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Ailefroide, Altitude 3954 de Olivier Bocquet et Jean-Marc Rochette

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans ce récit autobiographique Rochette raconte son parcours : son enfance dans les années 60 près de Grenoble aux côtés de sa mère, sa fascination pour les musées, la découverte de la montagne, les compagnons de grimpe, le projet de devenir guide, le dessin. Pour devenir guide il est nécessaire d'enchainer les voies si bien que les courses défilent aux côtés des amis ou seul : La Dibona, le pilier Frendo, le Coup de Sabre, la Pierre Alain à la Meije, la Rébuffat au Pavé : le Massif des Écrins dans toute sa splendeur. Mais plus les années passent, plus les destins se nouent autour de cette nature grandiose qui peut être cruelle.

 

Pourquoi cet attachement à un sport aussi dangereux ? Sans doute une réponse à un "malaise existentiel, angoisses sociales, indignations, révoltes" comme le souligne Bernard Amy dans la postface. L'alpinisme permet une prise de hauteur, physique et psychologique car "Gravir une montagne, c'est à la fois se placer au-dessus et au-dessus du moi social laissé en bas."

Il permet d'affirmer l'estime de soi, de se sentir plus fort face à l'adversité.

"C'est tout cela, l'alpinisme : à la fois des moment difficiles et des plaisirs inouïs, des souffrances et des émerveillements, des moments de doute et des sentiments de puissance illimitée, des jours pitoyables et des jours où l'on monte au ciel."

Les sentiments liés à la conquête oscillent dangereusement entre peur et exaltation, et c'est ce que montre admirablement Rochette dans cette BD.

Ailefroide est une célébration de l'alpinisme, une déclaration d'amour à la haute montagne et finalement une belle leçon de vie.

 

Présentation de l'éditeur : Casterman

D'autres avis : Télérama ; Libération

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Alcools de Guillaume APOLLINAIRE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« Tous les mots que j’avais à dire se sont changés en étoiles »

« On sait très bien que l’on se damne

Mais l’espoir d’aimer en chemin

Nous fait penser main dans la main

A ce qu’a prédit la tzigane »

Apollinaire place résolument ses poèmes édités en 1913 sous le signe du renouveau, de la liberté, de la modernité. Inspiré par les femmes qui ont pu compter dans sa vie comme Annie Playden, une jeune anglaise rencontrée en 1901 ou Marie Laurencin avec qui il entretient une liaison à partir de 1907, son lyrisme est teinté de mélancolie et de souffrance, et finalement transfiguré dans son écriture. La poésie lui permet d'échapper à la douleur, la vie et l'univers sont vendangés par le poète pour devenir un vin qui le grise et en fait le maitre du monde. Tel un Dieu, le poète réinvente l'univers...

 

« Je suis ivre d’avoir bu tout l’univers

Sur le quai d’où je voyais l’onde couler et dormir les bélandres »

 

« Mon beau navire ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir »

 

L’écriture d’Apollinaire mêle les motifs, le subjectif et l’objectif, le lyrique et le prosaïque : il loue la beauté du monde moderne dans une volonté de chanter la poésie du quotidien mais montre aussi les contradictions de la ville entre émerveillement et désarroi. Il peuple ses poèmes d'un monde fantasmagorique avec au centre des exilés qu'ils soient émigrants,  prostituées, bohémiens, ces laissés pour compte de la vie moderne hantent ses poèmes.

Ce magnifique recueil est à redécouvrir, lire et relire, encore et encore, tant son chant envoutant est hypnotique !

    

Présentation de l'éditeur : Gallimard

 

Publié dans Poésie française

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Rien n'est noir de Claire BEREST

Publié le par Hélène

♥ ♥

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien. "

L'auteure choisit ici de s'intéresser à dix ans de la vie de Frida Kahlo : sa rencontre avec Diego, cette passion dévorante, les années fastes pour Diego qui côtoie les Ford et Rockefeller, les voyages incessants, mais aussi les infidélités, les pleurs et séparations, réconciliations sans fin... Et, pour conjurer ces déceptions, ces accidents de la vie, l'art. L'art pour conjurer la souffrance physique et morale, l'art pour simplement survivre...

"Frida est trop intense parfois, impossible à son contact d'oublier que l'on va tous mourir et que notre passage ici est une sorte de violence magique, futile, essentielle et grotesque, interdit d'oublier que nous sommes tous reins et peau d'inconsolables incendies, c'est trop de tension, il est sorti ce soir, il a besoin d'être seul parfois, souvent. Mais une vie sans elle serait une pâle étoile. Une longue et morne promenade bordée de réverbères perpétuellement allumés."

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai fini par m'ennuyer, avec l'impression que le roman tournait en boucle autour de cette passion à la fois destructrice et source de création :

"Le problème, c'est que Diego veut être aimé du monde entier et du siècle.

- Et toi, Frida ?

- Moi, je veux être aimée de Diego Rivera."

Si le début m'a passionnée parce que je ne connaissais pas bien la personnalité de Frida ni son histoire, par la suite j'ai fini par survoler ses émois passionnés...

Bilan :

Si le destin de cette femme extraordinaire est fascinant, je n'ai pas été sensible aux mots de Claire Berest...

Frida Kahlo e Diego Rivera, Messico 1933. Fotografia di Martin Munkácsi

Présentation de l'éditeur : Stock

D'autres avis : je n'ai lu que des avis positifs : Frédérique ; Cathulu

Lu sur Netgalley

 

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Intrigue à Giverny d'Adrien GOETZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pénélope, conservatrice, est invitée à un dîner au musée Marmottan-Monet. Or au cours de cette soirée, deux spécialistes de l’œuvre de Claude Monet disparaissent mystérieusement, et l'une d'elles est retrouvée morte assassinée le lendemain. Le compagnon de Pénélope, Wandrille s'intéresse aussi au meurtre qui semble avoir comme pivot la vente d'une toile de Monet, vraie ou fausse.

Il s'agit ici de la quatrième aventure des enquêtes de Pénélope (première fois que je la découvrais personnellement) après des enquêtes à Bayeux, Versailles et Venise, avec toujours une toile de fond liée à l'histoire de l'art. Ici l'incursion dans l'univers de Monet et les lieux emblématiques comme Giverny est passionnante, tant l'intrigue est documentée. L'auteur se concentre sur les mystères qui planent autour de Monet : d'où est venue sa fortune soudaine, quels étaient exactement ses liens avec Clémenceau, n'aurait-il pas fait passer des documents aux américains ?

Alliant admirablement un ton léger et cocasse à une intrigue érudite, l'auteur enrichit indéniablement le lecteur !

 

Présentation de l'éditeur : Grasset ; Le livre de poche

D'autres avis : Le livre d'après ; Aifelle ; Le Figaro

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Vinegar girl de Anne TYLER

Publié le par Hélène

♥ ♥

Kate vit avec son père le professeur Battista et sa jeune soeur de 15 ans dont elle surveille de près les fréquentations. A trente ans, elle travaille dans une école et ne songe pas à se marier. Et pourtant son père va lui faire une étrange proposition : étant donné que son assistant Pyotr, de nationalité russe, a un visa qui expire, pourquoi ne pas se marier avec lui pour qu'il puisse rester aux Etats-Unis et continuer les recherches amorcées par le professeur ?

Ce que j'ai aimé :

- Les personnages sont bien campés.

- Les thèmes sont plus profonds qu'au premier abord, à travers ces personnages décalés, la romancière mentionne le monde de l'éducation, l'hypocrisie généralisée, le célibat, l'égoïsme paternel ou encore les difficultés rencontrées par les étrangers.

- L'analyse des liens familiaux reste fine.

Ce que j'ai moins aimé :

- Je ne pense pas qu'il me laissera un souvenir durable, d'apparence trop léger pour cela.

Bilan :

Plaisant, frais, parfait pour l'été.

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

D'autres avis : Télérama

Du même auteur : La danse du temps

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Monteperdido de Agustin MARTINEZ

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Dans les Pyrénées séparant la France de l'Espagne, se niche le village de Monteperdido entouré des montagnes abruptes du Mont Perdu. Dans ces chemins escarpés, cinq ans plus tôt, ont disparu deux fillettes de retour du collège. Les parents sans nouvelles sont restés inconsolables, le village entier continuant à se mobiliser pour chercher des traces des enfants disparues. Mais cinq ans plus tard, une voiture tombée dans un ravin est retrouvée, avec à son bord un inconnu mort et une des fillettes disparues, Ana, bien vivante. Où se trouve l'autre fillette devenue adolescente ? Est-elle encore vivante ? Deux inspecteurs de Madrid viennent rouvrir l'enquête mais ils doivent faire face à l'hostilité des habitants du village qui préfèrent rester entre eux pour protéger leurs proches. Il devient en effet de plus en plus évident que le ravisseur serait une personne connue des fillettes, un homme ou une femme du village.

Ce que j'ai aimé :

- L'âpre décor des montagnes, la sauvagerie qui s'en dégage, les secrets que ces canyons ou ces grottes peuvent renfermer.

- L'originalité de l'intrigue car des histoires de ravissement sont courantes dans le roman policier, le fait que les fillettes réapparaissent l'est moins !

- La complexité des personnages : Sara est la femme flic chargée de diriger l'enquête avec Santiago, un flic près de la retraite qui la protège et à qui elle doit beaucoup. Elle doit collaborer avec Victor, membre de la « Guarda civil », habitant du village, réfractaire à son intrusion, prêt à protéger ceux qu'ils apprécient. Ana, la fillette devenue adolescente, fragile et pourtant insaisissable reste intrigante. A l'époque de son enlèvement son père Alvaro avait été accusé et ses parents s'étaient séparés, trop remués par la douleur et les accusations. Les parents de Lucia, Montserrat et Joaquin sont restés soudés, et ils espèrent que Ana livrera ses secrets pour que leur fille leur soit rendue...

Ce que j'ai moins aimé :

- Un côté très sombre

Bilan :

Un roman à noter.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

D'autres avis : Babélio

Publié dans Roman policier Europe

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Les soeurs Brontë de Laura EL MAKKI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Pour trouver "La force d'exister", les sœurs Brontë ont dû mener un combat quotidien : que ce soit contre la maladie, cette tuberculose insidieuse qui leur enlève leurs proches un à un, que ce soit contre des établissements scolaires insalubres, aux méthodes violentes, que ce soit contre la pauvreté qui les guette sans cesse, contre leur condition de femme qui jette un discrédit sur leurs écrits... Mais grâce à l'art, à une ébullition continuelle autour de la création littéraire, les trois soeurs luttent et s'émancipent des aléas de l'existence :

"L'écriture leur apprend ce qu'est la puissance. Si la force peut manquer contre le froid ou la maladie, elle s'exerce et se déploie grâce aux mots.  Pour les Brontë, qui ont supporté la mort et tente chaque jour de l'esquiver, écrire est une manière de persévérer, au sens spinozien du terme : de continuer à vivre de manière active, de "durer" avec la certitude que l'action - la création - sauve de l'inertie dangereuse, de l'espérance vide."

Laura El Makki revient ici sur leur parcours dans le presbytère paternel, dans les landes du Yorkshire 1836, jusqu'à la publication sous pseudonymes masculins de leurs œuvres : Les hauts de Hurlevent, Jane Eyre ou encore la recluse de Wildfell Hall. Elle mentionne aussi Branwell, le frère si prometteur mais aux prises avec ses démons... Au fil du récit, certaines dissensions entre les sœurs apparaissent aussi :

 

"La maison des Brontë était un drôle d'endroit. On partageait des rêves, on écrivait des chefs d’œuvre, mais on cachait aussi aux autres - aux aimés- qui l'on était vraiment."

 

Malgré tout, leur amour de l'écriture transcende leurs différences et les porte vers la reconnaissance qui les sauvera de la précarité.

 

Ce que j'ai moins aimé : Le lyrisme du style du début de la biographie s'efface peu à peu, c'est dommage.

 

Bilan : Une biographie passionnante qui éclaire le destin de ces femmes hors du commun.

 

Présentation de l'éditeur : 10/18

Des soeurs Brontë : Mon préféré est Jane Eyre de Charlotte (lu 5 fois), puis La dame du manoir de Wildfell Hall  de Anne, mais Les Hauts de Hurlevent de Emily, lu à 20 ans, m'avait déçue, et enfin même déception pour Agnès Grey

D'autres avis : Dominique ; Cathulu

Publié dans Biographies et cie

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Un fils en or de Shilpi Somaya GOWDA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Anil est un jeune Indien qui commence des études de médecine dans le Gujarat puis part les compléter aux États-Unis. Si son père le soutient, sa mère rêve pour lui d'une union prestigieuse au pays. Son amie d'enfance, Leena, fille d'un métayer pauvre est mariée durant son absence.

Tandis que Anil découvre les difficultés de l'année d'Internat et de la vie d'expatrié, le travail à l'hôpital éreintant psychologiquement et physiquement à cause de la pression, des pathologies différentes de celles apprises dans les livres, des humiliations par les seniors, de la concurrence, la jeune Leena se heurte aux côtés sombres des mariages arrangés.

Les deux destins vont finalement se rejoindre mais les choix entre tradition et modernité ne s'avèreront guère évidents...

Ce que j'ai moins aimé :

A la fin du roman, tout se précipite comme s'il fallait conclure au plus vite, de nouveaux personnages sortis de nulle part apparaissent, et l'ensemble perd en crédibilité.

Bilan :

Un roman très prenant qui m'a captivée...

 

Présentation de l'éditeur : Mercure de France ; Folio

D'autres avis : Babélio

Vous aimerez aussi : APPACHANA Anjana  L’année des secrets    

 

Merci à Martine pour le conseil.

Publié dans Littérature Asie

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Sans jamais atteindre le sommet de Paolo COGNETTI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

« J’ai fini par y aller vraiment, dans l’Himalaya. Non pour escalader les sommets, comme j’en rêvais enfant, mais pour explorer les vallées. Je voulais voir si, quelque part sur terre, il existait encore une montagne intègre, la voir de mes yeux avant qu’elle ne disparaisse. J’ai quitté les Alpes abandonnées et urbanisées et j’ai atterri dans le coin le plus reculé du Népal, un petit Tibet qui survit à l’ombre du grand, aujourd’hui perdu. J’ai parcouru 300 kilomètres à pied et franchi huit cols à plus de 5 000 mètres, sans atteindre aucun sommet. J’avais, pour me tenir compagnie, un livre culte, un chien rencontré sur la route, des amis : au retour, il me restait les amis. »

Accompagné de deux de ses amis et du Léopard des Neiges de Matthiessen, Paolo Cognetti se rend donc aux confins de l'Himalaya, non pas pour en faire l'ascension -ce que je n'avais pas compris durant ma lecture parce que je n'avais pas lu la quatrième de couverture, m'étant arrêté à ma tendresse pour l'auteur pour choisir son livre - mais pour explorer les vallées. Il rencontre la population, lutte contre son mal de montagnes, partage une tablette de chocolat avec son guide en regardant l'horizon, croise des moutons bleus, cueille des edelweiss à 4700 m d'altitude, avec toujours en toile de fond sa lecture de Matthiessen.

Dans ce récit Paolo Cognetti chante surtout son amour inconditionnel pour la montagne et le rapport fort qui les relie :

 

Son récit est émaillé de quelques dessins crayonnés au gré de son ascension :

Ce que j'ai moins aimé : J'ai trouvé ce récit moins abouti que Les huit montagnes.

La réflexion sur la dénaturation du site m'a semblé passer au second plan, alors qu'elle demeure pourtant centrale (à suivre à ce sujet le reportage de France Culture : Alpinisme, quand les masses touchent les sommets)

Photo prise le 22 mai et fournie par le Project Possible de l'alpiniste Nirmal Purja montrant la file d'attente au sommet de l'Everest. Photo Handout. AFP

Bilan : Trop court et décousu pour que je sois totalement sous le charme, même si j'ai apprécié retrouver la personnalité simple et attachante de Paolo Cognetti.

 

Du même auteur : Le garçon sauvage ♥ ♥ ♥ ; Les huit montagnes ♥ ♥ ♥ ♥

Présentation de l'éditeur : Stock

D'autres avis : Télérama ; Cathulu ; Dominique

 

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L'été circulaire de Marion BRUNET

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Céline, 16 ans et Jo sa sœur de 15 ans sont assez dissemblables : Céline sait jouer de sa séduction quand Jo reste sur la défensive, plus lucide sur les attentes des garçons que sa sœur. Néanmoins les sœurs sont très proches l'une de l'autre, partageant sorties, confidences, bagarres et pleurs. Mais quand Céline tombe enceinte, elle refuse de dire à quiconque qui est le père de l'enfant, et son mutisme exacerbe les passions, les rivalités et rancœurs. La tension monte dans ce petit village du Sud exacerbée par la chaleur et les non dits.

Dans les remerciements, l'auteure précise devoir ce titre à Nicolas Mathieu, auteur du remarquable Leurs enfants après eux, et effectivement les similitudes entre les deux romans sont frappantes : même regard pointu sur la jeunesse et les classes populaires, entre désœuvrement et rêve de liberté, même sentiment de tourner en rond, d'être englué dans une vie qui se répète, mêmes couples désabusés entre compromissions et mensonges... Chez Marion Brunet, la mère de Céline est tombée enceinte jeune également, prise au piège d'un mariage brinquebalant. Jo quant à elle, pourrait trouver une porte de sortie, mais elle comprend rapidement que son avenir reste bouché, avec cette "impression de passer à côté de sa vie sans avoir quelle vie on voudrait à la place. ". La violence couve, éclate, pour finalement laisser place à une accalmie, pour mieux recommencer son cycle infernal, peut-être, plus tard, après, à une autre occasion.

Mais pour l'instant, la lumière éclaire le lien fort qui unit les deux sœurs, l'espoir palpite malgré tout, la beauté se dessine, quelquefois, fugace...

" En attendant Céline qui passe par la fenêtre, elle observe une ondée de pipistrelles qui rasent la cime des cerisiers, s'engouffrent sous les toits des maisons émiettées le long des champs. On dirait le vol des cendres au-dessus d'un brasier de papiers. Jo aime bien, ça la rend un peu triste sans qu'elle sache pourquoi, et sans que ce soit désagréable. Un espace de douleur et de plénitude - la beauté lui fait souvent cet effet-là. Elle est encore jeune : il lui faudra avec identifier l'indicible, ces îlots de sublime au milieu du chaos, ces fugacités qui sauvent."

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel ; Le livre de poche

Vous aimerez aussi : Leurs enfants après eux de Nicolas Matthieu, D'acier de Silvia Avallone

D'autres avis : Télérama

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