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Un parfum d'herbe coupée de Nicolas DELESALLE

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

Que laisse-t-on à notre famille ? Aux générations futures ? Quel souvenir de nous aura notre arrière-petite-fille ? Le narrateur Kolia décide d'écrire à cette arrière-petite-fille qu'il prénomme Anna pour ne pas rompre le fil, pour exister encore, au-delà du temps et des années. Vient alors l'heure de faire du tri dans les souvenirs, de choisir ceux qui méritent d'émerger des affres du temps, et ceux qu'il vaut mieux laisser périr. Mais choisit-on réellement ? Pourquoi gardons-nous de notre enfance tel souvenir plutôt que tel autre ? La mémoire demeure un mystère insondable...

"Pourquoi un souvenir qui n'avait aucune aspérité, un moment minuscule qui aurait dû rejoindre l'immense cimetière des minutes oubliées, s'impose à nous ? Il doit y avoir une sorte de magie neuronale qui fait que cetains instants restent cramponnée là, sous le front, comme des grenouilles sur d'autres grenouilles, à la saison des amours." p. 120

Quelques scènes sonnent très juste, comme cette amitié magnifique avec un mort au cimetière du Père Lachaise.  Malheureusement, d'autres pages tombent à plat...

Ce que j'ai moins aimé :

Les scènes choisies ne sont pas toujours réussies, comme la terreur du lycée, le professeur de physique, la mort de son chien, qui frôlent la banalité.

L'absence d'ordre chronologique est assez déroutante. 

Le style, dés les premières lignes, m'a déplu : des phrases simples qui se veulent peut-être un effet de style mais peuvent aussi passer pour une absence d'inspiration. Au détour de quelques phrases la poésie pointe son nez mais elle s'évanouit ensuite rapidement pour faire retomber le texte dans la platitude d'un matin de pluie.

N'est pas Proust qui veut... Le thème du souvenir cher à Proust est ici traité avec modernité certes, mais tombe aussi souvent à coté... 

Présentation de l'éditeur :

Préludes 

Vous aimerez aussi :

 

D'autres avis :

Séverine JosteinAlfie's mecCaroline ; KeishaClara Laure ; Valérie

A noter que les avis sont tous positifs (à part  Antigone), je dois être la seule à être restée sur le bord de la route et à ne pas avoir entendu la "petite musique" de l'auteur. Il faut dire que je n'ai jamais été mélomane...

Clin d'oeil :

"Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir." 

 

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle, Préludes, 13.60 euros

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Printemps des poètes - 6

Publié le par Hélène

Or, pour moi, la culture, c’est tout ce qui refuse les similitudes, l’immobilisme des racines, les miroirs de la mémoire close, tout ce qui refuse ou écarte le semblable ou le similaire pour rechercher ce qui est différent, ce qui est dissemblable. Etre cultivé aujourd’hui, ce n’es pas lire Tacite ou Homère dans le texte (ça c’est l’érudition), ce n’est pas non plus connaître par cœur les composantes chimiques du sol de Mars ou de Saturne, c’est simplement admettre jusqu’en sa propre création la culture des autres, c’est même au besoin se mêler à elle et la mêler en soi. Etre cultivé aujourd’hui, c’est porter en soi à sa mort des mondes plus nombreux que ceux de sa naissance. C’est s’enrichir et s’agrandir en se tissant, se métissant de la culture des autres.

Jacques Lacarrière

Extrait de « Nous ne sommes plus des paramécies »
Texte publié dans la revue Gulliver (93)

Publié dans Poésie française

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A l'orient de tout. Oeuvres poétiques de François CHENG

Publié le par Hélène

♥♥♥♥

"La beauté est une rencontre" 

 

"Quand se tait soudain le chant du loriot

L'espace est empli de choses qui meurent

Tombant en cascade un long filet d'eau

Ouve les rochers de la profondeur

Le vallon s'écoute et entend l'écho

D'immémoriaux battements de coeur."

 

"Vers le soir

Abandonne-toi

à ton double destin :

Habiter le coeur du paysage 

Et faire signe

aux filantes étoiles."

 

Le lac Suwa dans la province de Shinano, (c) Hokusai

 

"Céder à l'invite du tronc couché

Céder à l'antique blessure

guérie par la résine du temps

Au sortilège d'un après-midi

en vierge forêt

Aux murmures ininterrompues de l'été

A la félicité de l'attente, à l'arrivée

inattendue d'une amante de rêve

Au bourdonnement autour des mûres

que les renards ont crachées

Aux écailles de serpent muées en papillons

A la soif qu'étanchent seules les larmes

A l'irrépressible nostalgie renée

de l'éternel instant

 

Céder à l'invite du héron debout

Qui, près de l'étang, là-bas

Tend le miroir d'un soir doré

au coeur de la mémoire terrestre."

 

"Réduit au plus ténu du souffle

Etre pure ouïe

Et faire écho en silence

Au respir des sycomores

Quand l'automne les pénètre

De son haleine d'humus et de brume

A la saveur de sel après larmes

 

Réduit au plus ténu du souffle

Abandonné au rien

Et au change

A rine de moins qu'échange

Là où voix est voie

Et voie voix

Là est"

Shiro Kasamatsu – Pin sous la pluie, Kinokunizaka, in Tokyo, 1938

 

"Ne laisse en ce lieu, passant

Ni les trésors de ton corps

Ni les dons de ton esprit

Mais quelques traces de pas

 

Afin qu'un jour le vent fort

A ton rythme s'initie

A ton silence à ton cri

Et fixe enfin ton chemin"

 

"Au bout de la nuit un seuil éclairé

Nous attire encore vers son doux mystère

Les grillons chantant l'éternel été

Quelque part la vie vécue reste entière"

 

Kawase Hasui (1883-1957), "Lune d'hiver à Toyamagahara" (ukiyo-e, c. 1931)

 

"Accorde-nous de boire l'eau céleste

Aussi pure que les perles de crapaud

sous l'éclair de la lune

 

De surgir une fois encore du sol

Des chairs meurtries au gré de la tige

du bambou réduite aux os

 

De ne pas oublier le cou de cygne

Plus tendre u'un rêve de paradis

au coeur de la foule en perdition

 

De perpétuer les mots non dits à jamais

Lèvres d'iris effleurées par la brise

émanant du volcan d'origine

 

"Nous reverrons-nous un jour ?" 

"Mais..."

 

Présentation de l'éditeur :

Gallimard 

 

A l'orient de tout. Oeuvres poétiques, François Cheng, Préface d'André Velter, Poésie/Gallimard, septembre 2005, 7.10 euros

Publié dans Poésie française

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De haute lutte de AMBAI

Publié le par Hélène

Ce que j'ai aimé :

De haute lutte est un recueil de nouvelles mettant en scène la femme indienne, et plus particulièrement la culture tamoule.

"Le manuscrit" : Chentamarai vit avec sa mère qui s'est battue pour vivre comme elle l'entendait, loin d'un mari poète violent.

"Les ailes brisées" : Châyâ est l'épouse d'un homme avare. Elle se rend compte peu à peu que l'aigreur de vivre près d'un homme qu'elle n'aime pas la transforme elle aussi...

"Pour que la femme jouisse d'une image positive aux yeux de la société, il fallait qu'elle se consume et se comporte en victime consentante plut^to que de se révolter et de chercher son plaisir. Mais en se conduisant ainsi, elle ne faisait que tricher et retourner son hostilité contre elle-même." p. 82

"De haute lutte" : Cempakan est une musicienne qui a épousé le fils de son maître de musique. Mais une rivalité s'installe entre elle et son mari également musicien. 

"La forêt" : récit onirique, mystique, beaucoup plus complexe.

L'originalité du recueil tient principalement par la place centrale prise par la musique, l'importance du chant traditionnel dans cette culture, art également pratiquée par ces femmes qui souvent doivent sacrifier leur passion pour devenir une parfaite épouse s'occupant de la maison et des enfants. Dans ces nouvelles, peu à peu, les femmes provoquent leur émancipation, mais la complexité de leur statut aujourd'hui reste entière.

Ce que j'ai moins aimé :

D'autres titres chez Zulma ayant le même sujet m'ont semblé plus forts, notamment les romans et nouvelles de Anjana Appachana, ou encore ceux de Bulbul Sharma, au caractère original. Je n'ai pu m'empêcher de comparer, et de fait, ce recueil-ci m'a moins plu. 

Présentation de l'éditeur :

Zulma 

Vous aimerez aussi :

La colère des aubergines de Bulbul SHARMA  ; Mangue amère de Bulbul SHARMA  Quand viennent les cyclones de Anita NAIR ; Une étrange et sublime adresse de Amit CHAUDHURI ; Pondichéry, à l’aurore de Aliette ARMEL ; Le tigre blanc de Aravind ADIGA ; Une bonne épouse indienne de Anne CHERIAN ; Les ombres de Kittur de Aravind ADIGA ; L’année des secrets d’Anjana APPACHANA  ; Mes seuls dieux d'Anjana APPACHANA ;  La vie troublée d'un tailleur pour dames de Bulbul Sharma

D'autres avis :

Jostein ; Yves

 

De haute lutte, Ambai, nouvelles traduites du tamoul (Inde) par Dominique Vitalyos et Krishna Nagarathinam, Zulma éditions, février 2015, 224 p., 18 euros

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Printemps des poètes - 5

Publié le par Hélène

  « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » pensait Ulysse. Aussi son chant écarta six reines et écueils ainsi sut-il revenir vers Pénélope : qu’à son exemple chacun cherche son Ithaque qui en lui demeure – sans doute lui sera-t-il accordé d’y aborder lumen de lumine.

Combien de temps faut-il pour comprendre qu’il n’y a ni passé no future on a tout le temps pour apprendre qu’y a rien à apprendre sinon le présent (é)mouvant ce curseur qui dévoile une seconde l’éternité. Que je devienne mon maître et son serviteur intérieurs que je n’aie pas d’autre héros que moi m’aime.

Le ciel est bleu ou gris et la mer son miroir va ma vie vogue après vague ma nave voyage. Ulysse des banlieues j’aime êtres et hêtres la belle et la bête elle et l’aile le clair et la chair mi-di comme minuit mon cri et mon silence le crépuscule des matins avec celui des soirs j’aime l’obscur et le clair et par l’éclair je vois dans la nuit jour de colère de tendresse ;

pas résigné pas rampant pas rebut pas à consommer condamné pas denrée mais vivant comme le corps beau délicieux croâ je crois et croîs en moi niant les saigneurs de guerre les assassins du seigneur moi-M niant les prophéties de Mal-heure les religieux du Mal-aise désobéissant aux politiques de Mal-être – n’oubliant pas qu’à l’an vert du monde rit le vers lent du démon ;

simple comme un caillou sage comme un arbre vif comme une pie inquiet comme un homme mon pays : le monde – ma patrie : la terre où la femme égale l’homme d’aucun parti mais de la totalité où les humains vont égaux en tous sous le soleil exactement embrassant seule religion la Vie Vraie (la guerre étroite celle des détroits de Toi n’aura pas lieu) n’y a rien d’autre qu’être moi toi soi notre Odyssée ludique dans l’Univers lieu unique :
être homme humus d’humanité !


Daniel Biga

Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004

Publié dans Poésie française

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L'aigle de Bonelli de Bruno GALLET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥  

Ce que j'ai aimé :

Bruno Gallet est un alpiniste chevronné, guide de haute montagne à ses heures, qui partage ici cette fascination pour l'altitude et ses vertiges.

Il campe ainsi ses personnages principaux en Suisse dans le canton du Valais : David est le fils d'un entrepreneur spécialisé dans les montres suisses. Leurs rapports complexes poussent David à cambrioler son propre père pour lui voler des pierres précieuses acquises illégalement. Pour passer son butin en France, David décide de passer la frontière par la montagne. Il prétexte l'envie de gravir L'innominata par la voie dite "La Bonnelli", pour se faire accompagner de son ami de toujours, Zacharie, guide de haute montagne, qui ignore tout du dessein caché de son compagnon. Commence alors une course palpitante dans l'univers minéral et glacier de la voie choisie par David. 

L'intrigue est millimétrée, savamment dosée, servie par des personnages attachants, ni trop parfaits, ni trop antipathiques, témoignant d'un équilibre digne des plus grands alpinistes...

Mais la grande force de ce roman transparaît bien sûr dans les passages magnifiques sur la montagne.. Qu'il soit question du difficile métier de guide, qui consiste à "dépenser votre vie à la gagner, en veillant à ne pas la perdre." p. 132, ou de la magie intrinsèque au lieu, l'auteur nous fait ressentir son amour inconditionnel pour l'alpinisme. Ainsi, quand David doit évoquer son plus beau souvenir, il surprend tout le monde par la simplicité pur de son bonheur : "Il avoua alors que marcher en montagne, lumière éteinte sous la pleine lune immobile, dans la nuit calire et froide, à pas réguliers le long d'une pente de neige dure et raide, au rythme de son piolet, écoutant les mâchoires de ses crampons mordre la glace, était pour lui le plus pur moment d'allégresse." p. 87

http://www.alpineexposures.com/

La montagne n'est pas exempte de dangers pour les têtes brûlées, demandant des précautions de chaque instant qu'une seconde d'inattention peut réduire à néant. Il faut connaître ses risques pour en apprécier sa beauté sauvage. Elle recèle également des trèsors insoupçonnés comme ces fours à cristaux dont la découverte tient du miracle.

Un roman qui ravira tous les passionnés de montagne et encouragera les autres à escalader des parois ! J'espère vivement qu'il y aura une suite !

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Présentation de l'éditeur :

Anne Carrière 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : Des voyous magnifiques

Autre : Du haut de la montagne, une longue descente de Dave EGGERS Meurtre au sommet de José GIOVANNI

 

Merci à l'éditeur.

 

L'aigle de Bonelli, Bruno Gallet, Editions Anne Carrière, février 2015, 320 p., 19 euros

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Printemps des poètes - 4

Publié le par Hélène

Je crois en ceux qui marchent
à pas nus
face à la nuit

Je crois en ceux qui doutent
et face à leur doute
marchent

Je crois en la beauté oui
parce qu’elle me vient des autres

Je crois au soleil au poisson
à la feuille qui tremble
et puis meurt
en elle je crois encore
après sa mort

je crois en celui 
qui n’a pas de patrie
que dans le chant des hommes

et je crois qu’on aime la vie
comme on lutte 
à bras le corps

Jean-Pierre Siméon, Sans frontières fixes, éd. Cheyne

Publié dans Poésie française

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Les suprêmes de Edward Kelsey MOORE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Ce que j'ai aimé :

Plainview en Indiana. Comme chaque dimanche, Odette retrouve ses amies de toujours au restaurant Chez Earl. Ces trois quinquagénaires inséparables se sont rencontrées dans les années 60 et leurs liens privilégiés n'ont fait que s'affermir avec les années. Le matin même, Odette a vu pour la première fois les fantômes des êtres chers qui l'ont quittée apparaître à ses côtés. Habituée aux extravagances depuis sa naissance hors norme dans un sycomore, cette quinquagénaire ne s'étonne pas du phénomène qui avait frappé sa mère avant elle. Néanmoins, elle préfère taire ses rapports privilégiés avec les morts à son mari aimant James et à ses amies afin de ne pas les inquiéter, d'autant plus qu'un homme a priori vivant est apparu également. Clarice est quant à elle préoccupée sur les infidélités de son mari, coureur de jupons invétéré, et Barbara Jean, la plus jolie fille de la région reste concentrée sur ses talons hauts ... 

Un va et vient entre passé et présent permet d'en découvrir davantage sur ces amies exceptionnelles prénommées "Les Suprêmes" qui se soutiennent afin de surmonter les aléas de l'existence qui ne les épargne guère.

L'auteur ne sombre jamais dans le pathétique malgré des thèmes forts tels que la mort des êtres chers, le malheur dans le couple, la culpabilité, et en arrière plan, la question raciale aux Etats-Unis dans les années 60. Ces Suprêmes sont tendres et émouvantes, l'humour et les entretiens avec les morts permettant d'apporter une once d'espoir dans des destins bousculés. 

Un beau roman.

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien, j'ai passé un bon moment de lecture.

Présentation de l'éditeur :

Actes Sud

Vous aimerez aussi :

La couleur des sentiments de Kathryn STOCKETT

D'autres avis :

Télérama 

Babélio 

 

Merci à Phili pour le prêt.

 

Les suprêmes, Edward Kelsey Moore, roman traduit de l'américain par Cloé Tralci, avec la collaboration d'Emmanuelle et de Philippe Aronson, Actes sud, avril 2014, 22.8

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Printemps des poètes -3

Publié le par Hélène

Ils ont mis des frontières entre les sables,
dressé des barrages aux icebergs,
isolé les cormorans de la banquise.
mais ils n'attacheront jamais les ailes du vent!

Prisonnier de l'inutile,
nous avons rompu le fil
qui relie le ciel et la terre.
Fortunés bac plus dix,
nous n'osons plus marcher
sur la sente déserte.
Tapis dans nos pavillons,
nous ne connaissons plus le chaud et le froid.
L a vitesse a tout emporté sur son passage
et le silence a eu peur.

Il existe un bateau de nuit perdu au fond d'un jardin,
une pleurésie grimpante,
une neige qui ne fond jamais,
une étable pour s'asseoir dans la lumière de midi.

 

Dominique Cagnard

Publié dans Poésie française

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Moby Dick de CHABOUTE

Publié le par Hélène

  

♥ ♥ ♥ 

"Si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime."

Ce que j'ai aimé :

Un jeune moussaillon s'embarque sur le Pequod aux côtés de son capitaine Achab, pensant chasser les baleines.Mais cet étrange capitaine ne traque pas seulement les baleines, mais LA baleine, celle qui lui a arraché la jambe, et lui a volé son âme, la baleine blanche insaississable, Moby Dick.

"Achab nourrit envers la baleine blanche une fureur vengeresse. L'identifiant à ses douleurs physiques mais aussi à tous ses tourments et souffrances morales !! La baleine blanche nage devant lui obsédante incarnation de ces puissances maléfiques !"

La fragilité des harpons, des lances, des frêles embarcations se heurte à l'imposante masse de la baleine qui d'en mouvement balaie tout ce petit monde et l'envoie dans les profondeurs. Combat inégal et insensé mais qui est la raison de vivre de Achab qui entraîne ses  hommes à sa suite, les retenant priis au piège de sa folie. Son obsession remplit d'effroi l'équipage désarmé face à tant de persévérance ! Sa conscience angoissée par la néant recherche la réalité en arpentant les mers. Sa quête incessante reste profondément humaine.

Les dessins en noir et blanc rendent l'histoire d'autant plus intense, fouillant les tréfonds de l'âme du capitaine Achab, dont la noirceur s'oppose à la pureté blanche de la baleine. Mais ce manichéisme n'est qu'apparent, humanité et bestialité affleurant dans les deux âmes jumelles.

Une superbe adaptation de ce classique mythique de Herman Melville paru en 1851 !

Présentation de l'éditeur :

Vents d'ouest pour le tome 1 ; pour le tome 2 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  Tout seul Un peu de bois et d’acier 

D'autres avis :

France inter ; Télérama 

Cathe SaxaoulJérôme 

 

Merci à l'éditeur.

 

Moby Dick, Chabouté, 2 tomes, Vents d'ouest, 2014, 18.50 euros le tome

 

C'était ma BD de la semaine, d'autres BD chez Stephie cette semaine.

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