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Voyage vers le nord de Karel CAPEK

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Croyez-moi, le monde est beau."

Ce que j'ai aimé :

En 1936 Karel Capek met le cap vers le nord, destination le Danemark, la Suède et la Norvège. En train ou en bateau, il admire les forêts à perte de vue, s'arrête fasciné dans les fjords "c'est une chose qui ne fait plus partie de ce monde, une chose indescriptible", salue les vaches noires et blanches, et rêve devant les fermes rouges qui semblent si accueillantes :

"Ce n'est rien qu'un petit pont de pierre qui enjambe une rivière paisible ; et pourtant ce pont semble mener de l'autre côté, vous savez, de l'autre côté, là où les soucis et la hâte n'existent plus, et où, probablement, on ne meurt jamais. Ce n'est rien qu'une maisonnette rouge et blanc entre des arbres verts ; mais, ma foi, on se dit qu'on serait heureux si on y vivait ; je sais bien que ce n'est pas vrai, que ce n'est pas si facile d'être heureux, et que cela ne s'apprend pas, même au paradis ; mais ce pays est ainsi fait que le voyageur y est immédiatement enclin à croire à la paix, à la tranquillité, au calme et aux vertus cardinales." p. 265

Il se laisse peu à peu gagner par la magie de ces lieux en sursis.

"Et j'ai vu des arcs-en-ciel de minuit tendus de rivage en rivage, un coucher de soleil doré et humide se refléter dans la mer par une aube glacée ; j'ai vu les lueurs de l'aurore et du couchant se fondre en un rayonnement palpitant des eaux, le peigne d'argent du soleil caresser la surface étincelante de la mer. Les sentiers brillants des dieux marins se mirent à scintiller furieusement sur les eaux et le jour fut. Bonne nuit, bonne nuit, car c'est le jour, la première heure ; les montagnes se dissimulent derrière un  voile de soleil ; au nord, le vaste sund luit d'une blanche clarté, la mer clapote froidement et le dernier passager du bord plonge frileusement dans un nouveau livre." (p. 185)

"Je sais que tout cela ne mérite pas d'être raconté, et que d'autres que moi en ont vu cent fois plus : mais je suis patriote européen et si je ne devais plus jamais rien voir, je dirais jusqu'à ma mort : "J'ai vu la grandeur du monde." Peut-être que notre planète refroidira un jour - ou que nous nous en chargerons, nous les hommes ; nous mettrons alors une telle pagaille qu'il n'y aura même plus de mouettes pour crier au-dessus des mers. Mais, quand bien même nous découperions les uns les autres en petits morceaux nous ne pourrions pas entamer la grandeur du monde. Je sais, ce n'est pas d'un grand réconfort ; nous vivons des heures sombres, et notre coeur est empli d'inquiétude ; mais le monde est grand." p. 199

Son humour illumine le récit, comme dans ces scènes durant lesquels il se retrouve sur un bateau avec un groupe de représentants d'une quelconque Eglise américaine, "cargaison spirituelle" bruyante et omniprésente :

"Ils pratiquent avec ferveur l'amour du prochain et s'exercent notamment sur les gens ouffrant d mal de mer, les chiens, les jeunes mariés, les enfants, les amrins, les autochtones, et les étrangers, en les accostant et en les encourageant, en les apostraophant chaudement, en les saluant, en leur souriant et, d'une façon générale, en les accablant de toutes sortes de prévenances ; ainsi, il ne nous restait plus qu'à nous barricader dans nos cabines pour y balsphémer tout bas, avec acharnement. Que le Dieu de miséricorde prenne nos âmes en pitié !" p. 107

Et pas une goutte d'alcool pour supporter cela, on ne vend pas d'alcool à bord des bateaux norvégiens ! Ses portraits sont toujours savoureux, il apprécie ses rencontres, telle ce capitaine de bateau débonnaire qui garde le cap et sa bonne humeur quoi qu'il arrive !

Karel Capek ne se contente pas d'écrire, il dessine et nous enchante de ses esquisses qui célèbre la beauté du monde...

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Editions du Sonneur 

Pour le feuilleter 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'année du jardinier

Autre : Récits de voyage

 

Merci à Clémentine pour ce beau voyage !

 

Voyage vers le nord, Karel Capek, illustrations de Karel Capek, traduit du tchèque par Benoît Meunier, Préface de Cees Nooteboom, Les Editions du Sonneur, 2010, 288 p., 17.30 euros

 

Message personnel : aujourd'hui c'est mon anniversaire, et le talent indéniable de Karel Capek m'a donné envie de découvrir ces contrées ... Je dis ça...

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Swan peak de James Lee BURKE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Pendant toute notre vie, la violence et le sang versé avaient été notre addiction et notre fléau. Nous avions dilapidé notre jeunesse au Vietnam et en avions rapporté un héritage d'amertume et de vinaigre dont nous parvenions pas à rincer nos rêves." p. 366

Ce que j'ai aimé :

Dave Robicheaux, son épouse Molly et leur Clete Purcel ont décidé de prendre le large après l'ouragan Katrina qui a détruit la Nouelle Orléans. Ils tentent de se ressourcer dans les paysages grandioses du Montana : "La campagne était magnifique, les falaises abruptes, les sommets des tertres couverts de pins jaunes, et les pentes de fleurs sauvages précoces. Sur le bord du ruisseau, les seules traces qu'il y eut dans le gravier moelleux étaient celles de cerfs et des élans. L'air sentait le bois, la fougère humide, la pierre froide, l'humus qui reste toujours à l'ombre et la vapeur irisée dérivant sur les rochers au mileu du courant. L'odeur d'un air qui n'avait jamais été pollué par les produits chimiques de l'ère industrielle. Il sentait comme sentait la terre, sans doute, le premier jour de la Création, pensa Clete." Mais un homme va émerger soudaineement dans ce paradis terrestre et ébranler l'ordre du jour : Ridley Wellstone. Ses hommes de main semblent en avoir après Clete, puis les meurtres qui secouent la région sonnent le glas de la tranquillité bucolique des deux amis. 

"Mais un meurtre aux airs d'exécution avait été commis à portée de vue du bungalow où Molly et moi habitions, et prétendre qu'un acte aussi  monstrueux n'avait aucun lien avec nos propres vies, attendre que les autorités, avec leurs moyens limités, assurent la sécurité de notre environnement, ça rappelle la conduite de quelqu'un qui se repose sur l'homme de la météo pour le protéger des astéroïdes." p. 92

Clete a alors rendez-vous avec un fantôme issu de son passé, Sally Dio, et Dave seconde le shérif du comté de Missoula. Ils se heurtent ainsi aux frères Wellstone, à Jamie Sue, chanteuse de talent, un musicien métis en fuite, un gardien de prison qui le suit à la trace,  un prêtre peu orthodoxe. Les démons de James Lee Burke ne manquent pas à l'appel : l'alcool comme anésthésiant, la violence incontrôlée, le passé trouble qui hante les nuits, le paradis définitivement perdu... Les hommes combattent leurs propres fantômes, si bien qu'à l'orée des chemins, ils ignorent encore quels chemins ils vont prendre : celui de la violence ou celui de la rédemption ? 

"Quel genre d'homme étais-je ? avait-il demandé. La réponse que je lui avais donnée était à la fois facile et cynique. Le fait est que, dans des moments pareils, je n'avais aucune idée de qui vivait dans mon corps." p. 419

Un roman profondément lyrique dans lequel sentiments et mort s'entremêlent pour enchanter le lecteur !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Payot et rivages 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La rose du cimarron   

La série de Dave Robicheaux dans l'ordre : 

La Pluie de néon,

Prisonniers du ciel,

Black Cherry Blues

Une saison pour la peur

Une tache sur l'éternité

Dans la brume électrique avec les morts confédérés

Dixie City

Le Brasier de l'ange

Cadillac Jukebox

Sunset Limited

Purple Cane Road

Jolie Blon's Bounce

Dernier tramway pour les Champs-Elysées

L'Emblème du croisé

 La descente de Pégase

La nuit la plus longue

Swan Peak

L'Arc-en-ciel de verre

Créole belle

D'autres avis :

Lecture commune avec Electra

Pourquoi Swan Peak est le meilleur des derniers James Lee Burke ? 

Télérama

 

Swan Peak, James Lee Burke, traduit de l'anglais par Christophe Mercier, Rivages noir, 2014, 555 p., 

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En même temps, toute la terre et tout le ciel de Ruth OZEKI

Publié le par Hélène

 

♥ ♥

"Dans une fraction de seconde nous est donnée l'opportunité de choisir et d'orienter notre ligne de conduite vers la vérité ou de l'en détourner. Chaque instant est absolument crucial pour le monde entier." p. 466

Ce que j'ai aimé :

Ruth vit au bout du monde, sur une île canadienne coupée du continent. Elle tente d'avancer dans l'écriture de son roman, quand elle trouve sur la plage le journal intime d'une jeune japonaise. Comment a-t-il échoué jusqu'à elle ? Hasard ou destinée, Ruth l'ignore, mais rapidement elle se plonge dans la lecture du journal et  la jeune Nao ne quitte plus son esprit. 

Les pages du journal dessinent le destin tourmenté de la jeune adolescente, victime de harcélement à l'école, perdu à la maison entre un père suicidaire et une mère absente, ayant comme seule amie sa grand-mère, une nonne zen féministe. Pages après pages, l'angoisse étreint Ruth qui craint que Nao ne soit en danger. Mais plus elle effectue des recherches sur elle, plus la jeune femme semble se dérober. 

Ruth pourra-t-elle influer sur le destin de la jeune fille ? L'écrivain a-t-il le pouvoir de sauver et de réécrire l'histoire de personnes réelles ? Ruth brise peu à peu les barrières du temps et de l'espace pour approcher la jeune Nao.

Ce récit fluide est un puits d'érudition, abordant des sujets très variés comme le bouddhisme, le harcèlement scolaire, le suicide, ou encore la philosophie et le chat de Schrödinger, l'écologie... Méditation sur le temps, l'identité, il encourage à une nouvelle approche du monde qui nous entoure. 

"Elle dit que l'anonymat est ce qui fait maintenant la célébrité. Que la nouvelle attitude en vogue consiste à faire en sorte que personne n'obtienne de résultat en tapant votre nom sur Google. Que cette absence de résultat montre combien vous êtes méconnu, et que là réside la vraie liberté." p. 548

Le lecteur, porté par la fluidité du récit oscille entre imaginaire et réalité dans un univers foisonnant et fascinant.

Ce que j'ai moins aimé :

Malgré tout, des longueurs ralentissent le récit. De plus, la pauvre Nao accumule tellement de situations extrêmes que cela en devient peu crédible. Pour finir, le dénouement confus manque lui aussi de véracité,  comme s'i l fallait terminer sur une note positive. 

Présentation de l'éditeur :

Belfond 

10-18 

D'autres avis :

Presse 

Séverine ; LaureMeelly 

 

 

En même temps, toute la terre et tout le ciel, Ruth OZEKI, traduit de l'anglais (EU) par Sarah Tardy, 10-18, 2013, 9.10 euros

Publié dans Littérature Asie

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Allmen et les libellules de Martin SUTER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Allmen a connu la fortune, le luxe et même s'il croule aujourd'hui sous les dettes et est poursuivi par ses créanciers, il ne peut s'empêcher de conserver le même standing, refusant de montrer que les temps héroïques sont révolus pour lui. Comme sa situation devient de plus en plus périlleuse, la nécessité de trouver une solution durable devient vitale pour lui. Aussi, quand il rencontre Joëlle, fille d'un riche banquier collectionneur, accroc aux somnifères et souvent seule dans sa grande villa, voit-il là un signe du destin. Quand il se retrouve par hasard nez à nez avec des pièces de collection, des coupes signées Gallé, alors que la jeune femme ronfle du sommeil des bienheureux, sa décision s'affine prodigieusement... Et voilà notre Allmen déshérité transformé en gentleman cambrioleur. Mais c'est après le vol somme toute facile que tout se complique...

Le roman possède le charme des Arsène Lupin avec un personnage outrageusement dépensier, et prêt à tout pour continuer à brasser cet argent qui file si rapidement... Le personnage a ici plus d'importance que l'intrigue, tout comme les personnages secondaires tels que Carlos, homme à tout faire tout dévoué à Allmen. 

Allmen et les libellules est le premier opus d'une série mettant en scène Allmen et son acolyte, suivront Allmen et le diamant rose et Allmen et les dahlias

Ce que j'ai moins aimé :

Je n'ai pas l'impression que ce roman me laissera une impression durable. La lecture est plaisante mais pas inoubliable...

Présentation de l'éditeur :

Christian Bourgois  ; Points 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Allmen et le diamant rose ;  Allmen et les dahlias

D'autres avis :

LireLe Monde

Papillon Miss Alfie 

 

Allmen et les libellules, Martin Suter, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, mai 2012, 168 p., 5.7 euros

Publié dans Littérature Europe

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Monologues de la boue de Colette MAZABRARD

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Humilité ? Devenir humus." 

Mon avis :

Une femme part sur les chemins, de Boulogne-sur-Mer à la Belgique, du nord de la France au Jura, des Ardennes à la Suisse, puis plein ouest, vers une fin de terre, au-delà de Saint-Jacques de Compostelle. Elle marche, seule, plus attentive à ses pas, à ses rencontres, au présent qu'à un but prédeterminé. 

"Pour toi, non, l'essentiel n'est pas d'arriver à Compostelle, mais de t'oublier et de te remplir de chemin, de transformer le temps devant toi en chemin, de te faire traverser par le chemin, le paysage, les visages, les lumières, les paroles du chemin. Pour toi le but est de faire chemin, d'être en chemin, d'être chemin." p. 78

Peut-être est-elle à la recherche d'elle-même dans sa volonté de se fondre dans le paysage, dans une double quête d'oubli de soi et d'accord avec son être profond. 

"Reviennent des images du chemin qui, déjà, te manque : une pie guide son enfant, les eucalyptus sentent fort. Une femme s'assoit dans le petit kiosque duduel tu observes les clochers de la ville et te salue. Il va pleuvoir sur Santiago? Les arbres pèlent, les arbres penchent, les pas dictent les phrases. Tu courbes le temps de ta vie à l'espace de tes pas. Le temps de ta vie épouse le chemin." 

Le projet initial de l'auteur était d'écrire un texte qui accompagnerait des photos. Puis au fil de l'écriture, il est apparu que le texte pouvait se suffire à lui-même et l'intention a changé. De fait, ce changement se ressent : plus travaillée, plus littéraire, la deuxième partie se suffit davantage à elle-même que la première partie destinée à l'origine à être mise en regard des photographies. Le début de ses pas est assez banal, au rythme des marches, des nuits, des rencontres avec les villageois, des personnes qui hantent les bars... Du déjà lu que les photographies auraient sans doute densifié. 

La deuxième partie résonne de façon plus personnelle, plus intime.

"Travailler, oui, mais travailler à ce que nous estimons beau et juste, en dépit de la naïveté, en dépit de l'enfance, en dépit du regard des autres ou de l'autre en nous.

Ne pas écraser les fourmis. Fourmi, hormiga." p. 70

Un avis en demi-teinte donc pour ce récit que j'aurais aimé voir illustré de photographies...

Présentation de l'éditeur :

Editions Verdier 

Vous aimerez aussi :

sur compostelle :

D'autres avis :

Clara ; Aifelle ; Cathulu

Télérama 

 

Monologues de la boue, Colette Mazabrard, Verdier, 96 p., 13 euros

 

Merci à l'éditeur. 

Publié dans Récits de voyage

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La belle amour humaine de Lyonel TROUILLOT

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"La vie n'est jamais rien qu'un ouvrage collectif." 

Ce que j'ai aimé :

Dans un taxi, la jeune Anaïse se dirige vers un village côtier d'haItien, Anse-à-Fôleur sur les traces de son père qu'elle a à peine connu. Elle cherche aussi à comprendre certaines pages opaques de son histoire familiale liées à son grand-père, Robert Montès qui a péri dans l'incendie de sa villa. Pour l'accompagner dans son voyage, Thomas, lui-même issu du petit village. Thomas qui va monologuer pendant ce voyage pour présenter à Anaïse ce qu'elle doit savoir, ou ne pas savoir du passé du village, de son pays... 

S'il commence par critiquer de la condescendance des pays riches, l'arrogance des riches touristes et des profiteurs en tous genres, il va amener la jeune femme à s'interroger plus largement sur le sens de la vie, sur sa présence au monde. A travers son monologue, il demande une écoute, un partage. Comment  en effet vivre ensemble, quel sens donner à sa présence au monde sinon celui de la solidarité, de l'amour du prochain ?

"Laissez les choses à leur mystère. Maintenant que je ne vois plus, je ne trouve pas meilleur usage de ma présence au monde que de regarder par le fenêtre. Oui, deux hommes sont morts, deux maisons ont brûlé. Mas est-ce là le plus important ! Un jour, vous aussi vous mourrez. Quand viendra l'heure, posez-vous la question qui compte : "Ai-je fait un bel usage de ma présence au monde ?" Si la réponse est non,  ce sera trop tard, pour vous plaindre comme pour changer. Alors n'attendez pas. Les circonstances de la mort n'offrent pas de clé pour commprendre. La mort demeure pour le vivant la plus banale des occurences, la seule qui soit inévitable. La mort ne nos appartient pas, puisqu'elle nous précède. Mais la vie..." p. 25

"Mais je pense que le problème avec les causes et les motivations, ce n'est pas de n'en avoir adopté aucune quand on avait vingt ans, c'est de les perdre à quarante." p. 140

Lyonel trouillot fait preuve ici d'un art du conteur alliant lyrisme et puissance de l'écriture. A la question de l'utilité de sa présence au monde, il alui-même répondu : "Essayer d'être utile, un peu. J'aime cette idée de l'individu devenant un "aide-bonheur" pour les autres, à charge de réciprocité." (source : Mandor)

Ce que j'ai moins aimé :

- Le style est quelque peu déroutant au début puisqu'il s'agit d'un long monologue, mais une fois entré en ces pages, on ne peut qu'être envoûté...

Présentation de l'éditeur :

Actes Sud 

Vous aimerez aussi :

Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain

D'autres avis :

Babélio

 

La belle amour humaine, Lyonel Trouillot, Actes Sud, 2011, 169 p., 17 euros

 

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Doppler de Erlend LOE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Ne sois pas trop appliqué."

Ce que j'ai aimé :

Après un vol plané lors d'une promenade à vélo, Doppler décide de s'installer dans une tente dans la forêt, afin de rompre avec la civilisation, femmes et enfants compris. Son meilleur ami devient un élan et son programme est prometteur :

"Mes chers compatriotes, Norvégiennes, Norvégiens, crié-je. Je ne vous aime pas. Il faut vous ressaisir. Il faut relever la tête et arrêter de vous pavaner avec votre putain d'application de merde. Et vous, les mecs de droite, bande de nases, liquidez-moi vos sales clébards et enlevez-moi de votre sale gueule vos rictus suffisants. Autre chose : il faut faire du troc. Et du vélo. Echangez et pédalez comme des dératés si nous voulons avoir une chance que tout le machin tienne encore un chouia. Car qui possède le souffle du vent dans les arbres et les fleurs dans les champs, hein ? Et les Teletubbies doivent brûler en enfer et ... merd-deuh..." p; 123

Vous l'aurez compris Doppler est un être à part : 

"On peut tout à fait être branque, mais tant qu'on est norvégien. Nous sommes tous branques et norvégiens les uns comme les autres. Et comme tout le monde est branque, il est d'une certaine manière normal d'être branque. Donc la conclusion, c'ets que personne n'est branque. Au final, on est uniquement norvégien." p. 142

Il s'épanouit dans sa nouvelle vie de "sauvage" et se lie avec son voisin le plus proche, Düsseldorf, passionné de modèles réduits et tout aussi branque que lui...

Le Doppler de Erlend Loe offre un regard décalé sur notre société de consommation aliénante. Un homme qui éduque son fils en lui disant "ne sois pas trop appliqué." ne peut qu'être attachant...

Ce que j'ai mois aimé :

- Rien. Par contre, j'ai voulu lire la suite "Volvo trucks" et je n'ai pas du tout accroché...

Présentation de l'éditeur :

10/18

D'autres avis :

Babélio 

 

Doppler, Erlend Loe, traduit par Jean-Baptiste Coursaud,  10/18, 2009, 208 p., 7.50 euros

Publié dans Littérature Europe

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Le concert posthume de Jimi Hendrix de Andreï KOURKOV

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Qu'avons-nous à faire de la vérité ? Le mythe est toujours plus important que la vérité !" 

Ce que j'ai aimé :

Dans la petite ville de Lviv en Ukraine, des phénomènes étranges se produisent la nuit : une odeur d'iode flotte dans l'air, l'eau salée coule des robinets et des mouettes agressives attaquent les habitants. C'est dans cette atmosphère étrange que Alix et ses amis hippies célèbrent comme chaque année la mémoire de Jimi Hendrix au cimetière. Ils  sont rejoints par Riabtsev, ancien capitaine du KGB chargé à l'époque de surveiller les hippies, et aimant désormais se retirer dans son pigeonnier. Contre toute attente, une belle histoire d'amitié naîtra entre Alix l'ancien hippie et le colombophile. Ils s'intéresseront de près aux évènements étranges qui parcourent leur ville, tout comme Taras, "vibrothérapeute" d'un nouveau genre qui travaille uniquement la nuit et a lui aussi observé ces changements d'atmosphère. Taras pour le moment est surtout occupé à séduire la belle Darka, jeune femme allergique à l'argent... 

Ces êtres nocturnes nous offrent une fable moitié mystique, moitié magique sur l'amour du prochain. Chacun aide son voisin et pourfend les idées reçues, tous ces a prioris réducteurs et aliénants. 

"Le monde passé était fait de conventions, c'est pourquoi il s'est désagrégé, dit-il, songeur. Ce monde actuel n'est pas différent, mais les conventions sont autres. Lui aussi n'est pas différent, mais les conventions sont autres. Lui aussi se décomposera avec le temps. L'essentiel, c'est de protéger son propre monde intérieur de toutes les conventions, quelles qu'elles soient." p. 111

Une mer de Carpates souterraine qui souhaite reprendre sa place, des mouettes qui attaquent les plus faibles, des personnages de roman qui s'échappent des pages, l'univers de Kourkov est à la fois fantaisiste et absurde, pour le plus grand plaisir du lecteur...

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelques longueurs.

Présentation de l'éditeur :

Liana Levi 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Laitier de nuit Surprises de Noël 

 

Le concert posthume de Jimi Hendrix, Andreï Kourkov, traduit du russe par Paul Lequesne, Liana Levi, avril 2015, 343 p., 21 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Le mois anglais - Billet de présentation

Publié le par Hélène

En juin, le mois anglais revient pour une quatrième édition !

Organisé par  CryssildaTitine et Lou, Il consiste comme son nom l'indique à éditer des billets sur des livres, films, musique, recettes de cuisine, récits de voyages britishs.

Un petit rappel sur les livres qui sont acceptés dans ce challenge : ils doivent être écrits par un auteur anglais ou se dérouler entièrement en Angleterre. 

Si vous souhaitez participer, rendez-vous sur le blog des demoiselles...

Voici le programme des lectures communes : 

LC consacrées à un auteur :

-LC Mark Watson : 1er juin

-LC 175 ans de Thomas Hardy : 2 juin

-LC ou billet hommage à Terry Pratchett : 10 juin

-LC autour d’Ann Granger : 12 juin

-LC autour de Jane Austen : 16 juin

-LC autour de Tracy Chevalier (romans se déroulant en Angleterre) : 20 juin

-LC autour de Ian McEwan : 24 juin

-LC autour de Charles Dickens : 26 juin

-LC autour de Daniel Defoe : 28 juin

-LC 200 ans d’Anthony Trollope : 30 juin

-LC autour de Conan Doyle : Date ?

-LC autour de Jonathan Coe : Date ?

LC sur d’autres thématiques :

-Journée polar anglais : 4 juin

-Roman historique se déroulant en Angleterre : 6 juin

-Journée littérature enfantine anglaise : 8 juin

-LC Reines et Rois anglais : 14 juin

-Journée auteurs anglais d’origine étrangère : 15 juin

-Journée autour des écrivaines anglaises du 20ème siècle : 18 juin

 

Pour ma part je rejoindrai les lectures communes pour : 

- Thomas Hardy le 2 juin avec Les forestiers,

- pour la journée polar anglais avec Lignes de fuite de Harvey,

- et pour Trollope.

Pour les autres lectures, j'envisage de sortir de ma PAL :

- Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons

- Le tome 2 de la trilogie de Corfou de Gérald Durrell

- L'excellence de nos aînés de Ivy Compton- Burnett

 

Alors rendez-vous en juin ! 

Publié dans Littérature Europe

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L'étoile du diable de Jo NESBO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Harry Hole traverse une période sombre : ses vieux démons l'ont rattrapé, il sombre à nouveau dans l'alcoolisme, ses nuits sont hantées par des cauchemars, Rakel s'est éloignée, et ses supérieurs réclament sa démission. Avant son départ, il doit collaborer de surcroit avec son ennemi notoire Tom Waaler, été oblige, les effectifs étant trop réduits pour placer quelqu'un d'autre sur l'enquête. Un serial killer semble s'acharner sur les jeunes femmes leur sectionnant un doigt et plaçant à leurs côtés un diamant rouge taillé en forme d'étoile et un pentagramme, symbole connu sous le nom de "l'étoile du diable". De nombreuses fausses pistes emmèneront Hole aux quatre coins de la ville...

Le rythme haletant emporte irrémédiablement le lecteur dans sa lecture.

Ce que j'ai moins aimé :

Les péripéties et retournement de situation sont monnaie courante chez Nesbo, mais ici le principe est poussé au maximum, égarant le lecteur à plaisir.

L'alcoolisme de Harry Hole pathétique au début du roman semble s'effacer comme par magie au fil de l'intrigue, peu crédible !

J'ai retrouvé les défauts du Léopard : un peu trop d'actions au détriment de la finesse des personnages.

Un roman efficace mais sans plus.

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

Vous aimerez aussi :

La série des Harry Hole :

Série Harry Hole
  1. L'Homme chauve-souris
  2. Les Cafards
  3. Rouge-gorge
  4. Rue Sans-Souci
  5. L'Étoile du diable
  6. Le Sauveur
  7. Le Bonhomme de neige
  8. Le Léopard
  9. Fantôme
  10. Police

D'autres avis :

Le vent sombre ; Babélio

 

L'étoile du diable, Jo Nesbo, traduit du norvégien par Alexis Fouillet, 2006, nouvelle édition en 2014, 592 pages, 

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