Ce fut une belle aventure, j'ai pu découvrir des livres vers lesquels je ne serais pas allée naturellement, et j'ai été agréablement surprise par la qualité de ces lectures !
Le prix s'est clôturé par une belle soirée au théâtre de la Concorde, aux côtés des autres jurées, notamment Anne et Séverine avec qui j'ai pris plaisir à passer la soirée ! Merci aux organisatrices qui nous ont fait confiance !
L'année 2020 sera l'année de la BD, de fait, la SNCF s'est alliée au festival d'Angoulême et la sélection BD correspond à celle du Fauve Polar 2020 :
« Cassandra Darke » de Posy Simmonds
« Tumulte » de John Harris Dunning et Michaël Kennedy
« Le Detection Club » de Jean Harambat
« Dans la tête de Sherlock Holmes » de Cyril Liéron et Benoît Dahan
« No direction » d’Emmanuel Moynot
« Grasskings » de Matt Kindt et Tyler Jenkins
Les 8 meilleurs courts métrages :
Pour cette édition anniversaire, sont en lice les 8 films primés depuis la création de cette catégorie. Avec dans l’ordre, depuis 2012 :
« L’Accordeur » d’Olivier Treiner (24 25 Films)
« Kerosene » de Joachim Weissmann (Artémis Productions)
« Penny Dreadful » de Shane Atkinson (Rob Cristiano)
« CarJack » de Jeremiah Jones (100 to 1 Productions)
« Mr Invisible » de Greg Ash (Tin Monkey & Big Bright Lights)
« Hasta que la celada nos separe » de Mariana & Joserro Emmanuelli (Black Dog Production Mansion/ French Alliance of Puerto Rico)
« Speed/Dating » de Daniel Brunet et Nicolas Douste (Affreux, sales & méchants Productions)
« Troc Mort » de Martin Darondeau (La Voie Lactée, Slumdog Production et les Films du Duc )
En l'honneur des 20 ans du prix, j'avais envie de me lancer dans un challenge : lire tous les lauréats de la catégorie roman ! Qui est partant pour m'accompagner ??
Avant d'aller dormir de WATSON : déjà tenté sans succès, je ne suis pas certaine d'avoir envie de réessayer
Récemment, une lectrice me demandait comment participer à des jurys littéraires. J'ai donc décidé de lister les jurys littéraires auxquels vous pouvez participer en tant que lecteurs. Je me suis référée pour ce faire aux dates d'inscription de 2018. J'en ai sans doute oublié, n'hésitez pas à m'en signaler pour que je les rajoute.
La Cérémonie de remise des Prix SNCF du Polar s’est tenue lundi soir à la Maison de la Radio en présence d’auteurs, dessinateurs, réalisateurs et professionnels de la Culture.
Le prix dans la catégorie ROMAN a été attribué à Víctor del Árbol pour son livre Toutes les vagues de l’océan aux Éditions Actes Sud, collection Babel Noir.
La pré-selection a été établie par Christine, Ariane et Christilla. Le fil conducteur du témoignage, de l'autofiction leur est apparu après leur sélection faite. Elles cherchaient des livres forts, inspirants et ont choisi :
Chacun a défendu son point de vue lors des délibérations, quelquefois ardemment pour privilégier tel ou tel titre. Si un premier tour a d'emblée éliminé deux titres, il s'agissait ensuite de convaincre les autres de garder notre préféré, en leur montrant peut-être des aspects qu'ils avaient pu occulter. J'ai personnellement défendu Bakhita et Neverland. La force de ce prix est que nous avons vraiment eu le temps et l'opportunité de nous exprimer, de partager nos avis, nos ressentis, nos coups de coeur, nos coups de gueule, dans le respect et la bonne humeur ! A noter que nous étions accueillis par Dalloyau pour le plus grand plaisir de nos papilles gustatives...
And the winner is ...
Jean-François Billeter pour Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia
Les passeurs de livres ...
Nous avons ensuite pu continuer à discuter tous ensemble autour de cette passion commune qui nous rassemblait. Je suis repartie avec une liste de livres à lire assez impressionnante :
Merci à Pauline pour son organisation, à Julie pour m'avoir permis d'être dans ce jury, à toute l'équipe de Psychologies pour leur accueil, à Sandra pour sa visite guidée de l'expo et pour m'avoir accompagnée, à Eva pour sa présence radieuse, à Marie-Claire pour son écoute et sa passion, à Christine pour son franc-parler et pour ses conseils éclairés, à Olivier et Martial, à ma mère, bon bref, je m'égare, c'était un chouette moment, et je le place parmi mes expériences de jurée préférées, aux côtés du jury du prix Orange du Livre.
Après le prix Psychologies-Fnac de l’essai pour mieux vivre sa vie, Psychologies a lancé l'an dernier le prix du roman inspirant, en collaboration avec des libraires indépendants.
"Parce que nous aimons les romans, parce qu’ils nous soutiennent, nous réconfortent, ouvrent notre esprit, nous font découvrir le monde et ses habitants, parce qu’ils sont source de nourriture intellectuelle et affective, nous voulons couronner le titre qui semble réunir au mieux ces qualités. Dans un monde heurté, difficile, angoissant, la littérature a plus que jamais un rôle essentiel à jouer dans nos vies."
J'ai la chance cette année de faire partie du jury en tant que blogueuse, aux côtés de Eva, de journalistes de la rédaction, de libraires indépendants et de lecteurs. Philippe Besson sera le président du jury.
La sélection nous a été dévoilée la semaine dernière :
Lundi 12 Eva et moi parlerons de Mon père sur mes épaules, le vendredi 16 de Mort d'un cheval dans les bras de sa mère, le mardi 20 de Une autre Aurélia/Une rencontre à Pékin.
Les délibérations auront lieu le 27 Mars après-midi et le lauréat sera annoncé le 27 Mars au soir au Musée du Luxembourg…
Hier soir avait lieu la remise du prix Goncourt des lycéens, remis à Alice Zeniter, pour son roman L'art de perdre dans lequel elle raconte le parcours d'une famille de harkis sur plusieurs générations en s'inspirant de l'histoire de sa propre famille.
Un roman traduit du silence
Tahar Ben Jelloun a ouvert le bal des discours en soulignant combien la guerre d'Algérie restait un sujet sensible en raison des mémoires meurtries, et il a admiré le courage de Alice Zeniter qui a su aller encore plus loin en s'intéressant aux harkis. Pour lui, le roman d'Alice Zeniter est un roman traduit du silence car personne n'avait envie de raconter cette part maudite, cette malédiction liée aux harkis et à la guerre d'Algérie, et c'est finalement grâce à la littérature que la parole a pu se faire. Il a remercié les lycéens de leur choix, l'académie Goncourt avait porté L'art de perdre jusqu'à la dernière liste, mais L'ordre du jour de Eric Vuillard l'avait supplanté dans la course finale. Il est heureux qu'aujourd'hui les lycéens le choisissent. Il conclue en disant combien il a été ému par cette histoire qui a levé le voile sur une tragédie sans fin.
30 ans de Goncourt des lycéens
Enrique Martinez, directeur général de la Fnac Darty, a ensuite pris la parole en rappelant que cette édition couronne les 30 ans du Goncourt des Lycéens, avec plus de 30000 lycéens qui ont participé au prix. Il cite une citation de Vargas Llosa qui affirmait que la chose la plus importante qu'il avait pu faire dans sa vie fut d'apprendre à lire. Pour la Fnac il s'agit d'un enjeu important de continuer. La lecture plus que jamais. Le recteur de l'académie de Paris, Gilles Pécout, a lui aussi insisté sur l'importance du prix et de la lecture. Il a remercié Alice Zeniter d'avoir élaboré une oeuvre d'art avec un pan de notre histoire.
De l'importance de la transmission
La présidente du jury des lycéens s'est ensuite exprimée avec beaucoup d'émotion, elle a mis l'accent sur les sensations inoubliables ressenties à la lecture du roman de Alice Zeniter, sur le fait que la lecture lui a permis de développer une maturité et de prendre de la hauteur.
Pour finir, Alice Zeniter, elle-même très émue s'est exprimée. Pour elle il était important de donner des mots à ceux pour qui les mots sont des lieux d'enfermement. Elle voulait aussi parler de la transmission, sur trois générations, de ce qui passe d'une génération à une autre : comment se transmet la culture, mais aussi comment se transmettent les angoisses, les hontes, les traumatismes. Naïma, l'héroïne de son roman est une jeune fille en mouvement, et ce mouvement continue à travers ces lycéens à qui elle a transmis son histoire.
Les 13 lycéens délégués, désignés pendant ces 6 délibérations régionales, se sont retrouvés aujourd'hui à Rennes pour la grande délibération nationale, et ont annoncé le lauréat du 30ème Prix Goncourt des Lycéens à 12h45 depuis l'Hôtel de Ville de Rennes.
Il s'agit de :
Son roman a obtenu sept voix, contre six pour Bakhita (Albin Michel) de Véronique Olmi.
La remise du Prix aura lieu à 18h30 ce soir à la Fnac Ternes à Paris.
Après plusieurs semaines de lecture des romans en compétition, les lycées participants ont l'opportunité d'échanger et de débattre avec les auteurs en lice pour le Prix lors de 7 rencontres régionales, organisées du 9 au 18 octobre au sein de plusieurs Ateliers Canopé. Après Nancy, Rennes et Paris, les auteurs se rendaient donc vendredi dernier à Lille à la rencontre des classes suivantes :
- la 1ère gestion administration du lycée Hurle-Vent au Tréport
- la 2nde du lycée du Val de Lys à Estaires
- la 1ere L du lycée Pierre de Coubertin à Calais
- la Terminale Bac pro commerce du lycée professionnel Louis Armand de Jeumont
- la seconde du lycée Louis Thuillier à Amiens
Les auteurs étaient nombreux à avoir répondu à l'appel : Patrick Deville, Véronique Olmi,, Philippe Jaenada, Brigitte Giraud, Monica Sabolo, Frédéric Verger, Alexis Ragougneau, François-Henri Désérable, Olivier Guez, Alice Zeniter, Kaouther Adimi.
Des questions variées
Le processus d'écriture
Les élèves étaient curieux de connaître les origines de la vocation des auteurs et leurs habitudes d'écriture. François-Henri Désérable avait ce rêve fou de pouvoir rester sur son canapé à lire et qu'autour de lui dans un silence feutré les autres murmurent "Chut !... il travaille". Les autres auteurs également avaient toujours en eux cette envie et ce besoin pressant de lire et écrire toute la journée. Kaouther Adimi souligne qu'en 1994 en Algérie, elle n'avait pas accès à une grande offre en terme de lecture, et de fait, elle s'est décidée à écrire elle-même des histoires qu'elles pourraient ensuite lire.
Frédéric Verger est venu plus tard à l'écriture, mais il écrivait tôt. Il est professeur en parallèle. Kaouther Adimi éprouve aussi ce besoin d'avoir aussi un autre emploi, elle travaille du lundi au jeudi pour ensuite pourvoir se libérer par l'écriture. Philippe Jaenada a un travail très lucratif quelques jours par semaine pour ensuite se concentrer sur l'écriture, puisqu'il serait vain de penser pouvoir gagner beaucoup d'argent grâce à l'écriture... Pour tous, l'écriture et la lecture sont l'air qu'ils respirent, un besoin vital avant d'être une obligation.
Alice Zeniter a commencé par des études et théâtre et elle a gardé de cet amour du théâtre l'habitude de lire à haute voix ses romans parce que "L'écriture s'éprouve sur la page mais aussi dans la bouche et à l'oreille, elle passe par le corps tout entier." Monica Sabolo aime aussi déclamer les phrases, et quand la phrase déclamée sonne comme une bande-annonce de film américain, par son rythme et son intensité, elle la garde.
L'écriture ne coule pas toujours, Véronique Olmi a réécrit quatre fois son roman avec des narrateurs différents, jusqu'à trouver la note juste. Ecrire demande une concentration, un travail, des réécritures multiples, pour enfin, parvenir au but visé.
Aux lycéens qui souhaiteraient faire ce métier, François-Henri Désérable suggére de "Lire, lire et lire encore". Il rappelle qu'il existe le Prix des jeunes écrivains qu'il a lui-même reçu en 2011, tout comme Kaouther Adimi en 2007 et 2009.
De la porosité entre le réel et la fiction
De nombreux romans de la sélection s'inspirent de personnages réels, car pour les auteurs l'équilibre entre l'intime et la réalité historique reste discret.
"Etre écrivain c'est se soustraire au monde pour créer son propre monde" François-Henri Désérable
Olivier Guez se demande s'il est le marionnetiste ou la marionnette de ses personnages.
Pour Véronique Olmi, écrire c'est se décoller du réel, partir dans la marge, respirer un peu plus loin.
L'heure des dédicaces
Après la rencontre, les lycéens ont pu se faire dédicacer leurs livres.
Et après ?
À l'issue de l'étude des livres, les classes élisent un délégué pour présenter leur tiercé de livres gagnants et défendre leurs choix lors de délibérations régionales. Elles ont lieu dans 6 villes en simultanée (Lyon, Nantes, Metz, Paris, Marseille, Rennes).
Chaque région choisit ses deux représentants et son tiercé de livres gagnants. Une finale se tient ensuite à Rennes, berceau du Prix. À l’issue des délibérations, le Prix Goncourt des lycéens est proclamé et rendu public.
Le jury constitué par les délégués régionaux et étrangers réunis à huis clos à Rennes, élisent le 30e Prix Goncourt des Lycéens, le 16 novembre 2017.
Sur Lecturissime
Prochainement je vous livrerai les impressions des auteurs, des lycéens, des professeurs sur ces rencontres et leur ressenti sur le prix. Et je continue bien sûr mes lectures des romans sélectionnés pour pouvoir vous en parler !