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Un mois, un éditeur. Les éditions Cambourakis

Publié le par Hélène

Sandrine de Tête de Lecture nous a proposé de nous intéresser chaque mois à des éditeurs peu représentés sur nos blogs. Pour ce mois d'octobre, elle a choisi la maison d'édition Cambourakis. Je la rejoins avec plaisir dans cette initiative qui met en lumière des maisons d'édition sans doute plus discrètes, mais néanmoins de qualité.

Cambourakis est une maison d'édition française proposant des bandes dessinées, de la littérature adulte et jeunesse et des ouvrages en sciences humaines. Elle a été fondée en 2006 à Paris par Frédéric Cambourakis, ancien libraire.

Ainsi je vous parlerai prochainement de deux bandes dessinées de cet éditeur : Bookhunter de Jason Shiga et Tristes cendres de Mikel Begona et Inaket

Voici les autres titres que vous trouverez déjà sur Lecturissime, par ordre de préférence (cliquez sur les couvertures pour lire mon billet !) :

Alors qu’il vadrouille en forêt par un beau jour d’été, Abie, petit garçon de quatre ans, bute sur le corps d’un homme étendu au milieu des fougères et des rhododendrons, en ce charmant coin de campagne anglaise. Harry est mort, et son cadavre est bien encombrant pour les membres de la petite communauté qui peuple la lande de Sparrowswick. Plusieurs fois découvert, caché, enterré, exhumé au cours d’une même journée, le défunt déclenche une série de quiproquos, et sera le révélateur des turpitudes secrètes des villageois, qui tous ont de bonnes raisons de craindre d’être accusés de meurtre. Mais l’incident, cause de beaucoup d’angoisse, encouragera également le rapprochement de quelques êtres, les situations aigues stimulant semble-t-il sentiments et passions...

 

A la manière du Je me souviens de Perec, Zeina Abirached évoque des scènes de son enfance et de son adolescence à Beyrouth, dans un Liban en guerre, jusqu'à son départ pour Paris en 2006.

 

Orphelin, Titou est recueilli par son grand-père, solitaire et excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales, travail et impôts en premier lieu.
Malgré quelques divergences de caractère - Titou a la passion des clôtures, Pépé Jake les déteste - le duo fonctionne bien, et mieux encore du jour où déboule Canadèche, canard boulimique hautement sympathique, qui devient leur inséparable compagnon.

 

Roman épicurien d'amour et de vigne, le Vin de longue vie se déroule dans la campagne roumaine, sous le soleil, à l'ombre des souvenirs. Au jeune juge qui vient d'être nommé, tous les notables du village parlent de maître Manole, le boyard, propriétaire de l'immense vigne. Celui-ci attirerait des femmes dans sa demeure, dont elles ne ressortiraient jamais ; il userait également de sortilèges, et son extraordinaire longévité en serait la conséquence.

 

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L'enfant qui mesurait le monde de Metin ARDITI

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

De l'importance de se laisser surpendre par la beauté du monde

A Kalamaki en Grèce trois destins vont se croiser : celui du petit Yannis, perdu dans son autisme, celui de sa mère Marai, submergée par ce fils si différent des autres, et celui d'Eliot qui a perdu sa fille et s'installe sur l'île pour poursuivre ses recherches sur le nombre d'Or. 

Ces trois personnages sont des êtres désoeuvrés errant dans un monde qui les dépasse : Eliot cherche un sens à sa vie alors que la chair de son sang est morte en raison d'un accident stupide, il cherche à s'ancrer dans le monde et se sauve temporairement grâce au travail dans lequel il se lance à corps perdu pour mieux combattre la douleur. "Quand la mer n'est pas furieuse, nous sommes tous de grands capitaines. Lorsqu'elle se déchaine, le plus solide des trehandiri doit rentrer au port et s'ancrer. Et même en trois points." p. 23

Marai et son fils essaient aussi de s'ancrer dans le monde, mais pour Yannis, autiste, le monde est trop instable, soumis aux changements perpétuels, alors qu'il aimerait que la vie soit sans surprise, ordonnée, "Qu'il n'ait pas à affronter sans cesse des situations dont il ne savait rien, ou des gens dont il n'arrivait pas à prévoir ce qu'ils allaient dire ou faire et qui le mettaient dans des états d'immense angoisse." p. 57

Tous se raccrochent à leur environnement, ce lieu magnifique qui leur offre un semblant de stabilité. Mais un projet d'hôtel dans cet univers préservé risque de bouleverser leur équilibre. 

Ce que j'ai moins aimé :

- Au début du roman, des sauts temporels, des ellipses, des résumés sur plusieurs pages compliquent la chronologie. Des passages à l'imparfait couvrent plusieurs années, puis de nouveaux passages au passé simple donnent l'impression qu'enfin l'action a débuté, mais non, de nouveaux retours en arrière dans la vie d'un autre personnage bouleversent la narration ! L'action débute réellement au bout de 30 pages quand les personnages se rencontrent réellement. 

- L'auteur a voulu aborder trop de sujets qui lui tenaient à coeur, créant un trop-plein de problématiques : la beauté de la Grèce, l'amour de la philosophie, la situation économique de la Grèce, les luttes de pouvoir politique, le projet immobilier, l'autisme, le théâtre et la représentation, la religion, même la sexualité des prêtres ... 

Bilan : L'enfant qui mesurait le monde fait montre d'une belle poésie, c'est un récit touchant même s'il a tendance quelquefois à s'éparpiller au détriment par exemple du très beau personnage de Yannis, qui aurait mérité d'être mis davantage en avant car "Cet enfant porte en lui toute la douleur des hommes. L'immense solitude et l'impossibilité désespérante de s'ouvrir à l'autre."  A travers cet enfant, l'auteur nous éclaire sur le sens de la vie, sur notre capacité à nous émerveiller devant la beauté qui nous entoure, pour quelquefois, un instant, saisir le magnifique agencement du monde. Avoir cette impression tout à coup de tout comprendre. Pour mieux s'ancrer. Ici et maintenant. 

 

Présentation de l'éditeur : Grasset 

D'autres avis : Yves 

Du même auteur : Le Turquetto ;  La confrérie des moines volants  ; Juliette dans son bain 

 

L'enfant qui mesurait le monde, Metin Arditi Grasset, août 2016, 304 p., 19 euros

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Journée nationale de recueillement au Gabon

Publié le par Hélène

En ce jour au Gabon, les opposants au régime d'Ali Bongo organisent une journée nationale du recueillement pour les morts tombés suite aux violences postélectorales, un jour de compassion pour toutes les familles endeuillées, et toutes les victimes de la barbarie qui s'est abattue sur le Gabon.  

Pour rappel, des élections présidentielles étaient organisée le 27 août dernier.

A l'issue du scrutin, la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente) et le ministre gabonais de l'intérieur ont annoncé la réélection du président sortant Ali Bongo Ondimba avec 49.80% des voix contre 48.23% pour son adversaire Jean Ping, soutenu par une coalition de partis d'opposition. Pourtant, en s'appuyant sur les procés-verbaux de l'ensemble des bureaux de vote, Jean Ping estime avoir devancé de 60000 voix le président sortant, exception faite des chiffres recueillis dans la province du Haut Ogooué, fief de Bongo. Dans cette province, le président sortant aurait obtenu 95 % des voix pour 99% de participation, lui garantissant donc une avance de 5000 voix sur Jean Ping.

Cette victoire, considérée comme frauduleuse par l'opposition a alors provoqué des heurts dans la capitale et plusieurs villes de province, heurts violemment réprimés par le président sortant.

Face aux accusations de tricheries et de fraudes massives portées par Jean Ping, ce dernier a saisi la cour constitutionnelle du Gabon le 8 septembre 2016 en demandant le recomptage des voix notamment dans la province du Haut-Ogooué.

Or dans le nuit du 23 au 24 septembre, la cour constitutionnelle a validé la réélection d'Ali Bongo, malgré le relevé d"évidentes anomalies".

50 ans que la famille Bongo est au pouvoir, le peuple voulait du changement, ce que Jean Ping représentait. L'espoir d'oeuvrer pour un  pays plus libre, plus ouvert, plus démocratique. 

Voici le message adressé par Jean Ping à son pays le 29 septembre dernier : 

"Gabonaises, Gabonais, mes chers compatriotes,

Au nom des Gabonaises et des Gabonaises de toutes générations et de toutes conditions, je prends la parole aujourd’hui, pour exprimer une fois de plus la consternation de tout un peuple meurtri dans sa chair et dans son âme, suite aux graves évènements auxquels nous avons tous assisté ces derniers jours dans notre pays.

Au lendemain de la nomination d’Ali Bongo comme président de la République, par la Cour constitutionnelle, je me suis exprimé pour dénoncer ce coup d’état militaro-électoral. Depuis lors, vous avez constaté que j’ai observé un relatif silence.

J’ai entendu les appels des Gabonais de toutes les provinces et de la diaspora. Je voudrais vous rassurer, j’affirme ici ma détermination à assumer mes responsabilités de président élu par le peuple souverain ; au-delà des circonstances qui nous sont imposées.

Je suis habité par la responsabilité de veiller sur le peuple Gabonais qui m’a élu le 27 août 2016.

Président élu par vous, peuple gabonais, je réaffirme ubi et orbi que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir d’Ali Bongo qui a les mains souillées du sang de nos compatriotes.

Je ne reconnaitrai pas ce pouvoir qui a fait massacrer froidement de nombreux Gabonais, tout simplement parce qu’ils réclamaient le respect de leurs suffrages exprimés le 27 août 2016.

Je ne reconnaîtrai pas ce pouvoir inquisiteur, qui enlève les Gabonais dans les rues, comme dans leurs maisons et les emprisonne arbitrairement.

Je ne reconnaîtrai pas ce pouvoir qui ne respecte pas les droits humains, y compris les plus élémentaires.

C’est pourquoi, je vous demande, Peuple gabonais, de rejeter massivement aussi ce pouvoir, de ne lui accorder aucun crédit ; en vertu de la légitimité que vous m’avez donnée. (...) 

J’appelle chaque Gabonaise et chaque Gabonais à une résistance active jusqu’à la fin de la forfaiture.

Le peuple gabonais doit rejeter et faire obstacle, avec la plus grande détermination, à cette nouvelle imposture qui veut s’imposer à notre pays.

Nous devons Tous refuser ce coup d’état militaro-électoral qui n’offre aucune perspective au Gabon. Pour ma part, je m’y engage.

Des compatriotes sont morts, parmi lesquels de nombreux jeunes, tués par ce pouvoir. Ils ne doivent pas être morts pour rien. Ils ne sont pas morts pour rien. Ils sont morts pour que la démocratie, l’alternance et le changement voient enfin le jour dans notre pays.

Nous devons à ces héros de réaliser ce pour quoi ils ont consenti au sacrifice suprême.

Notre combat n’est pas contre un ou des individus : quel qu’ils soient. Notre combat est contre un système dictatorial et pour la démocratie. (...)"

Marche de la diaspora gabonaise à Paris pour réaffirmer le choix du peuple gabonais dans les urnes: Jean Ping Président élu! - Le 01/10/2016. Crédits Photos: OneSnapView

 

A mon humble niveau littéraire, pour soutenir ces mouvements de résistance, je vous propose de nous retrouver le 31 octobre autour d'une lecture commune gabonaise. 

Pour ma part, je lirai un roman de Justine Mintsa Histoire d'Awu, avec Magali et Sandrine. Qui nous rejoint ?

 

"Poussière d'étoile, grain dans le désert

Etincelle dans une flamme, un humain sur la terre

Changer les choses, à son niveau

C'est faire une croix sur l'océan, se concentrer sur ses gouttes d'eau"

Milk Coffee and Sugar

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/23/le-gabon-suspendu-a-l-annonce-des-resultats-de-la-presidentielle_5002456_3212.html#8t0di7MyrzsGxwXG.99

Publié dans Littérature Afrique

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Sur les ailes du monde, Audubon de Fabien GROLLEAU et Jérémie ROYER

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Jean-Jacques Audubon est un ornithologue, naturaliste et peintre français naturalisé américain. Aventurier passionné et entier, il est considéré comme le premier ornithologue du nouveau monde. Il s'engage en effet en 1810 pour son premier voyage d'exploration dans le but fou de découvrir et peindre tous les oiseaux du continent américain. Il est prêt à quitter sa famille pour plusieurs mois ou années pour observer et peindre ces oiseaux dans leur milieu naturel. Ironiquement, les scientifiques américains reprochaient à ses planches leur côté trop vivant, qui contrastait avec les dessins plus rigides de Alexander Wilson, son concurrent direct. Audubon ne connut le succés qu'à la fin de sa vie, en Angleterre, où l'on publia son oeuvre. Très connu aux Etats-Unis également, il reste méconnu en France. Il reste aujourd'hui environ 200 exemplaires de son livre, le plus cher au monde. 

Le scénario de Fabien Grolleau met en scène les aventures romancées de cet homme atypique qui n'hésitait pas à tuer les oiseaux pour mieux les peindre. Il nous montre à voir aussi la fin d'un monde, la fin d'une Amérique vivant en harmonie avec la nature, jusqu'à l'arrivée des colons.

 

Les dessins magnifiques de Jérémie Royer rendent hommage à cet homme talentueux au projet fou ! Ils nous invitent dans une nature préservée, peuplée d'êtres fascinants planant librement au-dessus des paysages sauvages. Un monde comme en suspens.

 

Présentation de l"éditeur : Dargaud 

D'autres avis : Babélio  ; Télérama  ; Librairie Initiales 

 

Bd de la semaine chez Moka cette semaine 

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Tropique de la violence de Nathacha APPANAH

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Les mensonges et les rêves n'exitent plus. Seuls subsistent la vie et l'enfer des autres." 

Marie est une jeune infirmière qui suit l'homme qu'elle aime sur l'île paradisiaque de Mayotte située dans l'océan Indien. Mais leur relation ne dure guère. Un beau jour, à l'hôpital où elle travaille, une jeune mère lui offre comme en cadeau un bébé aux yeux atypiques : l'un noir l'autre vert. La jeune mère pense que cet enfant lui portera malheur car il porte la marque des djinns, elle refuse de l'élever et le laisse ainsi à Marie qui va couver cet enfant et l'aimer comme s'il était le sien. Elle le  prénomme Moïse et dans cette île où règne la misère, elle l'élève dans un monde relativement privilégié. Aussi, le jour où Moïse quittera ce monde de priviléges, il heurtera de plein fouet l'envers du décor... Mené par Bruce, jeune garçon qui règne sur le bidonville appelé Gaza, Moïse errerra avec ces enfants et adolescents livrés à eux-même, dans un monde hanté par la pauvreté et sclérosé par la drogue et la violence 

Natacha Appanah s'attache ici à décrire le désoeuvrement de ces jeunes appartenant à des gangs violents. La jeune femme a vécu elle-même à Mayotte durant deux ans et avait été frappée par le nombre d'enfants errant dans les rues. Souvent ces enfants avaient été laissés à Mayotte par leurs parents clandestins renvoyés à la frontière. 

"Le 101ème département, surnommé l'île aux parfums ou l'île au lagon, fait également face à une pression migratoire constante venue des Comores, de Madagascar et même de quelques pays africains. Presque 20 000 personnes ont été reconduites à la frontière en 2014 mais les kwassas kwassas continuent d'arriver tous les jours sur les côtes mahoraises. 597 embarcations ont été interceptées en 2014. On estime à 3000 le nombre des mineurs isolés qui vivent durablement dans le 101ème département de France, sans foi, ni loi." p. 112

Mayotte semble bien loin de l'image d'eldorado véhiculée par les agences touristiques ! 

"C'est Mayotte ici et toi tu dis c'est la France. Va chier ! La France c'est comme ça ? En France tu vois des enfants traîner du matin au soir comme ça, toi ? En France il y a des kwassas qui arrivent par dizaines comme ça avec des gens qui débarquent sur les plages et certains sont déjà à demi morts ? En France il y a des gens qui vivent toute leur vie dans les bois ? En France les gens mettent des grilles de fer à leurs fenêtres comme ça ? En France les gens chient et jettent leurs ordures dans les ravines comme ça ?"

Ce que j'ai moins aimé :

- La structure est déroutante, puisque le récit commence par la fin, et que sont alors déroulés les évènements qui ont mené à cette situation, sappant toute tension dramatique. 

- Plusieurs voix prennent en charge la narration dans des chapitres relativement courts, si bien que la psychologie des personnages semble peu approfondie, survolant seulement les situations. Les points de vue -quelquefois venus d'outretombe- sont comme détachés de la violence des faits évoqués. 

Bilan : Un sujet fort mais un ensemble qui manque malheureusement de puissance pour moi. 

 

Présentation de l'éditeur : Gallimard 

D'autres avis : Babélio

 

Un roman qui fait partie de la première sélection du prix Goncourt, de la première sélection du Fémina, ainsi que du Médicis. 

 

Tropique de la violence, Natacha Appanah, Gallimard, août 2016, 192 p., 17.50 euros

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Déception et abandon du mois de septembre

Publié le par Hélène

Le bal mécanique de Yannick GRANNEC

Tout commençait plutôt bien avec une intrigue plantée dans le monde peu reluisant de la téléréalité. Josh Shors est animateur à Chicagi d'une émission alliant subtilement -ou pas - décoration intérieure et thérapie familiale. Son père, Carl, est un peintre qui finit sa vie à St Paul de Vence et qui découvre un secret de famille qui le conduit au suicide (oui, il est comme ça Carl, radical !) Alors qu'il apprend qu'il va lui-même devenir père, Josh se retrouve à devoir démêler les fils de son histoire familiale avec au centre un tableau de Otto Dix représentant son père.  

C'est long, trop long, si bien que j'ai abandonné les personnages à leur sort, tout comme j'avais lâché en cours de route La déesse des petites victoires.  Les personnages sont très nombreux et on peine à comprendre au premier abord leurs liens, liens qui s'expliquent par la suite sans doute mais je n'ai pas eu la patience d'attendre. En lisant le billet de Clara, je me dis que j'ai peut-être eu tort de m'arrêter à cette première partie centrée sur Josh, mais que voulez-vous, il y a tant de livres qui m'attendent, que quand ça bloque, eh bien je préfère passer au suivant !! 

 

Présentation de l'éditeur : Anne Cariière 

D'autres avis sur Babelio (avis bien plus positifs que le mien !) Télérama

 

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L'île au trésor adapté par François CORTEGGIANI et Michel FAURE

Publié le par Hélène

Mon avis : 

Un bilan négatif pour cette adaptation du célèbre roman de Stevenson. L'histoire est condensée, ce qui est nécessaire bien sûr dans une adaptation en bande dessinée, mais certains sauts temporels provoquent des difficultés de compréhension assez désagréables. On ne comprend pas bien cette histoire de marque noire par exemple, ou encore le retournement de John Silver. Les morts sont expédiés ad patres en une bulle et oubliés la bulle suivante. Tout semble haché, manquant de cohérence et de fluidité. 

De plus, détail non négligeable, les dessins sont assez violents, induisant le rendu d'une atmosphère brouillonne et très sombre.  Les effusions de sang sont monnaie courante

Cette adaptation est surtout axée plus sur le côté effrayant du monde des pirates, plus que sur l'aventure.

L'avis de Romain, 10 ans : ♥ ♥

(A noter que contrairement à moi, il venait de relire le roman)

La bande dessinée est moins bien que le roman parce qu'il y a moins de précisions.

Les dessins ne m'ont pas trop plu, ils étaient trop tristes. Je ne voyais pas les personnages comme ça, à part Jim, dans la BD ils sont très laids, je les voyais autrement.

 

Ce fut ma BD de la semaine, accueillie par Mo cette semaine !

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Rencontre avec Emma Cline, auteure de The girls

Publié le par Hélène

Vendredi dernier, la librairie Gallimard organisait une rencontre avec Emma Cline, l'auteure talentueuse de "The girls", en collaboration avec l'agence Anne et Arnaud.

Ce fut l'occasion de rencontrer cette jeune auteure talentueuse.

Rencontre avec Emma Cline, auteure de The girls

Voici les questions qui lui ont été posées :

 

Pourquoi ce choix de s'appesantir sur l'adolescence ?

L'adolescence est un âge tumultueux, à la lisière entre l'innocence, la pureté de l'enfance et cette révolution du passage à l'âge adulte. Cela m'intéressait de donner un rôle à cette adolescence qui est souvent traitée avec des clichés dans les romans, trop rapidement.

 

Pourquoi utiliser cette affaire Manson en arrière-plan ?

L'affaire n'est pas au centre du roman, elle n'est qu'un prétexte pour parler de l'adolescence. C'est un symbole. Cette affaire est très présente dans la culture californienne dans laquelle j'ai grandi. Elle permet aussi une réflexion sur la violence, pas seulement la violence physique, mais aussi la violence psychologique des adolesents, la violence qui prend feu dans le rapport à l'autre. C'est cette violence là qui m'intéressait davantage que la violence dramatique de l'affaire Manson.

 

Peut-on voir des échos contemporains, faire un parallèle avec ces adolescents perdus de Californie et les jeunes embrigadés par Daesh ?

L'adolescence est un âge vulnérable, durant lequel on s'engage idéologiquement, on a besoin d'exrpimer cette violence inhérente vers d'autres que soi. On parle peu de la violence féminine, souvent rentrée, qui s'exprime par l'anorexie, les jeunes filles qui se tailladent, ou n'expriment pas leur mal-être, leur colère. C'était intéressant d'aborder ce thème là dans cette ville.

 

Pourquoi le personnage de Sacha ?

Je voulais montrer qu'à 30 ans de distance, une adolescente reste une adolescente avec cette envie d'être vue, regardée. Les réseaux sociaux sont au coeur de cette volonté de se montrer et d'être reconnu par ses camarades.

 

Pourquoi parler seulement de cette envie d'être vue et pas de l'envie d'être aimée qu'elle cache ?

A mon avis, l'adolescent n'est pas toujours en âge de comprendre que derrière cette envie d'être regardé se cache l'envie d'être aimé et compris.

 

Travaillez vous sur un nouveau projet ?

Oui sur un recueil de nouvelles et sur un roman.

 

Y aura-t-il une adaptation de "The girls" ?

On m'a proposé de travailler sur le script, mais j'ai refusé disant que quand c'était fini, c'était fini pour moi. Mais quelqu'un a acheté les droits du film. (Scott Rubin)

 

Etes vous toujours hantée par vos personnages ?

J'ai mis trois ans à écrire ce roman, fini depuis deux ans, et c'est seulement maintenant que je fais une tournée promotionnelle, c'est un peu étrange de parler de personnages que j'ai presque oublié pour certains, puisque je travaille sur de nouveaux projets. Mais oui, pour certains, ils m'habitent encore. J'ai finalisé le roman en deux mois et c'est là que j'ai mis le plus de moi même, et que j'ai écrit les personnages les plus difficiles.

 

Y-a-t-il une influence de votre vie personnelle dans ces pages ?

Je vous rassure, je n'ai tué personne ... Mais je suis l'aînée de 5 filles donc je connais les rapports entre filles. J'étais surtout intéressée par les décisions que l'on prend à cet âge là, décisions qui peuvent avoir des répercussions auxquelles on ne s'attend pas dans l'âge adulte.

 

Quel fut le meilleur moment de cette magnifique aventure littéraire?

J'avais terminé d'écrire le roman, et je suis sortie dans ma cour pour fumer une cigarette. Maintenant tout ce que je vis, je le vis avec distance, cela m'est un peu étranger.

Par la suite, j'ai pu rencontrer Anna Jarota et son assistant Robin Schultz, les agents littéraires d'Emma Cline. Anna Jarota a évoqué avec tendresse la jeune auteure de "The girls" : "Tout était déjà parfait dans ce roman, nous n'avons pas eu à le retravailler, j'ai senti à la première lecture que je tenais quelque chose, un talent rare. Sur peut-être 100 romans que nous lisons, seul 1 roman sort du lot, et ce fut celui là ! C'est impressionnant de se dire que cette jeune fille de 27 ans possède une telle maîtrise de l'écriture, et de la psychologie ! Elle est extraordinaire et mérite son succés. Nous avons vendu les droits de son roman dans 34 pays, et Emma a commencé sa tournée. La France est l'avant dernière étape avant l'Italie. J'ai hâte de recevoir son prochain roman dans ma boîte mail, à ce moment-là, je sais que le monde s'arrêtera de tourner et qu'il n'y aura plus que cela, ce manuscrit, cette nouvelle perle à découvrir. Je sais que je ne serai pas déçue !"

 Cette rencontre m'a éclairée aussi sur le métier d'agent littéraire, métier relativement récent en France, contrairement aux pays anglo-saxons où il est monnaie courante de faire appel à ces agents en tant qu'intermédiaire entre l'auteur et l'éditeur. Après une expérience enrichissante à Londres dans l'agence Andrew Nurnberg Associates, Anna Jarota a décidé de créer sa propre agence en France en 2008.  Elle est l'agent notamment de Nancy Huston, Woody Allen, Jérôme Kerviel et Valérie Trierweiler. Robin quant à lui, est passionné par ce métier qu'il assimile à celui de "découvreur de trésors" ! 

Quant à la question de savoir quel serait leur prochain "trésor", Robin m'a dit qu'il fallait s'attendre à un grand coup dans 5 mois, quelqu'un de connu, qu'il ne pouvait rien dire encore mais qu'il y avait des indices dans la newsletter de Livres Hebdo ! A vos tablettes !

 

J'ai aussi discuté avec le traducteur de "The girls"Jean Esch, pour qui cette traduction était une belle expérience. Il a aussi traduit récemment le roman de Don Winslow Cartel, la suite de La griffe du chien, à découvrir également absolument selon lui ! 

 

Nous avons pu également échanger plus longuement avec Emma Cline, une jeune femme très avenante, touchante de sincérité, Sandra vous en dit plus sur son blog Bellepagesite !

 

Merci à Arnaud, Anaïs, Roxane, et Sandra !

 

Présentation de l'éditeur : Editions de la table ronde

Mon avis sur "The girls" : ICI

 

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Miami Park de Carl HIAASEN

Publié le par Hélène

♥ ♥

Joe Winder vit en Floride et est embauché par un parc d'attraction concurrent de Disney pour vanter les mérites de ce "Fabuleux Royaume du Grand Frisson". Quand des "campagnols du manguier à langue bleue", stars du Pavillon des Animaux Rares, sont enlevés, Winder se lance malgré lui sur les traces des kidnappeurs, des loosers peu doués dans leur secteur... 

Chez Carl Hiaasen, tout est toujours aussi déjanté, délirant, ça fuse dans tous les sens, les balles comme les cadavres ! Les personnages sont tous décapants comme cette vieille mamie qui défend bec et ongles l'écologie avec des moyens assez radicaux... Tous ont quelque chose à cacher, petits délinquants perdus qui se tentent de se racheter une conduite pour finalement retomber dans les mêmes travers, grand mafiosis aux méthodes atypiques, animaux récalcitrants, et au milieu de ce petit monde loufoque, évolue ce pauvre Joe Winder quelque peu perdu ! 

http://www.azurever.com/

Comme souvent, Carl Hiaasen reprend ses thèmes favoris, et fustige les promoteurs avides d'argent, prêts à sacrifier l'environnement pour toujours plus de profit. 

Ce que j'ai moins aimé : à force de lire ses romans qui tirent souvent les mêmes ficelles, j'ai éprouvé une certaine lassitude, un impression de "déjà vu".

Du même auteur, j'ai préféré : Pêche en eaux troubles,ou encore Mauvais  coucheur  ;  Cousu main  Jackpot

 

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Le comte de Monte Cristo de Alexandre DUMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

1815. Edmond dantès, jeune offcier de marine, rentre à Marseille à bord du Pharaon, navire dont il a pris le commandement. Il semble voué à un avenir radieux : amoureux de la belle Mercédès, ils vont se fiancer et se marier prochainement, et il est promu capitaine par l'armateur du Pharaon, Morrel. Mais sa position enviable suscite des jalousies : Fernand, ami d'enfance de Mercédès aimerait l'évincer auprès de la belle, et Danglars, employé de Morrel, voit d'un mauvais oeil sa promulgation au rang de capitaine. Les deux hommes se liguent pour lancer de graves accusations contre Edmond, accusations qui vont lui valoir le cachot. Morrel intervient alors auprès du procureur du roi Villefort mais quand il découvre que son propre père risque d'être impliqué, il fait en sorte que Edmond soit emprisonné et oublié au château d'If.

Château d'If http: //www.gombertois.fr/marseille_chateau_dif.html

Edmond y restera quatorze ans. Il y rencontrera l'abbé Faria, vieux savant que tout le monde croit fou mais qui lui inculquera tout son savoir et sa philosophie :

"Il faut le malheur pour creuser certaines mines mystérieuses cachées dans l'intelligence humaine, il faut la pression pour faire éclater la poudre. La captivité a réuni sur un seul point toutes mes facultés flottantes ça et là, elles se sont heurtées dans un espace étroit, et, vous le savez, du choc des nuages résulte l'électricité, de l'électricité l'éclair, de l'éclair, la lumière."

Quand Edmond finira par s'évader de ses geôles, il n'aura de cesse de poursuivre ceux qui l'ont emprisonné...

Au-delà du roman d'aventures, ce classique constitue un magnifique portrait d'homme. Le comte est un être complexe, être innocent et heureux au début du roman, il se densifie au fur et à mesure, désabusé par les trahisons qui le poursuivent. Il en vient même à douter de l'amour du prochain que devrait porter en lui chaque homme. Un instant, il ne croit plus en l'humanité, pour lui l'homme n'est qu'un animal ingrat et égoïste. Son parcours le forgera, c'est un homme qui trouvera de la force dans sa dignité, et qui finira par comprendre combien il est bon de vivre après avoir voulu mourir. Attendre et espérer, tels sont pour lui les clés de la sagesse ... 

Ce que j'ai moins aimé : Quand la première partie se révèle passionnante avec ses aventures multiples, ses retournements de situation, ces êtres qui ne sont jamais ceux que l'on croit, la deuxième partie s'essoufle un peu. Centrée sur les actes philanthopiques du comte qui se fait appeler Simbad le marin, les personnages se cachent derrière des identités multiples et finissent par se confondre. Néanmoins, cette partie est enrichie par le croquis péjoratif de la société parisienne qui traitent les invités "non pas d'après ce qu'ils sont mais d'après ce qu'ils veulent être".

BilanLe comte de Monte Cristo reste un magnifique roman d'aventures aux ramifications profondes.

 

Présentation de l'éditeur : Le livre de poche 

D'autres avis : Babelio

 

tome 1 passionnant aventures multiples
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