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L’écume des jours de Boris VIAN

Publié le par Hélène

                                       ecume des jours

 ♥ ♥

   L’auteur :

 

 Boris Vian est né d'un père rentier et d'une mère musicienne (harpe et piano). Il est le second de quatre enfants. A douze ans, on lui découvre une insuffisance aortique.

Il intègre l'École centrale en 1939 et devient ingénieur en 1942. 
Cependant, passionné de musique, en particulier de jazz, il passe le plus clair de son temps dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés. Il s'y fait connaître comme trompettiste et rédige des articles dans plusieurs journaux de jazz dont Jazz Hot. Par ailleurs, il écrit plusieurs centaines de chansons.

Vian est influencé par le mouvement existentialiste, auquel il contribue dans sa "Chronique du menteur", au sein de la revue de Sartre les Temps modernes.

Son premier roman célèbre (sous l'hétéronyme de Vernon Sullivan) est J'irai cracher sur vos tombes, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S'ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.
Si les œuvres à succès, signées Vernon Sullivan, ont permis à Vian de vivre, elles ont aussi occulté les romans signés de son vrai nom, œuvres plus importantes à ses yeux. D'après lui, seuls ces derniers avaient une véritable valeur littéraire.

1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

Boris Vian meurt d'une crise cardiaque quelques minutes après le début du film, J'irai cracher sur vos tombes, inspiré de son roman, au cinéma Le Marbœuf. 

Son œuvre connut un immense succès public posthume dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de mai 1968. (Source : Babélio)

 L’histoire :

 Dans un univers mêlant quotidien et onirisme, ce premier roman conte les aventures de Colin, de Chick, d’Alise et de la belle Chloé. Deux histoires d’amour s’entremêlent : Colin est un jeune homme élégant, rentier, qui met fin à son célibat en épousant Chloé, rencontrée à une fête, tandis que son ami Chick, fanatique transi du philosophe vedette Jean-Sol Partre, entretient une relation avec Alise. Tout irait pour le mieux sans les forces conjuguées de la maladie (Chloé est victime d’un « nénuphar » qui lui dévore le poumon) et du consumérisme (Chick consume ses ressources dans sa passion pour Jean-Paul Sartre) qui s’acharnent sur les quatre amis. La plume alerte de Boris Vian, qui multiplie les néologismes poétiques et les jeux de mots (le pianocktail, le biglemoi, les doublezons…) semble le faire par politesse, car sous ses dehors de roman d’amour pour éternels adolescents, l’Ecume des Jours est un piège qui étouffe petit à petit le lecteur et les personnages. A l’image de la maladie de Chloé qui s’étend, la légèreté et l’innocence qui ouvrent le roman sont progressivement contaminées par le drame.

Un classique moderne, salué à sa sortie par Raymond Queneau comme « le plus poignant des romans d'amour contemporains. » (Source : Babélio)

 Ce que j’ai aimé :

 

 « Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, (…). » (Avant- propos)

 

Par sa poétique irréelle, Boris Vian peint un monde tragique marqué par l’aliénation du travail, les passions dévorantes poussant à une consommation effrénée et ruineuse, un monde duquel on ne sort pas indemne. Mais au cœur de cette vision pathétique de l’existence, la passion amoureuse peut s’épanouir pour épargner quelques instants les individus pris dans la glu d’un quotidien désabusé. L’amour et la musique, deux pôles rédempteurs. Colin aime Chloé et Chloé aime Colin, et même si leur amour est condamné, il leur permet se s'échapper et de croire à un monde meilleur. Chick par contre sacrifiera son amour physique pour une passion immodérée pour un auteur à la mode qui le ruinera. N'est pas sauvé qui veut...

Aussi Boris Vian nous offre-t-il un roman-jazz à l’imaginaire foisonnant, plantant son intrigue amoureuse dans un univers fantastique absurde : des patineurs s’écrasent contre les murs et y restent collés « comme une méduse de papier mâché écartelée par un enfant cruel. » mais cela n’affecte personne, des « varlets-nettoyeurs » viennent nettoyer puis tout rentre dans l’ordre… (p. 45)

 

Les dialogues sont enlevés et drôles, comme pour conjurer le mauvais sort :

" - Ah… dit Colin. Combien vous dois-je ?...

- C’est très cher… dit le marchand. Vous devriez m’assommer et partir sans payer.

- Oh, dit Colin, je suis trop fatigué. » ( p. 194)

La puissance de la poésie et de l’imaginaire sont chantés ici avec passion. La richesse du style concoure à nous enchanter : néologismes (dilatoirement, trousse à doctoriser, zonzonner…), savant mélange des niveaux de langues, jeux de mots, mot valise (piano-cocktail). Les inventions sont tout aussi savoureuses et éclairées.

 

Un beau roman à l'univers particulier à découvrir...

Ce que j’ai moins aimé :

 Je n’ai pas été particulièrement sensible à cet univers, je reste –il faut le dire- relativement hermétique à ce qui est surnaturel…

 Premières phrases :

 « Colin terminait sa toilette. Il s’était enveloppé, au sortir du bain, d’une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. Il prit à l’étagère, de verre, le vaporisateur et pulvérisa l’huile fluide et odorante sur ses cheveux clairs. »

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L'arrache-coeur

Autre : le film de Gondry

 

 L’écume des jours, Boris Vian, Le livre de poche, 6.60 euros

  

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Mon grand ami d’Eric BATTUT

Publié le par Hélène

                           mon grand ami

♥ ♥ ♥

Quand l'amitié permet de vaincre sa timidité ...

 

L’auteur :

 Eric Battut est né à Chamalières, où il vit et travaille.

Après six années d'études en économie et en droit, il a étudié à l'École Emile Cohl de Lyon. En 1996, ses premières illustrations pour "La Chèvre de Monsieur Seguin" sont montrées à Bologne.
En 1997, il a reçu le prix "Figue Future" de Montreuil, ainsi que le Prix Octogones 2000 du CIELJ. Il a depuis publié chez Didier jeunesse, Milan, Bilboquet et Bohem Press. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Monsieur Tim est un grand timide. Mais lorsqu'il croise un jour le chemin du discret Monsieur Puce, c'est comme une révélation: ni zozotements ni bégaiements, ni gêne ou hésitation, ces deux-là sont faits pour être ensemble !

Une jolie fable sur la timidité et le courage, la confiance en soi que procure l'amitié. (Source : Babélio)

A partir de 3 ans.

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Ce que j’ai aimé :

 La rencontre de Monsieur Tim et de Monsieur Puce transforme radicalement leur vie et leur personnalité. L’assurance que leur donne cette nouvelle amitié miraculeuse est le sésame qui leur permet désormais d’être eux-mêmes, épanouis et heureux quand ils n’étaient auparavant que l’ombre du meilleur d’eux-mêmes…

La sincérité de cette belle histoire d’amitié est touchante et permet pour les plus jeunes d’aborder le thème de la timidité de façon ludique et intelligente.

Les dessins restent simples pour parler à l'âme des plus jeunes. 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 - Rien

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Premières lignes :

« Monsieur Tim n'avait pas d'amis, car monsieur Tim était très très timide. Quand quelqu'un lui disait bonjour, il bégayait, zézayait, rougissait, puis tournait les talons sans entamer la conversation.

Ce matin-là, après avoir longtemps marché le long d'un chemin, monsieur Tim s'arrêta pour se reposer. Il s'endormit.
Venu d'on ne sait où, monsieur Puce vit monsieur Tim, qui lui ouvrit l'appétit.
Monsieur Puce prit son élan. En quelques bonds, il se posa sur monsieur Tim, sur son nez exactement. Monsieur Tim se réveilla en sursaut :
«Une puce ! s'écria-t-il. Quel fléau !» »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Veux-tu être mon ami ?

Autre : Le catalogue des éditions Autrement jeunesse donne envie de tout découvrir... : http://www.autrement.com/userfiles/catalogues/cat_cat3.pdf

 

 Mon grand ami, Eric Battut, Autrement jeunesse, avril 2013, 24 p., 12.50 euros

 
 

tous les livres sur Babelio.com

Publié dans Jeunesse Album

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La fille de l’irlandais de Susan FLETCHER

Publié le par Hélène

 

fille de l'irlandais

♥ ♥

 

L’auteure :

 

Susan Fletcher est née à Birmingham en 1979. Avis de tempête est son deuxième roman après La fille de l'Irlandais (Plon 2006) qui a connu un immense succès en Angleterre (sélectionné par le célèbre talk-show " Richard and Judy ").

 

L’histoire :

 

Eve Green, huit ans, de père inconnu, sa mère subitement morte, se trouve renvoyée chez ses grands-parents dans un petit village du beau et sauvage pays de Galles. Un univers dur, où les mesquineries et le mépris jalonnent sa vie d'écolière. 

Un jour, la plus jolie fille de la classe disparaît, et le microcosme villageois se met en ébullition : enquête, soupçons, mensonges, faux témoignages, vengeance, culpabilité - à huit ans, c'est une drôle d'éducation à la vie qui lui tombe dessus. Seuls deux amis réussissent à gagner sa confiance, jusqu'au jour où l'un d'eux disparaît à son tour... 

Vingt ans plus tard, enceinte de son premier enfant, Eve remet en place, dans la sérénité et dans l'amour, le puzzle de sa vie ; et il en surgit ce magnifique conte d'innocence perdue, de paix et de bonheur retrouvés, de mystères résolus. 

Ce livre, couronné par les deux prix littéraires les plus prestigieux attribués aux premiers romans en Grande-Bretagne (le Whitebread et le Betty Trask Award), s'est déjà vendu à 200 000 exemplaires en Angleterre.

 

Ce que j’ai aimé :

 

Les époques s’entrecroisent pour nous livrer le destin particulier de la jeune Evangeline et de sa mère amoureuse d’un homme roux mystérieux, le père d’Eve, qu’elle n’a jamais connu.

Eve adulte et enceinte nous livre ses souvenirs liés à son arrivée chez ses grands-parents, dans la région sauvage du pays de Galles, suite à la mort brutale de sa mère. Sa personnalité frondeuse étonne et charme son entourage, même si elle pose souvent des questions dérangeantes.

Une atmosphère mélancolique teintée de mystères plane sur le récit de la jeune femme qui a eu la chance de grandir dans un univers protégé parmi des gens aimants. La disparition de la jeune Rosie va ébranler cet équilibre somme toute fragile...

Hymne à l’enfance, à ses joies, ses rencontres, cette liberté insouciante, mais aussi ses failles, ses sentiments exacerbés, ses mensonges innocents qui peuvent être quelquefois à double tranchant, La fille de l'irlandais est un roman doux et nostalgique à la violence sous-jacente…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

Ce roman souffre à mes yeux d’un problème de construction :

- déjà, très prosaïquement, la première partie s’étend sur 187 pages, puis le livre 2 court sur 112 pages seulement et enfin le livre 3 sur 10 pages.

- de plus la première partie instaure un suspens concernant la disparition de la jeune Rosie et un mystérieux incendie, et que tout n’est résolu que quelques pages avant la fin. L’équilibre entre suspens et explications aurait pu être plus subtil.

- enfin l'auteure choisit d'entrelacer les époques et les récits : celui d'Evangeline enfant, celui de Evangeline adulte, celui de sa mère avec des allers-retours incessants qui peuvent rapidement lasser le lecteur...

En conclusion, il s’agit là du premier roman de l’écrivain, il est tout à fait logique qu’il y ait quelques défauts, il n’en reste pas moins que le talent apprécié dans « Un bucher sous la neige » se devine déjà ici en filigrane.

 

Premières phrases :

 

« Sur une feuille blanche ma mère a écrit :

Hier soir, je suis allée sur le chemin, le sien. Mes jambes m’nt conduite là, à travers les fougères, et je me suis assise de nouveau sur la clotûre. D’où viennent les taches de rousseur ? Je lui demanderai. Les chauves-souris étaient sorties et j’ai passé près de deux heures à les regarder. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur :  Un bûcher sous la neige de Susan FLETCHER

Autre :  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper LEE

 

D’autres avis :

 

Lecture commune avec Philisine cave ; Une Comète

 

Jostein A propos de livresAifelleCathulu ; Liliba

 

 

La fille de l’irlandais, Susan Fletcher, traduit de l’anglais par Marie-Claire Pasquier, j’ai Lu, 2008, 310 p., 6.7 euros

 

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Déception et abandon du mois d'avril

Publié le par Hélène

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Le monde à l’endroit de Ron Rash

 

Présentation :

Travis Shelton est un jeune gars de dix-sept ans, en perpétuel conflit avec son père, un peu bravache, un peu paumé. L’été où débute ce roman, un jour de
pêche à la truite, le hasard lui offre l’occasion de commettre la bêtise qui va sans doute changer le cours de sa vie : il tombe sur une plantation clandestine de chanvre indien. C’est un jeu d’enfant de couper quelques pieds et de charger le plateau de son pick-up.
Pour écouler la moisson miraculeuse, il s’adresse à un ancien prof devenu dealer, Leonard Shuler. Trois récoltes scélérates plus tard, Travis est surpris par le propriétaire du champ, l’intraitable Carlton Toomey, qui lui sectionne au couteau le tendon d’Achille, histoire de lui apprendre qu’on ne vole pas le bien d’autrui. Mais ce ne sera pas la seule leçon de cet été-là : Travis quitte ensuite la maison paternelle et trouve refuge dans le mobile home de Leonard, qui va devenir son mentor.

À cette occasion, Travis découvrira les lourds secrets qui pèsent sur la communauté de Shelton Laurel depuis un massacre perpétré pendant la Guerre de Sécession, et se trouvera confronté aux doutes engendrés par le passé. Le passage à la stature d’homme se fera certes, et comme souvent, au prix de la découverte de l’amour et de la rupture avec le père, mais il y aura aussi un prix plus fort à payer, qui aura pour monnaie le sang. (Source : Babélio)

 

Mon avis :

 

Au fil de ma lecture mon esprit avait tendance à s'évader, perdant le fil, peu passionné par ce que je découvrais. Il faut dire que les personnages sont peu attirants : entre Travis jeune ado pas très fûté, Léonard, ancien prof devenu dealer qui vit dans un mobil home, Dena, la jeune femme avec qui vit Léonard, zombie ambulant, j'ai eu l'impression d'étouffer dans un univers glauque. si bien que ce qui devait arriver arriva : j'ai abandonné ce livre en cours de route. Pour m'apercevoir par la suite en lisant d'autres avis sur la toile qu'il a eu beaucoup de succés auprès d'autres lecteurs. A vous de vous faire votre idée dans ce cas...

 

D’autres avis :

 

Keisha MimiPinson Papillon

Télérama

 

 

grand prix lectrices de elle

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L’île des chasseurs d’oiseaux de Peter MAY

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥

 

L’auteur :

Né à Glasgow le 20 décembre 1951, il habite depuis 5 ans dans le Sud de la France (le Lot). Peter May s’est fait un nom à la télévision britannique en créant et transcrivant les scénarios de séries télévisées, très prisées outre-Manche. Nommé, à 21 ans, "jeune journaliste de l’année", il abandonne le journalisme lors de la publication de son premier roman, à l’âge de 26 ans.

Passionné par la Chine, cet écrivain écossais d’1m90, qui arbore une longue queue-de-cheval et s’habille en kilt, a pu accéder aux coulisses des enquêteurs chinois en criminologie pour effectuer les recherches nécessaires à ses romans. En reconnaissance de son travail, il a été nommé membre honoraire de l’association des écrivains de romans policiers chinois à la section de Pékin. Meurtres à Pékin est le premier roman de sa série chinoise publié en France, une série dans laquelle deux mentalités s’affrontent, celle du commissaire Li Yan et celle d’une Américaine médecin légiste. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

Marqué par la perte récente de son fils unique, l'inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d'une enquête sur un assassinat commis à Edimburg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n'est pas revenu depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi vient d'y être découvert. Cependant, dès l'autopsie effectuée par le médecin légiste, Fin ne croit plus à un lien entre les deux affaires. Sur cette île tempêtueuse du nord de l'Écosse, couverte de landes, où l'on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin retrouve les acteurs de son enfance, à commencer par Ange, chef tyrannique de la bande dont il faisait partie. Marsaili, son premier amour, vit aujourd'hui avec Artair. Ce même Artair dont le père a perdu la vie en sauvant celle de Fin lors de l'expédition qui, chaque année, depuis des siècles, conduit une douzaine d'hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Que s'est-il passé il y a dix-huit ans entre ces hommes, quel est le secret qui pèse sur eux et ressurgit aujourd'hui ? Sur fond de traditions ancestrales d'une cruauté absolue, Peter May nous plonge au coeur de l'histoire personnelle de son enquêteur Fin Macleod. Fausses pistes, dialogues à double sens, scènes glaçantes l'auteur tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page. (Quatrième de couverture)

ile-de-lewis.jpg


Ce que j’ai aimé :

L'île Lewis battue par les vents est au coeur de cette intrigue. Non seulement parce qu'elle est le lieu du meurtre mais aussi parce qu'elle est le pays natal de l'inspecteur Fin qui va au cours de cette enquête revenir sur les pas de son enfance et de son adolescence. Quand d'autres sont restés attachés à l'île, lui l'a quittée pour d'autres horizons et son retour ne se fait pas sans heurts. Ceux qui sont restés confinés à demeure vivent avec une vision sombre de leur avenir, avenir grévé par un passé lourd à porter. Qu'a-t-il pu se passer sur cette même île pendant l'adolescence de Fin, lors de ce séjour fatal pour le père de Artair sur un rocher à traquer les oeufs de fous de bassan ? Les deux intrigues, actuelle et passée s'entremêlent subtilement pour former un faisceau dense et passionnant.

Les rebondissements multiples, les fausses pistes éloignent les protagonistes et les lecteurs d'une vérité indécelable car finalement tapie au creux des personnages, attendant son heure...

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J'ai trouvé des longueurs au coeur du roman, je n'ai pas été totalement conquise...

 

 Premières phrases :

« Ce sont des enfants. Seize ans ? Echauffés par l’alcool et excités par l’approche du sabbat, ils s’enfoncent dans l’obscurité.

Contrairement à d’habitude, la brise est légère et, pour une fois, tiède, comme un souffle sur la peau, doux et attirant. »

 

 Vous aimerez aussi :

Du même auteur : L’homme de Lewis

 

D’autres avis :

http://peter.may.pagesperso-orange.fr/FR/ilechasseurs.html#critiques

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May,  traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue, Le Rouergue, 376 p., 19.50 euros

 

Publié dans Roman policier Europe

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Amalia Albanesi de Sylvie TANETTE

Publié le par Hélène

                                           amalia-albanesi.jpg

 

  L’auteur :

 Sylvie Tanette est journaliste. Amalia Albanesi est son premier roman.

 L’histoire :

Amalia racontait les ronces qui envahissaient les chemins, les oliviers qui partaient à l’assaut des collines et dont, quand elle était petite, elle avait tellement peur. Elle racontait les brebis dans les granges et les murets de pierres sèches le long des champs. Le sentier qui menait à la falaise et l’âne un jour qui a sauté. Dans ces moments-là, Amalia redevenait pour un instant la petite fille qu’elle avait été, rêvant du monde entier sans avoir jamais quitté ses collines. Et même, mais alors vraiment rarement, Amalia parlait du jour où Stepan Iscenderini était arrivé à Tornavalo, le jour où le village s’était arrêté de respirer.

 Région des Pouilles, début du XXe siècle : Amalia a passé son enfance à déambuler dans des paysages écrasés de soleil en imaginant des mondes inconnus au-delà des mers. Le jour où elle croise un beau marin aux yeux verts arrivé de Turquie, et qui dit avoir traversé la mer Noire à la nage, la jeune fille comprend que l’homme sera à la hauteur de ses rêves. Bientôt, Amalia et Stepan quittent Tornavalo pour aller tenter leur chance à Alexandrie. Début d’un incroyable périple...
 De Bari à Istanbul, de Malte au Liban, d’Alexandrie à Marseille, Amalia Albanesi est la saga d’une famille sur quatre générations. Une lignée de femmes exceptionnelles ballotées d’un bord à l’autre de la Méditerranée au gré d’histoires d’amour passionnelles et des désordres de l’Histoire, de la révolution bolchévique à la guerre d’Espagne.

 

Ce que j’ai aimé :

Un des personnages principal de ce court roman est cette région des Pouilles écrasée par la chaleur, à l'atmosphère particulière rendue ici avec talent. Les destins familiaux hors du commun s'entrecroisent pour créer une histoire  forte, notamment quand il s'agit de celle d'Amalia, personnage phare du roman. 

 L'importance de la filiation est au coeur du récit, la narratrice insistant sur la nécessité de connaître ses origines et de ne pas rester un éclecton libre loin de ses racines :

 « Et oui, mon petit Téo, il va bien falloir que tu vives avec tout ça. Toutes ces histoires et tous ces gens, que l’on n’a pas choisi, que l’on ne connaît pas, mais qui sont là dans un coin de nos têtes, et parfois se bousculent, jusque dans le moindre de nos gestes. » (p. 135)

Connaître l'histoire de ses ancêtres, au-delà du facteur humain, est indispensable pour réussir à se construire entièrement et non pas sclérosé par des vides inconnus et incompréhensibles... 

Ce que j’ai moins aimé :

Néanmoins, j'ai trouvé ce roman trop proche et trop loin à la fois du Soleil des scorta et de Cœur cousu.  Trop proche parce que l'atmosphère est la même, mais trop loin car le talent de l'écrivain est loin d'être similaire à celui des deux autres cités...

Voici par exemple un échantillon du style de l'auteure :

« Longtemps je n’ai eu de Tornavalo qu’une image paisible. Genre village méridional avec des tuiles rouges, des murs de pierre ocre prenant doucement le soleil, couleur de miel quand le soir tombe. » (p 20)

« Mais si elle s’imaginait qu’elle allait se débarrasser de lui comme ça, elle se trompait grave, comme dirait mon fils aujourd’hui. » (p. 116)

 De plus les allusions incessantes au port de Dubrovnik finissent par être lassantes, sentant trop le procédé narratif qui place en toile de fond une cité idéale, mais sans le talent nécessaire encore une fois pour nous faire rêver

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 Premières phrases :

 « Lorsque j’ai demandé à ma mère des informations sur son grand-père, Stepan Iscenderini, elle n’a, sur l’instant, eu qu’une phrase : « Le jour où il est arrivé à Tornavalo, le village s’est arrêté de respirer. » Et alors j’ai eu sous les yeux un hameau écrasé de soleil, silencieux dans la lumière sans pitié du milieu de la journée, un village avec ses maisons de pierres sèches et ses portes closes, et un grand jeune homme qui commence à remonter les rues étroites, à pas de loup. »

 

 Vous aimerez aussi :

 Le cœur cousu de Carole MARTINEZ

Le soleil des Scorta de Laurent GAUDE

 

 Amalia Albanesi, Sylvie Tanette, Mercure de France, septembre 2011, 144 p., 14 euros

 

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Autour de ton cou de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Publié le par Hélène

 

♥ ♥ ♥

L’auteur :

 Chimamanda Ngozi Adichie est originaire d'Abba, dans l'État d'Anambra, mais a grandi dans la ville universitaire de Nsukka, où elle a fait sa scolarité. 
À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis. Après avoir étudié à la Drexel University de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, CT). Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. 

Ses nouvelles ont été publiées dans de nombreuses revues littéraires, notamment dans Granta. 
Son premier roman, L'hibiscus pourpre, a été sélectionné pour l'Orange Prize et pour le Booker Prize. L'autre moitié du soleil a reçu l'Orange Prize. 

Chimamanda Ngozi Adichie vit au Nigeria. (Source : Babélio)

 

L’histoire :

 Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d’oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l'harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées… Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d’Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d’aujourd’hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l'expérience de l’émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d’humanité. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 Le genre de la nouvelle permet de dresser un tableau complet du pays et des femmes à l’œuvre dans ce pays déchiré qu'est le Nigéria. Les destins individuels différents permettent ainsi d’établir un portait global des difficultés, des joies et des peines rencontrées dans le pays et aux Etats-Unis par celles et ceux qui ont choisi –ou non- de fuir dans cet eldorado illusoire.

Dans « Imitation » Nkem vit en effet aux Etats-Unis pendant que  son mari est resté au Nigéria et elle apprend qu’il a installé une nouvelle femme dans leur maison du Nigéria. Dans « Les marieuses » Chinaza- Agatha est aussi  une femme nouvellement arrivée aux Etats-Unis à qui son mari demande de devenir américaine à part entière quitte à perdre sa culture.

D’autres femmes vivent encore au cœur du Nigéria ébranlé par ces émeutes, comme ces deux femmes de culture et de religion différentes qui se réfugient le temps d’un soulèvement dans une maison abandonnée, apprenant à communiquer au-delà des mots et des cultures dans une communion évidente d’êtres humains en souffrance.

Les femmes sont bien au cœur des récits, femmes fortes aux personnalités bigarrées : quand Ujunwa jeune écrivaine ne supporte plus les remarques machistes, Kamara se découvre des inclinations homosexuelles…

Chaque nouvelle a sa place au sein du recueil, servie par un style précis, concis et intelligent.

 

Ce que j’ai moins aimé :

- Rien

 

Premières phrases :

 « La première fois que notre maison a été cambriolée, c’était notre voisin Osita qui avait grimpé par la fenêtre de notre salle à manger et volé notre télé, notre magnétoscope et les cassettes de Purple Rain et Thriller que mon père avait rapportées d’Amérique.

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  L’hibiscus pourpre de Chimamanda NGOZI ADICHIE

Autre :  Littérature Afrique de l'Ouest

 

D’autres avis :

Le monde 

 

 Autour du cou, Chimamanda Ngozi Adichie, traduit de l’anglais (Nigéria) par Mona de Pracontal, Gallimard, janvier 2013, 304 p., 22.50 euros

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Publié dans Littérature Afrique

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Joseph Anton, une autobiographie de Salman RUSHDIE

Publié le par Hélène

joseph anton 

♥ ♥

 

L’auteur :

 http://www.salman-rushdie.com/about-2/

 

L’histoire :

 Le 14 février 1989, Salman Rushdie reçoit une fatwa de Khomeini pour avoir écrit Les versets sataniques. En toute franchise et honnêteté, l'écrivain raconte sa clandestinité, son changement d'identité obligé et son combat pour retrouver une liberté. Il raconte sans tabou son quotidien sous surveillance armée et sa lutte pour obtenir soutien et compréhension du monde des médias ou des politiciens. (Source : Babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 

Salman Rushdie nous fait pénétrer dans l’antre de l’écrivain, nous permettant d’assister à la mise en place d’un nouvel écrit, aux pensées de l’artiste mais aussi à celle de l’homme tant sa vie d’artiste a modifié profondément sa vie d’être humain suite à la publication des Versets sataniques.  Il expose ses projets d’écriture, ses rencontres littéraires décisives et échafaude peu à peu, sous nos yeux, les prémisses du roman qui va bouleverser son existence.

 «  La grande question était de savoir comment le monde s’assemblait, pas seulement de voir comment l’Orient se mêlait à l’Occident et l’Occident à l’Orient, mais comment le passé façonnait le présent et comment le présent modifiait notre perception du passé, et comment le monde imaginaire, le lieu des rêves, de l’art, de l’invention mais également de la croyance se diffusait à travers la frontière qui le séparait de la « réalité » quotidienne où chaque être humain est persuadé, à tort, de vivre. » (p. 88)

 Puis vient l’heure de la lutte pour la liberté d’expression, lutte menée contre les extrémistes, lutte qui détient en son sein un caractère universel atemporel, malheureusement. Il s’agissait du prix à payer pour faire vivre son projet :

« Ecrire un livre c’est conclure un pacte faustien à l’envers. Pour gagner l’immortalité, ou du moins conquérir la postérité, on perd, ou du moins on compromet, sa véritable existence quotidienne. » (p. 113)

L’ensemble de l’autobiographie est marquée par un esprit très érudit, réfléchi et cultivé, un homme complet mis au ban de sa propre vie pour avoir osé braver l’interdit religieux.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 J’ai regretté de n’avoir pas lu « Les versets » avant ma lecture de cette autobiographie,  afin de mieux saisir les subtilités de son raisonnement.

Salman Rushdie écrit dans un style tellement fluide qu’il se laisse emporter par son propos si bien que cette Autobiographie ne compte pas moins de 727 pages, un pavé non exempt de quelques longueurs…

 

Premières phrases :

 « Après coup, alors que le monde explosait autour de lui et que les merles de la mort s’assemblaient en masse sur le portique dans la cour de récréation, il regretta d’avoir oublié le nom de la journaliste de la BBC qui lui avait dit que son ancienne vie était désormais terminée et qu’une nouvelle existence, plus sombre, allait commencer. »

 

Vous aimerez aussi :

 Du même auteur : Les versets sataniques

 

 D’autres avis :

 Les inrocks 

Blogs : Audouchoc JosteinNadael Akialam Keisha ; Clara

 

Joseph Anton, une autobiographie, Salman Rushdie,  traduit de l’anglais par Gérard Meudal,  Plon, 727 p., 24 euros

 

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Publié dans Biographies et cie

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Eloge du rien de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 

 L’auteur :

 Qui est vraiment Christian Bobin ? Les indications biographiques qu'il consent à glisser aux journalistes lors de (rares) entretiens nous apprennent qu'il est né au Creusot, en Bourgogne, de parents ouvriers. Et qu'il y vit toujours. Qu'enfant, déjà solitaire, il préférait la compagnie des livres. Qu'après des études de philosophie, il a exercé divers métiers, dans des bibliothèques, des musées, des librairies. Que ses premiers textes, publiés au début des années 1980, ne rencontrent qu'un public restreint. Que le succès est venu plus tard, porté par la grâce d'un livre consacré à Saint François d'Assises, Le Très-Bas, prix des Deux Magots... C'est dans ses textes qu'il faut chercher La Part manquante de Christian Bobin. Dans ses textes, où cet humaniste solitaire parle le plus de lui-même, il nous fait partager, dans un style épuré, ses plaisirs minuscules et jusqu'à ses plus grandes douleurs comme La plus que vive, hommage à son amie, morte à 44 ans d'une rupture d'anévrisme. Àtravers une oeuvre sensible et poétique, ce sédentaire, voyageur de la page blanche, nous montre le monde tel qu’on ne le voit plus. (Source : Evène)

 

L’histoire :

 Au lieu de répondre à la question: “Qu’est-ce qui donne un sens à votre vie?” que lui avait posée un directeur de revue, l’auteur a eu envie de s’évader ailleurs et d’écrire ce petit livre qu’il termine ainsi: “Bien sûr, je ne réponds plus vraiment: je chante”. (Présentation babélio)

 

Ce que j’ai aimé :

 Christian Bobin nous offre ici un court récit en réponse à la question « Qu’est-ce qui donne un sens à votre vie ? »

 "Tous les arbres dans le soir frémissent. Ils m’instruisent par leur manière d’accueillir chaque instant comme une bonne fortune. L’amertume d’une pluie, la démence d’un soleil : tout leur est nourriture. Ils n’ont souci de rien, surtout pas d’un sens. Ils attendent d’une attente radieuse et tremblée. Infinie. Le monde entier repose sur eux. Le monde entier repose sur nous. » (p. 21)

 

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 Sa réponse sera prétexte à multiples digressions sur la vie, la beauté, la poésie, les livres, thèmes chers à l'auteur. Le texte est à la fois beau, poétique, profond et philosophique.

 Christian Bobin se glisse dans les interstices du monde pour communier avec lui, s’harmoniser avec lui et chanter sa gloire et sa beauté.

 Ce que j’ai moins aimé :

-          Rien

 Premières phrases :

 « Votre lettre est là, sur le bord d’un buffet de cuisine. Elle attend. Depuis bientôt une semaine, elle attend ma réponse. Une petite femme d’encre, modeste, avec sa jupe un peu froissée, ses phrases croisées sur ses genoux. »

 Vous aimerez aussi :

 Du même auteur :  L’homme-joie de Christian BOBIN ; Les ruines du ciel de Christian BOBIN 

 D’autres avis :

 Eloge du rien, Christian Bobin, Editions Fata Morgana, janvier 1990, 23 p., 8 euros

 Challenge-Christian-Bobin

 

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Jardin d’hiver de Thierry DANCOURT

Publié le par Hélène

                                            jardin d'hiver

 ♥ ♥

 

L’auteur :

 

 Thierry Dancourt est né à Montmorency, dans le Val-d'Oise. Il travaille aujourd'hui comme rédacteur indépendant dans les domaines de l'architecture et de l'urbanisme. Hôtel de Lausanne, écrit à Paris et à Casablanca, est son premier roman. Après Jardin d'hiver, Il revient en 2012 avec Les ombres de Marge Finaly. (Source 10-18)

 

L’histoire :

 

Une station balnéaire de la côte atlantique, en hiver. Pascal Labarthe, le narrateur, arrive un soir de brume, par l'autocar. Que vient-il faire ici, hors saison, dans cette petite ville endormie des bords de mer qu'il ne connaît pas ? « J'ai rendez-vous », déclare-t-il à l'homme qui séjourne également à l'Océanic, un hôtel dont ils sont les seuls occupants. Rendez-vous avec qui ? Jardin d'hiver tisse, entre Paris et Royan, les fils ténus, presque invisibles, d'une intrigue ou dialoguent histoire d'amour et histoire tout court, ou, le temps d'un hiver, s'entrelacent finement un présent traversé de personnages singuliers et un passé hanté par la figure d'une jeune femme aimée. Peuplé de lieux à l'abandon auxquels la mémoire se raccroche, ce roman est celui d'un amour perdu, jamais oublié. (Source 10-18)

 

Ce que j’ai aimé :

 

 Thierry Dancourt campe une atmosphère à la Modiano, entre présent et passé, souvenirs heureux et nostalgie galopante. Pascal est à la recherche d’une villa ayant un lien avec un ancien amour. Rien n’est dit, tout est suggéré, amené doucement, par touches subtiles et aériennes.  

 Dans ce court roman, le temps passe lentement aux côtés de personnages atypiques : un représentant de commerce, un vieil homme qui hante les bibliothèques pour lire les journaux, des retraités qui se promènent… Le temps est comme suspendu, dans cette ville de Royan atemporelle. 

  Le temps qui passe, les souvenirs qui s’effacent pour laisser la place au présent, sont au couer de ce charmant récit. 

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Ce que j’ai moins aimé :

 

 Un charme tellement diffus que je ne sais pas s’il me marquera durablement.

 

Premières phrases :

 

 « Il pleut sur le square Kennedy. Une pluie tiède, qui tombe obliquement. Les parterres engazonnés, les allées au tracé sinueux, les bouquets d’arbustes, le bassin avec son jet d’eau, la guérite du gardien : ce décor m’est familier. Je viens ici très souvent, je retrouve M. André Smeyers, Mme Raymonde Desnoyers, M. Lucien Rochais, des gens que je connais et qui sont tous à la retraite, pratiquement. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Hôtel de Lausanne

Autre :  L'horizon de Patrick MODIANO

 

D’autres avis :

 

 Télérama ; Lire 

 

Jardin d’hiver, Thierry Dancourt, 10-18, mars 2013, 168 p., 6.60 euros

 

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