Quelques jours Off

Retour le dimanche 23 !
Quelques pistes de lectures pour s'envoler vers de belles découvertes

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Californie, 1973. L'agent spécial Bay, appartenant à la police des bibliothèques se lance dans la traque d'un faussaire de livre. Il met en place tous les moyens dont il dispose pour trouver le coupable, se lançant dans une course poursuite haletante.
Bienvenue dans un monde dans lequel le livre est un bien précieux affublé d'une véritable police chargée de veiller sur lui ! A l'entrée de la bibliothèque centrale d'Oakland, terrain de jeu de l'agent Bay, trône une scène dans laquelle le livre est comparé au dinosaure, pouvant disparaître rapidement. A chacun de lutter contre l'extinction du livre !
Dans cette parodie d'enquête policière, nous plongeons dans le monde des bibliothèques des années 70, avant l'arrivée de l'informatique. Les agents usent de méthodes dignes des Experts, capables de trouver le coupable à partir d'un simple cil retrouvé sur place.
Jason Shiga a lui-même travaillé à la bibliothèque d'Oakland et cette histoire délirante est née durant ses heures de "faible activité", il s'est alors imaginé ce que pourrait être le quotidien palpitant d'un bibliothécaire. Il s'est inspiré d'un fait divers pour construire ensuite son enquête.

Ce que j'ai moins aimé :
- Les dessins entre comics et mangas sont assez déroutants (pour ne pas dire que je les ai trouvé assez laids)
- Les détails techniques risquent fort d'endormir le lecteur novice en matière de bibliothèques, des années 70 qui plus est !
Bilan : Plus que mitigé !!
Présentation de l'éditeur : Cambourakis
D'autres avis : Babélio ; Télérama . Mo ; Keisha
Lu dans le cadre de l'opération Un mois, un éditeur initiée par Sandrine Tête de Lecture
Ma BD de la semaine chez Stephie cette semaine
Lors des rencontres régionales entre les auteurs nominés au Goncourt des lycéens et les élèves, j'ai pu discuter avec trois élèves de la classe de seconde du lycée Paul Langevin à Beauvais : Anaëlle, Christel et Lise et avec les deux enseignantes à l'origine du projet dans ce lycée, Isabelle et Géraldine, l'une professeure de lettres et l'autre documentaliste.
Toutes deux souhaitaient au départ initier un projet inter classes qui aurait concerné tout le lycée pour développer les échanges entre les classes. Seulement le Goncourt des lycéens ne choisit qu'une classe par établissement sur lettre de motivation du professeur, elles ont donc dû choisir. Elles ont opté pour une classe du seconde pour ne pas être pressées par l'échéance du bac. En postulant au Prix Goncourt des Lycéens, leur motivation était de faire lire les élèves, de les faire parler, échanger, partager en s'axant sur la littérature contemporaine. Elles souhaitaient que les élèves s'ouvrent à d'autres littératures, à d'autres sujets.
Quand elles ont annoncé aux lycéens de leur classe qu'ils participaient au Goncourt des lycéens, tous étaient surpris, et certains n'étaient guère enthousiastes. Puis tous ont réalisé qu'il s'agissait d'une chance puisque seules une cinquantaine de classes sont retenues sur toute la France.

Toute la classe doit avoir lu dans sa globalité les 14 romans sur la base du volontariat. Ils travaillent souvent par petits groupes et vont vers les livres qui les tentent. Les professeurs demandent juste l'effort de lire 10 pages en espérant que la lecture les entraînera au-delà des 10 pages... Ainsi les trois filles m'ont confiée que le début percutant de Chanson douce les avait suffisamment surprises pour qu'elles aient envie de lire la suite.
D'autres professeurs peuvent se greffer sur le projet comme dans leur lycée le professeur d'histoire qui a décidé d'étudier avec la classe le roman de Magyd Cherfi Ma part de gaulois.
Au début certains élèves éprouvaient des réticences à lire puis peu à peu ils se sont investis et maintenant ils sont tous globalement motivés. Un élève a même confié à ses professeurs "Avant je n'aimais pas lire mais maintenant j'aime" comme si participer au Goncourt des lycéens avait créé en lui un déclic. Certains élèves très motivés ont déjà lus 3 romans sur les 14.
Le seul petit bémol concernant l'organisation tient à l'arrivée tardive des romans qu'ils n'ont pu obtenir que le 22 ou 23 septembre. Le temps presse désormais pour lire un maximum de titres...

Anaëlle, Christel et Lise ont été touchées que les auteurs prennent le temps de répondre à leurs questions. Les réponses ont pu éclairer leurs points de vue sur les romans et leur a donné envie de lire des romans vers lesquels elles ne seraient pas allées d'elles-même. Lise s'est passionnée pour Romain Slocombe et est bien décidée désormais à se lancer dans la lecture de son roman ! Elles ont trouvé intéressant de voir les auteurs, d'écouter leurs points de vue, leurs sources d'inspiration.
Pour Anaëlle, Chanson douce se démarque par son histoire, et par l'univers différent qu'il permet de découvrir : celui des nounous, personnages que l'on rencontre rarement dans le rôle principal dans les romans.
Christel porte aussi sa préférence vers le roman de Leïla Slimani, en raison de ce début déroutant qui pousse à poursuivre sa lecture.
Enfin, Lise a été séduite par Continuer de Laurent Mauvignier, et notamment par sa fin qu'elle a trouvée "géniale" car le suspect n'apparaît qu'à ce moment-là !
Dans la classe, les avis étaient globalement partagés, sans que réellement ne ressorte un titre.
Ainsi cette rencontre a le mérite de remotiver chacun, elle relance l'intérêt, et met en place une dynamique prometteuse pour la suite !
Vous aimerez aussi : l'article de La voix du Nord
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er épisode
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er plateau
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 2ème plateau
Prochainement en ces pages :
- Les réactions des auteurs suite aux rencontres
- Mon avis sur Chanson douce de Leïla Slimani
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A l'automne 2007, Jende Jonga, immigrant d'origine camerounaise décroche enfin un emploi stable de chauffeur chez Clark Edwards, riche banquier chez Lehman Brothers. Cela lui permettra d'obtenir sa carte verte et d'assurer les études de pharmacie de sa femme Neni ainsi que le quotidien pour son fils Liomi. Tous pourront ainsi devenir américains ! Jende amorce les démarches nécessaires, d'autant plus que des liens de confiance s'établissent entre lui et son patron, un homme abîmé par le travail et les difficultés professionnelles. Le rêve américain semble à portée de mains. Malheureusement, la crise des subprimes n'est pas loin, et tout risque de basculer...
Les destins des deux familles se croisent : celui de la famille américaine lisse d'apparence mais cachant des failles que la faillite du mari va mettre à jour et les immigrants camerounais qui s'imaginent que les Etats-Unis sont un Eldorado doré et se retrouvent déçus par les réalités rencontrées :
"Même après avoir vu Boyz'n in the Hood et Do the Right Thing, rien ni personne ne put ébranler ses certitudes ni la convaincre que le mode de vie des Noirs dépeints dans les films n'était pas représentatif de leur vie réelle, de la même manière que les Américains comprenaient très certainement que les images de guerre ou de famine en Afrique qu'ils voyaient à la télévision n'étaient pas représentatives de la vie là-bas." p. 348
Jende et sa famille ont dû quitter leur pays à cause de la pauvreté et des conflits familiaux, pour vivre à présent dans la peur incessante de l'expulsion, avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, et subissant le manque d'argent impardonnable dans ce pays. Ils vivent incessamment tiraillés entre l'espoir d'un monde neuf et la nostalgie du pays natal.
"C'est la peur qui nous tue, Leah, dit Jende. parfois, il nous arrive de mauvaises choses, mais la peur est encore pire." p. 205
Que sont-ils prêts à supporter pour rester dans ce pays qui semble les rejeter ? Faudra-t-il finalement décider de plier bagages et rentrer au pays quitte à subir les remarques de ceux qui les ont vus partir ? Jusqu'où faut-il assumer ses choix ? Quand faut-il renoncer ?
Imbolo Mbue est elle-même américaine d'origine camerounaise et elle puise dans sa propre expérience pour nous conter le destin de ces immigrants confrontés à l'American Dream et à ses revers. Son point de vue nuancé éclaire les contradictions des uns et des autres.
Ce que j'ai moins aimé :
- Le contraste entre la période d'avant la crise, période idyllique où tout semble sourire aux uns et aux autres, et la suite assez désenchantée est un peu trop marqué.
- De même, les clichés sur la famille américaine frôlent la caricature.
Bilan :
Un beau roman sur les revers du rêve américain.
Présentation de l'éditeur : Belfond
Vous aimerez aussi : Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie
D'autres avis : Chez Babélio
Merci à l'éditeur
Voici venir les rêveurs, Imbolo Mbue, traduit de l'anglais (Cameroun) par Sarah Tardy, Belfond, août 2016, 440 p., 22 euros
Deuxième plateau avec Romain Slocombe, Jean-Baptiste Del Amo, Gael Faye et Leïla Slimani
Leïla Slimani présentait son roman Chanson Douce paru chez Gallimard :
Présentation de l'éditeur :
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.
Pourquoi ce titre ?
La chanson douce est destinée à endormir les enfants et je voulais montrer qu'il ne fallait pas se faire endormir par les gens trop gentils ou trop doux. Je me suis inspirée d'un fait divers pour ce roman : en 2012, à New York une nounou massacre les enfants qu'elle gardait avant de tenter de se donner la mort. Elle gardait les enfants depuis plusieurs années. On ne connait pas ceux avec qui l'on vit, l'intimité nous aveugle d'autant plus. Il faut rester vigilant, garder un regard aigü sur l'autre pour se protéger et aussi pour faire attention à lui.
Pourquoi commencer par la fin ?
Si j'avais raconté seulement l'histoire d'une nounou dans une famille, mon histoire aurait étéinintéressante banale et répétitive. Je n'aurais pas obtenu l'attention du lecteur. La scène violente initiale est là pour harponner le lecteur. Par la suite le lecteur sera attentif à toute l'histoire, il deviendra enquêteur, actif dans sa lecture, il en saura plus que les parents aveuglés par la gentillesse de Louise la nounou. Le monde des nounous est un monde dur, elles sont souvent exploitées, elles s'introduisent dans l'intimité des famille et entretiennent une relation particulière avec les parents. Ce sont des personnages romanesques.
Dans quel personnage vous reconnaissez-vous le plus ?
J'ai mis une partie de moi dans tous les personnages mais objectivement j'ai plus d'accointances avec Myriam car c'est avec elle que j'ai le plus de point commun , elle appartient au même milieu social que moi, elle est mère de famille comme moi, est maghrébine...
Est-ce que la mère est responsable du drame ?
Pendant l'écriture je voulais pas juger les personnages, je ne voulais pas faire leur procés. Pour moi la mère n'est pas responsable. Cette femme est face à plein de contraintes et ce sont là les limites du féminisme : les femmes se sont battues pour s'émanciper sauf que le monde d'aujourd'hui n'est pas adapté au résultat de cette émancipation. 70 % des tâches ménagères sont assurées par les femmes et ce sont souvent elles qui sont les plus déchirées entre travail et enfants. Dans mon roman la mère est dépassée, débordée et quand quelqu'un lui propose de l'aider et prend tout en charge c'est une chance pour elle. Lors du procés de la nounou dont je me suis inspirée pour le personnage de Louise, son avocat avait accusé la mère. J'avais été choquée. Mais c'est toute l'ambiguité de cetet société ce sont toujours les femmes qui sont dans une position difficile aujourd'hui. D'ailleurs la preuve vous m'avez posé la question de la responsabilité de la mère pas celle du père...
Gaël Faye présentait son Petit pays édité chez Grasset :
Présentation de l'éditeur :
En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.
Pourquoi ne pas plus évoquer la soeur ?
Je le regrette. Avant j'avais deux chapitres sur elle qui ont été coupés.
Le cercle vicieux de la haine peut-il s'arrêter au Burundi ?
C'est difficile, depuis l'indépendance ce sont des massacres à répétition. La reconstruction est difficile et cela restera compliqué tant qu'il n'y aura pas des dirigeants qui mettent en place des comités de réconciliation par exemple ou si les gens étaient condamnés comme au Rwanda. Au Rwanda les peines de prison ont eu un coté positif, le pays est reparti d'un bon pied. Au Burundi, nous sommes loin de cela, d'ailleurs la question ethnique revient sur le devant de la scène en ce moment avec le président actuel.
Quelle a été la réception au Burundi ?
Il y a eu 5 ou 6 livres seulement là-bas, il n'y a pas de librairies, beaucoup de gens ne savent pas lire et le livre est cher. Le Burundi est le pays le plus pauvre au monde, les habitants gagnet environ 30 euros par an. Donc peu de gens l'ont lu là-bas. Au Rwanda 40 livres ont été vendus. Par contre, le Burundi de la diaspora le remercie.
D'où vient le personnage de Laure, la correspondante de Gabriel ?
Je me souvenais qu'il y avait des correspondants quand nous étions en primaire. Je voulais que Gabriel sorte de son Burundi par intermittences, ces lettres sont comme une ouverture vers l'extérieur.
Quelle est la relation entre le titre du roman et le titre de la chanson "Petit pays" tirée de votre album?
Ce n'est pas la chanson la plus représentative du roman. Pour moi, ce serait plutôt "L'ennui des après-midi sans fin" qui contient les prémisses du roman. Cette chanson décrit une vie où il ne se passe rien, et met l'accent sur le sentiment d'ennui de l'enfance. J'ai voulu décrire ces moments qui ont précédé la guerre ensuite le roman est habité par les conditions d'exil et la guerre mais cette première partie liée à l'enfance indolente est celle que je voulais faire émerger.
Deuxième plateau avec Romain Slocombe, Jean-Baptiste Del Amo, Gael Faye et Leïla Slimani
Leïla :
pourquoi ce titre ?
ne pas se faire endormir par les gens trop gentils trop doux
chanson endort
inspiré par un fait divers à New York
enseignement : on ne connais pas ceux ave qui l'on vit
l'intimité nous aveugle d'autant plus il faut rester vigialnt garder un regard aigû sur l'autre pour se protéger et pour faire attention à lui
Gaël :
pourquoi ne plus évoquer la soeur ?
le regrette avant deux chapitres sur elle qui ont éé coupés
Que regrettez-vous dans votre livre ?
Romain :
assez peu de déchets, relit tout le temps, donc très travaillé. laisse ensuite les éditeurs pointer les choses
Leïla :
aurait aimé parler plus des femmes dans les squares, celles qui s'occupent des enfants
Jean-Baptiste :
réécrirait tout.
raison pour laquelle on écrit un autre roman, on continue
Leïla :
pourquoi commencer par la fin ?
si je racontais seulement l'histoire d'une nounou dans une famille histoire inintéressante banale et répétitive
pas d'attention du lecteur
scène violente initiale pour harponner le lecteur donc le lecteur sera attentif à toute l'histoire lecteur enquêteur lecteur actif
monde nounous monde des exploitées mond edur personnages romanesques
relation particulière squ'ils établissent avec les parents
Jean-Baptiste :
pourquoi évoquer plusieurs générations
car travail ainsi sur thématique du passage du temps et façon dont violance se transmet de génération en génération
Romain :
est-ce que cela était difficile de se mettre dans la peau de l'inspecteur comme les acteurs aiment jouer les rôles des méchants car plus excitant plus jouissif
écrivain endosse avec satisfaction rôle du méchant entre dans les personnages
n'aime pas trop romans classiques aime déstabiliser lecteur et aller à rebours du schéma habituel
pourquoi individu médiocre en temps de guerre ddangereux
Jean-Baptiste :
Roman peut-il faire changer les hommes ? Végétalien ?
non n'a pas cette ambition
littérature n'a pas pour vocation d'imposer une morale mais à mettre face à ses istuations et à nous faire poser des questions
s'est servi du lieu pour porter un message mais fiction lieu de questions
ce qui l'intéresse est plus la condition humaine que la condition animale
Gaël :
ercle vicieux de la haine peut-il s'arrêter au Burundi ?
difficile depuis indépendance massacre à répétition reconstruction est difficile
compliqué tant qu'il n'y aura pas des dirigeants qui mettent en place des comité de réconciliation par exemple ou si les gens étaien tcondamnés comme au rwanda
peines de prison au Rwanda coté positif est reparti d'un bon pied
Burundi loin de cla d'ailleurs la question ethnique revient sur le devant de la scène en ce moment avec le président actuel
Réception au Burundi ?
5 ou 6 livres seulement là-bas, pas de librairies, beaucoup de gens ne savent pas lire, livre cher
Burundi est le pays le plus pauvre au monde (30 euros par an)
peu de gens l'ont lu
rwanda 40 livres vendus
Burundi de la diaspora le remercient
D'où vient personnage de Laure ?
se souvenait qu'il y avait des correspondants enfant souvenir de primaire marquant voulait ue sorte de son Burundi par intermittences
ouverture vers l'extéireur
Leïla :
Dans quel personnage vous reconnissez-vosu le plus ?
une partie de moi dans tous les personnages
objectirvvment accointances avec Miriam car c'est avec elle que j'ia le plus de point commun (milieu, mère de famille...)
Romain : pourquoi cetet couverture ?
important pour le livre.
voulait travailler avec un graphiste Jean Rémond
faux photomaton d'époque femme vulgaire et aguicheuse en même temps, aguicheuse attire l'attention fille assassinée Marguerite
couverture qui attire les lecteurs
Jean-Baptiste :
pourquoi autant de sexualité dans les romans ?
il y en a dans tous mes livres
car la sexualité est un des grands questionnements de l'existence qqch qui nous lie nous habite mais cnstruit notre identité nosu constitue
Gaël :
relation entre son titre et le titre de la chanson "Petit pays"
ce n'est pas la chanson la plus représentative du roman. ce serait plutôt "L'ennui des après-midi sanf in" vraiment prémisse du roman vie où il ne se passe rien , enfance setiment d'ennui moments qui ont précédé la guerre ensuite roman habité par les conditiosn d'exil et la guerre mais cetet première partie liée à l'enfance indolente est celle que je voulais faire émerger.
Leïla
Est-ce que la mère est responsable du drame ?
pendant écriture ne voulait pas juger les personnages ne voulait pas faire leur procés
pour elle pas la mère responsable. cette femme est face à plein de contraintes : limites du féminisme : sauf que le monde d'aujourd'hui n'est pas adapté au résultat de cette émancipation 70 % des tâches ménagères sont assurées par les femmes ce sont souvent elles qui sont les plus déchirées entre travail et enfants
ici la mère est dépassée, débordée et quand qqun lui propose de l'aider et prend tout en caharge c'ets une chance pour elle
inspirée de Louise Woodworth
lors de son procés avocata avait accusé la mère avait été choquée
mais c'est toute l'ambiguité de ce ett société toujours femmes sont dans une position difficile aujourd'hui d'aileurs la preuve vous m'avea posé la question sur la mère pas su rle père
Romain :
pourquoi finir sur le personnage de Julie alors qu'elle n'est pas le personnage principal du livre ?
ne sait pas comment le roman se termine. laisse la structure et les personnages me guider, se mettre en place et choix de compostiiosn
Avril 1942. Au sortir d'un hiver rigoureux, Paris prend des airs de fête malgré les tracas de l'Occupation. Pétainiste et antisémite, l'inspecteur Léon Sadorski est un flic modèle doublé d'un mari attentionné. Il fait très correctement son travail à la 3e section des Renseignements généraux, contrôle et arrête les Juifs pour les expédier à Drancy. De temps en temps, il lui arrive de donner un coup de main aux Brigades spéciales, d'intervenir contre les « terroristes ».
Mais Sadorski est brusquement arrêté par la Gestapo et transféré à Berlin, ou on le jette en prison. Le but des Allemands est d'en faire leur informateur au sein de la préfecture de police... De retour à Paris, il reçoit l'ordre de retrouver son ancienne maîtresse, Thérèse Gerst, mystérieuse agent double que la Gestapo soupçonne d'appartenir à un réseau antinazi.
Après le succès de Monsieur le commandant, Romain Slocombe nous entraîne dans les abîmes de la collaboration et de la mauvaise conscience française.
Est-ce que cela était difficile de se mettre dans la peau d'un salaud ?
Comme les acteurs aiment jouer les rôles des méchants car c'est plus excitant, plus jouissif, l'écrivain endosse avec satisfaction le rôle du méchant. Je n'aime pas trop les romans classiques, j'aime déstabiliser le lecteur et aller à rebours du schéma habituel. Cela me semblait intéressant de m'interroger sur pourquoi et comment un individu médiocre devient en temps de guerre dangereux.
Pourquoi cette couverture ?
La couverture est essentielle pour un livre. Je voulais travailler avec un graphiste Jean Raymond Hiebler et j'ai cherché longtemps parmi ses photographies une qui pourrait convenir. Jusqu'à ce que je tombe sur celle-ci, un faux photomaton d'époque représentant une femme vulgaire et aguicheuse en même temps. Elle attire le regard. Elle représenterait dans le roman la fille assassinée, Marguerite.
Pourquoi finir sur le personnage de Julie alors qu'elle n'est pas le personnage principal du livre ?
Quand je commence à écrire, je ne sais pas comment le roman se termine. Je laisse la structure et les personnages me guider, se mettre en place et faire le choix de composition.
Règne animal est un grand roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie – et toute sa misère.
Pourquoi évoquer plusieurs générations ?
J'ai voulu effectuer un travail ainsi sur la thématique du passage du temps et la façon dont la violence se transmet de génération en génération.
Vous êtes végétalien et vous en parlez dans le roman. Selon vous le roman peut-il faire changer les hommes ?
Non je n'ai pas cette ambition. La littérature n'a pas pour vocation d'imposer une morale mais plutôt de mettre face à ses situations pour que l'on se pose des questions. Je me suis servi du lieu pour porter un message mais la fiction est avant tout le lieu de questions. Ce qui m'intéresse est plus la condition humaine que la condition animale.
Pourquoi autant de sexualité dans ce roman ?
Il y en a dans tous mes livres car la sexualité est un des grands questionnements de l'existence, c'est quelque chose qui nous lie, nous habite et construit notre identité. Elle constitue l'être humain.
Que regrettez-vous dans votre livre ?
Romain : J'ai assez peu de déchets, je relis tout le temps, le roman est donc très travaillé. Je laisse ensuite les éditeurs pointer les choses.
Leïla : J'aurais aimé parler plus des femmes dans les squares, celles qui s'occupent des enfants.
Jean-Baptiste : Je réécrirais tout. C'est la raison pour laquelle on écrit un autre roman, on continue...
A lire également :
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er épisode
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er plateau
Prochainement en ces pages :
- Les réactions des lycéens, enseignants et auteurs suite aux rencontres
- Mon avis sur Chanson douce de Leïla Slimani

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Régis Jauffret met en scène dans son dernier roman une histoire pour le moins originale : Noémie vient de quitter Geoffrey et elle adresse un courrier à la mère de Geoffrey pour s'excuser d'avoir rompu. S'ensuit une correspondance entre les deux femmes autour des hommes et de l'amour, correspondance qui aboutit au projet machiavélique de tuer Geoffrey pour le dévorer ensuite. En effet, les deux femmes semblent désabusées par les hommes :
"Si on les laissait faire, si on laissait en roue libre passer le temps, on deviendrait pour une eux une putain désintéressée, adorant le ménage, leur ouvrant les portes comme un genleman, une cuisinière de haute école, une chambrière retapant le lit, changeant les draps en chantant, une gentille beauté distribuant comme des baisers son pardon à chaque vexation, une vierge rayonnante de pureté quand ils nous promènent dans leur famille, une belle salope les jours où ils rentrent de leur travail émoustillés par une vidéo visionnée entre une réunion et un rendez-vous avec un client obsédé de ristournes et de gestes commerciaux." p. 96
Ne vaut-il mieux pas dans ce cas rester seule ?
"Le bonheur, madame, c'est l'absolue solitude. Ne se cogner à personne, ne point souffrir une autre main sous prétexte de caresse, une autre bouche cherchant à écraser vos lèvres, ne pas sentir de paroles irriter à l'improviste vos tympans fragiles tandis que vous jouissez du silence en regardant songeuse les reflets de la laque immaculée du four à micro-ondes. La solitude, c'est l'absolue beauté de se sentir incomparable dans une coquille où rien n'est beau que vous, puisqu'en fait d'humaine dans cette conque il n'y a que vous." p. 23
Mais malgré tout l'espoir perdure : "Nous espérons toujours, dit votre fils. Oui, même infiniment déçues nous sommes prêtes à aimer encore pour la première fois, mais n'avoir porté que des colifichets toute sa vie n'implique pas que vous attende quelque part un diamant, une émeraude, une humble topaze de la plus belle eau." p. 97
"Et puis, vous les avez connues ces épiphanies, ces gaietés inattendues qui parfois éclatent en nous, ces coins de rue éclairés soudain par un rai de soleil qui troue un nuage pour vous illuminer et vous donner la sensation d'être en vie une fois pour toutes, d'être née à jamais, la mort derrière soi avec l'éternité qui nous a précédées." p. 140
La haine est leur colonne vertébrale, ce moteur qui leur permet d'avancer et de distiller leur venin sur les pages écornées de leurs lettres enflammées.
"Haïr, c'est être relié à l'élite de l'humanité, celle qui crée, dirige, façonne l'avenir avec un saint mépris de ses contemporains courant comme des enfants après les hochets qu'on agite devant leurs yeux naïfs avides de rogatons." p. 157
Le style incisif de l'auteur porte les métaphores comme un étendard. L'écriture est de l'ordre du fantasme, repoussant toutes les limites, elle permet toutes les identités et toutes les folies aussi bien pour les deux femmes que pour l'auteur.
Ce que j'ai moins aimé : A la moitié du livre, l'histoire -ou l'absence de réelle histoire, c'est là la question - stagne, les lettres tournent en rond, les identités se brouillent tout comme la construction qui perd de l'allant et a tendance à semer le lecteur.
Bilan : Un récit original doté d'un brin de folie rafraichissant...
Présentation de l'éditeur : Seuil
D'autres avis : Babélio
Cannibales, Régis Jauffret, Seuil, 2016, 185 p., 17 euros
Pour ces premières rencontres régionales du Goncourt des Lycéens à Lille étaient présents :
- Une classe de seconde du lycée Paul Langevin de Beauvais,
- Une classe de 1ère Bac Pro commerce du lycée polyvalent Eugène Woillez de Montreuil sur Mer
- Une classe de 1ère Bac Pro électronique du lycée polyvalent Ernest Couteaux de Saint Amand les Eaux
- Une classe de 1ère L du lycée Henri Wallon à Valenciennes
- et une 1ère S du lycée Pablo Neruda de Dieppe
La rencontre était animée d'une main de maître par le journaliste Frédéric Launay.
Côté auteurs le premier plateau de 14h à 15h comprenait : Metin Arditi ; Karine Tuil ; Nathacha Appanah et Régis Jauffret
A lire également :
- Rencontres régionales du Goncourt des lycéens 1er épisode
- Mon avis sur Cannibales de Régis Jauffret
- Mon avis sur Chanson Douce de Leïla Slimani
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Ce roman graphique rend hommage au grand reporter Robert Capa, engagé aux côtés des républicains pendant la guerre civile espagnole. L'action se déroule de 1932 à 1940, commençant à Paris aux côtés de Gerda Taro, la femme de sa vie, photographe également. Tous deux veulent témoigner par leurs photos des évènements marquants de leur époque et de leur lutte. Ils incarnent l'avènement du photojournalisme. En 1936, Gerda part pour Barcelone suivie par Capa. Cette guerre les rendra célèbres, ils usent de leur appareil photo comme d'une arme, dénonçant en mitraillant de leur appareil. "La cause pour laquelle nous luttons va au-delà de notre liberté personnelle, au-delà de nos vies" dira Gerda qui meurt en 1937, renversée par un tank.
Après ce bouleveversement, le succés de Robert Capa aura un goût amer, même si Time et Life le sacre "l'un des meilleurs et des plus grands photographes du monde".
Les dessins proposent une bichromie en noir et bleu turquoise. Certains d'entre eux s'inspirent des clichés de Capa.
Ce que j'ai moins aimé :
Je n'ai pas été sensible aux dessins, ni à la mise en page, avec des textes denses jouxtant des dessins brouillons, peu lisibles. La couverture est trompeuse avec ses traits affirmés. La lecture devient laborieuse, peu agréable, et porte ainsi préjudice à l'histoire passionnante de cet homme emblématique. C'est dommage.
Il manque en annexes une reproduction de certains des clichés de Capa qui auraient peut-être donné davantage corps à ce destin hors du commun, ici perdu dans des cases éclatées.
Présentation de l'éditeur : Cambourakis
Lu dans le cadre de Un mois, un éditeur opératon initiée par Sandrine de Tête de Lecture
C'était ma BD de la semaine, d'autres titres chez Noukette
Lundi 10 octobre avaient lieu les premières rencontres régionales entre les auteurs sélectionnés pour la 29ème édition du prix Goncourt des lycéens, et les lycéens appelés à élire leur roman préféré.
Le prix Goncourt des lycéens a été créé et est organisé par le ministère de l'éducation nationale avec l'accord de l'Académie Goncourt. Une cinquantaine de classes de niveau secondaire (filière généraliste et professionnelle) sont sélectionnées et s'engagent à lire en deux mois les romans sélectionnés pour le prix Goncourt soit cette année :
Les 2000 lycéens participants rencontrent les auteurs du 10 au 18 octobre lors de 7 rencontres régionales. Le 14 novembre ont lieu les délibérations régionales puis le 17, les délibérations nationales avant l'annonce du prix le 17 novembre.
Sur invitation du service communication de la Fnac, j'ai eu la chance d'assister aux premières rencontres le 10 octobre à Lille aux côtés de Leïla Slimani, Karine Tuil, Jean-Baptiste Del Amo, Nathacha Appanah, Régis Jauffret, Romain Slocombe, Metin Arditi et Gaël Faye.
Guidés par l'équipe communication de la Fnac, Audrey, Julie, Estelle et Maurine, (merci à elles) nous sommes partis ensemble de Gare du Nord, et avons été accueillis à Lille par Matthieu, chargé de la programmation culturelle de la Fnac pour la région Nord et Est. Le déjeuner qui a suivi fut convivial et rieur. Du côté de notre table, entre les anecdotes pétillantes de Leïla Slimani, les interventions mesurées de Nathacha Appanah (la douceur incarnée), le calme olympien de Gaël Faye et l'effervescence de Frédéric Launay, journaliste et animateur de la rencontre de l'après-midi, l'équilibre était parfait.
Prochainement, je vous raconterai la rencontre riche en enseignements, et je vous livrerai les réactions des lycéens, des professeurs et des auteurs suite à ces échanges.
Alors, qui selon vous succèdera à Delphine de Vigan qui avait remporté le prix l'an dernier avec D'après une histoire vraie ?
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"Celui qui inspecte toujours le vent ne sème jamais, et celui qui regarde constamment les nuages ne moissonne jamais."
Pour rappel dans le premier tome consacré à Karitas, la jeune femme devait se battre contre un quotidien pesant pour espérer exercer son art, la peinture. Dans ce deuxième tome, nous la retrouvons installée dans le village Eyrarbakki où elle enseigne l'art aux enfants et continue à peindre. Elle approche la cinquantaine et décide sur un coup de tête de tenter sa chance à Paris. Elle part donc pour la ville lumière, même si une fois encore la famille pèse sur ses épaules puisque son fils lui laisse en pension sa petite fille Silfa. Et pourtant, sa force et son amour de l'art la poussera en avant :
"Les femmes ne doivent plus laisser le vent entraver leur voyage. Elles l'ont eu dans le dos l'année où j'ai navigué autour du pays avec mes enfants et où la banquise n'a pas réussi à m'arrêter, je savais qu'un nouveau siècle s'était levé, notre siècle à nous, les femmes. Puis les femmes ont eu le vent de face et n'ont pas eu confiance en elles pour aller plus loin. Et elles se tiennent encore tranquilles, laissant le vent entraver leur voyage, mais toi Karitas, ne le laisse pas te faire obstacle. Le siècle des femmes est tout juste à moitié écoulé, tu partiras à Paris." p. 135
La famille restera très présente à ses côtés, qu'elle l'aliène ou la soutienne, de Paris à New-York en passant par Rome... Sigmar continuera à faire quelques apparitions sporadiques, et Karitas oscillera toujours entre haine et passion pour le père de ses enfants.
Ce que j'ai moins aimé :
Rien de vraiment neuf par rappport au premier tome, plutôt des redites qui n'étaient pas vraiment nécessaires... Les mêmes thèmes tournent en boucle, avec de surcroît moins de force que dans le premier tome. Cet Art de la vie (un titre un peu grandiloquent au passage) semble forcé, traînant en longueur (672 pages quand même !) Les passages sur la nature ou l'univers fantastique s'effacent malheureusement pour laisser place aux noeuds familiaux, et à des scènes amoureuses toujours aussi mielleuses, qui finissent par noyer la personnalité de Karitas.
Bilan : une déception pour ce deuxième tome, je n'ai pas retrouvé la puissance de Chaos sur la toile
Présentation de l'éditeur : Points
D'autres avis : Babelio ;
Mon avis sur le tome 1 Chaos sur la toile
Lecture commune avec Nathalie du blog Mark et Marcel
Karitas tome 2 L'art de la vie, traduit de l'islandais par Henry Kiljan Albansson, Points, 2013, 672 p., 8,80 euros