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Les délices de Tokyo de Durian SUKEGAWA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Sentarô tient une échoppe proposant des dorayaki, une pâtisserie japonaise. Ses clientes sont pincipalement des lycéennes qui l'abreuvent de discussions piaillantes. Le jeune homme semble relativement insensible, travaillant de façon mécanique. Un jour une vieille dame vient lui proposer ses services. Sentarô refuse dans un premier temps mais Tokue sait être persévérante et surtout, elle est douée pour confectionner le an, la pâte d'haricots rouges qui garnit ses dorayaki. Sentarô l'accepte à ses côtés pour cuisiner, mais ayant remarqué que ses mains portent les stigmates d'une maladie, il refuse qu'elle serve ses clients.  

Peu à peu des liens particuliers se nouent entre l'énigmatique Sentarô et la volubile Tokue qui apprend au jeune homme à mettre du coeur dans ce qu'il fait, et à écouter ce que lui racontent les haricots...Les saisons courent, les cerisiers fleurissent puis les fleurs tombent, les secrets se découvrent peu à peu.

http://www.japantours-switzerland.com/

Porté par Tokue, Sentarô vit une véritable renaissance. La vieille dame l'éclaire sur le sens qu'elle donne à sa vie, et l'enjoint à observer le monde qui l'entoure à l'affût du "rayonnement invisible". 

"Je suis convaincue que chaque chose ici-bas est douée de parole. A mon avis, on peut prêter l'oreille à tout, aux passants dans  la rue devant la boutique bien entendu, à tout ce qui est vivant, et même aux rayons du soleil et du vent." p. 158

Marquée par une vie de souffrance, Tokue encourage chaque être humain à devenir une sorte de poète capable d'éclairer le monde. Peu importe la véracité des paroles émanant de la lune, des étoiles, des feuilles ou du vent, y croire suffit à la porter en avant, au-delà des vicissitudes de la vie.

 

Mes réticences : Le style rend l'ensemble un peu simplet au lieu de lui apporter l'aura poétique qu'il mérite, il est en effet très dialogué, avec un vocabulaire familier. Les "bof" et "ça craint" peuvent lasser...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

 

Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa, Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako, Albin Michel, février 2016, 238 p., 17.50 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

Ce roman a été porté à l'écran par Naomi Kawase et son adaptation faisait partie de la sélection d'Un certain regard à Cannes en 2015. Une adaptation tout en délicatesse...

 

Publié dans Littérature Asie

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Printemps des poètes

Publié le par Hélène

Jean Rousselot 

J'écris pour apaiser...

 

J'écris pour apaiser les scrupules de l'herbe,

Pour mettre un peu d'amour dans le foyer du vent,

Pour permettre à l'oiseau de s'éveiller proverbe,

Pour agrandir l'espace, éterniser l'enfant,

 

Pour opposer des faits d'écorce et de pelage

Aux dénis du lexique, aux gommes du savoir,

Si je dis que le hêtre est une veirge sage,

Je retarde d'un feu l'enchère et l'abattoir.

 

J'écris pour réchauffer blé neuf et jeune vigne,

Dieu plus encor que l'homme à l amerci du gel ;

J'écris pour rassurern j'écirs pour rendre digne,

Pour qu ela solitud ait un nom de famille,

Pour implanter un lieu qui ne soit pas mortel.

 

Maille à partir, 1961

Publié dans Poésie française

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Risque et alpinisme. Réflexion philosophique sur l'Homo alpinus de Alain GHERSEN

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

"Là est la double dimension de l'alpinisme, ambivalente, voire ambiguë : vouloir maîtriser la nature tout en la maintenant la plus intacte possible. Ce prométhéisme se définit, dans l'alpinisme, comme un défi pour l'homme qui, inlassablement, doit repousser ses limites face à la nature et ainsi, à travers ce repoussement, doit repenser, redéfinir sa nature." p. 65

Alain Ghersen, lui-même "homo alpinus" propose ici une plongée historique et philosophique dans le monde de l'alpinisme. Il s'interroge sur ce "Que nous dit cette figure de l'homo alpinus sur l'homme moderne en tant qu'être qui cherche à se frayer un chemin singulier entre et avec les contraintes qui composent son environnement."

AInsi il délimite les différents motifs pour escalader les montagnes en fonction des époques et des hommes, avant de s'intéresser au coeur de son propos : le risque. Quels sont les liens subtils qui s'établissent entre risque et alpinisme ? 

"La liberté est la condition de possibilité d'une prise de risque, laquelle nous donne en retour la sensation d'avoir éprouvé cette liberté." p. 17

En flirtant avec la mort l'alpiniste est-il suicidaire ? Grimpe-t-il pour exorciser la peur de sa propre mort ? Pour vivre intensément quitte à ne pas vivre vieux ? Ou est-ce au contraire une volonté de maîtrise de la nature et de son propre corps, et finalement de sa vie ? "S'immerger délibérément dans un univers aléatoirement dangereux serait une façon qui, contre toute attente, permettrait de reprendre la main sur son destin, de provoquer une certaine réappropriation de soi." p. 204 S'agit-il d'un retour sur soi ? 

L'alpiniste ne cherche-t-il pas finalement à simplement magnifier le temps présent, à créer des moments de grâce en déployant un savoir-faire toujours plus pointu face à une nature sauvage ? 

Le petit alpiniste illustré

Dans cette étude passionnante sont convoqués des philosophes comme Camus, Rousseau, Kant mais aussi des personnages emblématiques comme le capitaine Achab, afin de mieux cerner l'esprit de cette nouvelle espèce d'"homo alpinus".

 

Présentation de l'éditeur : Glénat 

D'autres avis : Babélio 

 

Risque et alpinisme, Réflexion philosophique sur l'Homo Alpinus, Alain Ghersen, Glénat, Hommes et montagnes, 2016, 19.99 euros

 

Reçu dans le cadre de l'oparation Masse critique organisée par Babélio 

 

tous les livres sur Babelio.com
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Printemps des poètes 2016

Publié le par Hélène

18e Printemps des Poètes

DU 5 AU 20 MARS
manifestation nationale et internationale

LE GRAND VINGTIÈME 
d'Apollinaire à Bonnefoy, cent ans de poésie

 
« J'appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux yeux grands ouverts (...) » Louis Aragon


Cela ne fait pas de doute : on peut affirmer aujourd'hui, avec le recul nécessaire, que le XXe siècle fut pour notre pays et la Francophonie un siècle de poésie majeure. Après la déflagration dadaïste et surréaliste, qui a permis une invention formelle sans précédent et refondé l'enjeu existentiel et subversif de la poésie, jamais peut-être un temps n'a produit autant d'œuvres considérables par leur portée et leur singularité : Claudel, Apollinaire, Supervielle, Cendrars, Saint John Perse, Éluard, Breton, Aragon, Michaux, Ponge, Prévert, Queneau, Tardieu, Senghor, Char, Guillevic, Césaire, Bonnefoy, Jaccottet mais aussi Jacob, Marie Noël, Jouve, Reverdy, Desnos, Follain, Malrieu, Angèle Vannier, Cadou, Vian, Andrée Chedid par exemple...et tant d'autres à la voix plus discrète mais au timbre rare. Lisons et relisons : nous vous invitons à une pêche miraculeuse !

Le Printemps des Poètes 2016 sera l’occasion de célébrer les 50 ans de la collection emblématique poésie/Gallimard, née en mars 1966, où se trouvent réunies toutes les grandes voix du siècle passé.
Explorons également l’extrême foisonnement marqué par la diversité de l’édition du XXe (Guy Levis Mano, Pierre André Benoit dit PAB, Seghers, Rougerie, Soleil noir par exemple…) et la multiplication des revues.

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes

Le parrain du 18e Printemps des Poètes est le comédien, grand lecteur de poésie Michael Lonsdale 

Présentation complète ICI

 

Publié dans Poésie française

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Pauline d'Alexandre DUMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Pauline, paru en 1838, est l'un des premiers romans d'Alexandre Dumas dans lequel on trouve en filigrane les grands ressorts de son oeuve romanesque.

Le narrateur reçoit le récit d'Alfred de Nerval, un peintre ami qui lui raconte l'histoire de Pauline, jeune femme mystérieuse qui se dérobe aux yeux du narrateur et des autres, comme si elle craignait d'être reconnue. Que cache-t-elle ? Alfred brosse le portrait d'une jeune femme innocente et pure que les hasards de l'existence auront mis en présence d'un être sombre, le comte Horace de Beuzeval, homme fascinant dont l'"âme est un abîme d'où rien ne sort" mais qu'elle épousera par aveuglement. 

Sous l'influence de Walter Scott, Alexandre Dumas écrit ici un roman gothique avec des tempêtes, des abbayes en ruines, des passages secrets,  des amitiés tout aussi secrètes, des crimes violents, une femme enterrée vivante, des êtres diaboliques... Comme dans les romans gothiques "Personne n'ignore par expérience que le danger inconnu est mille fois plus saisissant et plus terrible que le péril visible et matérialisé." 

Mais Pauline résonne aussi d'accents romantiques avec l'importance accordée à la nature, le lyrisme brûlant de certains passages, l'amour platonique d'Alfred et la sensibilité de Pauline. Les héros sont des êtres soumis au mal du siècle, riches, mais trainant leur désoeuvrement, des personnages las de leur environnement. 

"Le grand malheur de notre époque est la recherche du romanesque et le mépris du simple. Plus la société se dépoétise, plus les imaginations actives demandent cet extraordinaire, qui tous les jours disparaît du monde pour se réfugier au théâtre ou dans les romans ; de là, cet intérêt fascinateur qu'exercent sur tout ce qui les entoure les caractères exceptionnels." p. 104

Par le biais d'aventures passionnantes placées sous l'égide d'un mystère envoûtant, Pauline propose un habile portrait de la société contemporaine. Un récit peu connu de l'auteur à redécouvrir !

 

Présentation de l'éditeur : Folio

D'autres avis : Babélio

 

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Les coups de cœur de Denis Cheissoux- Littérature jeunesse

Publié le par Hélène

Denis Cheissoux officie notamment sur France Inter : 

"Vélo, sac à dos, magnéto, radio... les passions de Denis Cheissoux riment sur France Inter, où depuis plus de 30 ans l’amoureux de la nature nous donne rendez-vous ("L’oreille en coin", "L’as tu lu mon p’tit loup", "Hexagonale poursuite", "Chassez le naturel", "Tout s’explique"…). Membre des Journalistes Ecrivains pour la Nature et l’Environnement, Président de la Commission Nationale de Terminologie de l’Environnement, Denis entre deux cyclo reportages, sillonne les chemins de traverse de la télévision et collabore à "Terre Sauvage". "CO2 mon amour" a reçu le Prix 2008 de la meilleure émission de la Communauté des Radios Francophones Publiques."

En 2014, il proposait ses coups de coeur de l’émission L’as-tu lu mon p’tit loupVoici sa sélection (oui je sais je vous la présente deux ans après mais comme ce sont des classiques inconditionnels, le temps n'a pas de prise sur eux...) 

Les coups de cœur de Denis Cheissoux :
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Le camp des morts de Craig JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

A la maison de retraite de Durant, Mari Baroja s'est éteinte. Il semble toutefois que sa mort ne soit pas entièrement naturelle, ainsi le shérif Longmire ouvre-t-il une enquête qui le pousse à explorer la passé de la vieille dame. Et quelle n'est pas sa surprise de croiser le shérif Connally jouant un rôle non négligeable dans la vie de Mari ! Aidé par son acolyte de toujours l'Indien Henry Standing Bear, le shérif se lance à corps perdu dans cette enquête dans le Wyoming.

Dans cette deuxième enquête de Walt Longmire, shérif devenu mythique dans l'univers du polar, un petit nouveau vient renforcer les rangs de la police, un basque qui s'insère parfaitement dans l'équipe. Il apporte humour et intelligence à l'aventure...

Mes réticences :

C'est le deuxième opus que je lis des aventures de Walt Longmire et je dois avouer que mon enthousiasme n'est pas à son paroxysme, j'ai l'impression que ses romans ne me laisseront pas une impression durable. Bien sûr les personnages sont attachants, les dialogues sont savoureux, le cadre est magnifique, mais il me manque ce petit quelque chose qui bouscule et marque à jamais; plus de réflexions, plus de liens avec les indiens peut-être. Alors oui l'auteur est talentueux, indéniablement, mais personnellement sa lecture ne me bouleverse pas... 

 

Présentation de l'éditeur : Gallmeister 

Dans l'ordre la série des Longmire :

Little bird

Le camp des morts

L'indien Blanc

Enfant s de poussières

Dark Horse

Molosses

Tous les démons sont ici

D'autres avis : sur Babélio 

Lecture commune avec Electra 

 

 

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Suite française d'Irène NEMIROVSKY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ce qui m'intéresse ici c'est l'histoire du monde."

irène Némirovsky a fait une entrée fracassante en littérature avec son David Golder en 1929. Pendant l'année 1941-1942, elle entreprend un travail ambitieux, la Suite française, qui devait comprendre cinq parties. Elle rêvait d' "d'un livre de mille pages, construit comme une symphonie, mais en cinq parties." (préface de Myriam Anissimov) Seulement la guerre rattrapera son auteur, arrêtée puis déportée à Auschwitz.

Seuls deux romans sont achevés,  Tempête en juin qui commence en juillet 1940 et s'axe sous forme de tableaux sur la fuite de nombreux habitants loin de Paris avant l'arrivée des allemands dans la ville, et Dolce, roman décrivant l'occupation dans Bussy, une petite ville de campagne. Le  troisième roman intitulé Captivité devait montrer les origines d'une volonté de résistance, le quatrième et cinquième romans Bataille et La Paix étaient encore flous. Certains personnages se retrouvaient d'une partie à l'autre, dans le but de créer une sorte de Guerre et Paix, une fresque ample et ambitieuse, dans lequel destin communautaire et destin individuel seraient irrémédiablement liés. Son manuscrit sera publié de manière posthume après un voyage qui mériterait à lui seul un roman...

Ainsi, elle nous raconte l'Histoire avec un grand H à travers des destins individuels. "Le plus important ici et le plus intéressant est la chose suivante : les faits historiques, révolutionnaires, etc., doivent être effleurés, tandis que ce qui est approfondi, c'est la vie quotidienne, affective et surtout la comédie que cela présente." (Annexes Notes manuscrites d'Irène Némirovsky sur l'état de la France et son projet Suite Française, relevées dans son cahier)

Dans Tempête en juin, elle met en scène la famille Péricand, parents et enfants. Le jeune Hubert s'échappe pendant l'exode qui doit les mener à Nîmes et cette expérience participera à son apprentissage de la vie. Il découvrira l'autre côté de l'exode, les portes closes, les réfugiés qui pillent, le désordre, la lâcheté, la vanité, l'ignorance. Son frère Philippe, prêtre, fera aussi cette expérience cruelle. L'auteur peint également le destin de Corte, écrivain imbu de sa personne, et des Michaud, des employés de banque qui doivent rejoindre Tours et s'inquiètent pour leur fils Jean-Marie parti au combat. Ce dernier est blessé et soigné dans une famille de paysans à Bussy.

Bussy, petit village que nous retrouvons dans Dolce à travers le destin de Lucile Angellier dont le mari est fait prisonnier par les allemands et condamnée à vivre avec sa belle-mère qui ne l'apprécie guère. Elles doivent accueillir un allemand dans leur maison. Si Madame Angellier montre son mépris de l'ennemi de façon ostentatoire, les sentiments de sa belle-fille Lucile se font plus complexe face à cet homme, qui avant d'être un soldat allemand, est avant tout un être sensible, animé par les mêmes passions que la jeune femme. Une douce relation s'installe entre eux : "Jusqu'au soir, rien, des heures lentes, une présence humaine, un vin léger et parfumé, de la musique, de longs silences, le bonheur..." 

Parallèlement Madeleine, qui avait abrité le jeune Jean- Marie, se doit d'épouser Benoît, son promis qui revient de la guerre, tout en espérant toujours secrètement le retour de Jean-Marie. Le couple abrite quant à eux un interprète allemand qui n'est pas insensible au charme de la jeune paysanne. 

Par le biais de ces personnages, les sentiments contradictoires qui animent les français occupés sont mis en valeur : ce savant mélange d'attirance - répulsion pour les allemands qui anime la jeune Lucile, mais aussi d'autres personnages : "Elle eut presque peur des sentiments qui s'éveillaient en elle et qui ressemblaient à ce qu'elle eût éprouvé en caressant une bête sauvage, quelque chose d'âpre et de délicieux, un mélange d'attendrissement et de terreur."

"La guerre... oui, on sait bien ce que c'est. Mais l'occupation en un sens, c'est plus terrible, parce qu'on s'habitue aux gens ; on se dit : "Ils sont comme nous autres après tout", et pas du tout, ce n'est pas vrai. On est deux espèces différentes, irréconciliables, à jamais ennemis."

Dans ce roman bouleversant, Irène Némirovsky nous offre un tableau complet et vivant de cette période historique, éclairant les hypocrisies et les humanités des uns et des autres. Un grand roman, digne de Guerre et Paix...

 

Présentation de l'éditeur : Folio

Lu dans le cadre du Blogoclub consacré aujourd'hui à Irène Némirovsky

 

Publié dans Littérature Europe

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Un employé modèle de Paul CLEAVE

Publié le par Hélène

Joe n'aime pas les humains. Mais il aime les chats. Et les poissons rouges. Joe aime un peu Sally. Joe ne pourrait pas vivre sans sa maman. Mais il aimerait aussi l'empoisonner. Joe ne sait plus bien comment son père est mort. Peut-être y est-il pour quelque chose. Joe veut se faire passer pour un attardé. Mais Joe est serial killer. D'une froideur et d'une intelligence telle que après avoir tué six femmes, pas un indice ne remonte à lui. Et pourtant Joe travaille comme homme de ménage au commissariat, il évolue sous les yeux des inspecteurs. Qui sont peut-être eux-mêmes des attardés, qui sait ? 

Bref, Joe est vexé parce que un meurtrier a copié son mode opératoire de serial killer super intelligent pour tuer une jeune fille à qui Joe n'avait rien à reprocher. Enfin on se demande si cela existe une jeune fille à qui il n'aurait rien à reprocher... Rapport à sa mère sans doute ultra envahissante. 

Joe enquête donc pour trouver l'usurpateur, et bien sûr, il va rapidement y parvenir, lui -rapport aux flics hyper benêts sans doute- 

Joe est antipathique disons le clairement, et comme tout le récit -ou presque- est conduit par son point  de vue interne, le roman devient antipathique. Sally, la cruche du commissariat aurait pu sauver le roman et lui apporter un côté humain, mais elle reste effacée derrière sa croix et ses remords parce que ô mon Dieu elle ne s'est pas bien occupée de son frère qui est mort par sa faute. Pauvre Sally. De sympathique elle devient pathétique.

Bref un roman antipathique et pathétique à éviter !

 

Présentation de l'éditeur Livre de Poche Sonatine 

D'autres avis : Babelio 

 

Un employé modèle, Paul Cleave, traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Benjamin Legrand, Sonatine, 2010, 423 p., 22 euros

paru également en livre de poche 

 

Lecture commune pour Lire le Monde autour de cet auteur originaire de Nouvelle-Zélande.

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Matin brun de Franck PAVLOFF

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Sait on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?"

Charlie et son copain vivent à une époque trouble : la montée de l'Etat Brun. On leur demande d'abord de se débarasser de leurs chiens et chats s'ils ne sont pas bruns. Il se plient. Mais à trop se plier ne risque-t on pas d'être confronté au pire ? Et l'escalade du pire se construit petit à petit avec le secours de ces hommes qui ne veulent pas admettre la vérité, ou préfèrent le déni à l'action. Des hommes qui pensent que de petites compromissions ne sont pas graves : 

« Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. »

AInsi, ils cherchent à s'adapter progressivement à l'horreur de cet Etat Brun, la normalité et le regard d'autrui étant plus importants pour eux que l'exercice de leur raison propre. De compromissions en compromissions, la dictature se met en place...

Franck Pavloff avait écrit ce texte après la révélation d'alliances de candidats de partis classiques avec le Front National au deuxième tour des élections régionales, en 1998, l'Etat Brun faisant référence aux "chemises brunes" des miliciens nazis. Matin Brun est le texte d'un auteur en colère contre ce qu'il nomme "le repli sur soi". 

Publié pour la première fois en 1998, Albin Michel propose en 2014 une nouvelle édition avec les illustrations du célèbre artiste de Street Art C215.

 

Ce texte court et puissant d'une simplicité glaçante mérite d'être lu et relu pour éviter le pire...

 

Présentation de l'éditeur : Albin Michel 

 

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