En défense des romans alors qu'ils étaient à l'époque dépréciés. L'auteur place son roman lui même sous l'égide d'auteurs qu'elle admire : pour le Camilla et Cecilia, de Fanny Burney, Belinda, de Maria Edgeworth (au chapitre V), ou encore Sir Charles Grandison, de Richardson (au chapitre VI) et pour le Les Mystères d'Udolphe, La Forêt ou l'Abbaye de Saint-Clair ou Julia ou les Souterrains du château de Mazzini.
Au fil des pages, la jeune femme s'éveille et comprend mieux les rouages de la société, elle se fait moins naïve et son caractère s'affirme.
Bilan :
Un roman qui joue avec les clichés littéraires pour mieux nous désarçonner !
Le Mois anglais, c’est l’occasion de se retrouver pour partager sur nos lectures, des films, des séries, des récits de voyage, des découvertes d’artistes, ou encore des plats anglais… bref, tout ce qui a un rapport direct avec l’Angleterre.
Alors que le juge noir Oliver Garland vient de mourir d'une crise cardiaque, sa fille Mariah est convaincue qu'il a été assassiné. Son frère Talcott, professeur de droit, émet des doutes jusqu'à ce qu'il soit approché par celui qui avait couté à son père sa nomination à la Cour Suprême, Jack Ziegler, un banquier mafieux qui lui réclame "les dispositions" du disparu. Talcott se met alors à douter lui aussi, et se trouve malgré lui embarqué dans une partie diabolique en vue de découvrir la vérité ainsi que lesdites "dispositions". Il doit oeuvrer avec parcimonie, car sa femme Kimmer risque aussi de perdre ses chances d'accéder au poste qu'elle brigue à la cour Suprême s'il ne joue pas finement.
Influencé par sa passion pour les échecs, passion qu'il partageait avec son père, Talcott va mener une véritable partie d'échecs, avançant pion après pion, observant attentivement les ripostes avant de jouer le coup suivant.
L'auteur s'attache aussi aux complexités des relations familiales, au couple vacillant sous les coups de l'infidélité et parle finalement d'une quête d'identité, bien plus vaste qu'une simple enquête : qui était réellement le père de Talcott ? Comment expliquer certains de ses comportements étranges tout au long de sa carrière ? Comment le juge Garland a-t-il pu accéder à la classe dirigeante des afro-américains ? Tout n'était-il qu'une lutte de pouvoir ? Talcott découvre aussi les blessures profondes de l'être qui peuvent le pousser au-delà de la morale.
L'auteur connaît bien le milieu universitaire étant lui-même le premier professeur de droit noir titulaire d'une chaire à la prestigieuse université de Yale, et sa description du milieu est elle aussi taillée au cordeau, les personnages étant réellement incarnés. Il offre une analyse pertinente de la situation raciale aux Etats-Unis en s'attachant à la bourgeoisie noire américaine
Un roman dense qu'on ne lâche pas malgré ses presque 700 pages, ce qui constitue en soi une preuve du talent de l'auteur !
A la suite d'un accident, Gilles a perdu la mémoire et doit se réadapter à son quotidien aux côtés de sa femme Lisa. celle-ci tente de reconstituer le passé oublié et de raviver les souvenirs perdus dans les limbes de la mémoire. Mais peu à peu l'un et l'autre doutent : Lisa raconte-t-elle la vérité ou cherche-t-elle à recréer son mari et leur vie. Et Gilles a-t-il réellement perdu toute la mémoire ?
Ce que j'ai aimé :
Cette pièce de théâtre sur le couple est plutôt bien construite avec un message intéressant sur l'usure du couple. Lisa ressent l'impression de ne pas être aimée suffisamment, elle manque de confiance, et vacille devant l'indifférence de son mari. Mais si en tant que femme elle affronte l'usure tout en ayant parfois tendance à se croire coupable, Gilles a plutôt tendance à ne rien voir, ou à ne rien vouloir voir.
Tous deux vont s'entendre sur le fait que l'amour est un mystère difficilement explicable, mais un mystère qui vaut l'aventure...
Ce que j'ai moins aimé :
Si les idées sont relativement justes, elles sont malheureusement traitées de façon un peu caricaturale, trop directement avec des phrases clichés comme :
« C’est contre nature d’aimer toujours, d’aimer longtemps »
« Je t’aime et ça me tue »
« Quand la violence s’installe dans un couple, peu importe qui la manifeste. »
Amédée, notaire à la retraite est très proche de son voisin Joseph qui lui raconte les aventures extraordinaires qu'il a vécues tout au long de sa vie. Quand Joseph meurt, Amédée décide de partir à la recherche de son hypothétique héritier à bord de sa vieille voiture décapotable, et de vivre lui aussi une certaine forme d'aventure, loin de sa vie pantouflarde.
Peu à peu Amédée découvre une autre facette de son ami, dont le fantôme fait le voyage avec lui, tentant maladroitement de répondre à ses questions et de justifier le monde qu'il s'est fabriqué.
Ce bel album fait la part belle à l'imagination, capable de sauver son homme. Toutefois l'atmosphère est mélancolique,
Les douze nouvelles du recueil s'attachent à des personnes ordinaires : Patti, jeune femme au chômage qui décide de vendre des vitamines à domicile, Jack et Fran invités chez un couple d'amis dotés d'un magnifique paon envahissant et d'un bébé hideux, un homme divorcé qui prend le train pour retrouver son fils... Ces personnages vivent sur le fil et à tout instant tout peut basculer. Dans leur monde, l'alcool agit comme une tentation dont il est difficile de se défaire, le couple reste chancelant quand les coups du sort s'acharnent, et la famille est un refuge tout aussi branlant.
Raymond Carver maitrise parfaitement l'art du détail, de l'atmosphère qui fait ressortir des blessures bien plus profondes. Dans ses nouvelles assez pessimistes le bonheur reste éphémère, comme une parenthèse enchantée à l'image de Chef qui avait trouvé un refuge dans la première nouvelle du recueil, mais doit quitter la maison, et à nouveau faire face à la précarité, ou encore de la visite de cet aveugle dans la dernière nouvelle qui vient bousculer un couple englué dans le quotidien et dessine une cathédrale. Une cathédrale, comme une métaphore de l'art seul capable de sauver de la dérive ?
Un beau matin de 1973 Amy, 13 ans, décide de partir à la recherche de sa grande sœur dont elle est sans nouvelles depuis un an. Cette dernière se rendait alors au Manoir Playboy pour tenter d'y travailler. Amy décide de la rejoindre et prend la route, quitte à devoir traverser seule tous les Etats-Unis. Tout au long de sa route, elle fera diverses rencontres, certaines peu recommandables, mais d'autres lumineuses.
Ce que j'ai aimé :
-La personnalité de Amy est attachante, la jeune fille n'a peur de rien, et s'attache facilement à ceux qu'elle croise. Elle mûrit au fur et à mesure de ses rencontres, et sort grandie de ce road-trip en apprenant finalement à suivre son propre chemin, et à aller là où son coeur la porte. .
-Le lecteur s'amuse à reconnaitre les personnalités croisées, aidé par les notes des auteurs. On prend plaisir à rencontrer Bruce Springsteen avant son succès...
Ce que j'ai moins aimé :
- Le style reste assez basique.
- J'ai regretté l'absence d'une intrigue plus fournie qui aurait apporté cohérence et crédibilité au roman.
Bilan :
Une lecture qui n'est pas désagréable mais pas non plus inoubliable...
Boccanera, c'est Ghjulia Boccanera, dite Diou, enquêtrice privée corse qui officie à Nice. Un homme lui demande d'enquêter sur la mort de son compagnon, car la police fait peu cas de sa mort. Diou s'embarque alors dans une enquête trépidante !
Virgil vit dans la réserve indienne de Rosebud dans le Dakota du Sud. Il propose ses services pour rétablir la justice quand celle-ci est défaillante, les principaux abus ayant lieu sur la réserve n'étant pas punis. Il s'occupe aussi de son jeune neveu après la mort de sa soeur. Mais cette fois-ci, Virgil se lance dans une nouvelle mission différente de ses habitudes : on lui demande de traquer des hommes qui introduisent sur la réserve une nouvelle drogue. Son neveu se trouvera directement impliqué.
Ce que j'ai aimé :
Le roman est centré sur les problèmes auxquels est confrontée la nation lakota sicangu et sur cette "justice à l'indienne" : "La police tribale devait rapporter tous les crimes aux enquêteurs fédéraux, qui allaient rarement jusqu'aux poursuites. Seules les affaires médiatisées ou les crimes violents méritaient qu'ils engagent une action en justice. Mais les agressions sexuelles classiques, les vols, les voies de fait étaient le plus souvent ignorés. Et les ordures le savaient. Les violeurs pouvaient s'en prendre aux Indiennes tant qu'il le voulaient, du moment qu'ils opéraient en terre indienne."
Virgil contribue donc à la justice en se substituant au système judiciaire défaillant. Cet homme ambivalent hésite entre les traditions amérindiennes et la modernité qui s'offre à lui et devra trouver le juste accord pour sauver ceux qu'il aime.
Ce que j'ai moins aimé :
Une tension glaçante et des scènes assez violentes.
"Il y a les mères qui bouffent, boivent, prennent des médicaments.
Il y a les mères qui travaillent trop.
Celles qui pleurent le matin au réveil en se demandant pourquoi.
Il y a les mères qui cuisinent, cousent, rejoignent des associations, vont à la messe.
Celles qui courent frénétiquement dès l'aube.
Il y a celles qui postent six mille photos de leurs gamins.
Il y a celles qui ne font rien de tout ça et qui tombent malades.
Et puis il y a les mères qui trompent leur mari.
Les mères qui font ce qu'elles peuvent.
Les pères aussi."
Ariane est une femme comblée, mère de trois adorables filles, aimée d'un mari beau et spirituel, femme accomplie intellectuellement, son parcours est doré. Mais ce sera sans compter sur ce grain de sable, cette phrase ou ce regard qui appelle tout à coup autre chose, et qui, consciemment ou non mène à tout remettre en question et à tout balancer par dessus bord. Pour Ariane, il s'agit de Sandro, un barman qu'elle croise un beau jour, un homme qui n'est pas fait pour elle -lui-même le dit- mais qui deviendra une obsession dont la jeune femme ne saura se défaire.
Avec une sincérité touchante, en totale transparence, Ariane, double de l'auteur, livre cette période tourmentée de sa vie. Elle s'interroge sur les modèles masculins qui ont jalonné sa vie et l'ont peut-être poussé inconsciemment à aimer cet homme interdit. Cette plongée dans les arcanes de la passion lui permet aussi d'observer la femme trop souvent cachée derrière la mère de famille débordée par un quotidien aliénant. Cette passion n'est-elle pas aussi la façon de retrouver la femme, l'adolescente tapie derrière la vie de famille trop sage et pourtant longtemps rêvée ? Une façon de retrouver sa jeunesse et de faire un pied de nez au temps qui passe et ternit l'élan initial ?
Ses paradoxes sont nombreux, mais le choix assumé de retirer tous les fards qui auraient pu maquiller cette passion et la justifier permet de les présenter dans toute leur logique déconstruite, dans leur pureté scintillante.
Quand l'expérience personnelle touche à l'universel et est relatée avec tant de pureté et d'honnêteté, de pages en pages, de mots en mots, peu à peu, cette expérience devient artistique et trouve seule sa justification.