Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Loin de la foule déchaînée de Thomas HARDY

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Les femmes ne cessent de déplorer l'inconstance du sexe fort ; mais elles semblent se rire de sa fidélité." 

Gabriel Oak est un jeune paysan du Wessex, propriétaire d'une bergerie. Au détour d'un chemin, il rencontre la vaniteuse Bathseba Everdene, venue s'installer dans la région avec sa tante. S'il tombe rapidement sous le charme de la belle, celle-ci n'est guère réceptive aux avances du jeune berger. Elle est courtisée par William Boldwood, prospère exploitant et par le sergent Francis Troy. Par la suite, Gabriel et Bathseba sont amenés à travailler ensemble, dans la ferme de la jeune femme. Décidera-t-elle de se marier avec l'un d'eux ?

Le destin se joue des personnages qui le prennent alors à bras le corps pour rectifier la trajectoire de leur vie. Ainsi Bathseba tente de trouver sa place dans un monde masculin. Personnage duel, femme indépendante qui ne souhaite pas se marier, elle fait preuve d'une force rare à l'époque mais est également vaniteuse, soumise aux emportements de ses nerfs et de ses sentiments. Elle se veut indépendante mais aime savoir qu'elle est aimée et admirée, ce qui retournera certains coeurs sensibles...

 

Les habitants de cette contrée, incarnation de la campagne anglaise, vivent au rythme des saisons, de l'élevage, du labourage, et leur acharnement au travail est bien souvent exemplaire. Pour Gabriel l'amour n'est pas un but en soi, il accepte de rester dans l'ombre de sa condition pour veiller sur la femme de son coeur. Sa simplicité et son dévouement le rapproche des héros emblématiques de Thomas Hardy, dont la discrétion est signe de dignité et de fidélité.   

Si le barrage des classes sociales joue un rôle prépondérant dans l'intrigue, il se perd au détriment des intrigues amoureuses, et la réflexion était, me semble-t-il, plus aboutie à ce sujet dans Les forestiers

Loin de la foule déchaînée est un beau roman d'amour, sans doute incontournable, mais qui ne sera pas un coup de coeur pour moi.

 

Un conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture qui en dit beaucoup trop ! Et je ne vous parle pas du communiqué de presse qui m'a gâché ma lecture !

Présentation ici  mais attention il présente l'argumentaire de presse en question.

 

D'autres avisDominiquePapillonMior ;  Dasola pour  le film 

 

Loin de la foule déchaînée, Thomas Hardy, traduit de l'anglais par Mathilde Zeys, postface de Thomas Vinterberg, Archi poche, mars 2015, 480 p., 7.65 euros

 

Merci à l'éditeur.

 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost0

La colline des potences de Dorothy M. JOHNSON

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Adieu Aventure ! Tu es une amante volage." 

Le grand Ouest américain au XIXème siècle. Ses paysages à couper le souffle, ses hommes affluant dans l'espoir de trouver le filon qui les enrichira, ses brigands prêts à voler au premier venu son butin, ses indiens chevauchant dans les plaines. Ses westerns inoubliables. 

Dans un style taillé au cordeau, Dorothy M. Johnson explore ces contrées hantées par les prospecteurs et les indiens. Mais au-delà du simple conflit entre cow-boys et indiens, elle nous convie surtout aux confins de l'âme humaine. Derrière le western se tapit en effet tout un réseau de questionnements profondément humains, provoquant le lecteur pour le mener vers davantage de lumière et l'amener à, peut-être, comprendre et accepter sa destinée.

Une soeur disparue racontant le retour de Bessie dans sa famille après avoir vécu plusieurs années chez les Indiens permet de s'interroger sur ce qui forge notre identité : est-ce notre naissance, de l'inné, ou est-ce l'éducation, l'acquis ? Comment devenons-nous ce que nous sommes ? N'est-ce que le hasard qui décide pour nous ? Le destin est au coeur de ce Montana mythique : le cow boy de Au réveil, j'étais un hors-la-loi a rejoint par hasard des bandits délinquants mais John Rossum dans L'homme qui connaissait le Buckskin Kid manque son rendez-vous avec une légende de l'ouest Buckskin Kid, sauvé par une femme. Dans L'histoire de Charley comme dans les autres nouvelles, les destinées humaines se séparent, se retrouvent au hasard de la vie, des trajectoires se manquent quand d'autres s'unissent. Dans un tel flou, il importe de mettre en avant la morale, ce qui fait de nous des êtres humains. 

Les relations complexes tissées entre les êtres se densifient encore davantage quand l'amour s'en mêle. Amour et dignité ne font pas bon ménage et certains s'interdisent d'aimer parce qu'ils ne se sentent pas digne de l'être, comme Caleb dans Un présent sur la piste qui aurait aimé être un héros aux yeux de la belle Fortune, et va pourtant comprendre que l'héroïsme a différentes acceptions. Comme Wolfer Joe Kennedy dans Une dernière fanfaronnade qui se souvient au moment de sa mort se souvient avoir fait une seule chose de bien dans sa vie : avoir trahie une femme. Pour son bien. Parce qu'un prospecteur suit l'or pas les femmes, parce qu'un prospecteur a peur du temps qui passe et de l'amour qui s'étiole. Parce qu'un prospecteur est un homme. Ou encore comme Steve, l'homme amoureux d'Une squaw traditionnelle.  Dans Journal d'aventure, le chercheur d'or Edward Morgan contracte une dette envers une jeune indienne, et par dignité, il l'honorera même s'il doit là encore sacrifier son amour. 

La colline des potences est évidemment la nouvelle du recueil la plus aboutie, regroupant l'ensemble de ces pistes pour mener le western à son sommet.  La relation entre la fière Elizabeth et Joe Frail dans l'atmosphère inquiétante du campement de Skumm Creek vibre de sincérité et de profondeur. Frail est hanté par la potence qui semble le guetter, par sa mort qu'il croit reconnaître dans les yeux de ceux qu'il croise, seule une femme, Elizabeth, pourra peut-être le sauver de ses démons et le pousser à accepter la vie et l'amour. 

Un magnifique recueil qui nous rappelle combien le western est un genre essentiel !

 

Présentation chez Gallmeister

 

La colline des potences, Dorothy M. Johnson, traduit de l'américain par Lili Sztajn, Gallmeister, juin 2015, Totem, 301 p., 10.00 euros

 

Adapté au cinéma par Delmer Daves en 1959 :

Partager cet article

Repost0

Un assassinat de qualité de Ann GRANGER

Publié le par Hélène

♥ ♥

"C'est pas d'être dans la rue qui est dangereux. c'est d'être une femme, un point c'est tout." 

Londres 1867. Le brouillard rôde dans les rues de la capitale, enveloppant les êtres dans une opacité inquiétante. En rentrant chez lui, l'inspecteur Ben Ross croise une jeune femme qui affirme avoir rencontré un spectre qui aurait cherché à l'étrangler. Elucubrations ou réalité ? Quand le lendemain l'inspecteur apprend qu'une jeune femme a été assassinée dans Green Park, il s'intéresse de près à ce drôle de fantôme. Il s'intéresse alors à cette belle assassinée, Allegra Benedict, riche épouse italienne d'un marchand d'art. Son épouse Lizzie se penche également sur la vie privée de la jeune femme et découvre quelques zones d'ombre...

L'atmosphère londonienne entre brouillard et éclaircies convient tout à fait à cette enquête centrée sur la vie claire-obscure d'Allegra. En filigrane s'esquissent des réflexions plus modernes sur le statut des femmes et leurs rapports aux hommes ou encore sur l'embrigadement des sectes religieuses. Ce décalage entre l'époque victorienne et ces problématiques plus contemporaines est assez troublant. De plus, la psychologie des personnages reste assez sommaire si bien qu'en résumé croman assez classique ne me laissera pas une impression durable. 

Il s'agit du troisième tome de la série consacrée aux enquêtes de Ben et Lizzie, après Un intérêt particulier pour les morts et La curiosité est un pêché mortel. 

Présentation de l'éditeur 10/18

 

Merci à l'éditeur.

 

Lu dans le cadre de ma participation au mois anglais

Publié dans Roman policier Europe

Partager cet article

Repost0

5 ans de blog !

Publié le par Hélène

D'habitude je ne fais pas de billet pour mes anniversaires de blog, mais là, quand même, 5 ans, mon jeune blog réclamait une fête avec ballons et flonflons, plein de copains et copines pour danser et hurler "libérée, délivrée", et un gros gâteau au chocolat bien bourratif en forme de château de princesse. 5 ans quoi ! Dans ma grande bonté maternelle, j'ai cédé.

@lecturissime

@lecturissime

Comme j'ai loosé sur la forme de princesse du gâteau, je me suis rattrapée en organisant un petit feu d'artifice privé :

 

@lecturissime

@lecturissime

Et la chanson réclamez-vous à corps et à cris ? Allez, c'est cadeau : 

5 ans c'est aussi l'occasion de faire le point, notamment sur les orientations du blog.

Mon premier billet était sur "La patience des buffles sous la pluie" un livre peu connu de David Thomas pour lequel j'ai eu un réel coup de coeur lors de ma participation au jury du prix orange du livre. Et ce billet résumait bien ce que j'attendais de ce blog : faire connaître des artistes moins connus, partager des coups de coeur, échanger. En clin d'oeil, je publie aujourd'hui mon billet sur le dernier roman de David Thomas Hortensias.

Pendant un temps néanmoins, j'ai écouté l'appel des sirènes des services de presse en acceptant un peu tout et n'importe quoi, par euphorie sans doute. Puis je me suis rendue compte que de fait mon blog ne ressemblait plus à ce que j'avais envie d'en faire, je l'avais mal éduqué et il glissait sur la mauvaise pente ! Je retourne maintenant davantage vers mes goûts premiers : le nature writing, les romans chantant le bonheur du quotidien, les étrangers qui ouvrent l'esprit et nous font voyager. Récemment j'ai lu un billet de Sabine dans lequel elle aborde la question de la rentrée littéraire et elle résume bien la vision que j'ai de la raison d'être de mon blog :  http://lecarrejaune.canalblog.com/archives/2015/06/09/32191663.html

Je ne vais pas vous étourdir de chiffres, parce que comme mon bébé blog je ne sais compter que jusqu'à 10, mais je note tout de même que ce mois-ci j'ai aussi publié mon 1000 ème article !

Tous les blogueurs me rejoindront sur ce point je pense, l'intérêt premier de s'exprimer en ces pages est de pouvoir partager, vibrer avec d'autres, faire partie d'une communauté qui vous comprend et ne vous demande pas :  "Mais pourquoi tu as autant de livres chez toi ? Ca t'encombre non ? Tu les as tous lus ? Quoi ? 200 que tu n'as pas lus ? Mais pourquoi tu continues d'acheter autant alors ? Et comment tu trouves le temps de lire autant ? A quoi ça sert ?" Effectivement la lecture a un aspect égocentrique, on se retrouve isolé le temps de tourner les pages, mais ensuite, ensuite, on passe le flambeau, et l'alchimie se fait.

Puisque mon bébé blog souhaite convier copains et copines, je résumerais ce blogo-anniversaire en disant  simplement :  merci d'être là...

Publié dans Divers

Partager cet article

Repost0

Hortensias de David THOMAS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Les souvenirs ne sont pas faits pour être justes et vrais, ils sont faits pour être ces terriers dans lesquels on s'engouffre pour souffler un peu du présent."

Mon avis :

La patience des buffles sous la pluie  fut le premier titre dont j'ai parlé sur ce blog en 2010. Parce qu'il m'avait touché, parce que j'avais trouvé ses pages très justes, parce que j'avais ri, parce que j'avais été émue, parce que l'auteur était discret, parce que l'éditeur n'était pas connu... Je ne pouvais donc que revenir vers mes premières amours 5 ans après -parce que, oui, je l'affirme, je suis une femme fidèle- ! Et c'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé le discret David Thomas, toujours un peu dépressif, mais toujours drôle, décalé et intelligent. Cette alliance subtile entre le désespoir et la lucidité donnerait presque envie d'entamer une petite dépression tellement la lumière finit par jaillir des heures sombres, plus pure que jamais.

Il met en scène Gabriel Vialle, cinquante ans qui apprend la mort de sa mère et décide simultanément de mettre fin à une relation passionnelle aliénante. Pour ce faire, il choisit une méthode radicale visant à la fois à faire son deuil et à éviter la furie nommée Irène qui le poursuit : il s'enferme chez lui et se plonge dans ses souvenirs et son passé aux Baléares, à Formentera : "Je ne suis pas en vacances, je suis en ermitage, je suis avec mon père et ma mère, avec mes racines."

Il convie à ses côtés les êtres qu'il a aimés pour les faire revivre le temps de son exil, pour leur dire aussi un dernier adieu, mais aussi pour mieux comprendre ses propres failles, ses errances, ses folies :

"Quand on a connu ses premières années heureuses, l'enfance est un boulet rose que l'on traîne en chantant pour se convaincre que la vie n'est pas si noire." p. 19

Le passé ne s'efface pas d'un coup de crayon, il est profondément ancré en l'être humain, et Gabriel demeure un petit garçon perdu qui hurle dans un coin de sa tête d'homme mûr et adulte. Tétanisé par l'abandon de sa mère, il oscille entre l'envie d'enfouir ces années au plus profond de son esprit, mais reste assez lucide pour savoir que là n'est pas la solution.

"Voilà, au fond, c'était simple, si simple, il suffisait de décider et de ne plus réfléchir. Faire des gestes, s'en tenir aux gestes. Et si des questions angoissantes parvenaient à se glisser dans les interstices du cerveau, ne pas y répondre, faire le geste comme on empoigne une cavité sur la paroi et se hisser un peu plus haut. Penser, c'était glisser." p. 182

Il décide finalement de quitter sa chambre et de se rendre dans le village de son enfance, pour marcher sur les traces de l'enfant qu'il fut. 

"Non, ça n'allait pas me manquer, ce qui manque, c'est ce qu'on a perdu, mais moi je n'avais rien perdu, au contraire, j'avais tout récupéré. Je n'avais pas perdu mon père, ma mère, la maison, Anita, les gamins, les plages, les rochers, les hippies, Barcelone, Irène... J'étais rempli de toutes ces choses-là, composé de tout ce que j'avais vécu. rien n'est perdu quand on se souvient." p. 227

Alliant profondeur et humour, ce petit bijou d'autodérision est parfait pour fêter dignement ces 5 années de blog ! A lire !

Présentation de l'éditeur :

Stock 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière Je n’ai pas fini de regarder le monde  ; On ne va pas se raconter d'histoires

D'autres avis :

 

Hortensias, David Thomas, Stock, avril 2015, 232 p., 18.50 euros

 

Merci à l'éditeur

Partager cet article

Repost0

L'été solitaire de Elizabeth VON ARNIM

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Ne serait-ce pas délicieux, ne serait-ce pas merveilleux, un été de solitude ? Pendant des semaines, quel bonheur de se réveiller en sachant qu'on est à soi, rien qu'à soi et à personne d'autre ?"

Cet été Elizabeth décide de ne recevoir personne. Voilà trois ans qu'elle est installée à la campagne, à Nassenheide en Prusse, et elle souhaite profiter de son été pour observer "tout ce qui se passe dans mon jardin. (...) Les jours de pluie, je m'enfoncerai au plus profond des bois, là où les aiguilles de pin sont toujours sèches ; quand le soleil brillera, je m'allongerai dans la bruyère et observerai le flamboiement des genêts contre les nuages. Mon bonheur sera constant puisque personne ne sera là pour le troubler."  Son mari "L'homme en Colère", semble sceptique, persuadée qu'Elizabeth va rapidement s'ennuyer et réclamer à nouveau de la compagnie. Mais le jeune femme bénéficie déjà de compagnie triée sur le volet : ses compagnons sont ses auteurs fétiches : Jane Austen, Heine, Miss Mitford, Goethe, Ruskin, Lubboc, White, Thoreau bien sûr, Hawthorne, Montaigne, et tant d'autres à qui elle voue un amour sans failles : "Quelle bénédiction d'aimer les livres ! Tout le monde doit aimer quelque chose, et je ne connais aucun objet digne d'être autant aimé qu'un livre et un jardin." 

Elizabeth se promène jour et nuit dans son jardin, contemple le miracle de la nature, s'enivre du parfum des fleurs :

"Le calme et la beauté de ce matin paraissaient d'autant plus merveilleux que nous associons le jour au bruit des voix, au va-et-vient pressé des passants, à la monotonie du travail qui procure la nourriture nécessaire à notre survie, et aux repas qui permettent de reprendre le travail qui procurera la nourriture... Là, le monde avait les yeux grand ouverts mais n'appartenait qu'à moi. J'étais seule à respirer l'air pur, les parfums entêtants, à entendre le rossignol, à me réchauffer au soleil. Pas un mot déplacé, pas une manifestation d'égoïsme, rien qui ternisse la pureté miraculeuse de l'univers que Dieu nous a donné." 

Elle se fond dans le cycle de la nature, consciente de l'importance des saisons. L'hiver est en effet nécessaire pour "connaître la face sombre de l'existence." "Le thermomètre descend à moins vingt degrés Réaumur, et vous êtes obligé de descendre avec lui jusqu'aux vérités élémentaires."

Lovée dans son jardin, seule, Elizabeth rencontre finalement un bonheur calme et serein :

"D'ailleurs, il n'est guère de plaisir qui ne soit à la portée de tout un chacun. Allez vous promener dans la campagne, ou, plus simplement encore, installez-vous sur le seuil de votre porte et ouvrez les yeux La nature, la généreuse nature vous a préparé mille spectacles : les premières fleurs, encore toute pâles, qui apparaissent au milieu des halliers ; une anémone qui se détache contre le bleu du ciel ; la première neige en automne ; les grands vents qui chassent les derniers miasmes de l'hiver ; l'odeur chaude des pins -on croirait des mûres - lorsque le soleil les frappe, le premier soir de février assez beau pour qu'on s'aperçoive que les jours rallongent - derrrière les arbres sombres dont les branches, couvertes de gouttes de pluie, ressemblent à des rangs de perles, s'étend une bande de ciel couleur jaune pâle ; l'émotion douce qui vous saisit lorsqu'on comprend que l'hiver s'en est allé et que le printemps est là ; l'odeur des jeunes mélèzes, quelques semaines plus tard ; le petit bouquet de primevères que vous ne pouvez vous empêcher d'embrasser tant il est doux et beau et parfait, et aucun baiser au monde n'est plus délicieux."

Mais la guerre gronde et menace son fragile équilibre solitaire...

Elizabeth Von Arnim nous offre ici un petit précis d'hédonisme parfait pour l'été qui s'annonce !

 

L'été solitaire, Elizabeth Von Arnim, traduit de l'anglais par François Dupuigrenet Desroussilles, 10/18, 1991, 

 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost0

Bonne fête des pères !

Publié le par Hélène

Publié dans Divers

Partager cet article

Repost0

Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha SOLOMONS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"L'assimilation, là était le secret." 

Mon avis :

Jack Rosenblum est arrivé en Angleterre en 1937, devenu persona non grata dans son Allemagne natale. Il s'efforce depuis cette date de s'intégrer au mieux à la société anglaise, en suivant et rédigeant lui-même un guide complet des us et coutumes anglaises à respecter pour se fondre dans le paysage et devenir un parfait gentleman : discrétion, politesse, absence d'engagement politique, si possible ne plus lire les journaux allemands, manger de la marmelade, s'adapter à la météo pluvieuse.. Sa femme Sadie est attérée par cette volonté de gommer ses origines juives et elle reste profondément attachée à son passé et aux proches qu'elle a perdus. Seulement Jack se heurte à un obstacle : impossible pour lui d'intégrer un quelconque club de golf à Londres. Il décide alors de créer son propre club à la campagne, dans le Dorset.

Si Jack Rosenblum est relativement antipathique au début du roman, obnibilé par son assimilation au point de délaisser sa femme pas assez anglaise à son goût, il évolue au fil des évènement et gagne en humanité. Se laissant gagner par le charme de la campagne, il rencontre des cochons laiteux, danse avec sa femme au milieu des jacinthes sous la pluie, se fait des amis au charme nébuleux, et s'adapte finalement parfaitement à sa vie "au milieu des daims, des blaireaux et des cochons laiteux." 

"Ce soir, j'ai vu un feu follet. Je savais qu'il s'agissait d'une simple boule de lumère phorsphorescente, mais j'aurais aimé qu'elle soit magique ou mystique. Ne souhaiteriez-vous pas vivre dans un tel monde, monsieur Jones ? Un monde habité par la magie, et non pas le ciment et les pavillons ?" p. 220

Il retrouve peu à peu son identité perdue dans sa course à l'intégration

Un véritable enchantement que ce petit roman. conte de fée loufoque et savoureux !

J'ouvre ici une parenthèse pour remercier la blogo qui l'a mis sur ma route ! Après la lecture décevante du Manoir de Tyneford, tout le monde m'avait dit que celui-ci était bien meilleur, et je suis très heureuse d'avoir suivi leurs conseils avisés. Et merci au mois anglais et à Galéa qui m'ont poussée à le sortir de ma PAL.   

 

Présentation chez Le livre de poche

Du même auteur : Le manoir de Tyneford

D'autres avis : Kathel, Luocine, Keishales 8 plumes 

 

Jack Rosenblum rêve en anglais, Natasha Solomons, Le livre de poche, roman traduit de l'anglais par Nathalie Peronny, 2011, 429 p., 7.10 euros

 

Lecture commune autour de Natasha Solomons avec Galéa et Fleur dans le cadre du mois anglais. 

Publié dans Littérature Europe

Partager cet article

Repost0

L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines de Luis SEPULVEDA

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Parce qu'il fallait se battre coûte que coûte, parce que aimer la vie signifiait résister, au Chili dans les années 60, tous les jeunes étaient révolutionnaires. Toujours courageux, quelquefois ingénieux, souvent imprudents, ils créaient des groupes, quitte à n'être que deux, et se lançaient à coeur et corps perdu dans la lutte pour ébranler le pouvoir en place. Comme les Farch, ce groupe de quatre jeunes gens qui décident de braquer une banque : "ou d'exproprier au nom du peuple les biens accumulés par la bourgeoisie, après une lecture passionnée de Que faire ? de Lénine et un coup d'oeil sur la réalité environnante. (...) L'heure était venue pour les FARCH de répondre "Présent !" dans le panorama insurectionnel du cône Sud Latino-américain." p. 39 A peine sorti de l'adolescence, El Flaco, l'un d'eux chante Blue velvet pendant l'attaque de la banque, pour apaiser les tensions (sic) mais aussi parce qu'il saisit là sa seule chance d'avoir un vrai public ! D'autres décident de placer des bombes dans des statues-lions, avant de se rendre compte que ce sont des trompe-l'oeil. Leur enthousiasme n'a d'égal que leur maladresse ! 

Dans ces nouvelles clandestines, on rencontre le Che, des condors fuyants, des chanteurs attendant leur heure de gloire, des activistes à l'instinct maternel très développé...

Mais derrière l'humour et la tendresse que Sepulveda éprouve envers ces jeunes têtes brûlées, se cache de beaux portraits d'hommes sincères et profondément humains : "Camilo s'appelait José Ramon Ramirez Candia? Il était né à Curico en 1948 dans une famille modeste et avait étudié la mécanique aux Arts et Métiers? Anna connaissait sa vie dans les moindres détails. Il n'était ni ombrageux ni orgueilleux et peu lui importait que les autres Chiliens comprennent ou non qu'il ne se battait pas pour la liberté mais pour ne pas oublier qu'il était un homme libre, qu'il ne se battait pas pour la justice, mais pour ne pas oublier qu'il était un homme juste." 

Un bel hommage rendu au temps où on pouvait rêver "d'être jeune sans en demander la permission."  

 

Présentation chez Métailié 

Du même auteur :  Le vieux qui lisait des romans d’amour ;  Dernières nouvelles du Sud  ; Ingrédients pour une vie de passions formidables

D'autres avis chez Yves Jostein 

 

L'ouzbek muet, Luis Sépulveda, traduit de l'espagnol (Chili) par Betille Hausberg, Métailié, 2015, 132 p., 16 euros

 

Merci à l'éditeur.

Partager cet article

Repost0

Le visage de l'ennemi d'Elizabeth GEORGES

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ce que j'ai aimé :

Roman policier au suspens indéniable, ce roman permet également au lecteur de pénétrer dans le monde particulier du carriérisme politique et dans l'univers trouble de la presse à scandale. Les personnages attachants d'Elizabeth George sont à nouveau au rendez-vous, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Eve Bowen est une femme de tête ambitieuse, sous-secrétaire du premier ministre britannique. Après une liaison sans lendemain douze ans auparavant lors d'un congrès avec un journaliste, elle s'est retrouvée enceinte et a gardé l'enfant voyant là une occasion de montrer qu'elle pouvait mener de front vie de femme et vie politique. Or un beau jour, sa fille se fait enlever et ne lui sera rendue que si le nom du père est révélé, ce qui risquerait de briser se carrière.

Il s'agit d'un roman policier très fouillé psychologiquement parlant. Nous retrouvons les héros d'Elizabeth George : Saint-James, Linley et sa coéquipière Barbara et Deborah qui vont devoir démêler les fils compliqués de cette intrigue politico-journalistique.

L'histoire se passe à l'époque de l'écriture du roman fin des années 90. Même si la politique est au cœur du roman, aucun nom n'est cité, seul l'aspect psychologique des fonctions politiques ou journalistiques est abordé. L'intrigue se divise sur deux scènes : à Londres, et dans la campagne londonienne où Barbara est envoyée pour mener l'enquête auprès d'un policier au charme particulier...

Le suspense est omniprésent, les évènements s'enchaînant à un rythme soutenu, ne laissant guère de répit à l'attention du lecteur. La psychologie des personnages est très travaillée, comme toujours chez Elizabeth George. Ceux-ci sont nombreux, puisqu'ils incluent non seulement les membres de la fine équipe habituelle d'Elizabeth George, mais aussi ceux liés à l'intrigue de l'affaire présente aussi profonde que les autres.

Ce que j'ai moins aimé :

- Un peu long.

- La caricature quelquefois excessive de la politicienne.

Présentation de l'éditeur :

Pocket

D'autres avis :

Babélio

 

Le visage de l'ennemi, Elizabeth Georges, Pocket, 2012, 768 p., 8.40 euros

 

Publié dans Roman policier Europe

Partager cet article

Repost0