Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rien ne résiste à Romica de Valérie RODRIGUE

Publié le par Hélène

♥ 

"Il y a la pauvreté mais il y a aussi la famille, les enfants, l'amour. Sans tout cela, il n'y aurait que la pauvreté." p. 72

Après le discours de Nicolas Sarozy en 2010 dans lequel il stigmatisait les Roms et créait un amalgame dérangeant entre Roms, gens du voyage et délinquance, Valérie Rodrigue, journaliste dans des magazines féminins, s'insurge et décide de réagir, de militer. Dans un premier temps, elle s'investit auprès des enfants et propose de l'aide aux devoirs dans un village d'insertion rom roumain dans le 93. Puis, un beau jour, son chemin croise celui de Romica, une jeune rom enceinte faisant la manche avec son enfant. Touchée par la détresse mêlée de colère de la jeune femme, elle s'intéresse à elle et une amitié improbable voit alors le jour. Délicatement, des liens profondément humains se tissent entre elles. Valérie devient "l'ange gardien" de Romica, lui rappelant qu'elle a des droits sur le sol français, et qu'elle a aussi le droit de croire à ses rêves "Enfin, parce qu'elle avait un rêve, Romica, celui de devenir médecin. Mais la vie de misère n'autorise pas les rêves, seulement le mariage à l'âge de la puberté et les grossesses non désirées à la suite. C'est ça naître fille et rom dans les Balkans." (Source http://www.huffingtonpost.fr/)

Elle offre ici le témoignage de cette rencontre et de cette communauté stigmatisée. Ce sont des hommes et des femmes qui doivent toujours reconstruire, ailleurs, encore et encore parce qu'ils sont chassés, expulsés, parce que leurs camps sont incendiés. Des êtres touchants qui se heurtent pourtant aux préjugés, aux phrases toutes faites, à la méfiance collective, résonnant des discours habituels ""Qu'ils travaillent au lieu de faire la manche." "Dans une situation pareille on ne fait pas d'enfants." "Ils ont des enfants pour les faire mendier." "Ils viennent ici pour les prestations sociales." "Encore faut-il qu'on leur donne le droit de travailler et la possibilité d'engager une nounou pour garder leurs enfants ...

"S'ils mendient, c'est qu'ils n'ont rien, ni argent, ni nourriture, ni bien à échanger. Si les mères mendient avec leurs enfants, c'est qu'elles n'ont pas d'autre choix, à moins de les laisser tout seuls dans la cabane du bidonville. Elles n'ont qu'à les confier ? A qui ? A une nourrice agréée ?

Pour obtenir des prestations sociales (CAF, CMU), il faut pouvoir justifier d'un domicile, d'un séjour régulier et de ressources déclarées. Autant dire que cela concerne des gens qui ont déjà des acquis. Autant dire une infime minorité.

L'Aide médicale d'Etat est rarement accordée, seulement dans 7% des cas éligibles. Parce qu'il est difficile de comprendre la paperasse française, sauf à avoir été scribe dans une autre vie, parce qu'il faut avoir une domiciliation, parce qu'il faut attendre la réponse environ trois mois, sans se décourager malgré les expulsions et les ordres de quitter le territoire français." p. 62

Valérie Rodrigue peint des réalités là où ne règne que des préjugés, elle s'est intéressée à ces êtres humains démunis en suivant la jeune Romica. Elle raconte les aberrations administratives, le parcours du combattant pour obtenir un bout de papier nécessaire à la survie et à l'intégration, la difficulté de se faire comprendre pour des populations qui ne parlent pas toujours le français, mais elle montre aussi que l'espoir peut être au bout du chemin. 

Ce récit d'une vraie rencontre, entre deux femmes d'univers opposés, résonne profondément dans nos esprits. "Romica, c'est Dora, jeune femme rom roumaine de 25 ans, arrivée en France en 2008 par le circuit des passeurs. Elle ne s'attendait ni à cette misère ni à faire la mendicité. Venant d'un ancien pays communiste où la contraception était interdite, elle a eu quatre enfants (mariée à 14 ans) et plusieurs avortements sauvages sur les bidonvilles."

@Le Parisien

Ce que j'ai moins aimé :

Le style est assez basique, très journalistique, décrivant un état de fait sans aucune fioriture. 

Bilan : Un beau témoignage brut qui met en avant l'importance des liens humains et la foi en l'humanité. 

 

Présentation de l'éditeur : Editions Plein Jour

D'autres avis : Antigone ; Clara ; Paolina

Revue de presse 

 

Merci à l'éditeur.

 

Rien ne résiste à Romica, Valérie Rodrigue, Plein jour, mars 2016, 176 p., 17 euros

Partager cet article
Repost0

L'inespérée de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"L'intelligence est la force, solitaire, d'extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin que soi -vers l'autre là-bas, comme nous égaré dans le noir." 

Dans ces courts textes lumineux, Christian Bobin nous invite à porter attention au monde qui nous entoure. 

Dans le premier il écrit "Une lettre à la lumière qui traînait dans les rues du Creusot , en France, le mercredi 16 décembre 1992, vers quatorze heures.", louant ainsi un monde personnifié vivant qui répandrait la joie dans le coeur de celui qui aura su saisir la beauté de l'instant. 

"Ecrire des lettres d'amour est, certes, un travail peu sérieux et sans grande importance économique. Mais si plus personne ne l'exerçait, si personne ne rappelait à cette vie combien elle est pure, elle finirait par se laisser mourir -vous ne croyez pas ?" p. 16

Vivre pleinement l'instant, cela signifie aussi lutter contre les maux de notre époque comme cette fuite en avant du temps,  "La vraie vulgarité de ce monde est dans le temps, dans l'incapacité de dépenser le temps autrement que comme des sous, vite, vite, aller d'une catastrophe aux chiffres du tiercé, vite glisser sur des tonnes d'argent et d'inintelligence profonde de la vie, de ce qu'est la vie dans sa magie souffrante, vite aller à l'heure suivante et que surtout rien n'arrive, aucune parole juste, aucun étonnement pur." p. 21 Le Mal

La légèreté de l'instant se retrouve dans l'innocence de l'enfant qui vit seulement ici et maintenant, et peut par l'imagination s'évader au-delà des frontières closes du réel. Dans "Le thé sans le thé", l'écrivain s'évade d'une conférence soporifique pour aller jouer avec des enfants, et dans 'Une fête sur les hauteurs', les enfants tutoient les anges de la mort, instinctivement, en lançant les conventions par dessus tête, ils rendent un dernier hommage fleuri à une aïeule décédée.

Par le pouvoir de l'écriture qui évoque plus que les images, l'écrivain grave dans les mots la beauté transcendante de ses rencontres, et les plaisirs minuscules qui embellissent la vie, comme celui de nager dans un étang, en se laissant porter par le courant, comme en apesanteur ("Elle ne vous fait plus peur")

"Il nous faudrait apprendre à compter un par un chaque visage, chaque vague et chaque ciel, en donnant à chacun la lumière qui lui revient dans cette vie obscure." p. 111 "L'inespérée"

 

Présentation de l'éditeur : Folio 

D'autres avis : Babelio 

Du même auteurLes ruines du ciel  ♥ ♥  ; La part manquante ♥  ; L’homme-joie ♥ ♥ ♥ ;  Eloge du rien ♥ ♥ ♥ ; La dame blanche ♥ ♥ ♥ ; La grande vie ♥ ♥ ; L'épuisement  ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'inespérée ♥ ♥ 

Partager cet article
Repost0

Créance de sang de Michael CONNELLY

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Une histoire de coeur...

Terry McCaleb, héros récurrent des romans de Connelly, a subi un infarctus, il y a deux ans de cela en traquant « le tueur au code ». Il a pu survivre grâce à une greffe de coeur. Deux ans plus tard, la soeur de sa donneuse lui demande d'élucider le meurtre de sa soeur. McCaleb accepte, son coeur lui dictant de le faire... 

McCaleb apparaît comme un être humain faillible derrière ses apparences fortes. Perdu dans le Los Angeles des années 90, il est aux prises avec une Amérique violente, dans laquelle vie et mort s'entrelacent étroitement, effaçant peu à peu les frontières de l'éthique. Après avoir flirté avec la mort, Terry laisse les affres de la culpabilité le ronger, puisqu''il doit sa vie à la mort d'une autre. Si la greffe sauve son coeur, son âme reste torturée...   

Il se lance à corps perdu dans la traque du criminel, le roman rejoignant alors les ficelles du roman américain classique avec sa violence sous-jacente, le FBI et ses mystères, ses rebondissements multiples, bref ce qu'il faut pour tenir le lecteur en haleine durant 400 pages... Michael Connelly est passé maître dans l'art du suspens et il nous offre ici un de ses meilleurs opus (avec "Le poète"). Si la construction reste assez classique, l'efficacité est indéniable ! 

Il a obtenu le grand prix de littérature policière en 1999 et a été porté à l'écran en 2002 par Clint Eastwood

 

Présentation de l'éditeur : Points 

D'autres avis : Babélio 

Du même auteurLes neuf dragons 

 

Lu en compagnie de Sandrine de Tête de Lecture avec qui nous fêtons aujourd'hui les 60 ans de Michael Connelly. Elle a lu La blonde en Béton. Quant à elle, Laure nous parle de La glace noire . Kathel a lu Les dieux du verdict. Le Bouquineur Le cinquième témoin

Partager cet article
Repost0

La poésie sauvera le monde de Jean-Pierre SIMEON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ 

"Qui se sent apte à la vaste polysémie du poème, se rend apte à la polysémie du monde qui n'est plus, comme dans le poème, un obstacle mais une chance."

Assertion percutante que celle développée ici par Jean-Pierre Siméon, mais si cette provocation étonne, au fil des mots de son essai, elle prend tout son sens. Car la poésie est une force. Une force oubliée, le déni de la poésie demeurant un fait et pourtant elle recèle en son sein une dimension sociale transgressive agissante notoire, elle peut constituer un véritable enjeu politique. Comment ? 

"La poésie relève d'abord d'un principe premier et fondateur d'incertitude. Elle est donc d'abord un scepticisme, je veux dire une quête de l'ouvert qui récuse l'immobilisation tant dans le pessimisme arrêté que dans l'optimisme béat. Elle naît du pressentiment que toute vue des choses, toute nomination, tout concept, toute définition, pour indispensables qu'ils soient, tendent à clore le réel et à en limiter la compréhension." p.  23

La poésie est à la fois mystère et ouverture, par le pouvoir d'un langage révélé, elle densifie ce qui doit l'être, à l'opposé de notre époque qui simplifie pour mieux abrutir les citoyens :

"Telle est la supercherie de nos démocraties : elles tiennent le citoyen informé comme jamais mais dans une langue close qui, annihilant en elle la fonction imaginante, ne lui donne accés qu'à un réel sans profondeur, un aplat du réel, un mensonge. C'est le règne d'une logorrhée qui noie le poisson du sens." p. 29

L'ère du divertissement aliène les esprits et la poésie serait alors un véritable acte de résistance contre cette oppression généralisée. Perversive, elle peut en effet l'être puisque qu'elle interroge et qu'en entendant la langue du poème, le lecteur sait "qu'une autre langue est possible qu'un autre énoncé du monde est possible, que d'autres représentations du réel sont disponibles." 

"Propager la poésie, c'est contester l'assimilation du populaire au vulgaire. Rendre la poésie populaire, la plus distinguée poésie, c'est venger le peuple de la vulgarité à quoi on le réduit, par le partage de la distinction." p. 76 

Elle permet l'émergence de l'inconnu, et constitue également un lien essentiel entre les hommes "traversant l'évidence du fait pour rejoindre l'universel" :

"Tout poème est un concentré d'humanité, qui révèle à chacun son altérité, c'est-à-dire son affilnité avec l'autre et l'arrachant ainsi à sa petite identité personnelle de circonstance, le relie." p. 26

En éveillant la conscience, cette poésie millénaire permet de lutter contre l'"infractus de la conscience", la plus grave maladie qui guette le citoyen selon l'auteur. 

"On rêve d'une minute de silence universel où le monde se tiendrait soudain immobile et muet, les yeux clos, attentif au seul respir du vent dans les arbres, au chuchotement clair d'un ruisseau, au déploiement d'une herbe dans la lumière, à l'unanime pulsation du sang dans les coeurs, une minute pour que le monde reprenne conscience  et se réajuste à la seule réalité qui vaille, le pur sentiment d'exister un et multiple, entre deux néants, sur la terre perdue dans les cieux innombrables." p. 60

Appelant à une insurrection poétique, Jean-Pierre Siméon insuffle l'espoir dans nos coeurs, parce qu'il sait que "Quand on n'est pas capable de donner du courage, on doit se taire." Franz Kafka

Un texte essentiel !

 

D'autres avis :

Interview dans Le Nouvel Obs

"J’entends par poésie non pas le charmant ornement qu’on y voit généralement, mais la manifestation radicale et intransigeante d’une façon d’être au monde et de penser le monde qui a des conséquences dans tous les ordres de la vie, sociale, morale et politique. Poésie désigne cet état de la conscience à vif qui, jouissant de l’inconnu et de l’imprévu, récuse toute clôture du sens, c’est-à-dire toutes ces scléroses, concepts péremptoires, identifications fixes, catégorisations en tout genre qui répriment la vie, ce mouvement perpétuel, et nous font manquer la réalité telle qu’elle est vraie et telle que le poète et l’artiste la perçoivent et la restituent : d’une insolente et infinie profondeur de champ. Elle est donc, la poésie, un dynamisme, un appétit sans bornes du réel qu’elle questionne dans le moindre de ses effets (tout poème est la formulation de ce questionnement), bref une espérance : rien n’est fini, dit-elle. " L'humanité 

 

Merci à l'éditeur.

 

La poésie sauvera le monde, Jean-Pierre Siméon, Le passeur éditions, janvier 2016, 96 p., 13 euros

Partager cet article
Repost0

L'ami retrouvé de Fred UHLMAN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Ce court roman, entre nouvelle et roman, raconte l'amitié entre le narrateur Hans Schwartz, d'origine juive et Conrad von Hohenfels, jeune aristocrate, ceci pendant la montée du nazisme à Stuttgart. Les deux enfants s'apprécient sans se soucier de leur classe sociale ou de leur religion mais parce qu'ils ont les mêmes centres d'intérêt, les mêmes passions. Leurs échanges  sont riches et s'ils abordent la religion, c'est dans un échange d'opinion constructif, au sein d'une discussion harmonieuse. Ce sont les autres, la mère de Conrad notamment, qui s'insinuent entre eux et brandissent le statut de juif de Hans. L'idéologie nazie s'infiltre peu à peu dans les discours des professeurs également, montrant ainsi les mécanismes d'endoctrinement des lycéens. Au début du roman les lycéens vivent en harmonie, puis peu à peu l'idéologie nazi s'iinfiltre et change les mentalités. 

Fred Uhlman a vécu dans sa propre vie les ravages du nazisme : contraint à l’exil, subissant la déportation de ses parents, la mort de sa sœur et de son bébé ainsi que la disparition de ses proches, L'auteur n’a plus jamais écrit en allemand, sa langue maternelle, jugeant que l’Allemagne avait trahi ses idéaux.

Il offre ici un récit court et puissant doté d'une fin qui donne tout son sens au titre du roman et chante ainsi l'universalité de l'amitié !

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article
Repost0

La vallée des poupées de Jacqueline SUSANN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

En 1945 Anne Welles quitte sa Nouvelle Angleterre natale pour rejoindre les fastes de New York. Elle est embauchée comme secrétaire par un cabinet d'avocats spécialisé dans le théâtre et trouve une chambre dans une pension. Elle rencontre alors Neely, qui se destine à la chanson, et Jennifer, une femme sublime bien décidée à se servir de sa beauté pour réussir dans le milieu du show-biz. 

Les poupées pourraient désigner ces jeunes filles si parfaites qu'elles semblent artificielles, mais dans le langage codé du showbiz, ce sont des tranquilisants, excitants et somnifères qui aident les trois héroïnes à tenir émotionnellement et physiquement face à la pression exercée sur elles. Devenues des icônes, elles deviennent grisantes aux yeux des autres, mais portent en elle ce grain de folie hors norme qui fait aussi partie intégrante des artistes. Arrivées en haut de l'affiche,  le monde étant à portée de leurs mains, elles perdent l'espoir qui alimentait leur jeunesse et errent de déception en déception. L'amour pourrait constituer un espoir, mais les hommes eux mêmes se révèlent peu à la hauteur, souvent lâches et tyranniques, déstabilisés par ces femmes carnassières. 

Publié en 1966, ce roman résonne comme une critique virulente du rêve américain faisant rêver les jeunes filles, cet Hollywood, ce Broadway, ces cabarets où coule l'argent et où règne la puissance de la notoriété. Mais tout a un revers, et les jeunes héroïnes vont en faire la cruelle expérience. L'auteure a elle-même tenté sa chance dans le showbiz comme actrice à New York, expérience qui s'est révélée éprouvante et lui a inspiré son roman.

Ce que j'ai moins aimé :

Une petite lassitude vers la fin, en raison de la répétition des désillusions des jeunes femmes. Neely semble un personnage assez improbable, elle qui tombe dix fois et se relève tout autant de fois. 

Malgré tout, les pages se tournent vite, portée par un style simple très dialogué. 

 

Présentation de l'éditeur : 10-18 

D'autres avis : Babelio

 

Merci à l'éditeur 

 

La vallée des poupées, Jacqueline Susann, traduit de l'anglais (EU) par Michèle Lévy-Bram, 10-18, juin 2016, 480 p., 8.80 euros 

 

Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1968

Partager cet article
Repost0

Le grand marin de Catherine POULAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Risquer de perdre la vie mais au moins la trouver avant..." p. 163

Un beau jour, Lili décide de larguer les amarres et de partir au bout du monde. Elle échoue à Kodiak en Alaska et s'embarque sur un bateau de pêche Le Rebel. Les conditions de vie sont difficiles, le travail très physique et dangereux, les hommes aux côtés de qui elle travaille crient beaucoup, mais Lili s'attache à ce monde rude qui la met sans cesse à l'épreuve. 

"Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d'amour aussi, il ajoute à mi-voix, jusqu'à n'en plus pouvoir, jusqu'à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie à en devenir fou. Qu'on finit par ne plus pouvoir se passer de ça, de cette ivresse, de ce danger, de cette folie oui !" p. 37

Surnommée "le moineau" par les hommes d'équipage, elle se fait peu à peu sa place dans cet univers masculin. Comme eux, elle a besoin de braver la mort pour se sentir vivante, c'est aux confins de sa vie, quand elle teste sa propre finitude qu'elle se sent vivre. Comme eux, à terre, elle erre désoeuvrée dans les docks, tentant de retrouver l'ivresse de la mer dans l'alcool qu'offrent les bars. 

Quand elle rencontre le grand marin, c'est comme par inadvertance, cela ne cadre pas avec ses projets, elle qui veut aller à Point Barrow, au bout du monde, et souhaite "M'asseoir au bout, tout en haut du monde. J'imagine toujours que je laisserai pendre mes jambes dans le vide... Je mangerai une glace ou du pop-corn. Je fumerai une cigarette. Je regarderai." p. 99 Pour elle, le couple et ses clichés semble être à l'opposé de ce qui la fait vibrer, bien trop statique pour lui convenir. Se laissera-t-elle apprivoiser ? 

Catherine Poulain signe là son premier roman inspiré de sa propre expérience puisqu'elle est elle aussi partie pêcher durant 10 ans en Alaska. Il a obtenu le prix Mac Orlan, le prix Joseph Kessel, le prix Henri Quéffelec, deux prix des Gens de mer et le prix Ouest-France Etonnants Voyageurs. Un beau succés pour ce magnifique portrait d'une femme qui veut juste être debout, vivante et se battre pour sa vie "C'est la seule chose qui compte, non ? Résister, aller au-delà, surpasser. Tout." p. 333

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelques longueurs et répétitions

- Une petite baisse de régime se fait sentir quand on rentre dans l'aspect sentimental et/ou sexuel de la relation entre Lili et le grand marin. 

- Il faut adhérer au style, très minimaliste, à la Claudie Gallay. 

- Et une dernière question essentielle : pourquoi toutes les trois pages les protagonistes passent-ils leur temps à se moucher dans leurs doigts ???

 

Présentation de l'éditeur : Editions de l'Olivier

D'autres avis : Repéré chez Clara 

Vous aimerez aussi : Les déferlantes de Claudie Gallay

 

Le grand marin, Catherine Poulain, Editions de l'Olivier, 2016, 19 euros

Partager cet article
Repost0

Vacances !

Publié le par Hélène

Je pars rattraper le temps perdu !

Retour le 11 !

Publié dans Divers

Partager cet article
Repost0

Que lire après Harry Potter ?

Publié le par Hélène

Votre enfant a dévoré tous les Harry Potter en une semaine ? Il vous a trainé dans toutes les expos possibles et imaginables sur le sujet ? Il cherche à vous ruiner en vous bassinant avec les studios visitables à Londres ? Il a commencé à vous ruiner d'ailleurs en vous demandant de débourser 40 euros pour une soit disant baguette magique qui finalement ne s'est révélée n'être qu'un vulgaire bout de bois ? Il vous fait manger des bonbons appétissants au goût de vomi ?  Il vous a fait passer des tests ridicules pour savoir dans quelle école vous iriez pour ensuite se moquer pendant 10 jours parce que le résultat était Serpentard ? Il a retapissé sa chambre avec des posters d'Harry alors que vous aviez prévu de jolis posters avec des chevaux crinière au vent ? Ne cherchez plus, j'ai la solution !

Faites lui lire autre chose ! Quoi ? me demanderez-vous alors après avoir essayé en vain "Oui oui au cirque" et autres joyeusetés ? J'ai la solution ! Vous pensez bien que je n'ai pas trouvé cela seule, je me suis adressée pour répondre à cette épineuse question à mon collègue Benoît.

Vous remarquerez que le collègue reste une valeur sûre dans bien des domaines : aller vous chercher un café à 7h du mat au 8ème étage parce que la machine à café du rez de chaussée est en panne et que grimper 8 étages, ça fait haut quand même (collègue de la sécurité), vous suggérez diplomatiquement de refaire votre cv et par la même occasion de faire une formation word et excel, parce que "vraiment là ce n'est pas possible Hélène" (collègue RH) vous apprendre philosophiquement que le gars de la compta couche avec le mec de la créa (assistante de direction), vous expliquer que non les chauffages électriques ne sont pas écologiques, et que mieux vaut rester dans 16°, c''est plus sain pour la planète (collègue maintenance)...

Bref, là où je travaille j'ai un collègue geek acheteur compulsif (à l'origine de mon achat de liseuse dont je vous parlerai une autre fois), des collègues de la sécurité qui ronflent quand j'arrive le matin à 8h, et les collègues de la maintenance qui passent leur temps à se promener avec des échelles pour faire croire qu'ils sont débordés. Benoît est un des gars à l'échelle. Il est jeune, il est sympa, et voici ce qu'il a conseillé à mon fils pour pallier à son manque après la fin d'Harry Potter : 

EragonUn garçon… un dragon… une épopée… Eragon vit avec son cousin Roran et son oncle Garrow dans une petite ferme sur les terres de l’empire de l’Alagaësia. Jusqu’au jour où il découvre une magnifique pierre bleue. Il n’imagine pas alors qu’il s’agit d’un œuf de dragon, et que sa vie va en être bouleversée. Il deviendra Dragonnier, héritier d’une caste d’élite que le démoniaque roi Galbatorix, veut éradiquer… Eragon n’a que 15 ans, et le destin de l’empire est désormais entre ses mains.

Percy JacksonPercy Jackson n’est pas un garçon comme les autres. Ado perturbé, renvoyé de collège en pension, il découvre un jour le secret de sa naissance et de sa différence : son père, qu’il n’a jamais connu, n’est autre que Poséidon, le dieu de la mer dans la mythologie grecque. Placé pour sa protection dans un camp de vacances pour enfants « sangs mêlés » (mi-humains, mi-divins), Percy se voit injustement accusé d’avoir volé l’éclair de Zeus. Afin d’éviter une guerre fratricide entre les dieux de l’Olympe, il va devoir repartir dans le monde des humains, retrouver l’éclair et démasquer le vrai coupable... au péril de sa vie.

-Je précise pour celui-ci que mon fils l'a lu et que j'ai eu droit à mille questions par heure sur la mythologie, si bien que j'ai fini par craquer et lui acheter un dictionnaire avec tous les dieux et déesses grecques pour avoir la paix ! 

A la croisée des mondesPourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée d'une prestigieuse université anglaise, est-elle l'objet de tant d'attentions? De quelle mystérieuse mission est-elle investie? Lorsque son meilleur ami, Roger, disparaît, victime des ravisseurs d'enfants qui opèrent dans tout le pays, elle n'hésite pas à se lancer sur ses traces... Un voyage vers le Grand Nord, périlleux et exaltant, qui lui apportera la révélation de ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.

Le livre des étoilesGuillemot est un garçon du pays d'Ys, situé à mi-chemin entre le monde réel et le Monde Incertain. Mais d'où lui viennent ses dons pour la sorcellerie que lui enseigne Maître Qadehar ? Et qu'est devenu Le Livre des Étoiles, qui renferme le secret de puissants sortilèges ? 
Dans sa quête de vérité, Guillemot franchira la Porte qui conduit dans le Monde Incertain, peuplé de monstres et d'étranges tribus...

Artemis Fowl Nom : Fowl. Prénom : Artemis. Age : 12 ans 
Signes particuliers : une intelligence hors du commun.
Profession : voleur. 
Recherché pour : enlèvement de fées et demande de rançon. 
Appel à tous les FARfadets, membres des Forces Armées de Régulation du Peuple des fées : cet humain est dangereux et doit être neutralisé par tous les moyens possibles. Un anti-héros pétillant de malice, une galerie de personnages décapants, une histoire au rythme débridé... Découvrez l'univers unique et enchanteur d'Eoin Colfer.

Narmia Au commencement étaient un petit garçon, Diggory, et une petite fille, Ponny, qui passaient leurs vacances en Angleterre dans des maisons voisines. A la suite de leurs pérégrinations enfantines, ils se retrouvent sans l’avoir voulu dans le cabinet de travail d’Andrew, l’oncle bizarroïde de Diggory. Au moyen de bagues magiques, ce dernier envoie Polly… ailleurs : elle disparait en tout cas de la maison londonienne ! Diggory, n’écoutant que son courage, part à son tour « ailleurs », la retrouver, éventuellement la sauver, et surtout la ramener. 

Au vu des commentaires qui suivent je retire Narmia de cette liste !

Quête d'Ewilan En pénétrant accidentellement dans l’univers de Gwendalavir, Camille découvre qu’elle est l’élue sur qui repose la survie de tout un peuple. Après avoir réussi à maîtriser le Don du dessin et terrassé de nombreux ennemis, Camille devient Ewilan… Sa quête lui permet de faire la lumière sur son identité, ses responsabilités, ses aspirations et sa place dans le monde..

 

Récemment, une libraire m'a aussi conseillé ces deux romans (parce que les libraires c'est aussi une valeur sûre...) :

Le premier défi de Mathieu Hidalf de Christophe Mauri Dans le royaume astrien, un royaume de (presque) conte de fée, il existe un enfant déjà très célèbre malgré son jeune âge, c’est Mathieu Hidalf. Il s’apprête à fêter son dixième anniversaire et le royaume est suspendu à ses faits et gestes. Mathieu est né le même jour que le vieux souverain et concocte, chaque année une bêtise particulièrement spectaculaire. Bien sûr, cela entraîne des punitions tout aussi spectaculaires car le père de Mathieu, haut dignitaire du royaume, ne supporte pas que son fils lui vole la vedette.

Tobie Lolness Tobie et sa famille appartiennent au peuple de l'arbre qui réside dans un vénérable chêne, ruche de vie. Le jeune héros mesure quelques millimètres, ce qui lui rend la vie bien difficile. Le père de Tobie, grand savant, refuse de révéler sa dernière découverte scientifique qui pourrait bouleverser non seulement leur vie à tous mais aussi les projets de certains membres du Grand Conseil... Ce refus va entraîner la famille de Tobie dans la déchéance. Emprisonné, le jeune héros va se retrouver propulsé seul dans de terribles aventures...

 

Babelio propose aussi sa liste : Babelio Que lire après Harry Potter ?

Et vous avez-vous trouvé d'autres solutions ? D'autres titres à conseiller ? 

 

Vous pouvez aussi le sortir de cet univers en tentant les romans de Slalom, la semaine dernière il a lu Camp Pikachu et actuellement il est plongé dans le roman de Sophie Adriansen Les grandes jambes , mais comme il a participé à la vidéo de lancement de la maison d'édition et qu'il connaît Sophie, je pense que cela explique son désintérêt passager pour Harry et je ne peux pas vous garantir que cela marche pour le vôtre ... 

 

Publié dans Jeunesse Roman

Partager cet article
Repost0

Meurtre en Mésopotamie de Agatha CHRISTIE

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Un roman classique toujours aussi efficace ! 

L'infirmière Amy Leatheran est appelée à s'occuper de Mme Leidner . Son mari s'inquiète en effet de certains dérèglements qui demande une présence assidue à ses côtés. Amy raconte ainsi son séjour au sein de la petite communauté d'archélogues, M. Leidner étant un américain dirigeant une entreprise de fouilles archéologiques sur l'emplacement d'une vieille ville assyrienne. Elle rencontre alors des personnages atypiques : Miss Johnson, une anglaise qui assiste le professeur Leidner, le couple Mercado, Carey, architecte, le père Lavigny, un missionnaire français qui relève les inscirptions anciennes, Colean et Emmott, un américain taciturne. les relations entre les protagonistes sont tendues à l'arrivée de l'infirmière

Après le meurtre, intervient le célèbre Hercule Poirot, au physique surprenant mais à l'intelligence vive. Il interroge tour à tour les suspects en s'attachant aux détails et se fait peu à peu une idée plus précise de la situation.

Pour cette intrigue, Agatha Christie s'inspira d'une personne rencontrée quand elle était en voyage de noces avec son second mari : Katherine Wolley était l'épouse de Sir Leonard Woolley, directeur de chantier de fouille sarchéologiques d'Ur. Les deux femmes étaient devenues amies, et la romancière fut attirée par la forte personnalité de son amie provoquant chez les autres des réactions très contrastées allant de la haine pure et simple à une passion outrancière. les personnages de Meurtre en Mésopotamie ont des réactions tout aussi épidermiques face à Mme Leidner, rendant la découverte du coupable difficile. 

Si la trame du roman est somme toute classique (présentation des personnages et de leurs relations - meurtre - interrogatoires subtils de Hercule Poirot - deuxième meurtre - nouveaux interrogatoires - résolution de l'intrigue), la finesse d'analyse des comportements et le talent de conteuse de Agatha Christie priment rapidement. 

Un classique à redécouvrir ! 

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

D'autres avis : lecture commune avec Electra

 

Lu dans le cadre du mois anglais avec pour thème aujourd'hui : Agatha Christie

Publié dans Roman policier Europe

Partager cet article
Repost0