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Le silence de la mer de VERCORS

Publié le par Hélène

                         

            

♥ ♥ ♥

"Je pensai : Ainsi, il se soumet. Voilà tout ce qu'il savent faire. Ils se soumettent tous. Même cet homme-là."

 

Ce que j'ai aimé :

Le silence de la mer fut la première nouvelle publiée  aux Editions de Minuit, maison d'édition clandestine qui a vu le jour en 1941 sous l'égide de Vercors et Pierre Lescure. Une vingtaine d'autres titres suivront jusqu'à la Libération, mais c'est le texte inaugural de Vercors qui connaîtra le plus grand retentissement. 

Le silence de la mer raconte l'histoire d'un allemand qui s'installe pendant l'Occupation chez le narrateur et sa jeune nièce. Il s'agit d'un allemand amoureux des lettres françaises et de l'art français qui souhaite une alliance entre les deux nations qui ainsi s'enrichiront mutuellement de leurs cultures. Si la nièce du narrateur refuse de lui adresser la parole, faisant ainsi acte de résistance, le jeune officier continue de communiquer son enthousiasme, son optimisme, jusqu'à ce qu'il découvre les véritables intentions de son pays et de ses anciens amis, allemands nazis qui pensent qu'il faut détruire l'esprit français pour conquérir la France. Le désespoir va alors s'emparer de lui.

"Au carrefour, on vous dit : "Prenez cette route-là." Il secoua la tête. "Or cette route, on ne la voit pas s'élever vers les hauteurs lumineuses des cimes, onn la voit descendre vers une vallée sinistre, s'enfoncer dans les ténèbres fétides d'une lugubre forêt ! ... O Dieu ! Montrez-moi où est MON devoir ! "

La nièce est l'incarnation de ce qu'aurait dû être la France, digne et silencieuse.

Les autres nouvelles ont pour thème la persécution des juifs, Vercors étant lui-même en partie juif par son père, il ne pouvait que dénoncer ces horreurs. Toutefois il a fait le choix de ne publier "Le songe" qui relate le cauchemar des camps de concentration qu'après guerre de façon à ne pas heurter les familles dont un des membres était déporté. "Ce jour-là"  est raconté du point de vue d'un petit garçon dont les parents juifs sont arrêtés. Tout en non-dits et présupposés, ce récit gagne en force et touche au coeur le lecteur. D'autres récits encore mettent l'accent sur ces français qui ont cru au "Maréchal", comme Muritz ("La marche à l'étoile"), Vendresse ("L'imprimerie de Verdun") ou encore Renaud dans "L'impuissance", et qui ont vu leur pacte se rompre brutalement. 

Le Mal rôde inlassablement, et l'homme déchu devient Bête. Le nazisme a réveillé les démons, à l'image de cette vieille dame qui aperçoit un soir devant sa porte Hitler et referme la porte épouvantée, persuadée d'avoir vu le Diable en personne. ("Le cheval et la mort")

Un recueil à ne pas oublier...

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien.

Premières phrases :

"Il fut précédé par un grand déploiement d'appareil militaire. D'abord deux troufions, tous deux très blonds, l'un dégingandé et maigre, l'autre carré, aux mains de carrier. Ils regardèrent la maison, sans entrer. Plus tard vint un sous-officier. Le troufion dégingandé l'accompagnait. Ils me parlèrent, dans ce qu'ils supposaient être du français. Je ne comprenais pas un mot. Pourant je leur montrai les chambres libres. Ils parurent contents."

Vous aimerez aussi :

 Inconnu à cette adresse

 

Le silence de la mer, VERCORS, Le livre de poche, 4.10 euros

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L'honneur des poètes collectif

Publié le par Hélène

             

                      

♥ ♥ ♥

"Ces morts ces simples morts sont tout notre héritage

leurs pauvres corps sanglants resteront indivis.

Nous ne laisserons pas en friche leur image

les vergers fleuriront sur les prés reverdis." (Pierre Emmanuel)

 

Mon avis :

Cet ouvrage a été publié en juillet 1943 par les Editions de Minuit, maison d'édition clandestine. Il vient d'être réédité pour commémorer les 70 ans de la Libération et de la victoire sur le nazisme. L'achevé d'imprimer de la version d'origine précise :

CET OUVRAGE

PUBLIE AUX DEPENS

DE QUELQUES BIBLIOPHILES

PATRIOTES

A ETE IMPRIME

SOUS L'OCCUPATION NAZIE

LE 14 JUILLET 1943

JOUR

DE LA LIBERTE OPPRIMEE

Les poèmes ont été recueillis par Eluard avec l'aide de Jean Lescure. Le retentissement de l'ouvrage est immense. Y ont participé des poètes connus : Aragon, Desnos, Eluard, Guillevic, Ponge, Pierre Seghers,  Jean Lescure, Jean Tardieu, Vercors,  et des poètes moins connus comme René Blech, Pierre Emmanuel, André Frénaud, Georges Hugnet, Ambroise Maillard, Loys Masson, Camille Meunel, Lucien Scheler, Claude Sernet, Edith Thomas, Claude Vlldrac.

La préface rédigée anonymement par Paul Eluard précise :

"Whitman animé par son peuple, Hugo appelant aux armes, Rimbaud aspiré par la commune, Maïakovski exalté, exaltant, c'est vers l'action que les poètes à la vue immense sont, un jour ou l'autre, entraînés. Leur pouvoir sur les mots étant absolu, leur poésie ne saurait jamais être diminuée par le contact plus ou moins rude du monde extérieur. La lutte ne peut que leur rendre des forces. Il est temps de redire, de proclamer que les poètes sont des hommes comme les autres, puisque les meilleurs d'entre eux ne cessent de soutenir que tous les hommes sont ou peuvent être à l'échelle du poète.

Devant le péril aujourd'hui couru par l'homme, des poètes nous sont venus de tous les points de l'horizon français. Une fois de plus la poésie mise au défi se regroupe, retrouve un sens précis à sa violence latente, crie, accuse, espère."

Le poète est celui qui doit guider le peuple, un visionnaire qui par sa parole regroupe les hommes. Il prône la résistance, la liberté, la fraternité dans un monde divisé :

"Nul d'entre vous n'est seul : vos coeurs prisonniers

Battent dans nos coeurs à toute heure que sonne la 

fraternité."

Par la puissance des mots, il peut refaire le monde, le reconstruire et finalement, peut-être, le changer. La poésie devient alors une arme, un espoir.

"Ce coeur qui haïssait la guerre
voilà qu'il bat pour le combat et la bataille ! 
Ce coeur qui ne battait qu'au rythme des marées, à celui des saisons, 
à celui des heures du jour et de la nuit, 
Voilà qu'il se gonfle et qu'il envoie dans les veines 
un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu'il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
Et qu'il n'est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne
Comme le son d'une cloche appelant à l'émeute et au combat.
Écoutez, je l'entends qui me revient renvoyé par les échos.Mais non, c'est le bruit d'autres coeurs, de millions d'autres coeurs 
battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces coeurs,
Leur bruit est celui de la mer à l'assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d'ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce coeur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Francais se préparent dans l'ombre 
à la besogne que l'aube proche leur imposera.
Car ces coeurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté 
au rythme même des saisons et des marées, 
du jour et de la nuit." (Robert Desnos)

Des poèmes pour enjoindre à la résistance, mais aussi pour ne pas oublier, pour que ceux qui se sont sacrifiés pour la liberté ne l'ait pas fait en vain. Des poèmes pour se souvenir...

Vous aimerez aussi :

Sur le blog Les bavardages de Sophie 

D'autres romans sur le thème de la guerre :

L’origine de la violence ;  Terre et cendres ; Le jour avant le bonheur ; Melnitz ; ‘Ta mère ; Persépolis ; Purge ; L’art d’écosser les haricots ;  Virginia ;  Allah n’est pas obligé ;  Je me souviens   ; Maus ; Inconnu à cette adresse ; Les recluses  ; Le voyageur sans bagages ; Les yeux d’Elsa   ; 14 ; Certaines n’avaient jamais vu la mer ; Le héron de Guernica ; Notre force est infinie ; La remontée des cendres suivi de Non identifiés Radeau ;   Au revoir là-haut 

 

L'honneur des poètes, Collectif, Le temps des cerises, férvier 2014, 10.64 euros

Publié dans Poésie française

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Le potentiel érotique de ma femme de David FOENKINOS

Publié le par Hélène

 

Ce que j'ai aimé :

Le sujet est assez rocambolesque : centré autour du personnage d'Hector, un brin looser, victime de collectionnite aiguë, mais qui essaie de se soigner. Il pense être guéri jusqu'à ce qu'il rencontre Brigitte, sa femme. Une autre collection va alors naître dans son esprit. 

Le ton vif et rythmé et l'humour de l'auteur permettent de passer un agréable moment de lecture, toutefois...

Ce que j'ai moins aimé :

J'ai eu l'impression que l'inventivité de Foenkinos tournait en rond, que le rythme n'était pas équilibré : on ne rentre dans le vif du sujet qu'au bout de plusieurs pages, et on finit même par se demander si le titre n'est pas trompeur et si Hector le looser finira bien par avoir une femme, puis au tiers du livre le miracle a lieu, il rencontre Brigitte ! Après quelques trouvailles savoureuses, le rythme s'essoufle à nouveau mais le nouveau rebondissement trouvé frôle le ridicule et comme l'auteur semble s'en rendre aussi compte, il le dégonfle rapidement. Bref, ce fut comme si le roman n'était pas construit à l'avance, comme si l'auteur avançait au jugé, en se fiant à son écriture talentueuse pour couvrir les blancs de l'intrigue. Et quelquefois c'est efficace, mais au fil de la lecture ce défaut se fait sentir de façon de plus en plus prégnante et finit par déranger.

 

Infos sur le livre :

Chez Folio

Premières phrases :

"Hector avait une tête de héros. On le sentait prêt à passer à l'acte, à braver tous les dangers de notre grosse humanité, à embraser les foules féminines, à organiser des vacances en famille, à discuter dans les ascenseurs avec des voisins, et, en cas de grande forme, à comprendre un film de David Lynch"

Vous aimerez aussi :

Du même auteur : La délicatesse  ; La tête de l'emploi

D'autres avis :

LC avec Manu

KaliJulesSylireCaro(line)L'encreuseTamara, sont emballés...

KarineYv, AmandaJoëlleMiss AlfiePralineSandrineEdelweStéphanie sont mitigés voire carrément déçus...

 

Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos, Folio, 2005, 192 p., 6.20 euros

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Cadeaux pour la fête des pères

Publié le par Hélène

                                

 

Voici une petite sélection :

 

Pour les amateurs de western : Homesman Lonesome Dove ,  Contrée indienne

Pour ceux qui ne jurent que par les prix :   Au revoir là-haut 

Pour les mélomanes :  Les harmoniques

Pour chanter l'amitié : Le mambo des deux ours 

Pour les chômeurs : Le couperet

Pour les durs :  La descente de Pégase ; Ténèbres, prenez-moi par la main

Pour les pêcheurs :  Dérive sanglante 

Pour ceux qui veulent changer d'air :  Le dernier lapon  ; Dans les forêts de Sibérie 

Pour les fantasques : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire 

 

Et toujours : La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS

Vous pouvez aussi puiser dans les Idées cadeaux et dans mes coups de coeur 

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Tonton Clarinette de Nick STONE

Publié le par Hélène

                                               

♥ ♥ ♥ ♥

Prix SNCF du polar européen 200

Ce que j'ai aimé :

Max Mingus a été emprisonné pour avoir souhaiter faire justice lui-même. A quelques jours de sa libération sa femme meurt dans un accident de voiture. Aussi, dés sa sortie de prison, Charlie décide d'accepter une mission particulière qui lui permettra de fuir sa ville, son quotidien et la perte de sa femme : une grande famille haïtienne lui propose en effet dix millions de dollars pour enquêter sur la disparition du petit Charlie, disparu pourtant trois ans auparavant. De nombreux détectives ont auparavant enquêté sur place, en Haïti, sans succés et en y laissant même la vie. Ce n'est pas ce qui va arrêter Charlie, bien décidé à éclairer ces zones d'ombre vraisemblablement liées à la magie blanche ou noire très présentes dans le pays.

C'est une vision très sombre du Haïti des années 90 que met en lumière Nick Stone qui a lui-même vécu sur place. Max Mingus entre dans un univers cauchemardesque, régi par la misère, la drogue et les rites vaudous inhérents au pays. Le bidonville Cité Soleil sur lequel règne l'énigmatique Vincent Paul contraste vivement avec le faste des grandes villas comme celles de la famille du petit Charlie, les Carver.

"On aurait dit une armée en déroute, un peuple conquis, brisé, qui se traînait vers un non-avenir. C'était Haïti, à peine sorti de l'esclavage."

          Enfer des lieux aux sols jonchés de détritus, mais aussi enfer des esprits habités par une moralité douteuse : pour obtenir ce qu'ils veulent, certains ne reculent devant aucun sacrifice qui leur sert de monnaie entre le monde d'ici-bas et un au-delà inaccessible que la pureté de certains échanges permet d'approcher.

"Dans la vie, il y a des choses qu'on voudrait et qu'on n'aura jamais. C'est le destin... (...) La plupart des gens haussent les épaules et passent à autre chose. Chez nous, ils vont voir leur houngan ou leur mambo, qui lit leur avenir et vérifie, si oui ou non, ce qu'ils désirent y est écrit. Si c'ets non, le houngan ou le mambo peut essayer d'arranger les choses."

Un monde de ténèbres dans lequel Max avance pas à pas avec prudence, d'autant plus qu'un vieil ennemi le guette, dans l'ombre.

Un polar époustouflant, tant par son sujet que par son suspense !

Ce que j'ai moins aimé :

Quelques scènes sont très violentes. 

Infos sur le livre :

Chez Folio

Vous aimerez aussi :

Mieux vaut commencer dans l'ordre chronologique par Voodoo Land

D'autres avis :

Le nouvel Obs

Miss Alfie ; Yves

 

Tonton Clarinette, une enquête du privé Max Mingus, Nick Stone, traduit de l'anglais par Catherine Cheval et Marie Ploux, 2010, 688 p., 8.90 euros

Publié dans Roman policier Europe

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La théorie des nuages de Stéphane AUDEGUY

Publié le par Hélène

                                      

Voyage dans les nuages...

 

Ce que j'ai aimé :

La jeune Virginie Latour est embauchée par un couturier japonais Aira Kumo pour classer sa collection de livres consacrés aux nuages. Il en profite pour partager sa passion pour les cumulus, stratus et autres nimbus, en lui racontant le destin hors du commun de chasseurs de nuages tels que Luke Howard qui inventa leurs noms, ou encore Richard Abercrombie qui rédigea un protocole msytérieux sur eux.

Le thème nébuleux était très attirant, mais... 

       

@ahae

Ce que j'ai moins aimé :

La poésie qu'un tel sujet laissait espérer - souvenons-nous de Baudelaire et de son amour inconditionnel pour les nuages "J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!" - est absente de ces pages. C'est assez décevant !

Dans ce cas la recherche de sens aurait pu être une piste de réflexion, là encore avortée au profit de considérations biographiques sur les deux hommes, certes relativement intéressantes, mais un peu longues à mon goût.

De plus, à l'image des nuages évanescents, les personnages manquent cruellement de consistance aussi bien physique que psychique. Les allusions sexuelles n'apportent rien, quelle importance que Virginie soit une femme fontaine ? La signification finale contenue dans le protocole est toute aussi ridicule et alambiquée, s'éloignant défnitivement de la poésie inhérente au thème pour pénétrer dans le prosaïsme le plus primaire... 

Premières phrases :

"Vers les cinq heures du soir, tous les enfants sont tristes : ils commencent à comprendre ce qu'est le temps. Le jour décline un peu. Il va falloir rentrer pourtant, être sage, et mentir."

Infos sur le livre :

Chez Folio

D'autres avis :

Critiques libresPapillon  ; Lu dans le cadre du Blogoclub

 

La théorie des nuages, Stéphane Audéguy, Folio, 7.90 euros

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Abandon et déception du mois de mai

Publié le par Hélène

                                                  

Le parfum du voyage de Anne BOUIN et Vincent BOURGEAU

Ce petit album nous conte les voyages d'un singe. Oui bon et alors. Je n'ai pas du tout vu l'intérêt de cet album, et je pense que mes enfants sont restés eux aussi insensibles !

Les thèmes abordés sont le voyage, l'aventure, le tourisme, mais mis à part les dessins relativement attirants, le reste est traité sans originalité. Je suis restée insensible !

 

Autrement jeunesse, avril 2014, dés 6 ans

D'autres avis : Nadael 

 

                           

La dernière course de Pascal Vatinel

Ce roman ado souffre malheureusement d'un défaut de construction qui a eu raison de mon intérêt pourtant certain pour l'histoire :

- Le premier chapitre s'ouvre à l'hiver 1900

- Au chapitre 4 intitulé "3 ans plus tard", on se dit que l'on va enfin rentrer dans le vif du sujet 

- et ce ne sera qu'au chapitre 5 que l'on parvient au printemps 1913  l'on pense être enfin arrivé ! Mais les sauts temporels semblent être la spécialité de l'auteur qui au chapitre suivant nous emmène en septembre 1914 soit un an plus tard. 

Et là on comprend qu'il n'y a pas de "vif du sujet", seulement des chapitres-puces qui affectionnent les sauts temporels, les ellipses. 

Ce que je n'affectionne personnellement pas, j'ai eu l'impression de fait de lire un roman décousu. 

J'ai abandonné.

 

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Eloge des femmes mûres de Stephen VIZINCZEY

Publié le par Hélène

                                   

Mon avis : 

Ce roman à la couverture affriolante nous raconte l'intitiation sexuelle du jeune Andras qui a choisi pour "l'éduquer" des femmes d'expérience afin de progresser plus vite. 

Il faut savoir qu'à douze ans le jeune Andras était déjà proxénète dans un camp américain et présentait des pauvres femmes désargentées à des soldats américains en manque. Peu de temps après, il connaît sa première expérience sexuelle avec une amie de sa mère. A douze ans ! 

Au-delà de l'aspect choquant de la situation, les rencontres et relations sont assez répétitives et lassantes, aucune réflexion ne venant agrémenter les pages. 

Certes le style est fluide et les aventures de ce jeune homme avide de rencontres ne sont pas désagréables à  lire, mais elles restent vides de sens et d'intérêt. Sans amour également, le héros semblant être dénué de tout sentiment et ne connaître que le désir envers la gente féminine ! Point de romantisme; Pourtant ne vous attendez pas non plus à un roman érotique, les scènes croustillantes n'étant que suggérées quand elles ne sont pas l'objet d'une ellipse pure et simple !

Un roman d'apprentissage décevant !

Infos sur le livre :

Folio

Premières phrases :

"Ce livre s'adresse aux jeunes gens, mais il est dédié aux femmes mûres - et c'est des rapports entre ceux-là et celles-ci que ke me propose de traiter. Je ne suis pas un expert en pratique amoureuse, mais j'ai été un bon élève des femmes que j'ai aimées, et je vais essayer d'évoquer ici les expériences heureuses ou malheureuses qui ont, je crois, fait de moi un homme."

 

Vous aimerez aussi :

Littérature érotique

 

D'autres avis :

Babélio ; L'express

 

Eloge des femmes mûres, Les souvenirs amoureux d'Andras Vajda, Stephen Vizinczey, traduit de l'anglais par Marie-Claude Peugeot, Folio, 7.90 euros

 

Un titre qui semblait tomber à propos pour fêter aujourd'hui mon anniversaire mais je ne suis pas mûre du tout pour ce genre d'expériences aux accents cougaresques...

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On ne va pas se raconter d'histoires de David THOMAS

Publié le par Hélène

                   

               

♥ ♥ ♥

" Je me dis souvent qu'il ne faut jamais négliger les jolies choses, elles sont aux hommes ce que  les ponts d'eau sont aux bêtes." 

 

Ce que j'ai aimé :

Avec tendresse et poésie David Thomas peint des situations cocasses ou plus sordides de la vie quotidienne. Il met en scène des hommes ou des femmes seuls ou mariés, jeunes ou vieux, confrontés à des thématiques universelles : les échecs de la séduction, l'incommunicabilité du couple, les divergences d'opinion concernant l'avenir ce grand inconnu, les ruptures, la solitude de cette femme qui ne veut pas finir sans enfants, inversement, la peur d'être parent et d'engendrer un monstre, celui qui apprend la persévérance à son fils...

Et puis la nostalgie, nostalgie de l'enfance innocente, l'envie de profiter de nos parents qui ne sont pas éternels, de regarder sa mère jardiner jusqu'à la nuit des temps ou d'écouter son père raconter Gargantua :

"Tout petit, je devais avoir quatre ans, mon père nous faisait la lecture à mes frères et à moi, avavnt de nous coucher. Mais plutôt que de nous lire des histoires pour enfants, mon père nous lisait du Rabelais. Il sortait de la bibliothèque un énorme livre illustré, qui me semblait aussi lourd que moi, ete nous nous blotissions contre lui. Je l'écoutais avec les yeux grands ouverts, deux doigts dans la bouche et un autre dans les trous de nez au cas où j'y trouverais queqlue chose d'intéressant, et je ne me lassais jamais, en collant mon oreille contre sa poitrine, d'entendre sa voix chaude nous promener dans la vie de ces géants dont les problèmes intestinaux me réjouissaient. Je me souviens très bien que je riais à me tordre quand mon père imitiait les pets de Gargantua en se pinçant la bouche. Je me souviens très bien que, lorsque j'étais là, sous son bras, je trouvais que la vie était formidable."

Dans une parfaite maîtrise de l'instantané David Thomas sait être subtil et spirituel pour nous parler de nous ! 

Ce que j'ai moins aimé :

- Rien 

Premières phrases :

"On passe sa vie à tenter de se recontrer soi-même alors que nous portons en nous nos propres obstacles. On attend ce moment dont on est sûr qu'il viendra un jour, où l'homme que l'on s'est projeté rejoindra celui que l'on est. C'est le travail de toute  ma vie."

 

Vous aimerez aussi :

Du même auteur :  La patience des buffles sous la pluie  ; Un silence de clairière ; Je n’ai pas fini de regarder le monde 

 

D'autres avis :

Jérôme, Noukette

 

On ne va pas se raconter d'histoires, David Thomas, Stock, mai 2014, 14 euros

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Bonne fête à toutes les mamans !

Publié le par Hélène

 

        

"Louange à vous, mères de tous les pays, louange à vous en votre sœur ma mère, en la majesté de ma mère morte. Mères de toute la terre. Nos Dames les mères, je vous salue, vieilles chéries, vous qui nous avez appris à faire les nœuds des lacets de nos souliers, qui nous avez appris à nous moucher, ou, qui nous avez montré qu’il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous disiez, vous mères de tous les pays, vous qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler les pruneaux cuits, nous expliquiez que les pruneaux sont de petits nègres qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète, ouvrait la porte de la maison, vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l’arrivée des visites ou avant notre départ pour l’école, vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux et écorchés et nos sales petits nez de marmots morveux, vous qui n’aviez aucun dégoût de nous, vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu."

 

"Avec les plus aimés, amis, filles et femmes aimantes, il me faut un peu paraître, dissimuler un peu. Avec ma mère, je n avais qu à être ce que j étais, avec mes angoisses, mes pauvres faiblesses, mes misères du corps et de l âme. Elle ne m aimait pas moins. Amour de ma mère, à nul autre pareil."

 

"O toi, la seule, mère, ma mère et de tous les hommes, toi seule, notre mère, mérites notre confiance et notre amour. Tout le reste n’est que misère et feuille emportée par le vent."

 

"Fils des mères encore vivantes, n'oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n'aurai pas écrit en vain, si l'un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère. Aimez-la mieux que je n'ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c'est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil."

 

Le livre de ma mère d'Albert COHEN

Publié dans Divers

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