"Sait on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?"
Charlie et son copain vivent à une époque trouble : la montée de l'Etat Brun. On leur demande d'abord de se débarasser de leurs chiens et chats s'ils ne sont pas bruns. Il se plient. Mais à trop se plier ne risque-t on pas d'être confronté au pire ? Et l'escalade du pire se construit petit à petit avec le secours de ces hommes qui ne veulent pas admettre la vérité, ou préfèrent le déni à l'action. Des hommes qui pensent que de petites compromissions ne sont pas graves :
« Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. »
AInsi, ils cherchent à s'adapter progressivement à l'horreur de cet Etat Brun, la normalité et le regard d'autrui étant plus importants pour eux que l'exercice de leur raison propre. De compromissions en compromissions, la dictature se met en place...
Franck Pavloff avait écrit ce texte après la révélation d'alliances de candidats de partis classiques avec le Front National au deuxième tour des élections régionales, en 1998, l'Etat Brun faisant référence aux "chemises brunes" des miliciens nazis. Matin Brun est le texte d'un auteur en colère contre ce qu'il nomme "le repli sur soi".
Publié pour la première fois en 1998, Albin Michel propose en 2014 une nouvelle édition avec les illustrations du célèbre artiste de Street Art C215.
Ce texte court et puissant d'une simplicité glaçante mérite d'être lu et relu pour éviter le pire...
"On n'a que deux vies, la deuxième commence le jour où on réalise qu'on n'en a qu'une."
Gaston l'ours bougon a perdu son ami de coeur le jeune Abélard au regard mélancolique. Inconsolable, il traîne son désespoir dans les bars de New York, peu réceptif au monde impitoyable qui l'entoure et lui a ôté son seul ami. Il se confie de temps à temps à Purity, une prostituée au grand coeur. Quand celle-ci est tabassée à mort par un client, Gaston lui promet d'éviter à son fils Alvin l'assistance publique. Ainsi, le voilà accompagné d'un nouvel être en mal d'amour, un jeune orphelin récalcitrant, boudeur, que Gaston décide de ramener à sa famille. Commence alors un périple auquel va s'adjoindre "le bizarre", Jimmy, un compagnon atypique qu'ils ont extirpé des griffes d'un prédicateur fou.
Dans le tome 2, Gaston et Alvin s'apprivoisent doucement au rythme des questions du jeune garçon qui derrière ses airs réfractaires cache une envie tenace de connaître le monde. Ils arrivent dans le bayou et se heurtent alors aux préjugés du Sud.
Cette fable philosophique éclaire les âmes des ours bougons que nous sommes d'une aura particulière. Elle chante l'éloge de la différence et de l'entraide avec une tendresse toute abélardienne. Le jeune Abélard illumine toujours le monde des étoiles qu'il a rejointes, et ses petites phrases philosophiques jalonnent le chemin tortueux qu'empruntent Gaston et ses acolytes.
De là-haut, il nous prend par la main et avec sa naïveté légendaire nous laisse croire à cette petite fable optimiste qui distille ses leçons de tolérance.
Un bel album touchant...
Présentation de l'éditeur : tome 1 Dargaud tome 2Dargaud Le-Bal-des-Monstres ;
David a soixante ans et vit dans une ferme isolée au-dessus de Sisteron. La veille de Noël, son ami Antoine doit le rejoindre. Seulement il se fait attendre si bien que David décide de partir à pied pour aller au-devant de lui. Commence alors un voyage halluciné dans la neige qui l'environne et engloutit peu à peu tout autour d'elle. Les ombres des disparus dansent avec les flocons virevoltants, étourdissant l'âme de David. La neige colporte les souvenirs.
David reient sur la vie simple qu'il a choisie, une vie en harmonie avec ce qu'il est :
"Je me lève tôt, je cours dans les bois en parlant aux vaches. Je plante des arbres, j'en coupe quelquefois. Sinon, l'hiver je dégage les routes, sauf que cette année, je suis à pied. Mon tracteur est en panne.
- Et là ce soir tu fais quoi ?
- Je ne sais pas trop. Disons que je déneige le ciel. Je creuse un sillon dans ma poitrine." p. 66
Par quelques scènes simples et émouvantes, ANdré Bucher nous fait ressentir l'importance de se sentir utile, d'agir, malgré la neige, d'avancer, de sortir pour ne pas sombrer et pour que le ciel s'illumine. Les pensées s'allègent alors, les certitudes s'affirment , les morts s'enterrent.
A défaut de déneiger les routes, David déneigera son esprit, et déneigera les êtres et ce qui les entrave.
"Oh! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange
En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous
Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux."
La reine, femme du roi Charles II s'ennuie loin de son Allemagne natale.
"Pauvre femme ! passer tous ses jours dans la gêne,
Au fond de cette cour insipide ! et n'avoir
D'autre distraction que le plaisir de voir,
Au bord de ce marais à l'eau dormante et plate,
Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !"
Seule distraction dans ses journées mornes, la découverte quotidienne d'un bouquet de ses fleurs préférées sur un banc. Elle apprend rapidement que ce don miraculeux est le fait de Don César, un noble. Ce qu'elle ignore est que celui qui se cache sous les traits de Don César n'est qu'un valet, un"ver de terre amoureux d'une étoile", simple outil de la vengeance d'un grand d'Espagne, Don Salluste, disgracié par la reine. Seuls les sentiments de Ruy Blas sont véritables, tout le reste n'étant que faux semblant visant à discréditer la reine.
Quel sort subira cet amour impossible qui cherche à s'affranchir des lois sociales ?
Ruy Blas est un symbole puissant pour le romantique Hugo : héros romantique, il a soif d'idéal et vit son amour fantasmatique dans un lyrisme brûlant. Mais il représente aussi le souffle de la révolte puisque pour l'auteur le peuple doit pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de la nation. Ruy Blas incarne ce potentiel révolutionnaire du peuple. Face à une noblesse décadente, la vacance du pouvoir permet tous les espoirs.
Hugo malmène les règles classiques dans ce drame romantique : la règle des trois unités n'est guère respectée, l'alexandrin est disloqué et enfin le grotesque cotoie le sublime, parce que seule cette alliance garantit une représentation fidèle de la vie sous tous ses aspects.
Un drame romantique aux nombreuses ramifications, puissant et émouvant.
Sur l'histoire : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accueil2.html
Ruy Blas, Victor Hugo, Belin Gallimard, Classico lycée, 3.55 euros
Je conseille cette édition, parfaite pour les lycéens car elle comporte un dossier complet en fin de volume avec des fiches sur ce qu'il faut retenir. Très didactique.
Enchantée par le précédent recueil de cette auteure intitulé Chroniques de l'occident nomade, je me suis précipitée sur celui-ci. Il raconte l'histoire d'Alice qui dépoussière, photographie et répertorie les tablettes sumériennes dans le sous-sol du Musée national de Damas. Alice raconte cette aventure six ans plus tard, en 2014, quand la Syrie qu'elle a connue a définitivement disparu... La jeune fille évoque les coulisses du conflit avec délicatesse et intelligence. Ce récit est aussi prétexte pour parler du passage à l'âge adulte et de la découverte du décalage inaltérable entre rêve et réalité...
Mes réticences : plusieurs époques s'entrecroisent au fil des chapitres : 1770 avant Jésus Christ, 2005 avec narrateur qui s'exprime à la troisième personne et décrit Alice, puis le point de vue interne de Alice en 2005 toujours, 1980 avec Adam Compagnon, etc... Pourquoi ne pas choisir seulement deux époques et résolument la première personne propre aux récits de voyage ? L'ensemble m'a semblé embrouillé, et assez détaché, impersonnel.
Seul le style, toujours aussi travaillé, sauve le roman à mes yeux.
"Chacun de nous doit supporter sa propre solitude." p.217
Sur les conseils de son médecin, Versluis, un bourgeois hollandais vient soigner sa maladie des poumons aux confins de l'Afrique, à Bloemfontein, en Afrique du Sud. Il est censé tirer profit de l'air sec du "veld". Il s'installe d'abord à l'hôtel avant de trouver refuge dans la pension de Mme Van der Vliet. Son univers se réduit à la communauté hollandaise et allemande de la petite ville. Il fréquente d'abord les Hirsch, une famille tonitruante, pour qui ce nouvel arrivant constitue un palliatif à leurs habitudes de colons. Mais Versluis ne tarde pas à se lasser de leurs conversations mondaines, le pays et l'approche de la mort réclament pour lui plus de calme et de paix. Ainsi, il se rapproche du pasteur Scheffler et sa famille qui lui apprennent peu à peu à apprivoiser le vide de cet étrange pays.
"Il aurait aimé trouver les mots afin d'évoquer pour eux l'éclat blanc de cette chaleur de l'après-midi. Il aurait aimé trouver des mots pour décrire l'aspect désolé du veld qui entourait la ville, et les sensations d'inquiétude et de joie qu'il éveillait en lui. Mais les mots existaient-ils ? Possédait-il le langage nécessaire à de tels récits ?" p. 78
Jour après jour, visite après visite, il tombe sous le charme du bonheur calme de cette famille et son univers s'éclaire en découvrant d'autres moeurs.
"C'était ainsi que vivaient les gens, se dit-il - ils s'asseyaient ensemble dans la clarté des lampes pour boire du café, ils jouaient de la musique ensemble, ils parlaient ensemble, et ils n'avaient pas besoin de beaucoup de mots parce qu'ils connaissaient les mêmes choses et qu'ils partageaient un vaste espace commun de référence. Plus tard, dans le ville obscure et moribonde où il souhaita bonne nuit à Mme Van der Vliet avant de se retirer dans sa chambre, dans la nuit profonde où les animaux nocturnes hurlaient et où les aboiements des chiens se répondaient, il se rappellerait que d'autres gens vivaient leur vie, regardaient la pendule, écoutaient un instant pour vérifier s'ils entendaient un bébé pleurer, avant de se retourner en souriant vers leurs compagnons." p. 226
Le pasteur et sa soeur ont vécu au coeur du pays, au plus près des locaux et leur regard sur la colonisation est très opposé à ceux des hollandais et allemands de la communauté :
"Parfois, je pense que nous avons échoué. (...) Nous avons apporté la civilisation ici ; nos maisons et nos églises ; nos meubles, nos livres et nos modes d'Europe : nous avons apporté ici sans qu'on nous le demande et nous l'avons entassé comme si l'Afrique était une sorte de tas d'ordures, et nous sommes venus vivre ici selon les modèles que nous ou nos parents avons apportés d'ailleurs. Nous vivons de souvenirs et nous nous entourons de fantômes, et quant à l'Afrique elle-même, nous ne la voyons que de loin, deriière les rideaux en dentelle que nous avons accrochés devant les fenêtres de nos salons. (...) Quant aux Noirs que ne leur avons-nous pas fait ? Nous leur avons fait des cadeaux douteux, les maisons et les églises européennes, l'argent, l'alcool et des maladies qui leur étaient totalement inconnues.D'un côté nous avons essayé de les élever, comme nous disons, sans qu'ils nous l'aient jamais demandé, et de l'autre nous les repoussons chaue fois qu'ils s'approchent trop et que nous nous sentons menacés. Qu'avons-nous fait de ce pays ? Et de quel droit ?" p. 248
Cette "histoire d'une âme en quête du dépouillement absolu" résonne dans nos âmes émues bien après la dernière page tournée... Elle nous parle philosophiquement de la mort non pas comme une fin, mais davantage comme une paix de l'âme et du corps. Les paysages désolés du veld s'accordent parfaitement avec l'esprit en délition de Versluis. L'étrange pays n'est-il pas l'aboutissement d'une vie que le vide envahit ?
"Ne plus faire qu'un avec cette terre, comme les dieux et les esprits dans d'autres pays, et dans le même temps lui permettre de ne plus faire qu'un avec soi, dans l'obscurité parmi les pierres, les racines et le gravier." p.254
Aux confins du monde et de sa vie, Versluis rencontrera peut-être enfin la plénitude de l'humanité...
En étrange pays, Karel Schoeman, traduit de l'anglais par Jean Guiloineau, Phébus, février 2007, 20.30 euros, 11.80 en libretto
Je remercie Sandrine et son Lire le Monde consacré aujourd'hui à Karel Schoeman et sans qui je n'aurais sans doute pas relu cet auteur pourtant si profond !
Sur les rives d'un petit lac dans le Maine, Alicia et Six Godwin coulent des jours tranquilles que vont venir troubler leurs voisins et cousins les Seldon. Leur cousine Iphigénie les convie en effet dans son lodge voisin, lui aussi au bord d'un lac, parce qu'elle souhaite modifier la répartition de sa fortune entre ses enfants dans son testament. Cette femme autoritaire mène d'une main de fer son lodge consacré à la pêche et elle est peu appréciée de sa famille. Les passions vont se déchaîner lors de cette soirée sous l'égide d'un orage d'une extrême violence. Iphigénie galvanise la haine et chaque membre de sa famille ressent à son contact des envies de meurtre irrépréssibles...
Dans ce huis clos à la Agatha Christie les relations familiales régies par l'argent volent en éclat, menées par des égoïsmes contradictoires. Au sein d'une nature préservée le trouble s'installe, provoqué par l'avidité pécuniaire des hommes.
Six se transforme en Hercule Poirot pour aider le shérif à résoudre ces meurtres à Willow Point, entraînant son lecteur ravi dans une intrigue bien mené aux multiples rebondissements.
Mes réticences : La psychologie des personnages est un peu sommaire, voire caricaturale. La fin m'a déçue, un peu trop tonitruante à mon goût, j'attendais quelque chose de plus subtil ...
Lors d'une fête foraine, Adélaïde s'envole vers de nouveaux horizons, laissant à terre ses trois enfants, Jude, Karl et Mary. Jude n'est encore qu'un nouveau-né et il est miraculeusement volé par un couple en mal d'enfant, quand Karl et Mary se retrouvent livrés à eux-mêmes. Ils décident de rejoindre leur tante dans la ville d'Argus dans le Dakota du Nord. Malheureusement Karl se perd en chemin et c'est seule que Mary arrive chez sa tante Fritzie qui tient une boucherie. Là, elle devient amie avec Célestine, une indienne qui était déjà l'amie de Sita, sa cousine. Les enfants vont grandir et évoluer dans ce nouvel environnement et par la suite Mary reprendra la boucherie aux côtés de Célestine quand Karl retrouvera finalement son chemin jusqu'à Argus, pour le meilleur et pour le pire.
Cette chronique familiale qui court sur plusieurs années alterne les narrateurs de façon à densifier le monde décrit. Les épreuves ne manquent pas sur le chemin de la matûrité, et chacun utilisera ses propres ressources pour grandir et s'épanouir, bon an mal an...
Mes réticences : Je ne suis pas parvenue à m'intéresser réellement au sort des protagonistes ni à comprendre où voulait en venir l'auteur.
L’ouvrage se décompose en onze chapitres, eux-mêmes répartis en cinq parties, dans lesquelles Jared Diamond aborde successivement les thèmes de la délimitation de l'espace et les rapports avec les autres groupes, amis, ennemis et inconnus ; la résolution des conflits, tant au sein d’une société que dans ses relations avec les autres ; le traitement des enfants et des personnes âgées ; les manières de faire face aux dangers ; et enfin la religion, la diversité linguistique et la santé. L’auteur compare donc comment sont traitées ces thématiques par les sociétés modernes et les sociétés traditionnelles. Il ne prétend pas en mettre une en avant, il montre simplement ce que nos sociétés modernes pourraient tirer comme enseignement de l'observation du fonctionnement de ces sociétés traditionnelles. Il propose d'incorporer certaines pratiques qui ont fait leurs preuves depuis des millénaires.
"Ce que nous apprend le monde d'hier, c'est, entre autres choses,d'être conscients de certains bienfaits de nos sociétés contemporaines, si dénigrées par ailleurs : les individus y sont débarassés de la guerre chronique, des infanticides et de l'abandon des personnes âgées. (...)"
Nous pourrions par exemple prendre exemple sur les sociétés traditionnelles concernant les liens sociaux établis, si loin de nos solitudes modernes, avoir un plus juste usage des personnes âgées et leur assurer des vies meilleures car "Concevoir d'autres conditions de vie appropriées au monde moderne en évolution pour nos anciens demeure un défi majeur pour notre société." p; 371, mettre en valeur les langues minoritaires...
Certaines actions sont réalisables à notre échelle comme ne pas rajouter systématiquement du sel dans nos plats, mais d'autres demandent un changement profond de la société.
Que pouvons nous faire à notre échelle ? Nous pouvons oeuvrer pour la santé : faire de l'exercice, manger lentement, bavarder avec des amis lors d'un repas, choisir des aliments sains. Nous pouvons également élever nos enfants en bilingues ou polyglottes car cette éducation bénéficie à leur réflexion et enrichit également leur existence. Dans le domaine de l'éducation des enfants, de nombreux points sont à retenir de l'obervation des sociétés traditionnelles comme : "l'allaitement à la demande, le sevrage tardif, le contact physique entre le bébé et un adulte, dormir ensemble, transporter le bébé verticalement et le regard tourné vers l'avant, accepter beaucoup l'alloparentage, réagir rapidement aux pleurs d'un enfant, éviter les châtiments corporels, laisser la liberté à votre enfant d'explorer, avoir des groupes de jeux d'âges différents, et aider vos enfants à se divertir par eux-mêmes plutôt que de les étouffer avec des "jeux éducatifs" tout fabriqués, des jeux vidéos et d'autres amusement préemballés." Ceci car "Autonomie, sécurité et maturité sociale des enfants dans les sociétés traditionnelles impressionnent tous les visiteurs qui ont eu l'occasion de les connaître."
Nous pouvons aussi adopter une paranoïa constructive : ne pas craindre les accidents d'avion, les terroristes, mais plutôt avoir peur des voitures, de l'alcool, des escabeaux et des douches glissantes... Nous devrions aussi être honnête sur ce que la religion signifie réellement pour nous.
Au niveau gouvernemental il faudrait repenser le système des retraites et les règlements de litige par exemple.
En résumé, de nombreuses pistes de réflexion sont à tirer de ce monde jusqu'à hier...
Du même auteur : Effondrement, comment les sociétés décidement de leur disparition ou de leur survie
Le monde jusqu'à hier, ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles, traduit de l'anglais (EU) par Jean-François Sené, Folio essais, janvier 2015, 768 p., 10.40 euros