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La couleur du lait de Nell LEYSHON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Mary grandit dans une ferme du Dorset dans les années 1831. cette jeune fille franche et droite travaille aux côtés de ses deux soeurs pour la ferme familiale, menée par un père autoritaire. heureusement la jeune femme peut se réfugier auprès de son grand-père à qui elle se confie. Mais alors qu'elle a 15 ans, son père décide de la placer chez le pasteur Graham pour servir et accompagner son épouse à la santé fragile. Si dans un premier temps Mary est tentée de fuir pour retrouver son univers familier, elle s'attache aussi à cette femme douce et bienveillante. Mais dans cette famille, elle découvrira aussi l'humiliation de sa condition...

La jeune femme conte elle-même son histoire, maladroitement, par touches successives, faisant flamboyer ses sentiments et ses révoltes. 

Ce court roman percutant touche indéniablement en plein coeur son lecteur ! 

Ce que j'ai moins aimé :

- Dans un premier temps le style peut surprendre, collant à la façon de parler et d'écrire de Mary : "Je n'ai pas l'habitude qu'on me sert, j'ai dit.", "J'ai encore haussé les épaules. j'ai sorti de la pièce."

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

D'autres avis : Papillon ; Dominique

Vous aimerez aussi : Captive de Margaret Atwood

Publié dans Littérature Europe

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Blake et Mortimer tome 25 La Vallée des Immortels de Yves SENTE, Peter VAN DONGEN, TEUN BERSERIK

Publié le par Hélène

♥ ♥

Une intrigue politique très nourrie court en ces pages : le palais impérial du dictateur Basam-Damdu est anéanti par une escadrille d'Espadons, et le monde, soulagé, fête la fin de la troisième guerre mondiale. En Chine, les nationalistes affrontent les communistes. Hong Kong est menacée et Francis Blake est chargé de la défendre.

A cela s'ajoute une intrigue "archéologique" liée au transport des 240000 trésors archéologiques exfiltrés de la Chine continentale.

Le lecteur ne s'ennuie pas un instant : aventures, naufrages, règlements politiques, personnages qui renaissent de leurs cendres comme le colonel Olrik, qui profite du chaos pour assouvir ses velléités de vengeance, trouvailles technologiques, espions, enlèvements intempestifs, tout se conjugue pour qu'il ne puisse pas reprendre son souffle ... Entre la Chine et Londres il est invité à voyager !

Ce que j'ai moins aimé :

- un peu trop mouvementé à mon goût

- très documenté sur la Chine

 

Présentation de l'éditeur : Dargaud

La BD fait son festival avec Rakuten !

Merci à Rakuten pour cette découverte ! La BD Blake et Mortimer est aussi à découvrir chez eux ICI

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Un homme à sa fenêtre de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

En ces pages lumineuses défilent les jours perdus, des chanteurs has been, des ratés, des nouveaux propriétaires heureux, les règles improbables d'un nouveau jeu, les joies de la hiérarchie en entreprise, des lettres anonymes pour enchanter le quotidien, les conseils judicieux : "Quand t'as pas de réponse, te pose pas la question", les autres conseils de ceux qui pensent qu'il faut écrire autre chose, des gens pétris de bonnes intentions, des textes et des personnages variés, pour finalement détecter, au détour d'une déconvenue, entre les lignes, le bonheur, discret "Le bonheur, c'est un hôtel qui n'est jamais complet, un hôtel où il y a toujours des chambres libres. Des chambres vides dans lesquelles on vient pour s'allonger sans trop froisser le dessus-de-lit et prendre un petit moment pour rêver." Et puis surtout, ce besoin, cette envie d'écrire et de peindre ces portraits, même si cela ne plaît pas toujours aux éditeurs. "Ce n'est pas lié à votre talent, mais votre problème voyez-vous, c'est que vous ne connaissez personne et que personne ne vous connaît.", disent-ils... Ce sont ces mêmes éditeurs qui aujourd'hui traquent pour certains effectivement les comptes bien fournis en followers sur les réseaux sociaux et demandent ensuite à l'intéressé s'il n'aurait pas envie d'écrire... "Il ne suffit pas d'écrire des histoires, il faut que l'auteur en soit une, bien communicante, une histoire qui fascine ou qui fait envie, avoir été le type ou la fille qui ça aide à vendre des livres. "

Faisant fi de ce monde impitoyable, dans ses microfictions enchanteresses, David Thomas manie à merveille l'art de la suggestion. Si ces histoires nous ressemblent tant, c'est que tel un Molière moderne, l'auteur peint nos vices humains en nous invitant à en rire...

 

Présentation de l'éditeur : Editions Anne Carrière

Du même auteur : La patience des buffles sous la pluie ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Un silence de clairière ♥ ♥; Je n’ai pas fini de regarder le monde ♥ ♥ (Nouvelles) ; On ne va pas se raconter d'histoires ♥ ♥ ♥ (Nouvelles) ; Hortensias ♥ ♥ ♥ ; Le poids du monde est amour ♥ ♥ ♥ (Nouvelles)

D'autres avis : Caroline

 

Merci à l'éditeur et à l'auteur.

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Une fille des neiges de Jack LONDON

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Peu importe le paysage ; c'est nous qui comptons. Si nous n'existions pas, le paysage demeurerait toujours là, mais privé de sens. C'est nous qui le lui donnons."

Après avoir fait ses études, la jeune Frona Welse revient vers ses terres en pleine ruée vers l'or. Fille de Jacob Welse, l’un des hommes les plus connus et les plus riches de l’Alaska, elle compte bien partager l'existence rude des prospecteurs. A son arrivée, elle croise la route de Vance Corliss, jeune homme discret, puis de Gregory de Saint Vincent, dont elle aime écouter les récits d'aventures.  

Une fille des neiges est le premier roman de Jack London et s'y trouve déjà ce qui plaît tant dans ses romans d'aventures : le Grand Nord, les paysages grandioses du Klondike, des personnages forts aux prises avec une nature sauvage qui révèle petit à petit leur vraie personnalité. Frona est un personnage de femme bien campé, aux idées arrêtées, femme intrépide qui n'a pas peur du danger.  

Ce que j'ai moins aimé :

- Quelquefois trop fleur bleue et prévisible.

- Certains discours sur la race tenus par la jeune Frona face à Vance Corliss sont très clairement controversables ... Considérons que l'écrivain s'identifie plutôt au fringant Vance qui ne partage pas ses idées ...

Bilan : Un roman d'aventures plaisant.

 

Présentation de l'éditeur : Libretto

Du même auteur :  Smoke bellew ♥ ♥ ♥ ♥ ; Martin Eden ♥ ♥ ♥ ; La piste des soleils ♥ ♥  (nouvelle)

D'autres avis : Lecture commune avec Chinook

 

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Midi-Minuit de Doug Headline et Massimo Semerano

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Il n'existe pas de conditions idéales pour tourner un film, les conditions sont toujours idéales, parce que ce sont celles qui vous permettent de faire votre film."

François et Christophe partent pour l'Italie pour une mission enivrante pour eux : interviewer Marco Corvo, cinéaste mythique qui a disparu depuis 25 ans. Pour ces deux passionnés de cinéma bis, les deux hommes sont fébriles à l'idée de le rencontrer... Arrivés à Rome, les deux hommes se retrouvent face à un homme mystérieux, lunatique, accolé à une infirmière prenant très à coeur sa tâche... Au même moment, dans la ville, des meurtres sont perpétrés contre tout critique de cinéma qui aurait osé critiqué les films de Corvo.

Hommage au cinéma bis qui désigne des films réalisés pour reprendre des recettes déjà éprouvées, mais tournés avec des moyens réduits et destinés au public populaire, ou encore au cinéma italien des années 1960-70, cette bande dessinée ravira les cinéphiles. Les autres pourront se laisser porter par l'intrigue policière et par l'atmosphère étrange qui règne en ces pages... L'auteur s'est documenté et sa passion pour le genre se ressent profondément en ses pages. Même si le lecteur risque de passer à côté de nombreuses références s'il n'est pas initié, il passe néanmoins un bon moment, pris par les salles obscures...

 

Présentation de l'éditeur : Dupuis

Interview Tout en BD

 

Sélectionné pour le Prix SNCF du polar

 

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Âpre coeur de Jenny ZHANG

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Les fillettes qui prennent la parole tour à tour ont entre 7 et 9 ans. Immigrées chinoises dans les années 90, elles viennent d'arriver à New York. Différentes histoires, différents points de vue se font entendre, mais toujours celui de la fillette, qu'il s'agisse de Christina, Lucy, Frangie ou Annie. Elles évoquent la violence des rapports humains, les racismes, la barrière de la langue qui gêne l'intégration, mais aussi l'amour des parents, incommensurable. Ces derniers connaissent une vie de sacrifices pour que leurs enfants aient un avenir décent, leurs choix ne sont pas toujours les meilleurs, mais ils tentent avec les moyens qui sont à leur portée, d'offrir un futur à leur enfant. Quelquefois, les grands-parents viennent les rejoindre et sont en décalage avec les nouveaux codes occidentaux de ces familles qui tentent de s'intégrer.

Tous apprennent finalement à saisir chaque chance d'être heureux en ce monde, car ces chances sont rares.

"Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Il n'y avait pas moyen d'être libre dans ce monde

Aucun moyen

Vraiment aucun moyen."

Ce que j'ai moins aimé : Certaines scènes sont très crues, d'une violence physique et psychologique quelquefois marquante !

Bilan : un roman percutant qui me marquera durablement ! "J'avais envie de montrer des jeunes filles en colère, qui détestent le monde, qui ont parfois envie de se venger, qui découvrent leurs corps." dira l'auteure, elle même fille d'immigrés chinois arrivée aux Etats-Unis à deux ans. Elle signe aujourd'hui un roman sans langue de bois !

 

Présentation de l'éditeur : Editions Picquier

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Asie

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Quelle bonne idée ! 100 propositions plus ou moins saugrenues dans l'espoir fou de refaire le monde de Julien DAMON

Publié le par Hélène

Les idées en question ont été publiées sur Internet et sur les réseaux sociaux, émaillées de commentaires, de suggestions, elles sont ici ajustées.

Plusieurs pôles de réflexion voient le jour: Réformer les institutions françaises, Revoir les frontières entre public et privé, Tonifier le travail et le management, S’adapter à la société numérique, Mieux vivre le quotidien, Ajuster les politiques sociales, Réviser l’intégration européenne, Mieux lutter contre l’insécurité et les incivilités, Actualiser l’école et l’enseignement, Innover pour les fêtes de fin d’année

Ce que j'ai moins aimé :

  • Une tendance marquée à la privatisation, au libéralisme : Privatiser Radio France et France Télévision,  Supprimer le ministère de la Culture, Supprimer le supplément familial de traitement des fonctionnaires, Supprimer chauffeurs et voitures de fonction dans le secteur public, Supprimer le financement public des syndicats, Mettre fin aux disponibilités des fonctionnaires, Mettre fin aux subventions publiques à la presse, Cesser les subventions publiques aux start-up, etc...
  • Des propositions vides de sens pour beaucoup, provocatrices pour la plupart, que je n'ai pas même trouvées drôles : Faire les réunions debout, Établir un droit à la sieste, Interdire les réunions après 18 heures, Mettre Mayotte en vente, Laisser les adolescents dormir...
  • De nombreuses occurrences du terme "supprimer " et peu de "créer" pour un discours finalement assez répressif. Si il s'agit de second degré, si le but est de nous montrer vers quel monde nous nous dirigeons dans ce cas pourquoi ne pas l'afficher clairement : Réprimer les incivilités, Généraliser la vidéosurveillance, Expérimenter la tolérance zéro, Systématiser les amendes contre les fumeurs de joints, Forcer les tagueurs à nettoyer les tags, Faire nettoyer les facultés occupées par leurs étudiants militants, Éradiquer la fraude dans les transports en impliquant les salariés, Réintroduire l’uniforme à l’école...
  • Même dans certaines propositions légères on retrouve un aspect dirigiste allant à l'encontre des libertés comme : Abonner tous les adolescents à un journal (mais laissez les lire ce qu'ils veulent !), Ne pas faire de cadeaux à Noël !
  • Les idées sont survolées, on nous annonçait une assise chiffrée et sociologique mais que nenni ! "Le propos se veut rigoureux, appuyé sur des données, des expériences, des analyses fondées." dit l'auteur dans sa préface

Bilan : Je m'attendais à un livre plus sérieux, plus documenté et finalement plus profond. Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'habiter un monde ainsi changé, même si ce livre a le mérite de lancer des débats, pour "ambiancer" comme le souligne l'auteur avec malice !

 

Présentation de l'éditeur : PUF

Reçu dans le cadre de Masse Critique Babélio

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Pour avoir vu un soir la beauté passer - 62 poètes d'aujourd'hui

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Autour du thème de la beauté, thème du printemps des poètes 2019, 62 poètes contemporains se côtoient dans cette anthologie. ne reste plus qu'à se laisser conquérir par cette beauté contemporaine...

Présentation de l'éditeur : Castor Austral

Les auteurs : Marc Alyn, Michel Baglin, Marie-Claire Bancquart, Linda Maria Baros, Claude Beausoleil, Claude Ber, Zéno Bianu, Daniel Biga, Alexandre Bonnet-Terrile, Alain Borer, Nicole Brossard, Michel Bulteau, Laure Cambau, Gérard Cartier, Bernard Chambaz, Jean-Pierre Chambon, William Cliff, François de Cornière, Cécile Coulon, CharlElie Couture, Seyhmus Dagtekin, Francis Dannemark, Jacques Darras, Julie Delaloye, Philippe Delaveau, Patrice Delbourg, Ariane Dreyfus, Antoine Emaz, Dominique Fabre, Daniel Fano, Alexis Gloaguen, Guy Goffette, Hubert Haddad, Alejandro Jodorowsky, Charles Juliet, Abdellatif Laâbi, Werner Lambersy, Yves Leclair, Yvon Le Men, Jérôme Leroy, Jean-Paul Michel, Bernard Noël, Jean Portante, Serge Pey, Éric Poindron, Bernard Pozier, Jacques Roubaud, Valérie Rouzeau, James Sacré, Nohad Salameh, Dominique Sampiero, Eric Sarner, Eugène Savitzkaya, Jean-Pierre Siméon, Jean-Luc Steinmetz, Lucien Suel, Jacques Vandenschrick, André Velter, Franck Venaille, Laurence Vielle, Thomas Vinau.

 

Publié dans Poésie française

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Antonia - Journal 1965-1966 de Gabriella ZALAPI

Publié le par Hélène

♥ ♥

Antonia est une jeune femme de 29 ans mariée à un homme qui ne l'estime pas, et des envies de liberté la parcourent : "J'ai épousé Franco aveuglée par le désir d'être aimée. je me suis trompée." dit-elle. "Franco est un homme tiède, sans courage. Sa vie s'étend sur quelques mètres carrés. Parler avec lui c'est restreindre mon horizon, restreindre mon vocabulaire, restreindre mon imaginaire."

Quand elle se confie à son père tant aimé, celui-ci la rabroue et l'enjoint à aimer son mari, "pour le meilleur et pour le pire". A la mort de sa grand-mère, Antonia reçoit une boîte de documents retraçant la vie de cette femme, elle se consacre alors à reconstituer le passé, se perdant dans la vie de son ancêtre pour oublier ses déconvenues.

Mais peu à peu, sa volonté s'affirme, elle s'affranchit des conventions sociales étouffantes et s'admoneste : "Antonia, tu dois : émerger, apparaître, sortir, te montrer, jaillir des tréfonds, manifester ta présence. Qu'attends-tu ?"

Dans ce journal intime, elle note ses pensées mais aussi les fulgurances trouvées ailleurs, comme cette réplique de Fellini dans 8 1/2 : "Est-ce que tu serais capable de tout planter là et de recommencer ta vie ? De choisir une chose, une seule chose et d'y rester fidèle ? ... De faire en sorte qu'elle devienne ta raison de vivre ? ... Une chose qui résumerait tout, qui renfermerait tout, parce que ta propre fidélité la rendrait infinie ? En serais-tu capable ?"

Gabriella Zalapi est artiste plasticienne et elle utilise ici des photographies, souvenirs ou archives issues de sa propre histoire familiale pour nous conter ce destin de femme et cette émancipation féminine peu évidente dans les années 60 en Sicile. Antonia est son premier roman, il lui permet de s'interroger sur ce qui fonde une identité. 

Ce que j'ai moins aimé : Le côté fragmenté et assez répétitif  du journal a émoussé mon intérêt en cours de lecture.

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

D'autres avis : Cathulu ;  Paolina ; Télérama

 

Merci à l'éditeur.

Publié dans Littérature Europe

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Feuillets d'Hypnos de René CHAR

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Enfonce-toi dans l'inconnu qui creuse. oblige-toi à tournoyer."

René Char a écrit ces Feuillets d'Hypnos entre 1943 et 1944 – lorsque le poète était engagé dans la Résistance sous le nom de Capitaine Alexandre. Ils ne furent publiés qu’à la fin de la guerre, en 1946, car René Char souhaitait que l'action prime en ces périodes tourmentées. Les poèmes prennent la forme de courtes notes, de maximes, anecdotes, souvenirs éparpillés et consignés, récits de guerre (arrestations, tortures, représailles, exécutions sommaires...), conseils d'un commandant à ses troupes, notes saisies au fil de l'action. 237 fragments au total, dans lesquels le vif du combat transparait.  Ces pages fulgurantes esquissent aussi le portrait des hommes compagnons de résistance, et rend hommage à ceux tombés morts. Une partie des feuillets a été brûlée à la fin de la guerre et le poète les a repris un peu plus tard, abrégeant ou développant selon le cas.

"Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qu tient éveillés le courage et le silence."

Témoignage du quotidien, ces fragments se concentrent sur la volonté et nécessité de combattre et de témoigner pour laisser une trace et rassembler les hommes.

"Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l'austère nuit des marais s'appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d'amour toute la fatalité de l'univers."

Nécessité aussi de l'écriture, pour échapper au pire, pour respirer entre les mots :

"Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté."

Un texte essentiel.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Vous aimerez aussi : L'honneur des poètes

 

Publié dans Poésie française

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