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L'écrivain national de Serge JONCOUR

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le narrateur-écrivain arrive dans une petite ville entre Nièvre et Morvan invité par les libraires en résidence pour un mois. Dés son arrivée il est avisé de l'étrange disparition d'un des habitants du village. Fasciné par le couple qui est accusé de cette disparition, et surtout par Dora, la femme, Serge mène son enquête, irrémédiablement attiré par le faits divers et/ou la jeune femme. Et là rien ne va plus : il arrive en retard aux rencontres organisées par les libraires, le pantalon crotté et les habitants commencent à se méfier de celui qui pactise avec l"ennemi"... Le mot même de "auteur" devient ambivalent : est-il l'auteur de romans ou l'auteur et complice d'un crime ?

Le véritable auteur se plaît à brouiller les pistes, s'interrogeant sur le rapport entre fiction et réalité, sur ce qui pousse les écrivains à écrire, publier sur tel ou tel sujet, se fabriquant un être factice de papier :

"Les autres on les croise toujours de trop loin, c'est pourquoi les livres sont là. Les livres, c'est l'antidote à cette distance, au moins dans un livre on accède à ces êtres irrémédiablement manqués dans la vie, ces intangibles auxquels on n'aura jamais parlé, mais qui, pour peu de se plonger dans leur histoire, nous livreront tout de leurs plus intimes ressorts, lire, c'est plonger au coeur d'inconnus dont on percevra la plus infime rumination de leur détresse. Lire, c'est voir le monde par mille regards, c'est toucher l'autre dans son essentiel secret, c'est la réponse providentielle à ce grand défaut que l'on a tous de n'être que soi." p. 125

L'atmosphère de ce petit village est particulière, l'écrivain est devenu la star du village et il est à ce titre épié. Les villageois qui gravitent autour du narrateur se permettent des libertés avec lui parce qu'ils ont l'impression de le connaître par l'intermédiaire de ses livres. Il est "leur écrivain national" et ils supportent difficilement qu'il sorte des chemins balisés. Toutefois eux aussi ont leurs contradictions, notamment dans ce combat silvestre opposant les écologistes d'un côté et les partisans d'une exploitation intensive des forêts. 

La fluidité du style et l'humour de cet écrivain pataud impose le tempo à ce roman sympathique. Toutefois, il est à noter que les passages sur les rapports amoureux sont relativement convenus :

"L'amour est une histoire qu'on se raconte, un pacte à deux contre le monde, c'était une folie pure de faire ça, une connerie de plus sans doute, mais qu'il est bon de retoruver le goût de l'autre, qu'il est fort de flotter dans l'éternel présent d'un début de rencontre, sans futur ni questions, qu'il y ait des lendemains ou pas, après tout qu'importe, un amour même impossible c'est déjà de l'amour, c'est déjà aimer, profondément aimer, quitte à en prolonger le vertige le plus longtemps possible." p. 470

 

Présentation de l'éditeur : Flammarion 

Du même auteurL'amour sans le faire

D'autres avis : TéléramaLe Magazine LittéraireSéverineClaraAlex 

 

L'écrivain national, Serge Joncour, Flammarion, 2014, 21 euros

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L'affaire des coupeurs de têtes de Moussa KONATE

Publié le par Hélène

♥ ♥

A Kita au Mali, des mendiants se retrouvent sans tête. Serait-ce la faute de l'esprit rouge qui erre la nuit sur la colline et qui se vengerait ainsi des dérives de al société ? Trop de laisser-aller aurait-il provoquer la colère des dieux ? Selon certains, les habitants s'éloignent de l'honneur et de la dignité et reçoivent ici un juste châtiment. 

"Tout le monde ne parle que d'argent, tout le monde ne pense qu'à l'argent. L'argent achète tout désormais et nos filles vendent leur corps. Nos ancêtres n'ont-ils pas raison? Ne sommes-nous pas devenus indignes d'eux? Alors, ils sont décidés à nous tourner le dos et à nous laisser aux mains de mauvais génies tant que nous n'aurons pas retrouvé le droit chemin. Nous souffririons beaucoup et longtemps si leur colère ne s'apaise pas. Il faut donc d'ici trois jours nous reconnaissons nos torts et que nous leurs présentions nos excuses." p. 27

Ce n'est pourtant pas la thèse retenue par Habib et le jeune Sosso venus seconder le commissaire Dembélé et son adjoint Sy rapidement dépassés par les évènements. Chacun suit sa méthode et navigue dans la ville qui se divise entre tradition et modernité.

Avec humour, Moussa Konaté décrit le village où il a passé son enfance, s'amusant au passage des luttes factices entre les malinkés et les bambaras. 

Néanmoins, l'ensemble est un peu rapide, l'écriture semble quelque peu artificielle, et ne sonne pas toujours juste, quelquefois l'auteur explique trop là où le sous entendu aurait suffit. Si bien que cette "affaire des coupeurs de têtes" est moins abouti que le premier roman de l'auteur Meurtre à Tombouctou. Cela s'explique quand on sait que Moussa Konaté n'a pas eu le temps de faire des modifications sur son premier jet car il est entré à l'hôpital juste après avoir remis son manuscrit et il est mort quelques jours plus tard. D'où cette écriture quelquefois maladroite.

 

source : http://hovawart-en-afrique.pagesperso-orange.fr/carnets-route-mali7.html

 

Présentation de l'éditeur : Métailié 

Du même auteur : Meurtre à Tombouctou 

 

L'affaire des coupeurs de têtes, Moussa Konaté, Métailié, mai 2015, 160 p., 16 euros 

 

Merci à l'éditeur.

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Trois fois dès l'aube de Alessandro BARICCO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Elle pensait à la mystérieuse permanence de l'amour, dans le tourbillon incessant de la vie." 

Dans son roman précédent Mr Gwyn, Alessandro Baricco mettait en scène un personnage anglo indien Akash Narayan qui écrivait un petit livre intitulé Trois fois dès l'aube. Alessandro Baricco a ainsi eu envie de donner vie à ce livre imaginaire, comme il l'explique dans une note liminaire. Les deux récits peuvent se lire indépendamment, ayant chacun leur autonomie.

Deux personnages se rencontrent à trois reprises à l'aube "mais chaque rencontre est à la fois l'unique, la première, et la dernière.", le temps est  distendu, les âges se confondent. La première rencontre a lieu dans le hall d'un hôtel entre un homme désoeuvré et une femme intrigante. De fil en aiguille, ils passent leur nuit à discuter, et l'homme se confie de plus en plus, dangereusement. La deuxième rencontre met en scène une jeune fille et son petit ami, toujours dans cet hôtel. Le réceptionniste discute avec la jeune fille revenue chercher des serviettes et l'enjoint rapidement à fuir cette vie qui ne semble pas lui convenir. Dans la troisième, une policière prend en charge un jeune garçon. 

L'aube est ce moment suspendu durant lequel tout est encore possible avant que la lumière cru ne voit le jour. Il est question de tout laisser tomber, de recommencer, ailleurs, mieux, de reconquérir sa liberté, de laisser le jour s'installer après la nuit. 

"Mais la femme dit que beaucoup de gens rêvent de recommencer à zéro, et elle ajouta qu'il y a avait là-dedans quelque chose d'émouvant, non de fou. Elle dit que presque personne, en réalité, ne recommence vraiment à zéro, mais qu'on n'a pas idée du temps que les gens consacrent à ce fantasme, souvent alors même qu'ils sont noyés dans leurs problèmes, et dans la vie qu'ils voudraient laisser tomber."

"On recommence à zéro pour changer de partie, dit-elle. On a toujours cette idée qu'on est tombé à la mauvaise table. (...) Comme je vous l'ai dit, ajouta-t-elle, changer de cartes est impossible on ne peut que changer de table de jeu."

Les rencontres se concentrent autour des choix que l'on fait ou que l'on ne fait pas, des actes passés et à venir... L'hôtel est un lieu de passage, un lieu de transit dans lequel on ne reste pas non plus, déjà tourné vers un ailleurs qui sera peut-être différent.

Dans une forme très dialoguée, théâtrale, Alessandro Baricco et son Demain dés l'aube s'interrogent sur la permanence des choses et nous installent dans la magie du maintenant. 

 

Présentation chez Gallimard 

Du même auteur : Novecento

D'autres avis : Télérama ; Les Echos 

LaureCryssilda 

 

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco, traduit de l'italien par Lise Caillat, Gallimard du monde entier, février 2015, 128 p., 13.50 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le grand méchant renard de Benjamin RENNER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans le poulailler, le renard est connu comme le loup blanc. Sauf que justement il a beau faire des efforts, il fait bien moins peur que le loup en question.

Il en est donc réduit à manger des navets à longueur d'année. 

Son ami le loup a alors la solution : il s'agira de voler les oeufs de la poule, d'élever les poussins pour pouvoir ensuite les manger. Plan parfaitement machiavélique, oui, sauf que...

Les personnages sont absolument craquants : du chien censé garder le poulailer qui ne fait rien ou le minimum syndical, aux poules qui créent un collectif pour se révolter et apprendre à se défendre, en passant par les poussins en quête d'identité, et au milieu ce pauvre renard un peu perdu entre instinct primaire et compassion maternelle...

C'est drôle, c'est intelligent ! Un régal ! Lisez-le !

 

L'avis de Romain, 9 ans :

♥ ♥ ♥

J'ai aimé le début le milieu mais j'ai pas aimé la fin. J'ai trouvé cette histoire drôle mais j'ai trouvé triste que le renard soit autant maltraité par les poules. J'ai aimé les poussins parce qu'ils sont drôles en énervant le renard. Je n'aime pas le loup parce qu'il est cruel. J'aime les dessins sauf qu'ils ne décrivent pas trop l'histoire.

L'avis d'Anaïs, 7 ans :

♥ ♥

Je n'ai pas aimé, mais je n'ai pas tout lu, je n'ai pas voulu finir. Le renard est trop maltraité, dés le début il se fait renvoyer tout le temps.

 

Présentation de l'éditeur : Delcourt 

D'autres avis : Découvert chez Noukette ;  Ariane CajouJérômeLaureLivresseLuocineMo’Violette ; Babelio 

France Inter 

Vous aimerez aussi : Le site de l'auteur 

 

Le grand méchant renard, Benjamin Renner, Delcourt, 16.95 euros

 

 

C'était ma Bd de la semaine aujourd'hui chez  Yaneck

 

Publié dans Jeunesse BD

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La femme qui pleure de Zoé VALDES

Publié le par Hélène

"La littérature, vous devez le savoir, est un mensonge qui raconte la vérité." 

Zoé Valdès s'intéresse ici à Dora Maar, photographe et peintre surréaliste connue surtout pour avoir été la maîtresse de Picasso, celle qu'il a peinte sous les traits de "la femme qui pleure" 

La femme qui pleure Picasso

Zoé Valdés met l'accent sur une période bien précise de la vie cette "femme qui pleure" : quelques années après sa rupture avec Picasso, Dora Maar décide de passer quelques jours à Venise aux côtés de ses amis James Lord et Bernard Minoret deux écrivains homosexuels. Au retour de ce voyage, elle se retirera du monde pour vivre mystique et recluse dans son appartement parisien. Ce voyage intéresse l'auteure car il fut le dernier moment de bonheur de Dora. 

Après neuf années de passion destructrice, neuf ans ponctués de dépression, d'enfermement en asile psychatrique, Dora sort profondément marquée par cette relation qu'elle ne pourra jamais effacer de son esprit : 

"Elle l'avait conquis et lui, il l'avait soumise, pour la peindre, l'illuminer sur la toile et l'étouffer dans la vie." p. 189

"Ce que Picasso demandait aux femmes, ce qu'il réclamait de nous, c'était justement de renoncer au conventionnel, de renverser les barrières, de cesser d'être des femmes pour devenir des oeuvres d'art. Pour lui, nous devions danser pieds nus sur des rochers pointus, nous entaillant, saignant sauvagement." p. 234

Picasso apparaît comme un être tyrannique sans coeur, adepte des orgies sadiennes, et Dora semble être une victime prise dans les rets de cet homme qu'elle admire et aime profondément. Des aspects encore plus sombres du célèbre peintre apparaissent au fil des pages comme sa réaction quand Max Jacob, enfermé dans les camps lui demandera de l'aide en vain : "il tarda et ne fit rien". 

C'est ainsi un portrait controversé de l'artiste que présente Zoé Valdès en contrepointe, même si son sujet était avant tout Dora Maar. Une fois encore Dora est résumée à sa relation avec Picasso, présentée comme une femme larmoyante qui ne peut se détacher de son puissant amour. Ces partis pris peuvent déranger le lecteur, qui ressent les hésitations de l'auteure naviguant dans le flou de témoignages divers et variés. De plus, la mise en scène de l'auteur en train d'écrire et de faire ses recherches brouille les pistes, apportant davantage de flou au roman. En résulte l'impression que Zoé Valdès n'a pas grand chose à dire de neuf ou mieux sur le sujet, elle  tourne en rond et n'a finalement pas percé le "mystère" de Dora et de ce voyage à Venise...

Dora Maar par Man Ray

 

Présentation de l'éditeur :  Arthaud 

D'autres avis : Babélio ; Alice 

Vous aimerez aussi : Moi, Dora Maar de Nicole Avril

 

La femme qui pleure, Zoé Valdès, traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan, Arthaud, septembre 2015, 414 p., 22.50 euros

 

Reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique organisée par Babélio

tous les livres sur Babelio.com
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Boule de suif de Guy de MAUPASSANT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le récit se déroule pendant la guerre de 1870, en plein hiver. La Prusse vient d'écraser la France durant la bataille de Sedan. Après la débâcle de l’armée française, la ville de Rouen est envahie par les Prussiens. Pour fuir, un groupe de dix personnes quitte la ville à bord d’une diligence afin de rejoindre Dieppe. Cette diligence forme un lieu fermé, un huis clos propice à la révélation des grandeurs et des petitesses de chacun. 

En effet, le voyage est difficile, le froid est mordant, les voyageurs ont faim. Parmi eux se trouve une femme, « une de celles appelées galantes », dont la présence dérange, soulève l’indignation et la curiosité : Boule de suif. Mais seule la jeune femme a pensé à emporter des provisions qu’elle partage volontiers avec ses compagnons de voyage. Ceux-ci n’hésitent pas alors à oublier temporairement leurs préjugés bourgeois pour profiter des bienfaits du panier de la jeune femme. Le soir, la diligence s’arrête pour une étape à l’auberge de Tôtes, occupée par les Prussiens. L’officier occupant interdit aux voyageurs de repartir si Boule de suif n’accepte pas ses avances. La jeune femme résiste tout d’abord, par patriotisme, mais elle n’a pas le choix, elle doit se sacrifier pour libérer ses compatriotes. Pourtant elle ne récolte que du mépris de la part de ces gens-là, si bien pensants, qu’elle a nourris puis libérés.

Maupassant dénonce ici les mensonges patriotiques d'une société qui cautionne la guerre. La seule patriote est Boule de Suif, une prostituée méprisée par la société détentrice de la morale. Les autres ne supportent pas que le courage et la résistance face à l'ennemi soient l'apanage d'une prostituée et c'est pour cela qu'ils la remettent à sa place de prostituée sans égard pour ses convictions de citoyenne. La chute fait de ce récit un apologue ironique mettant en cause la morale bourgeoise. Boule de Suif ne peut pas échapper à son statut social, aucune évolution ne semble possible dans une société minée par l'effondrement des valeurs. Le pessimisme de Maupassant se retrouve en ces pages, le dernier mot de la nouvelle "ténèbres" soulignant ce regard très noir de Maupassant sur la société et la nature humaine. Regard naturaliste qui se soucie du moindre détail : quelques personnages ont été inspirés par des personnages réels et l'intrigue elle-même a comme origine un fait divers raconté dans le Journal du Havre. 

Une nouvelle à relire !

 

Présentation de l'éditeur : Le lIvre de poche 

Du même auteur : Bel ami ; Une partie de campagne

 

 

 

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La parole contraire de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Ouvre ta bouche pour le muet" (proverbes/Mishlé 31.8)

Erri De Luca a été mis en examen en septembre 2013 en raison d'une plainte portée par le LTF (Lyon Turin ferroviaire) société de construction de la ligne TAV (Train à grand evitesse) Turin Lyon en raison de phrases dites et publiées par le Huffington Post Italie. Il s'est en effet engagé auprès des militantsdu Val de Suse  "NO TAV" qui luttent contre le chantier de la TAV qui doit percer un tunnel permettant le passage du train. Elle implique, pour «gommer» les Alpes, le percement du plus long tunnel d’Europe : 57 km entre Haute-Savoie et Piémont. Les opposants contestent l’utilité publique de ce projet fondé sur des prévisions de trafic surévaluées, alors que la ligne existante est sous-exploitée. Ils dénoncent le coût exorbitant - passé de 12 milliards d’euros en 2002 à plus de 26 aujourd’hui - et soulignent que l’infiltration mafieuse parmi les entreprises sous-traitantes en Italie a été établie. Cette communauté montagnarde se bat contre le désastre environnemental annoncé : artificialisation des terres, tarissement des sources et multiples pollutions. «Le projet impose de creuser un tunnel dans une montagne truffée d’amiante et de pechblende, un matériau radioactif, expliquait Erri de Luca à Libération, en juin. La perforation va mettre à l’air libre ces matériaux»exposant ouvriers et habitants aux risques de cancers. (Source : Libération )

Danc cet article du Huffington Post il encourageait le sabotage de la TAV. 

Il s'explique dans ce pamphlet sur ses motivations, en revendiquant liberté d'expression et responsabilité de l'écrivain : "Telle est la raison sociale d'un écrivain, en dehors de celle de communiquer : être le porte-parole de celui qui est sans écoute." Inspiration ou incitation ? "Si la parole publique d'un écrivain est suivie d'actions, c'est un résultat involontaire et qui échappe à son contrôle." 

Il revendique la parole contraire, le droit de ne pas suivre la parole dominante : 

"Ce n’est pas seulement la liberté d’expression qui est attaquée en l’occurrence, c’est l’idée même d’une solidarité populaire contre l’oppression et l’invisibilisation qui est en ligne de mire." (Emmanuel Barot Il faut "condamner, par-delà les frontières et sans la moindre espèce ambiguïté, toute opération de répression des voix discordantes, véritable terrorisme de la réaction, et avoir le réflexe vital de se mobiliser et de mobiliser largement à cette fin."

Erri De Luca encourt 5 ans de prison et ne fera pas appel. Le lundi 21 septembre, le parquet italien a requis 8 mois de prison ferme en lieu et place des 5 ans annoncé. Le verdict définitif tombera le 19 octobre. 

"Notre liberté ne se mesure pas à des horizons dégagés, mais à la cohérence entre mots et actions." 

 

Du même auteur :  Trois chevaux  ;  Le jour avant le bonheur ; Le contraire de un Le poids du papillon En haut à gauche  ;  Montedidio 

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

D'autres avis : Jérôme 

 

La parole contraire, Erri De Luca, Gallimard Hors série connaissance, traduit de l'italien par Danièle Valin, janvier 2015, 48 pages, 8 euros

 

Première participation pour le mois italien consacré aujourd'hui à Erri De Luca 

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Fin du mois américain et début du mois italien

Publié le par Hélène

J'ai participé ce mois-ci au mois américain

organisé par Titine du blog Plaisirs à Cultiver.

J'ai choisi de présenter : 

Home de Toni Morrison

Le paradis des animaux de David James

 Terreur Apache W.R. Burnett 

Canada de Richard Ford

 Le saloon des derniers mots doux de Larry McMurtry

 Jackpot de Carl Hiaassen

Les marécages de Joe R Lansdale 

 

Vous trouverez ICI toutes les participations

 

Le mois prochain je me lance dans un mois italien avec Eimelle 

Voici la liste des lectures communes prévues :

 

1er octobre : De Luca

3 octobre :  Simonetta Agnello Hornby

5 octobre :  Camillieri

7 octobre : Milena Agus

9 octobre :   Alessandro Baricco

 11 octobre : du côté des classiques latins 

13 octobre :  Niccolò Ammaniti

15 octobre : un roman policier (auteur italien ou auteur d'un autre pays mais se déroulant en Italie)

17 octobre :  un livre lu en VO

19 octobre : Silvia Avallone

21 octobre : un  livre d'un auteur italien ou se déroulant en Italie paru en 2015 

23 octobre :  Francesca Melandri 

25 octobre : une pièce de théâtre

27 octobre :  Goliarda Sapienza

29 octobre : littérature de jeunesse auteur italien

31 octobre "italianissima" pour vos coups de coeur en rapport avec ce pays (film, musique, photos de voyage, expo... tout, sauf des livres cette fois-ci!) 

 

Et en Novembre nous partirons au Québec avec Karine...

 

De beaux voyages en perspective !

 
 

Publié dans Divers

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La ballade du calame d'Atiq RAHIMI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d’enfance."

Atiq Rahimi livre en ces pages un portrait intime de son parcours en évoquant son exil, sa vie, son errance lui qui est "né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France". Ecrivain en mal d'inspiration, il évoque la difficulté de trouver ses marques dans son exil, et la nécessité de revenir vers ses origines qui l'ont construit pour mieux appréhender le présent. 

"Quand tu te perds dans un désert, disent les sages africains, cherche plutôt la trace des pas d'où tu viens.

L'origine est un repère, et non pas le but ni la fin." p. 59

Or quand les mots font défaut, l'auteur dessine avec ce calame, fin roseau taillé en pointe dont il se servait enfant pour tracer des lettres calligraphiées. La calligraphie a une immense influence sur sa vie, cet art a bercé son enfance. Lorsqu'il était élève à Kaboul, il devait déjà recopier des lettres divines que le jeune homme se plaisait déjà à déformer. Plus tard, quand l'inspiration fuyait, quand les mots se dérobaient le dessin, la calligraphie suppléait à ce silence intérieur. Il créera ainsi des callimorphies, dessins au fusain et au calame combinant la technique calligraphique perse et la gestuelle propre à la calligraphie japonaise, représentant des corps de femmes posés sur des lettres et des lettres sur les corps.

"En Chine, la calligraphie est en soi une religion, une spiritualité, parce que l'artiste, selon le grand maître François Cheng, "cherche à rejoindre l'immense par l'infime et à donner par là une présence à l'invisible."

Ou, comme confie Fabienne Verdier dans son entretien avec le sage Charles Juliet, c'est en pratiquant la calligraphie chinoise qu'elle a appris à peindre "la non-existence des choses"." p. 117

Essai autobiographique, réflexion sur l'exil, sur l'art et la calligraphie, La Ballade du Calame nous convie dans l'univers de cet auteur touchant dans ses hésitations. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Iconoclaste 

Du même auteur :  Terre et cendres Syngué sabour, pierre de patience

D'autres avis : Jostein 

 

 

La ballade du Calame, Atiq Rahimi, L'iconoclaste, août 2015, 185 p., 18 euros 

 

 

La maison de la poésie à Paris propose une exposition jusqu'au 25 octobre "Atiq Rahimi - "Callimorphies"" et une performance autour de cet essai le 10 octobre 2015 à 19h  

 

Maison de la Poésie

Passage Molière
157, rue Saint-Martin - 75003 Paris
M° Rambuteau - RER Les Halles

 

Infos et réservations

tél : 01 44 54 53 00
du mardi au samedi de 15h à 18h

accueil@maisondelapoesieparis.com

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Jackpot de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Le jackpot, ils sont deux à le toucher lors de ce tirage du loto : la première est JoLayne Chance, assistante vétérinaire en Floride, et les deuxièmes sont deux truands de bas étage. Ces derniers refusent de partager le magot avec qui que ce soit. qu'à cela ne tienne, ils décident de voler le billet gagnant de leur compaire. Vingt-huit millions seront toujours mieux que quatorze pour ces adeptes de la théorie du complot qui souhaitent ainsi financer leur projet de création d'une milice des "Aryens au blanc buccin" visant à s'opposer à l'invasion des Etats-Unis par les troupes de l'OTAN stationnées au Bahamas. Ils n'ont ainsi aucun scrupule à spolier  de son bien JoLayne, une Noire considérée comme l'ennemie à abattre. Heureusement cette dernière sera aidée par Tom Krone, journaliste au grand coeur envoyé en mission spécial pour son journal auprès de JoLayne pour écrire l'article du siècle. 

Ils ne seront pas trop de deux face aux deux truands à la petite semaine pas très futés que sont Bode Gazzer et Chub personnage atypique avec sa queue de cheval, son bandeau en pneu de bagnole sur l'oeil et un gros crabe accroché à sa main (Hiaasen est coutumier du fait, dans Queue de poisson il s'agissait d'un chien qui ne voulait pas lâcher sa prise). 

Des personnages déjantés, des situations improbables, bienvenue chez Carl Hiaasen ! Il se plaît également à fustiger ceux qui montent des arnaques religieuses pour profiter du "boom du marché religieux". Les habitants du petit village de Grange où habite JoLayne sont spécialistes en ce domaine : que ce soit Demencio et sa Madone qui pleure grâce à un ingénieux système de tuyaux, la femme qui a vu le visage du Christ dans une flaque d'eau sur la route, ou encore Amador qui se perce les paumes des mains, et les fait passer pour les stigmates du Christ, tous son rôdés dans l'art d'arnaquer les touristes en mal de miracles.

"Etonnant ! Les stigmates du Christ !

Venez voir le stupéfiant Dominic Amador

Le heumble charpentier quis 'est réveillé

un bô jour avec les blessures de la crussifiction

identiques ezactement à celles du Christ lui-même,

le Fils de Dieu !

Saignements chaque jour de 9 heures

du matin à 16 heures.

Le samedi de midi à 15 heures 

(les pomes seleument).

Visites ouvertes au publik. Offrandes bienvenues !

4834 Haydon Burns Lane

(La Croix est devant la maison)

 

A partissipé à l'émiion-télé de Pat Robertson

"Signes du Ciel" !!!"

Hiaasen n'oublie pas non plus son credo écologiste puisque JoLayne veut racheter avec son jackpot vingt-deux hectares d'un maquis luxuriant où les animaux batifolent librement pour l'arracher à des prometteurs immobiliers.

Jackpot est un roman policier explosif jubilatoire dans la lignée des meilleurs Hiaasen ! A mettre entre toutes les mains !

 

Du même auteur :  Mauvais coucheur ;  Cousu main Niak 

 

Jackpot, Carl Hiaasen, traduit par Yves Sarda, 10-18, 2005, 7.14 euros

 

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