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Triste flic de Hugo HAMILTON

Publié le par Hélène

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  ♥ ♥

 A ne pas laisser passer...

 

L’auteur :

 

Hugo Hamilton est un écrivain irlandais et accède à la consécration avec son roman autobiographique Sang impur, récompensé en France par le prix Fémina Etranger en 2004.

 

L’histoire :

 

Abandonné par sa femme, mis en congé à durée indéterminé après un incendie qui a failli lui coûter la vie, Pat Coyne mène une bien triste vie, remâchant ses diatribes réactionnaires entre deux pintes de Guiness. Mais lorsque son fils se retrouve impliqué dans une sordide affaire d’immigration clandestine, l’ex-flic reprend du service.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’humour est « déjanté » (qui était d’ailleurs le titre des premières aventures de Pat Coyne, tout aussi savoureuses)

-          Le personnage de Pat Coyne est attachant et atypique : perdu, dépassé et souvent imbibé, il essaie de vaincre ses démons résistants avec l’aide d’une thérapeute motivée. Mais c’est loin d’être gagné : il persécute un pauvre banquier, reste convaincu qu’il est « inextricablement lié » à sa femme Carmel qui l’a pourtant quitté (il constate d’ailleurs très finement « C’est pas de la tarte d’être amoureux » (p. 68)), n’hésite pas à déloger quelques lions dans la maison de son rival, et aime pester contre les adeptes de « l’irlanditude »… Il est le centre de son monde, le centre du roman, et ceci pour notre plus grand plaisir…

 

« Pat vous faites une fixation sur la vérité.

Bien sûr. Je veux la vérité.

Oui, mais vous ne pouvez pas vivre avec. Nous vivons de symboles. Nous avons besoin de rêves. De fiction. […]

Tour est affaire d’invention. Les vies sont des histoires. » (p. 180)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’intrigue policière est vite expédiée, elle n’est que secondaire.

 

 

Premières phrases :

 

« Coyne sirotait sa pinte. S’occupait de ses oignons. A l’instar de beaucoup d’autres solitaires assis au bar un peu partout dans Dublin, on l’aurait cru aux commandes d’un gros engin. Perché sur un tabouret ; en train de manœuvrer une grue, un camion à plate-forme, ou encore un bus bondé de passagers à moitié soûls. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Du même auteur : Déjanté

Autres : les romans de Ken BRUEN

 

Merci à Jérôme LAMBERT des Editions Points pour cette lecture.

 

D’autres avis Keisha, Jean-Marc

 

Triste flic, Hugo HAMILTON, Phébus, novembre 2008, 18.53 euros

POCHE : Triste flic, Hugo HAMILTON, Points, septembre 2010, 253 p., 6.50 euros

Publié dans Roman policier Europe

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Féroces de Robert GOOLRICK

Publié le par Hélène

féroces 

  ♥ ♥

Un très grand roman.

 

L’auteur :

 

Robert Goolrick est un écrivain américain dont Féroces est le premier roman.

 

L’histoire :

 

Le narrateur porte un regard aiguisé sur sa famille, les Goolrick. Dans les années 50, tout le monde enviait ce couple uni qui courait les cocktails et fêtes en tous genres, toujours sophistiqués, toujours gais, toujours brillants. Leurs trois enfants semblaient eux aussi promis à un bel avenir.

Mais l’envers du décor est rarement aussi clinquant que l’endroit…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La puissance de l’écriture nous emmène allègrement sur les traces de cette famille si tourbillonnante. Le récit est passionnant, envoûtant, drôle quelquefois, tragique souvent, décalé tout le temps.

-          Le narrateur entre dans le vif du sujet de façon subtile et délicate : il plante le décor, parle de lui avec sincérité, peint quelques scènes familiales pour permettre au lecteur de cerner sa famille avant de véritablement ouvrir la porte qui mène aux vérités effrayantes… Ces vérités sont alors d’autant plus puissantes qu’il ne se perd pas dans le pathos et nous livre un récit très pur de ce qu’il a vécu.

-          C’est un homme qui souffre profondément et souhaite si ce n’est panser, du moins penser ses blessures pour que d’autres souffrent moins. Un grand homme…

 

« Ce que j’achetais ce jour-là ne changea strictement rien, et j’ai passé ma vie entière à en parcourir, des kilomètres à pied, à chercher une chose ou une autre, la chose qui ferait la différence entre ce que j’étais et ce que je voulais être. […] Quelque chose qui me dirait qu’enfin je n’étais plus sans espoir, que je n’étais ni petit, ni faible, ni laid, ni pauvre […].

Quelque chose qui viendrait apaiser la terrible beauté et l’inconsolable tristesse de la vie.

Je ne l’ai jamais trouvé. Je ne cesserai jamais de la chercher. » (p. 169)

 

« Je la raconte [cette histoire] parce que j’ai dans le coeur une douleur poignante en imaginant la beauté d’une vie que je n’ai pas eue, de laquelle j’ai été exclu, et cette douleur ne s’estompe pas une seconde.

[…]

Je la raconte pour tous les garçons, pour la vie qu’ils n’ont jamais eue.

Je la raconte car je tente de croire, car je crois de tout mon cœur, que toujours demeure l’écho obstiné d’une chanson. » (p. 249)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je dois avouer avoir quand même reçu un coup au cœur quand la « férocité » fut dévoilée. Mais une fois le temps du choc passé, je ne peux que m’incliner devant la puissance de ce texte essentiel.

-          Le titre français est mal choisi. Robert Goolrick avait intitulé ce roman : La fin du monde telle que je l’ai connue : scènes d’une vie, bien loin de ce « Féroces »…

 

Premières phrases :

 

« Mon père est mort parce qu’il buvait trop. Six ans auparavant, ma mère était morte parce qu’elle buvait trop. Il fut un temps où moi-même je buvais trop. Les chiens ne font pas des chats. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Sukkwan island de David VANN

 

 

 

Un très beau billet de La Ruelle Bleue 

 

Féroces, Robert GOOLRICK, Traduit de l’anglais (EU) par marie DE PREMONVILLE, Editions Anne Carrière, août 2010, 20.50 euros

 

 

Merci à Julia GALLET des Editions Anne Carrière pour m'avoir permis de découvrir ce très beau roman. 

 

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Sonietchka de Ludmila OULITSKAIA

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

 Le doux portrait d’une femme ordinaire.

Prix Médicis étranger ex-aequo en 1996

  

L’auteur :

 

  Ludmila OULITSKAIA est une écrivain russe. Elle est l'auteur de plusieurs romans et nouvelles ainsi que de plusieurs scénarios de films.

 

L'histoire :

 

Sonietchka est une bibliothécaire passionnée par la lecture. Aussi, le jour où Robert la demande en mariage, elle n’ose y croire, trop habituée aux destins tragiques des personnages qui peuplent ses romans. Et pourtant, elle épousera ce peintre plus âgé qu’elle et aura une fille avec lui, Tania. Des années plus tard, elle n’ose toujours pas croire à son bonheur…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          J’ai apprécié le charme douceâtre de ce court récit. Sonietchka est émouvante dans sa simplicité. Heureuse, elle ne laisse finalement aucun aléa de la vie troubler ce bonheur planté à l’ombre de sa famille. Elle passe tel un ange sur les pages du roman, virevoltante, pour plus vite retourner à sa lecture :

 

« Le soir, chaussant sur son nez en forme de poire ses légères lunettes suisses, elle plonge la tête  la première dans ses profondeurs exquises, des allées sombres et des eaux printanières. » (p. 109)

 

Sonietchka est de ces personnages romanesques que l’on n’oublie plus après les avoir rencontrés…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien.

 

Premières pages :

 

« Dès son plus jeune âge, à peine sortie de la prime enfance, Sonietchka s’était plongée dans la lecture. Son frère aîné, Ephrem, l’humoriste de la famille, ne se lassait pas de répéter la même plaisanterie, déjà démodée au moment de son invention : « A force de lire sans arrêt, Sonietchka a un derrière en forme de chaise, et un nez en forme de poire ! »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’accompagnatrice de Nina BERBEROVA

 

 

Sonietchka, Ludmila OULITSKAIA, traduit du russe par Sophie BENECH, Gallimard, Du monde Entier, 1996, 120 p., 12.20 euros

POCHE : Sonietchka, Ludmila OULITSKAIA, traduit du russe par Sophie BENECH, Folio, mai 1998, 108 p., 4 euros

 

 

Publié dans Littérature Europe

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Où on va papa de Jean-Louis FOURNIER

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Prix Fémina 2008

 

 

 

L’auteur :

 

Jean-Louis Fournier est un écrivain, humoriste et réalisateur de télévision. Il a obtenu le prix Fémina en 2008 pour ce roman.

 

L’histoire :

 

Jean-Louis Fournier raconte des tranches de vie aux côtés de ses deux enfants handicapés. Au fil des pages il livre des réflexions autour de leur vie quotidienne, toujours sur un ton drôle et décalé, même si la souffrance est sous-jacente.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce livre permet une approche très originale du handicap, sans pathos ni revendications. Le ton est toujours drôle et distancié, tendre et attentionné.
C'est un livre qui se lit très rapidement et duquel on ressort grandi, admiratif, nourris d'une nouvelle vision du handicap. Jean-Louis Fournier réussit à nous passionner en juxtaposant seulement des moments de vie. L'ensemble est traité avec humour tout en nous faisant sentir la souffrance et les difficultés liées à une telle situation.

 

« Mathieu fait souvent 'vroum-vroum' avec sa bouche. Il se prend pour une automobile. Le pire, c'est quand il fait les Vingt-Quatre Heures du Mans. Qu'il roule toute la nuit sans pot d'échappement. »

 

« Thomas essaie de s'habiller tout seul. Il a déjà mis sa chemise, mais il ne sait pas la boutonner. Il est en train maintenant d'enfiler son pull-over. Il y a un trou à son pull-over. Il a choisi la difficulté, il s'est mis dans l'idée de l'enfiler en passant sa tête non pas par le col, comme l'aurait fait un enfant normalement constitué, mais par le trou. Ce n'est pas simple, le trou doit mesurer cinq centimètres. Ca dure longtemps. Il voit qu'on le regarde faire, et qu'on commence à rire. A chaque essai, il agrandit le trou, il ne se décourage pas, il en rajoute d'autant qu'il nous voit rire de plus en plus. Après dix bonnes minutes, il a réussi. Son visage radieux sort du pull, par le trou.
Le sketch était terminé. On a eu envie d'applaudir. » (p.42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- La construction est un peu éclatée.

 

 

Premières phrases :

 

 

« Cher Mathieu,
Cher Thomas,
Quand vous étiez petits,j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. »

 

Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Stock, août 2008, 15 euros

POCHE : Où on va papa, Jean-Louis FOURNIER, Le livre de poche, mars 2010, 149 p., 5.50 euros

 

A noter que ce livre a créé une polémique autour de la façon dont Jean-Louis Fournier parle de ses enfants. Leur mère a réagi en créant ce site : http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/index.html  

 

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Le cuisinier de Martin SUTER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 Soirée aphrodisiaque au menu

 L’auteur :

Martin Suter est un écrivain suisse. Depuis 1991 il se consacre uniquement à l’écriture après un passage dans l’univers de la publicité et du journalisme. Ses romans connaissent un beau succès.

 

L’histoire :

Maravan, jeune réfugié tamoul est employé dans un restaurant suisse, le Huwyler. Il y est chargé de couper les légumes, de faire la vaisselle, alors qu’avec ses connaissances culinaires, il pourrait assurer un poste beaucoup plus important au sein de ce restaurant spécialisé dans la « nouvelle cuisine ». Il se contente donc de faire ses expériences de cuisine moléculaire chez lui. Or, Andrea, une collègue serveuse également au Huwyler rêve de s’installer à son compte. Aussi propose-t-elle à Maravan dont elle connaît le talent, de s’associer avec elle pour offrir des menus privés aphrodisiaques aux couples dont la passion s’use.

Ce que j’ai aimé :

-          Comme dans tous les romans de Martin Suter, le récit coule de source, avec la juste dose de péripéties, des rencontres qui tombent à propos, un brin d’amour, un peu de violence…

-          La toile de fond culinaire est originale, on y apprend les base de la cuisine ayurvédique et celles de la cuisine moléculaire. En fin de roman, l’auteur propose les recettes concoctées par Maravan, pour ceux qui souhaiteraient organiser une soirée aphrodisiaque… Voici le menu :

 

« Mini-chapatis à l’essence de feuilles de caloupilé,

De cannelle et d’huile de coco

Cordons de haricots urad en deux consistances

Ladies-fingers-curry sur riz Sali à la mousse d’ail

Curry de jeune poulet sur riz sashtika

Et sa mousse à la coriandre

Churaa Varai sur son riz nivara à la mousse de menthe

Espuma gelé au safran et à la menthe,

Aves ses textures de safran

Sphères de ghee à la cannelle et

A la cardamone douce-amère

Petites chattes de poivre glacé,

Aux pois chiches et au gingembre

Phallus gelés au ghee et aux asperges

Esquimaux au ghee de miel et de réglisse. » (p.130)

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Si les explications concernant les préparations culinaires de Maravan très détaillées sont quelque peu complexes pour une cuisinière de base, d’autres sujets sont seulement survolés trop sommairement à mon goût : les personnages restent fantômatiques, peu creusés, la situation au Sri Lanka sert uniquement de toile de fond, et les tractations commerciales pour la vente d’armes m’ont franchement ennuyée. Alors, comme le dit très bien Nelly Kaprièlian dans « Les Inrockuptibles » (5 mai 2010) : « A trop vouloir être sympathique, Martin Suter signe des romans très agréables, mais rate toujours le cran au-dessus : signer un vrai grand roman. »

 

Premières phrases :

 

« - Maravan ! Siphon !

Maravan posa d’un geste rapide le couteau affûté à côté des fines lamelles de légumes, se rendit à l’armoire chaude, y prit le siphon en acier inoxydable et l’apporta, avant qu’il ne refroidisse, à Anton Fink.

Le siphon contenait la pâte du sabayon à l’ail des ours que l’on servait avec les maquereaux marinés. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Le dernier des Weynfeldt de Martin SUTER

Autre : La fortune de Sila de Fabrice HUMBERT

 

 Le cuisinier, Martin SUTER, Traduit de l’allemand par Olivier MANONI, Christian Bourgois Editeur, mai 2010, 322 p., 20 euros

 

  1pourcent

Publié dans Littérature Europe

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La bouche qui mange ne parle pas de Janis OTSIEMI

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un roman policier gabonais truculent.

 

L’auteur :

 

Janis OTSIEMI est un écrivain gabonais. Il est actuellement secrétaire général adjoint de l’Union des écrivains gabonais, après un bref passage au gouvernorat de l’Estuaire. Il a publié son premier roman Tous les chemins mènent à l’Autre en 2001.

 

L’histoire :

 

Quand Solo sort de prison, il s’adresse à son cousin Tito pour chercher une affaire qui pourrait lui rapporter de l’argent pour se refaire. Tito lui demande alors de jouer le chauffeur dans une sombre affaire d’enlèvements d’enfants. Certains politiciens gabonais  n’hésitent pas en effet à faire tuer de jeunes enfants dont les attributs sont utilisés par des marabouts dans des rituels visant à les maintenir au pouvoir… Les policiers Koumba et Owoula sont rapidement sur les traces de Tito…

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’immersion dans le pays : le lecteur déambule aux côtés des protagonistes dans la capitale gabonaise, de Louis au Cap Esterias, accompagnant Solo et les autres dans leurs tribulations hasardeuses et découvrant avec horreur tous les dessous de la ville, plutôt glauques…

 

Les expressions renforcent cette immersion : « On n’est pas des cousins à plaisanteries », « Tu cherches toujours la bouche des gens » (tu provoques) « un type qui a bouffé des guêpes » (être surexcité) « kala-kala » (longtemps)…

 

-          Les personnages sont bien campés : les petits truands toujours plus avides d’argent pour « ambiancer », les policiers corrompus qui laissent souvent filer les bandits en contrepartie de quelque pécule, les politiciens superstitieux prêt à tout pour rester au pouvoir…

 

« La police de Libreville n’était pas celle de New York avec sa section scientifique et ses médecins légistes. Ici, il fallait faire avec les moyens du bord. Et les différentes enquêtes avaient le même mode d’emploi : « pas besoin d’être à la recherche d’éventuels témoins. On descend dans les quartiers populaires, on bouscule des indics. Le premier indigène que la rumeur soupçonne, les flics le ferrent et lui filent une torture qui ferait pâlir un nazi. Si l’indigène y est pour quelque chose, il videra son sac et vous conduira sur les lieux de son forfait. S’il n’y est pour rien après une petite vérification, on enchriste un autre indigène jusqu’à ce qu’on tombe sur le bon bougnoule. » (p.116)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          L’auteur crée plusieurs intrigues policières (braquages, vol de voitures, crimes rituels, fabrication de faux-billets, chantages, et j'en passe...) sans les exploiter de bout en bout, les menant rapidement dans des ruelles sombres dans lesquelles elles se perdent. Par exemple le sujet principal du roman autour des crimes rituels aurait mérité plus d’approfondissement. L’atmosphère prime sur le suspens quand les deux auraient pu être savamment imbriqués…

 

Premières phrases :

 

« 20 heures. Quartier La Campagne.

Solo descendit d’un taxi reconnaissable à ses larges bandes rouges et blanches. Il se dirigea vers un groupe de jeunes hommes paumés qui bavardaient sous un lampadaire sur le capot d’une voiture posée sur des cales de bois. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Mma Ramotswe détective d’Alexander MC CALL SMITH

 

 

La bouche qui ne parle pas, Janis OTSIEMI, Editions Jigal Polar, septembre 2010, 160 p., 15 euros

 

 

Merci à Yves pour le prêt. Jean-Marc en parle également.

 

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Chamelle de Marc DURIN VALOIS

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Prix des Cinq Continents en 2003

 

 

 

L’auteur :

Marc DURIN VALOIS est un écrivain français. Il a passé son enfance aux Etats-Unis et en Ouganda. Il est journaliste et enseignant au CNAM en psychologie.

Le long métrage inspiré de ce roman, réalisé par Marion Hansel, a reçu une quinzaine de prix internationaux. 

 

L’histoire :

 

Un pays africain. Qu’importe lequel. Pris en étau entre la guerre et le manque d’eau, les habitants d’un village décident de partir à la recherche de l’eau. Ils iront vers le sud, mais Rahne, l’un des villageois qui se targue d’être plus cultivé que les autres, décide de suivre sa propre route et d’emmener les siens vers l’est. Commence alors l’errance de cette famille dans le désert avec comme seule compagne leur chamelle. Rahne et les siens vont côtoyer la guerre, la faim, la soif, seuls mais unis. Leur choix était-il le bon sur ce continent qui met souvent le groupe en avant ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ce roman est conçu comme une fable cruelle, au pouvoir évocateur très puissant. Tout est orchestré d’une main de maître, jusqu’à l’implacable conclusion, renversante…

-          Ses leçons sont nombreuses et enrichissantes. Cet homme qui partait sûr de lui et de son

 savoir ( "Le savoir donne un prix à la peau. Je l'ai toujours dit." (p. 25) dit-il) va petit à petit vaciller sous les coups du sort.

C'est un récit qui prône l'humanité et la tolérance quoiqu'il arrive. Il faut parfois plier devant les autres, ravaler sa fierté et la haute estime que l'on a de soi-même pour pouvoir avancer...

 

"Dans la misère, l'homme isolé est toujours perdant. Quelque voie qu'il prenne." (p. 191)

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Pas très gai… Malgré tout le récit ne tombe jamais dans le pathétique, le récit s'apparentant vraiment à un conte philosophique dans lequel rien n'est réellement grave, le but du récit étant d'instruire et faire réflechir les lecteurs, non pas de les faire pleurer.

 

Premières phrases :

 

  "Si le vent soulève au loin  les sables et en fait des volutes, c'est que l'eau manquera bientôt partout.

Jamais ce vent chaud n'était venu jusqu'ici. Plus loin à l'ouest, oui. C'était arrivé. On avait vu les hommes errer comme des spectres desséchés, les lèvres et la alngue si blanches qu'ils semblaient vomir du lait. Mais, ici, en douze ans, jamais."

 

Vous aimerez aussi :

 

  Allah n'est pas obligé d'Ahmadou KOUROUMA  

 

Chamelle, Marc DURIN VALOIS, JC Lattès, août 2002, 15 euros

POCHE : Chamelle, Marc DURIN VALOIS, Le livre de poche, novembre 2004, 184 p. 5.50 euros

 

Cathe et Clara en parlent aussi.

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L’homme qui marche de Jirô TANIGUCHI

Publié le par Hélène

homme qui marche

♥ ♥ ♥

Un hymne au quotidien.

 

L’auteur :

  Jirô TANIGUCHI est un auteur de mangas japonais.

 

L’histoire :

 Un homme prend le temps de regarder la vie qui l’entoure.

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Ce que j’ai aimé :

-         J'ai aimé la douceur et le bonheur qui émanent de ces scènes emplies de quiétude. Cet homme qui marche écoute les oiseaux, s’émerveille devant le premier flocon de neige qui tombe du ciel, grimpe dans les arbres, nage la nuit dans les piscines désertées, bref c’est un homme qui prend son temps...

    Tourné vers la contemplation du monde, l'homme qui marche se plaît dans sa solitude entrecoupée quelques rares fois de brèves rencontres magiques. Les dialogues sont quasiment inexistants dans cet album, les dessins suggérant l'harmonie totale de cet homme avec son monde. C'est un homme heureux que nous peint Taniguchi...

Marche2

 homme qui marche couleur

 Ce que j’ai moins aimé :

 -          Les illustrations en noir et blanc. J’aurais tant aimé voir de la couleur orner ce petit bijou, comme sur la couverture de la première édition de 1995…

 

L’homme qui marche, Jiro TANIGUCHI, Casterman, septembre 2003 (première publication en 1995), 13,50 euros 

Publié dans Manga - Manhwa

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Des éclairs de Jean ECHENOZ

Publié le par Hélène

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 ♥ ♥ ♥

L’histoire romancée d’un savant fou…

 

 L’auteur :

 

Jean ECHENOZ est un écrivain français  Il a publié son premier roman en 1979 et a depuis reçu une dizaine de prix littéraires.  Avec Ravel et Courir, Des éclairs constitue le dernier volet du triptyque de « vies imaginaires » entrepris par l'écrivain.

 

L’histoire :

 

Gregor a inventé tout ce qui va être utile aux siècles à venir. Il est hélas moins habile à veiller sur ses affaires, la science l’intéresse plus que le profit… Tirant parti de ce trait de caractère, d’autres vont tout lui voler.

Jean Echenoz s’est inspiré pour ce récit de la destinée de l’ingénieur Nikola Tesla (1856-1943).

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Grégor est un personnage atypique et attachant malgré son caractère ombrageux. Inventeur génial : on lui doit notamment le courant alternatif, mais aussi « La radio. Les rayons X. L'air liquide. La télécommande. Les robots. Le microscope électronique. L'accélérateur de particules. L'Internet. J'en passe » (p.80), il préfère l’allégresse de la découverte et la mise en scène de ses découvertes aux retombées financières éventuelles. Sa passion aveugle et presque enfantine pour la science le condamnera à la solitude, avec comme seuls compagnons, des pigeons…

 

« Or on sait bien que tout le monde pense, toujours, la même chose au même instant. En tous cas se trouve-t-il toujours au moins quelqu’un pour avoir la même idée que vous. Mais il y en a toujours un aussi qui, avec la même idée que les autres, se montre plus patient, plus méthodique ou chanceux, mieux avisé, moins dispersé que Grégor, pour ne se consacrer qu’à elle et devancer le reste du monde en la réalisant. » (p. 80)

 

-          Grégor apparaît sous la plume de jean Echenoz comme une sorte de savant fou plutôt comique qui semble par exemple persuadé qu’il peut communiquer avec les Martiens. De plus, ses expériences ne sont pas toujours concluantes :

 

« Il égrène un compte à rebours et retient son souffle puis, quand son assistant actionne l’interrupteur, une foudre énorme explose au-dessus de la station dans laquelle se répandent une lueur bleue glaçante avec un fort parfum d’ozone alors que des éclairs géants, forme gratte-ciel, jaillissent du mât dans un fracas de tonnerre plus démesuré que jamais. » (p. 103) 

 

- Jean Echenoz nous offre un magnifique portrait cruel et drôle à la fois, et conclue ainsi en beauté son cycle consacré aux « vies imaginaires ».

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien de précis.

 

Premières phrases :

 

« Chacun préfère savoir quand il est né, tant que c’est possible. On aime mieux être au courant de l’instant chiffré où ça démarre, où les affaires commencent avec l’air, la lumière, la perspective, les nuits et les déboires, les plaisirs et les jours. Cela permet déjà d’avoir un premier repère, une inscription, un numéro utile pour vos anniversaires. Cela donne aussi le point de départ d’une petite idée personnelle du temps dont chacun sait aussi l’importance : telle que la plupart d’entre nous décident , acceptent de le porter en permanence sur eux, découpé en chiffres plus ou moins lisibles et parfois même fluorescents, fixé par un bracelet à leur poignet, le gauche plus souvent que le droit.»

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Courir

D’un autre auteur : Enlèvement avec rançon de Yves RAVEY

 

Des éclairs, Jean ECHENOZ, Editions de Minuit, septembre 2010, 14.50 euros

 

1pourcent

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Confessions de Paul VERLAINE

Publié le par Hélène

Confessions de Paul VERLAINE

confessions verlaine

 

♥ ♥ ♥

 "Je reprends le cours de cette histoire, j'allais dire, de brigands, mettons, de ce conte de fées." (p.101)

 

 

 

L’auteur :

Paul Verlaine est un poète français né en 1844 et mort en 1896. Il publie Les poèmes saturniens en 1866, Les fêtes galantes en 1869 et Romances sans paroles en 1874. Ce sont là ses oeuvres les plus connues.

 

L’histoire :

 

Paul Verlaine revient ici sur ses vingt-sept premières années : son enfance, sa rencontre et son mariage avec Mathilde, les débuts de sa carrière de poète… Il nous livre également sa relation étroite avec l’absinthe, et stoppe son récit au moment de sa rencontre avec Arthur Rimbaud.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’éclairage authentique porté sur l’homme Verlaine, au-delà de sa simple poésie : c’est un récit enrichissant aux accents douloureux et vrais. Verlaine n’hésite pas à évoquer son goût prononcé pour l’absinthe « -La manie, la fureur de boire, - là ! » (p.105), ou encore ses relations orageuses et violentes avec Mathilde. Il parle directement à l’âme et au cœur du lecteur.

 

« Et l’amour, voyez-vous, croyez-m’en plutôt que de m’en blâmer d’avance, c’est sinon le tout, ah ! du moins le presque tout, le mobile quasiment unique de toutes les actions dignes de ce nom, et ne me parlez pas d’autre chose, ambition, lucre, gloire ! tout au plus peut-être de l’Art. Et encore, et encore, l’Art, tout seul ?... » (p.177)

 

- Nous assistons à l’éclosion du poète à travers l’évocation de ses lectures et de ses premiers émois littéraires : Baudelaire, Banville, Cabaner… Verlaine nous confie ici ses premiers balbutiements poétiques avec une candeur touchante. Sous nos yeux, un poème jaillit du  quotidien.

 

« Et c’est de ce moment que je conçus le plan, si le mot ne vous semble pas trop ambitieux pour un si mince ouvrage, de cette Bonne Chanson qui se trouve, dans le bagage assez volumineux de mes vers, ce que je préfèrerais comme sincère par excellence et si aimablement, si doucement, si purement pensé, si simplement écrit :

            Le soleil du matin doucement chauffe et dore

            Les seigles et les blés tout humides encore

            Et l’azur a gardé sa fraîcheur de la nuit… » (p. 128)

 

 "Nous vivons en des temps infâmes

Où le mariage des âmes

Doit sceller l'union des coeurs.

En ce siècle d'affreux orages

Ce n'est pas trop de deux courages

pour vivre sous de tels vainqueurs !" (p.179)

  

 

- Les scènes évoquées sont vivantes, colorées, comme photographiées.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’aurais aimé que ce récit ne se borne pas aux vingt-sept premières années de sa vie, mais continue bien au-delà

 

« Ici finissent, pour un temps peut-être, mes « Confessions ». l’ensemble de mon œuvre en prose et en vers témoigne assez, d’aucuns disent ou trouvent que c’est trop, de beaucoup de défauts, de vices même, et d’encore plus de malchance, plus ou moins dignement supportée. » (p. 192)

 

Soit. Je me dirige donc de ce pas vers ses poésies…

 

Premières phrases :

 

« On m’a demandé des « notes sur ma vie ». C’est bien modeste, « notes » ; mais « sur ma vie », c’est quelque peu ambitieux. N’importe, sans plus m’appesantir, tout simplement, -en choisissant, élaguant, éludant ? pas trop, - m’y voici :

Je suis né, en 1844, au n°2 d’une rue Haute-Pierre, en face de l’Ecole d’application pour les futurs officiers du Génie et de l’Artillerie. »

 

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Les confessions de Jean-Jacques ROUSSEAU

 

Confessions, Paul Verlaine, Magnard, Classiques et contemporains, août 2002, 230 p., 5 euros

 

Publié dans Biographies et cie

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