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Trois chevaux de Erri DE LUCA

Publié le par Hélène

 

trois chevaux

 ♥ ♥ ♥ ♥  

Un très beau texte pur comme du cristal.  

 

  L’auteur :

 

Erri DE LUCA est un écrivain italien contemporain, également poète et traducteur. Il est engagé politiquement à l’extrême gauche depuis les années 60. Il a été ouvrier dans de nombreux pays et est alpiniste à ses heures.

 

L’histoire :

 

Le narrateur revient en Italie après avoir passé 20 ans en Argentine . Il est employé en tant que jardinier et reprend petit à petit ses habitudes dans ce pays qu’il a quitté il y a si longtemps. Il rencontre alors la belle Laila et touché par des sentiments qu’il avait voulu laisser de côté, ses souvenirs vont alors refluer.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          La pureté de l’écriture.

 

-          La puissance de l’histoire derrière la banalité d’une rencontre. Des thèmes forts et magnifiquement traités affleurent au fil des pages : l’engagement politique, les sentiments, l’amitié, le hasard…

 

-          L’harmonie avec l’univers.

 

 

« Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur le soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait. » (p. 23)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          C’est un texte parfait à mes yeux.

 

Premières phrases :

 

«Je lis seulement des livres d’occasion.

Je les pose contre la corbeille à pain, je tourne une page d’un doigt et elle reste immobile. Comme ça, je mâche et je lis.

Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu’elles restent à plat. Les livres d’occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever. » 

 

Vous aimerez aussi :

 

L’ombre de ce que nous avons été de Luis SEPULVEDA

 

Trois chevaux, Erri DE LUCA, Gallimard,  janvier 2001, 128 p., 14.50 euros

POCHE : Trois chevaux, Erri DE LUCA, Folio, mai 2002, 138 p., 4.50 euros

TAGS : Littérature italienne - Guerre -Couple

 

Clara en parle aussi.

Publié dans Littérature Europe

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Le ver dans la pomme de John CHEEVER

Publié le par Hélène

  

ver dans la pomme

♥ ♥ ♥ ♥

Une peinture acérée de la middle class américaine.

  

 L’auteur :

 

John CHEEVER est un écrivain américain mort en 1982. Il est un des plus grands nouvellistes américains, et a également publié des romans dont « The Wapshot chronicle » en 1957.

 

L’histoire :

 

Le ver dans la pomme est un recueil de nouvelles publiées dans The New Yorker de 1946 à 1978. Ces nouvelles s’attachent au destin de la middle class américaine en nous offrant des portraits touchants de ces hommes et femmes qui peinent à trouver leur place dans une société compartimentée.

A noter que la traduction est de Dominique Mainard.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       La peinture très juste de ces êtres profondément humains.  Ils cherchent tous quelque chose et eux-mêmes ne savent pas bien quoi. Pour que le vide ne les rattrape pas, ils s’agitent, courent, parlent, et fuient la simplicité d’une vie sans histoires.  

 

« Mais à observer ce charmant couple qui recevait ses amis ou lisait les livres qu’ils aimaient, on finissait par se demander si le ver n’était pas plutôt dans l’œil de l’observateur qui, par crainte ou lâcheté morale, ne pouvait supporter la longue liste de leurs bonheurs et refusait de concéder que, même si Larry ne jouait que médiocrement Bach et au football américain, son plaisir à s’adonner à l’un et à l’autre était bien réel. » (p. 145)

 

-       Les nouvelles sont magnifiquement ciselées, rondes, elles évoquent avec beaucoup de charme  « les fragrances de la vie : l’eau de la mer, la fumée du bois de sapin, les seins des femmes. » (p. 264). Les mots de l’auteur se coulent dans l’interstice des sentiments de ses personnages pour créer un univers en seulement quelques pages. Les premières nouvelles du recueil, « Un jour ordinaire », « Le jour où le cochon est tombé dans le puits », « Les enfants » ou encore « Le ver dans la pomme » sont de ce point de vue remarquables.

  

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Les nouvelles dans lesquelles le narrateur s’exprime à la première personne comme « Un garçon à Rome », « Mené Mené Téqel ou-Parsîn » m’ont moins plu. L’emploi du « je » m’a semblé alourdir la narration pourtant si légère dans les autres nouvelles.

 

 

Premières phrases :

 

« Un jour ordinaire

Quand Jim s’éveilla, à 7 heures, il se leva et fit le tour de toutes les fenêtres de la chambre. Il était tellement habitué au bruit et à l’agitation de la ville que, bien qu’il fût arrivé six jours plus tôt dans le New Hampshire, la beauté des matins à la campagne lui paraissait encore poignante et singulière. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Gastby la magnifique de Francis SCOTT FITZGERALD

 

Merci à Lise CHASTELOUX des Editions Folio Gallimard.

 

Le ver dans la pomme, John CHEEVER, Editions Joëlle Losfeld, mai 2008, 274 p., 23 euros

POCHE, Le ver dans la pomme, John CHEEVER, Gallimard, Folio, juin 2010, 346 p., 7.10 euros

 

TAGS : Littérature américaine - Nouvelles- Emigration

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Cette vie de Karel SCHOEMAN

Publié le par Hélène

                                         cette vie 

♥ ♥ ♥ ♥ 

Un roman puissant au cœur du veld sud africain.

 

L’auteur :

Karel Schoeman est un écrivain sud africain contemporain de langue afrikaans. Il a exercé divers métier dont celui de bibliothécaire et est aujourd’hui à la retraite. Il est l’auteur d’une œuvre prolifique, dans des genres différents (romans, essais, pièces de théâtre…) Cette vie est son dernier roman et est le premier d’un triptyque intitulé « Voix ».

L’histoire :

Sur son lit de mort, une vieille femme appelle à elle ses souvenirs pour les rassembler avant l’ultime départ. Elle évoque sa vie dans le veld en cette fin du XIXème siècle, sa mère si distante et âpre, son père fermier travaillant durement, et ses deux frères Pieter et Jakob, ainsi que leurs épouses. Jeune enfant discrète, puis jeune femme effacée, elle a observé les siens et a saisi certains secrets sans réellement en avoir conscience. A l’heure de sa mort, elle les livre à la lumière de son âme.

Ce que j’ai aimé :

-       L’écriture : intense, serrée au début, comme si elle ne voulait rien laisser percer au travers des mots, elle se délie au fur et à mesure pour chanter la liberté d’une femme dépendante des autres pendant trop longtemps.

-       L’intensité du récit : la narratrice livre des bribes de souvenirs au fil des pages, laissant aux pages suivantes le soin de dévoiler – peut-être - un autre souvenir éclairant, si bien que le récit rebondit, guidé par une mémoire sélective.  Le lecteur est littéralement happé par cet univers sporadique.

-       La beauté du texte en général : l’hommage rendu aux paysages de cette région est envoûtant. La ferme dans laquelle vit la narratrice est isolée, au cœur du Roggeveld, et les paysages sauvages environnants sont pour elle comme un aimant, un appel à la liberté et à l’insouciance, mais aussi un chemin vers des réponses. Les lieux savent des secrets que les humains ignorent… Mais le vent aura beau souffler, il ne trahira pas…

« Je sens autour de nous l’air doucereux, le parfum de l’anis sauvage, et contemple les arbustes qui ont pris racine dans les crevasses parmi les pierres, les fleurs blanches des zygophyllums qui se balancent au pied des collines, le printemps fade, gris, argenté et blanchâtre sous le ciel pâle, l’eau qui scintille un instant au loin à la surface d’un marécage et qui redevient terne tandis que le paysage s’assombrit à mesure que l’ombre obscurcit le soleil. » (p. 82)

-       Le magnifique portait de cette femme, qui, à l’aube de la mort, souhaite solder ses comptes avec la vie et rendre hommage à ceux qu’elle a aimés…

« Je me suis souvenue de ce que j’avais oublié, j’ai mis des mots sur ce que je ne voulais pas savoir, ma mission est accomplie (…) » (p. 256)

« L’être humain est condamné à se souvenir et à porter son fardeau jusqu’à la fin. » (p. 262)

Ce que j’ai moins aimé :

-       La densité du récit, déroutante au premier abord. La narratrice nous livre un monologue avec très peu de pauses, peu de dialogues, comme si elle voulait vraiment profiter de son dernier souffle pour tout dire. Aussi faut-il vraiment se plonger dans le texte pour en saisir toute la beauté, c’est un texte qui se mérite.

Premières phrases :

« La veilleuse vacille et s’éteint ; allongée dans l’obscurité, j’entends la respiration régulière de la jeune fille qui dort sur la paillasse au pied de mon lit. C’est sans importance, plus rien n’a d’importance, il ne reste plus qu’à attendre, et peu importe qu’il fasse jour ou bien nuit. »

Vous aimerez aussi :

 Disgrâce de J. M. COETZEE

 

Merci à Denis LEFEBVRE du groupe LIBELLA.

  Cette vie de Karel SCHOEMAN, Phébus, 2009, 265 p., 21 euros

 

Vous le trouverez aussi chez Keisha, et chez Dominique. 

TAGS : Littérature d'Afrique du Sud- Famille-Solitude -Femmes

Publié dans Littérature Afrique

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La tendresse des loups de Stef PENNEY

Publié le par Hélène

tendresse les loups poche 

♥ ♥

 Un très bon roman d’aventures dans le grand Nord canadien.

  

L’auteur :

Stef PENNEY est écossaise, elle a écrit et réalisé deux films. La tendresse des loups est son premier roman.

 

L’histoire :

1867, Nouvelle Ecosse, à Dove River, petit village à la frontière du grand nord Laurent Jammet, un trappeur de la région, est retrouvé mort assassiné dans sa cabane. Or parallèlement, Madame Ross constate la disparition de son jeune fils de 17 ans, Francis, qui devient de fait le suspect numéro un. Elle va alors partir à sa recherche vers le Nord aux côtés de Parker, un trappeur indien entouré de mystère. Donald Moody, dépêché par la Compagnie de la baie d’Hudson part également sur ses traces.

 

Ce que j’ai aimé :

-       L’aventure avec un grand A, à la Jack London, avec des indiens, une nature intransigeante, des méchants qui ressemblent à des méchants et des gentils angéliques, mais par contre pas de loups (allez comprendre…).

-       Le mystère aiguille bien sûr la lecture : est-ce Francis qui a tué Laurent Jammet, peut-on faire confiance à sa mère qui est convaincue de son innocence, que s’est-il passé entre eux, qui le retrouvera en premier…Les mystères annexes enrichissent cette intrigue principale : un chapitre sur deux est consacré à Donald quand l’autre l’est à Madame Ross.

-       La relation ambigüe qui se noue entre Madame Ross, femme mariée, et l’indien qui l’accompagne est subtile et apporte la juste touche romantique au roman.

-       Le choc des cultures indiens / émigrés qui s’installent sur leur territoire est plutôt bien rendu.

 

Ce que j’ai moins aimé

 -       La psychologie des personnages est quelquefois un peu sommaire soit, mais l’Aventure tellement captivante efface les minces traces de défauts…

 

Premières phrases :

 « La dernière fois que j’ai vu Laurent Jammet, c’était dans la boutique de Scott et il portait un loup mort sur l’épaule. Moi, j’étais venue acheter des aiguilles, et lui, il était déjà là pour chercher la récompense. »

 

Vous aimerez aussi :

Smoke Bellew de Jack LONDON (je dois préciser que c’est le seul roman de Jack London que j’ai lu… Et je l’ai adoré, si bien que j’en ai tout un stock dans ma bibliothèque, ils attendent sagement leur tour…)

 

Un grand merci à Magali JACQUES des Editions 10/18.

 

La tendresse des loups, Stef PENNEY, Belfond, octobre 2008, 445 p., 22 euros

POCHE : La tendresse des loups, Stef PENNEY, 10/18, juin 2010, 599 p., 9.40 euros 

TAGS : Littérature américaine - Aventures - Indiens

kathel en parle aussi.

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Ce jour-là de Willy RONIS

Publié le par Hélène

                                            ce jour-là

                                          ♥ ♥ ♥

Une belle approche de l’œuvre du photographe Willy RONIS

 

 

L’auteur :

 

Willy RONIS est un photographe français qui a débuté dans les années 20. Il a couvert notamment les manifestations ouvrières de1934, les grèves de Citroën-Javel en 1938, le retour des prisonniers de la seconde guerre… Il a obtenu de nombreux titres pour son œuvre. Il est décédé le 11 septembre 2009.

 

L’histoire :

 

Le principe est simple : pour chaque photo présentée, Willy Ronis explique son histoire en commençant son texte

par « Ce jour-là… » :

 

« Ce jour-là contient un secret. » (p. 45)

« Ce jour-là, dans ce bistrot de Joinville le Pont, il y avait eu tout à coup une lumière extraordinaire. » (p. 155)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Les photographies bien sûr en premier lieu, qui savent témoigner avec beaucoup de tendresse du quotidien de personnages ordinaires et réussissent à le sublimer.

 

« Je ne suis pas un romantique, je ne peux pas inventer, c’est ce qui est là, sous mes yeux, qui m’intéresse. Le plus difficile est d’arriver à le saisir. » (p. 92)

 

-          La découverte de l’histoire de ces photographies leur confère encore davantage de charme.

-          Les textes sont simples, sans fioritures.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Je l’ai lu en format de poche, peu propice à la contemplation des photographies…

 

Premières phrases :

 

« Chez Maxe, Joinville, 1947.

Ce jour-là, j’étais debout sur une chaise. J’étais allé à Joinville pour un reportage sur les guinguettes que m’avait demandé Le Figaro qui éditait tous les trimestres un bel album sur papier couché, avec des textes d’artistes, d’écrivains, de poètes. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Errances de Raymond DEPARDON

 

Ce jour-là, Willy RONIS, Mercure de France, Traits et Portraits, janvier 2007, 22 euros

POCHE : Ce jour-là, Willy RONIS, Folio, oct. 2008, 6.60 euros

Publié dans Photographies

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L’heure trouble de Johan THEORIN

Publié le par Hélène

                                         l-heure-trouble.jpg                                                                                           ♥ ♥ ♥ ♥

         Un roman policier à l’atmosphère envoûtante…

 

 

L’auteur :

 

Johan THEORIN est un journaliste et écrivain suédois. L'heure trouble est son premier roman et a été élu Meilleur Premier Roman par la Swedish Academy of Crime en 2007 et il est n° 1 des ventes en Suède. Un deuxième roman se situant aussi sur l’île d’Oland est paru par la suite : L’Echo des morts.

 

L’histoire :

 

Dans une petite île de la mer Baltique, en Suède, un enfant disparaît à la faveur du brouillard tenace, à l’heure trouble. Des années plus tard, son grand-père reçoit la sandale du petit Jens dans une enveloppe. Qui a posté cette mystérieuse enveloppe ? Julia, la mère du petit garçon va rejoindre l’île d’Oland et avec son père va chercher à résoudre ce mystère qui pèse tant pour elle.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’atmosphère : cette île est peuplée d’histoires mystérieuses qui se racontent à l’heure trouble, quelques fantômes errent, désoeuvrés, et cette ambiance étrange est magnifiquement bien rendue dans ces pages. Malheureusement, l’enquête pure prend de plus en plus de place dans les pages, au détriment de ces descriptions si envoûtantes.
 

-          L’enquête : des années auparavant un enfant du pays nommé Nils Kant a sévi dans la région avant de s’exiler en Amérique. Il en revient dans un cercueil quelques années plus tard mais des doutes persistent sur sa mort. Est-ce lui qui aurait tué le petit Jens ? Le lecteur découvre son histoire grâce à une alternance des chapitres : l’un est consacré à Nils, l’autre à Julia et Gerlof. Cette construction permet de faire croître la tension dramatique et de ne pas lasser le lecteur.

-          Les thèmes abordés sont traités finement : les relations familiales, le deuil, la vengeance, le pardon…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les circonvolutions liées à la résolution de l’intrigue. A mon sens il y a un coupable de trop…

-          Le parti pris pour l’enquête, au détriment de l’ambiance au fil des pages. Le début était tellement prometteur que l’on ne peut qu’être légèrement déçu que les promesses ne soient pas totalement tenues.

-          La psychologie des personnages perd aussi de l’épaisseur au fil des pages, le revirement d’humeur de Julia par exemple étant un peu trop rapide.

 

Premières phrases :

 

« Oland, septembre 1972.

Le mur de grosses pierres rondes couvertes de lichens gris était aussi haut que le petit garçon. Il n’arrivait à voir par-dessus qu’en se mettant sur la pointe des pieds dans ses sandales. Tout était gris et brumeux de l’autre côté. »

 

Vous aimerez aussi :

 

L’homme du lac de Arnaldur INDRIDASON

 

L’heure trouble, Johan THEORIN, Albin Michel, février 2009, 19.50 euros

 

Egalement lu et apprécié par Kathel

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Kyoko de Ryû MURAKAMI

Publié le par Hélène

kyoko couv

  ♥ ♥ ♥

Un conte moderne japonais relativement prenant.

  

L’auteur :

 

Ryû MURAKAMI est un écrivain et cinéaste japonais. Son œuvre est relativement sombre et désespérée, notamment Les bébés de la consigne automatique, ou encore Parasites.

 

L’histoire :

 

La jeune Kyoko part à l’âge de 21 ans à la recherche de celui qui lui a donné le goût de la danse quand elle avait 8 ans, José. Son voyage la mène à New York, et dans cette ville protéiforme elle va rencontrer une série de personnages qui ne resteront pas indifférent face à cette jeune femme diaphane.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’alternance des points de vue : chaque chapitre a un narrateur différent qui raconte sa rencontre avec la jeune Kyoko. Ce procédé a tendance à dynamiser le récit, même si pour moi, il n’est pas assez exploité.

-          La quête de la jeune femme intrigue le lecteur et le pousse en avant dans sa lecture.

-          La simplicité des rapports humains, la tendresse qui filtre entre eux nimbe le roman d’une poésie utopique.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La naïveté générale : sur la quatrième de couverture, on nous dit que l’auteur s’est efforcé dans ce roman de faire un roman « sans drogue, sans violence et sans sexe, sur la renaissance et l’espoir. » Malheureusement, j’ai senti qu’il n’était pas là dans son élément, tout étant trop édulcoré, simple, naïf.

-          Les scènes de danse de surcroît sont difficiles à se représenter alors qu’elles constituent le cœur du récit. Un film a été tourné, peut-être est-il plus convaincant…

 

Premières phrases :

 

« Les grillages de barbelés.

Il s’étend à perte de vue, ce grillage de barbelés plus haut que moi, et recouvre ma mémoire. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Itinéraire d’enfance de Duong Thu HUONG

  

 Lu dans le cadre duchallenge  challenge-In-the-mood-for-Japan

 

 POCHE : Kyoko, Ryû MURAKAMI, Picquier poche, août 2000, 227 p., 7 euros

 

TAGS : Littérature japonaise - Maladie -Danse

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Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï de Galsan TSCHINAG

Publié le par Hélène

ciel bleu

♥ ♥ ♥

Un roman dépaysant  pour découvrir la culture mongole.

    

L’auteur :

 

Galsan TSCHINAG est né en Mongolie occidentale et a passé son enfance dans les steppes. Ciel bleu est son premier roman publié en 1994.

 

L’histoire :

 

Galsan TSCHINAG nous conte son enfance dans la steppe dans le Haut Altaï. Il évoque avec beaucoup de tendresse le quotidien au sein d’une famille aimante. Dans ces pages, il rend hommage à un monde voué à la disparition, à travers notamment les figures emblématiques de sa grand-mère ou de son chien.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le dépaysement : cette lecture est un véritable bol d’air frais, loin des considérations nombrilistes de certains romans actuels. On y découvre un univers totalement inconnu, oscillant entre tradition et modernité, un monde magique aux mœurs déroutantes et enrichissantes dans lequel on chante pour les brebis afin qu’elles ne rejettent pas leurs agneaux.

-          La justesse du récit : on trouve beaucoup de tendresse et de poésie dans cette évocation. Le point de vue adopté est celui du jeune garçon de 7 ans qui découvre petit à petit les règles particulières du monde qui est le sien. 

-          Une source de sagesse : de nombreux enseignements sont à tirer de ce petit récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          La scène un peu longue à mon goût concernant le chien qui a avalé du poison, mais ce sera le seul bémol.

 

Premières phrases :

 

«           Il est possible que cette histoire ait commencé dans un rêve. Etait-ce une préparation à ce qui allait suivre, une mise en garde peut-être ? Car le rêve était pénible, pénible – un cauchemar.

On disait qu’il ne fallait parler de ses mauvais rêves à personne, mais les dire plutôt pour soi à haute voix, puis cracher trois fois. On disait la même chose pour les rêves agréables. Il ne fallait les confier à personne, les garder pour soi. Ceux qu’on entendait raconter n’étaient-ils donc ni bons ni mauvais ? »

 

Vous aimerez aussi :

 

Dersou Ouzala de Vladimir ARSENIEV (non lu)

 

Ciel bleu : une enfance dans le Haut Altaï, Galsan TSCHINAG, Métailié suites, 1996, 8 euros

 

TAGS : Littérature mongole - Famille

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Dérive sanglante de William G. TAPPLY

Publié le par Hélène

 derive-sanglante-1

♥ ♥ ♥

Un très bon et beau roman policier.

 

L’auteur :

 

William G. Tapply a écrit une vingtaine de romans policier ayant pour héros Brady Coyne. Il est également spécialisé dans les ateliers d'écriture et la pêche à la mouche. Les Editions Gallmeister ont choisi de traduire une série avec un autre héros, Stoney Calhoun. Trois volets sont publiés, malheureusement, ce sera tout pour cette série car Wiliam Tapply est décédé en 2009... A quand la traduction de l'autre série ?

 

L’histoire :

 

Dérive sanglante est la première aventure dans laquelle apparaît Stoney Calhoun. Victime d'un accident mystérieux, cinq ans auparavant, il ne se souvient pas de son passé et a refait sa vie dans le Maine. Il travaille dans une boutique de pêche et mène une vie paisible qui va être perturbée par la disparition de son meilleur ami. Calhoun va alors enquêter, retrouvant de vieux instincts qui pourraient lui faire penser qu'il a déjà enquêté de façon professionnelle dans le passé.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-       Le cadre : Comme presque tous les romans des éditions Gallmeister, l’action se situe dans le nord des Etats-Unis, ici dans le Maine. La nature est un personnage à part entière, au travers notamment de la pêche. La description des paysages donne envie de prendre l'avion sans tarder... 

-       Les intrigues secondaires : le mystère entourant l’amnésie de Stoney intrigue et attire le lecteur qui découvre en même temps que lui des indices pouvant le mener vers ce passé qui se dérobe. L’intrigue sentimentale qui se noue entre Stoney et la belle Kate ajoute du piment à l’ensemble. La psychologie des personnages est très travaillée.

-       L’intrigue principale : je l’ai mise en dernier car elle ne constitue pas l’intérêt premier du roman, même si le suspense est au rendez-vous. Dérive sanglante est avant tout un roman d’ambiance.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-       Rien

 

Premières phrases :

 

  "Il était environ huit heures du matin lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur."

 

Vous aimerez aussi :

 

Queue de poisson de Carl HIAASEN

 

Dérive sanglante, William G. TAPPLY, Editions Gallmeister, mai 2007, 267 p., 22.90 euros

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L’origine de la violence de Fabrice Humbert

Publié le par Hélène

L-Origine-20de-20la-20violence.jpg

 

  

♥ ♥ ♥

Un roman puissant

 

L'auteur :

Fabrice Humbert est professeur de français et écrivain à ses heures. Il a publié son premier roman Autoportaits en noir et blanc en 2001.

 

L’histoire :

Lors d’un voyage scolaire à Buchenwald, le narrateur découvre une photo troublante : sous ses yeux, le portrait de son père qui pourtant n’a jamais connu les camps de concentration. Pas plus que son grand-père, Marcel Fabre. Qui est donc cet homme ? Notre jeune professeur va alors se jeter à corps perdus dans cette enquête visant à rétablir la vérité familiale. La première partie du roman s’attache donc au destin de David Wagner, l’homme de la photo, destin marqué par la violence de la vie à Buchenwald. La seconde partie est centrée à nouveau sur le narrateur : il va rencontrer une jeune femme allemande qui, elle aussi, a une histoire marquée par la violence du nazisme.

Ce que j’ai aimé :

-          Fabrice Humbert a un talent de conteur évident, pas un instant il n’ennuie le lecteur, le captivant au contraire si bien qu’il est difficile de poser le livre avant de l’avoir fini.

-          L'enquête autour de cette photographie permet de tenir en haleine le lecteur impatient de connaître le fin mot de l’histoire.

-          Les destins des protagonistes prennent de la profondeur au fur et à mesure que le récit avance, les visages changent au gré de l’enquête, le dit remplace un silence lourd et quelquefois rassurant. Mais ne peut évoluer que celui qui sait.

-          Au-delà de l’histoire familiale, c’est aussi l’histoire de notre peuple marqué par la violence de la seconde guerre mondiale que nous conte le narrateur :

                                                                                                                                                                              

« La violence m’a été livrée en héritage » dit-il (p. 157).

 

Connaître notre histoire avec ses zones d’ombre et d’horreur, c’est nous permettre de comprendre le monde qui nous entoure dans toute sa complexité. Sans cela nous ne sommes que des fantômes de nous-mêmes, des êtres bruts, incompréhensibles.

-          C’est un roman aux multiples sujets, la passion amoureuse y tient aussi une place importante, avec toujours en toile de fond ce questionnement sur la violence et ses origines. Pourquoi certains penchent du mauvais côté quand d'autres restent moraux ?

 

  Ce que j’ai moins aimé :

-          Un énième livre sur les camps de concentration, me direz-vous. Oui et non. Personnellement, je ne lis pas tellement de textes sur ce sujet, j'ai donc été littéralement prise par le roman, par son intensité et sa vérité. Pour ceux qui ont beaucoup lu sur le sujet, peut-être n'apprendront-ils rien de nouveau.

 

Premières phrases :

 « On dit que Satan était l’ange le plus brillant de Dieu. Sa chute, lumineuse, fulgurante, est marquée  du double sceau de la grandeur et de la trahison. Et il me semble deviner, dans les méandres de ma mémoire, l’image d’un archange chutant de l’empyrée pour rejoindre les coins sinueux de l’enfer. Ce dessin, peut-être recomposé par le souvenir, d’une bible pour enfants m’a longtemps poursuivi : c’est toujours le fils le plus aimé qui passe su côté du Mal. »

 

Vous aimerez aussi :

  Si c'est un homme de Primo LEVI

 

L’origine de la violence, Fabrice HUMBERT, Le passage, janvier 2009, 317 p., 18 euros

POCHE : L'origine de la violence, Fabrice HUMBERT, LDP, avril 2010, 341 p., 6.95 euros 

Papillon, Aifelle et Dominique ont aimé,   Keisha, EmiLie et Yves moins...

TAGS : Littérature française - Famille - Guerre - Camps de concentration - Secret de famille

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