurs nous avons été accueillis comme des rois par l'équipe de la Fnac, Julie Henry en tête. Nous avions l'opportunité de rencontrer de nombreux auteurs, de déjeuner ou prendre un café avec eux, même à l'improviste, de se balader dans le bus avec eux...

Ce fut comme toujours un plaisir de croiser les blogueurs présents : Leiloona, Audrey, Noukette et Jérôme, Caroline, Stephie, Keisha, Séverine, entre autres.

 

Un beau rendez-vous littéraire que l'on aura plaisir à retrouver l'an prochain !!

 

Merci encore aux équipes : l'agence Anne et Arnaud, et les filles de la Fnac Julie, toujours disponible pour nous, Marine et Stéphanie.

 

Publié dans Divers

Partager cet article
Repost0

La ferme de cousine Judith de Stella GIBBONS

Publié le par Hélène

♥ ♥

Flora Poste devient orpheline et pauvre. Qu'importe, cette jeune femme pétillante décide de vivre aux crochetrs de ses cousins éloignés ! C'est ainsi qu'elle choisit d'être accueillie par les Starkadder une drôle de famille qui vit dans une femre nommée Froid Accueil. Celle qui dirige ce lieu atypique est Cousine Judith, déprimée en portant la culpabilité d'une faute secrète, aux côtés de son mari Amos, héraut de la damnation divine, avec leurs trois enfants, Seth le séducteur de la région, Ruben et Elfine, nymphe des bois. Dans l'ombre de sa chambre la tante Ada semble régir d'une main de maître tout ce petit monde ... Flora décide alors de se lancer un défi et d'améliorer la vie de ces drôles de cousins. 

Ce texte qui date de 1932 est léger et drôle. Portrait féministe avant l'heure, il met en scène une Flora atypique qui reste toujours de bonne humeur, volontaire face aux personnalités de ses cousins.  Derrière les trouvailles de la jeune femme, se cache également une critique de la société anglaise du début XXème, percluse dans ses moeurs désuets et ses stéréotypes surannés. 

Ce que j'ai moins aimé : cela reste léger, la comparaison avec Jane Austen est quelque peu exagérée !

Bilan : Le lecteur se prend peu à peu d'affection pour la région et ses habitants et finit par passer un bon moment à leurs côtés !

 

Présentation de l'éditeur : Belfond 

D'autres avis : Babélio

 

Merci à l'éditeur

 

La ferme de cousine Judith, Stella Gibbons, traduit de l'anglais par Iris Catella et Marie-Thérèse Baudron, Belfond vintage, juin 2016, 352 p., 15 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Et je danse aussi de Anne-Laure BONDOUX et Jean-Claude MOURLEVAT

Publié le par Hélène

♥ ♥

Pierre-Marie Sotto est un écrivain célèbre qui n'a pas comme habitude de répondre aux courriers de ses admirateurs. Et pourtant une correspondance s'amorce entre lui et Adeline Parmelan, une jeune femme qui lui a envoyé une mystérieux enveloppe. Une fois qu'une correspondance s'engage entre les deux êtres, Adeline demande à l'auteur de ne pas ouvrir cette enveloppe, créant ainsi un mystère qui s'épaissit peu à peu autour d'elle et de son identité. 

L'un et l'autre portent les stigmates d'une relation de couple difficile, et ils essaient de se redonner du courage mutuellement face aux incongruïtés de la vie. Et si le problème ce n'était pas le couple mais l'ennui d'une vie sans battements de coeur ? 

Ce que j'ai moins aimé :

- le style reste plus que basique et pourtant les pseudo-auteurs se lancent des fleurs en disant qu'ils ont "une plume"...

- les stéréotypes pleuvent, toujours dans le but de flatter les bons sentiments des lecteurs. 

Bilan : ensemble assez creux, seulement "mignon" à l'image de cette citation :"Est-ce que nous sommes les personnages d'un conte électronique ? Est-ce qu'à la fin nous allons nous connecter et avoir beaucoup de petits électrons ?" Suspens... 

 

Présentation de l'éditeur : Fleuve Editions ; Pocket

D'autres avis :

 

Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat, Pocket, 6.95 euros

Partager cet article
Repost0

Snjor de Ragnar JONASSON

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ari Thor vient de terminer l'école de police de Reykjavik et quand on lui propose une affectation dans la ville de Siglufjördur, la ville la plus au nord de l'Islande, il accepte sur le champ, sans même en informer sa fiancée. Cette dernière refuse de le suivre au bout du monde, et c'est donc seul qu'il se rend dans ce petit village de pêcheur auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit creusé dans la montagne. Dans cette communauté coupée du monde, Ari devra se faire une place. Là-bas, tout le monde se connait, personne ne craint personne. Et pourtant une vieil écrivain tombe malencontreusement dans les escalirers et une jeune ffemme est retoruvée morte dans la neige peu après, lançant ainsi Ari dans sa première enquête. Une enquête oppressante car soudainement la ville est coupée du monde à cause d'une avalanche qui bloque le tunnel. Ari devient rapidement claustrophobe avec toute cette neige, cette "snjor" qui emprisonne les corps et les âmes. Il va tenter de démêler les mensonges des uns et des autres, et s'apercevoir que les faux semblants règnent sous la couche superficielle d'entraide et de liberté de cette communauté. 

https://www.flickr.com/photos/geraf/galleries/72157644319051622/

Snjor est le premier roman d'une série intitulée Dark Iceland, le bandeau de la couverture annonce "Meilleur roman policier de 2015" pour The Independent, c'est l'agent d'Henning Mankell qui a découvert Jonasson et vendu les droits de ses livres dans près de dix pays, et Ian rankin le qualifie de "Agatha Christie au plus près du cercle Arctique". N'en jetez plus... (Et retenez surtout le nom de son agence de com...) 

Et pourtant... 

Ce que j'ai moins aimé :

Beaucoup de personnages en présence, il faut s'y reconnaître, d'autant plus que lesdits personnages sont assez fades, surtout le personnage principal qui manque cruellement de consistance.  

Malgré tous les efforts de l'auteur pour nous faire ressentir l'angoisse, l'oppression, le résultat n'est pas à la hauteur. C'est dommage, car le roman tient par cette ambiance plus que par son intrigue alambiquée sortie tout droit du passé.

Un bilan en demi teinte !

 

Présentation de l'éditeur : Editions la Martinière

D'autres avis : Babelio

 

Snjor, Ragnar Jonasson, traduit de l'anglais par Philippe Reilly, Editions de la Martinière, mai 2016, 352 p., 21 euros

 

Merci à l'éditeur.

Partager cet article
Repost0

Déception et abandon du mois d'août

Publié le par Hélène

Pitch : 

Un homme décide de fuir la sombre et douloureuse gangue qui lui tient lieu d’existence. Il renonce à tout.

Après une longue errance en voiture, il finit par trouver refuge dans un hôtel au bord de la mer où il vit caché.

La touffeur de l’été enflamme l’air. De petits feux explosent, çà et là, au long de la côte. Une nuit, un épouvantable incendie menace l’hôtel. L’homme parvient à se sauver sur une falaise désertique d’où il observe le terrible spectacle. Soudain, une femme aux dents d’or aussi merveilleuse que mystérieuse apparaît dans son dos, lui murmure que c’est pour lui qu’elle a incendié le monde et, avant de disparaître, lui demande s’il veut brûler avec elle. Obsédé par cette rencontre, il se lance à sa recherche.

 

Les Incendiés est une épopée moderne, un récit intense sur la férocité de notre temps, sur l’amour et la liberté.

http://editions-verdier.fr/livre/les-incendies/

Mon avis :

Les incendiés résonne comme un récit apocalyptique aux accents érotiques. Le narrateur raconte sa quête hallucinée d'une femme rêvée, fantasmée. L'univers créé par Antonio Moresco est fantasmagorique, peuplé de personnages étranges, aux quêtes quelquefois vagues et trop métaphoriques pour être saisies. Il s'ancre également dans la ville, sous la forme d'une guérilla moderne, sur fond d'esclavage moderne, des passages hantés par la violence.

J'ai le sentiment d'avoir été dérangée par la noirceur de ce roman, je ne suis pas parvenue à trouver la beauté derrière les flammes... Je le prête à qui veut tenter l'expérience...

Du même auteur, j'ai préféré La petite lumière

 

D'autres avis : Alex

Partager cet article
Repost0

Funny girl de Nick HORNBY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Sophie Straw est bien décidée à ne pas se contenter d'être Miss Blackpool, son ambition est bien plus large : depuis toujours, elle souhaite faire rire les gens. Pour cela, elle décide de quitter Blackpool pour tenter sa chance à Londres. Grâce à son agent et à sa pugnacité, elle décroche un rôle fait sur mesure dans une comédie playhouse, cette demi-heure de programmation naguère rampe de lancement pour les feuilletons de la BBC. Intitulée "Barbara (et Jim)" la comédie mettra en scène un couple en proie à des situations cocasses. Rapidement, une complicité s'installe dans l'équipe dirigée par les scénaristes Tony et Bill, toujours à la recherche de la bonne intrigue et du bon rythme. Clive, le partenaire de Sophie, "Jim" à l'écran, se révèle attachant sous ses allures de séducteur et le producteur Dennis couve son petit monde avec tendresse. Sophie évolue comme un poisson dans l'eau dans ce milieu et leur série connaît rapidement un succés fulgurant.

Nick Hornby témoigne ici avec talent de sa passion pour les "Swinging Sixties" et il réussit brillamment à rendre le souffle de l'époque, qu'il évoque l'arrivée du divertissement à la télévision, les luttes des homosexuels pour faire valoir leur droit et ne plus être condamnés à la prison ou à un mariage de façade, ou encore l'émancipation des femmes. La série lui permet d'explorer les subtils liens  ui unissent fiction et réalité dans l'esprit des spectateurs, comme dans ces passages où Jim raconte que s'il traîne dans des bars, on vient le voir en lui conseillant de rentrer à la maison auprès de sa chère et tendre Sophie ... être fictif... Le divertissement à la télévision s'épanouit, face à un lot d'intellectuels qui le fustige et pensent que ce divertissement n'augure rien de bon pour l'avenir. Sur ce sujet, un dialogue passionnant oppose Dennis et Vernon, intellectuel pure souche, qui s'affrontent autour de la définition de l'intelligence et de l'avenir du divertissement, Vernon restant persuadé que les producteurs seront prêts aux pires indécences pour faire rire le spectateur et le divertir... A méditer... Mais ce que prouve avant tout ce roman, à travers cette série fictive à succés, est que la culture populaire rassemble finalement puisque la série est suivie par tout un chacun derrière son petit écran et abondamment commentée. 

"Quelle chose terrible que l'éducation, songeait-il, si elle forgeait des esprits qui méprisent le divertissement et tous ceux qui lui accordent du prix." p. 102

Cet hommage aux comédies des années 60 est à la fois drôle et intelligent, plus profond qu'il n'y paraît au premier abord sous ses allures de divertissement...

Ce que j'ai moins aimé : un peu longuet

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Vous aimerez aussi : Haute fidélité du même auteur

D'autres avis : Keisha ; Luocine  ; Babelio 

Le point ; Télérama  ; Libération 

 

Merci à l'éditeur.

 

Funny girl, Nick Hornby, traduit par Christine Barbaste, 10/18, août 2016, 456 p., 8.40 euros

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

Forum Fnac Livres

Publié le par Hélène

Du 2 au 4 septembre 2016, la Fnac organise la première édition du Forum Fnac Livres, un rendez-vous auquel seront présents plus de cent écrivains incontournables et des figures de la rentrée littéraire 2016.

Cet évènement entièrement gratuit et ouvert à tous se déroulera au carreau du Temple à Paris.

Au programme rencontres, débats, dialogues croisés, questionnaires mystère et séances de dédicaces. En parallèle, quatre balades littéraires à bord d'un bus des années 30, seront organisées samedi 3 septembre aux côtés de Olivier Bourdeaut, Sorj Chalandon, Timothée de Fombelle, ou encore Benoît Duteurtre...

Le programme complet est disponible ici : forumfnaclivres.com

A noter que les 6 finalistes du roman Fnac sont aussi dévoilés, il s'agit de :

Désorientale, NegarDjavadi, éd. LianaLevi
Petit pays, Gaël Faye, éd. Grasset
Le bal mécanique, Yannick Grannec, éd. Anne Carrière
Au commencement du 7e jour, Luc Lang, éd. Stock
L’archipel d'une autre vie, Andrei Makine, éd. Seuil
Continuer, Laurent Mauvignier, éd. de Minuit

Le prix sera remis jeudi 1er septembre lors de la soirée d'inauguration.

 

Forum

Publié dans Divers

Partager cet article
Repost0

Le grand jeu de Céline MINARD

Publié le par Hélène

Rentrée littéraire 2016

La narratrice s'est retirée dans un refuge high tech accroché aux parois d'un massif montagneux. Elle cherche des réponses à ses questions, l'isolement étant comme une voie vers le "comment vivre" ? Si elle a tout prévu, c'est sans compter sur une nonne ermite du bout du monde qui bouleversera ses plans.
Ce personnage perché en haut de sa montagne apparaît aussi froid que les technologies mises en place pour lui permettre cette expérience du bout du monde. Aucune empathie ressentie envers cette femme dont on ne saisit pas bien les motivations profondes. Alors oui, elle se pose des questions, ô combien, mais justement, sans doute trop, peut-être mal. Ces questions perpétuelles alourdissent considérablement le récit, angoissantes, lancinantes, elles finissent par sonner creux. Artificielles plus que philosophiques. 

"On peut être en danger sans être en détresse. Dans quelles conditions ?" "Une menace est un risque précis. Et une promesse ?" "Peut-on se comprendre soi-même ? Peut-on réellement jouer seul aux échecs ?" 

"Tu acceptes qu'une forme verbale soit susceptible d'affecter ta production de glucocorticoïdes mais tu le refuses aux variations climatiques ? (...) Est-ce qu'avoir les pieds trempés quinze jours de long c'est une expérience enrichissante . En quoi ? En matière de champignon ? Est-ce que parler aux geais ça m'avance beaucoup sur le chemin de la paix de l'âme ?"

Et pourtant le thème du rapport à l'autre, entre menace et promesse était attirant :

"Si s'éloigner des humains c'était céder à l'affolement ? Refuser de prendre le risque de la promesse, de la menace. Refuser de le calculer, de le mesurer, de s'en garder. Si la retraite (le retirement), c'était jeter le risque du côté du danger, définitivement ? Si c'était choisir la peur, la panique, se choisir un maître ? Se laisser dévorer par la promesse et la menace, sans même qu'elles s'annoncent ? Vaut-il mieux s'éloigner du danger ou tenter de le réduire ? A quelle distance une relation humaine n'est-elle qu'un risque ? A quelle distance est-elle inoffensive ?

Est-ce que la surprise est une solution ? Une sauvagerie ?" p. 124

Stylistiquement parlant, ce choix assumé de poser des questions perpétuellement noie le propos et la personnalité de la narratrice qui manque alors de subtilité, de profondeur, de contours. 

Et puis parlons de cette nonne sortie de nulle part, personnage étrange autant qu'inquiétant. Quel rôle joue-t-elle ? Métaphorique ? A vouloir trop en faire, on se perd en chemin... Une déception ! 

 

Présentation de l'éditeur : Rivages 

D'autres avis : Cathulu. Dans L'express, un pour un et un contre s'affrontent... Pour les Inrocks il sonne creux, quand Télérama l'encense

Un roman qui divise indubitablement...

Du même auteur : Faillir être flingué

 

Le grand jeu, Céline Minard, Rivages, 190 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

Partager cet article
Repost0