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1199 résultats pour “vie parfaite

Une rivière verte et silencieuse de Hubert MINGARELLI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

Une petite merveille pour souhaiter une

bonne fête à tous les pères !!!

  

L’auteur :

 

Hubert Mingarelli est un écrivain français. Il est lauréat du Prix Médicis en 2003 pour son roman Quatre Soldats. Il vit aujourd'hui dans un hameau de montagne de Matheysine dans les Alpes françaises.

 

L’histoire :

 

Un petit garçon, Primo, vit seul avec son père, ouvrier au chômage. Pauvreté matérielle et dénuement psychologique marquent ce récit. Le père et l'enfant imaginent faire fortune en cultivant des rosiers. On leur coupe l'électricité. Ils vont manger dans un bistrot où une femme chante des chansons grivoises. Ils volent des cierges dans une église pour s'éclairer. (Présentation Fnac)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Une rivière verte et silencieuse est un texte court et lumineux serti comme une pierre précieuse. Chaque scène est parfaite, s’insérant à merveille dans l’ensemble.

 

-          L’amour du père et du fils est au coeur du roman : ce père attendrissant est considéré comme un raté par tous mais l’amour de son fils va réussir à le sauver. Ils ont besoin l'un de l'autre, quoi qu'il arrive, Primo  veut désespérément croire en cet homme, son seul repère dans une vie solitaire, comme le père a besoin de choyer son fils pour se sentir exister :

 

« Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.

Je fermai les yeux.

Une rivière verte et des truites bleues. » (p. 52)

 

  - C'est un roman très visuel, la brieveté et la pureté des scènes leur apporte une intensité miraculeuse. Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette merveille, je n'aurais qu'un seul mot "lisez-le"...

       

   « C'est vraiment pas grand-chose que ce livre, mais un premier roman capable de faire naître autant d'émotions, si on croyait en Dieu, on dirait qu'aujourd'hui c'est presque un miracle. » (Thierry Guichard, Matricule des Anges)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

- Rien…

 

Premières phrases :

 

« Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Trois chevaux de Erri DE LUCA

 

D’autres avis :

 

Le Matricule des Anges

 

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Editions du Seuil, 1999, 123 p., 11.43 euros

POCHE : Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, Points, 2001, 128 p., 5 euros

 

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Le goût des pépins de pomme de Katharina HAGENA

Publié le par Hélène

                                                           gout pépins de pomme  

♥ ♥ ♥ ♥

Un joli roman sur le thème du souvenir.

  

L’auteur :

 

Katharina HAGENA est une écrivaine allemande qui signe là son premier roman. Ell est professeure de littérature à l’université d’Hambourg.

 

L’histoire :

 

A la mort de Bertha, ses trois filles Inga, Harriet, Christa, ainsi que sa petite-fille Iris se retrouvent sur les lieux de leur enfance à Bootshaven au nord de l’Allemagne. Iris hérite de la maison familiale et va s’y installer le temps de régler les questions de succession. Ce sera l’occasion d’appeler à elle les souvenirs liés à la maison.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Le charme diffus qui se dégage de cette lecture. De subtils entrelacs naissent entre la vie des personnages et la nature créant une atmosphère bucolique et aérienne presque magique.

-          Le thème de la mémoire et du souvenir : Iris rassemble des souvenirs éparpillés aux quatre vents et les offre à cette maison dépositaire de la mémoire familiale. La construction du roman épouse le caractère décousu de ses souvenirs confus et marqué quelquefois du sceau des secrets.

-          La description très fine que fait l’auteur des malades d’Alzheimer. Bertha avait sombré en effet les dernières années dans les affres de cette maladie tentaculaire.

-          L’intrigue liée à la mort de Rosemarie, la cousine d’Iris apporte la juste dose de mystère…

-          Plus prosaïquement, j’ai apprécié la couverture du roman, parfaitement en adéquation avec le récit.

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Les réflexions quelquefois assenées plus que suggérées en une suite de question sans fin. Le texte pose de lui-même ces questions sur la mémoire et le souvenir, nul besoin d’en rajouter.

-          La bluette sentimentale. Etait-elle bien nécessaire ?

 

Premières phrases :

 

« Tante Anna est morte à seize ans d’une pneumonie qui n’a pas guéri parce que la malade avait le cœur brisé et qu’on ne connaissait pas encore la pénicilline. La mort survint un jour de juillet, en fin d’après-midi. Et l’instant d’après, quand Bertha, la sœur cadette d’Anna, se précipita en larmes dans le jardin, elle constata qu’avec le dernier souffle rauque d’Anna toutes les groseilles étaient devenues blanches. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Les cinq quartiers de l’orange de Joanne HARRIS

 

Merci à Julia GALLET des Editions Anne Carrière pour cette belle découverte.

 

Le goût des pépins de pommes, Katharina HAGENA, Editions Anne Carrière, janvier 2010, 19.50 euros

 

TAGS : Littérature allemande - Famille- Femmes

 

D'autres avis chez Aifelle, Mango, Sylde.

Publié dans Littérature Europe

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La sonate à Bridgetower de Emmanuel DONGALA

Publié le par Hélène

♥ ♥ 

Au début de 1789 George, jeune violoniste de talent et son père, un noir de la Barbade arrivent d'Autriche pour conquérir un public parisien. Recommandés par Haydn, le jeune métis semble voué à un bel avenir. S'ils multiplient rapidement les concerts, la révolte révolutionnaire gronde et les oblige à fuir pour Londres.

George Bridgetower, s'il est tombé aujourd'hui dans l'oubli, a pourtant marqué son siècle, au point que Beethoven lui a consacré une sonate, ladite "Sonate à Bridgetower". Il fut un temps en effet où les deux hommes furent amis, avant qu'une brouille ne les sépare et transforme la sonate en "Sonate à Kreutzer". Fondé sur des faits réels, ce roman retrace le destin du jeune Georges des cours parisiennes au faste de Vienne, en passant par Londres.

"Frederick de Augustus prit conscience d'une chose : l'importance de la musique. Elle ne se situait pas à la périphérie, mais au coeur même de la société, voire du régime, là où se croisaient et se confrontaient tous ceux qui avaient la prétention de faire bouger les choses dans quelque domaine que ce soit dans le royaume de la France." p. 95

Son père a joué un rôle prépondérant dans sa notoriété puisqu'il l'a poussé, motivé par des voeux égoïstes : devenir lui-même riche et célèbre. Leurs personnalités finiront par se heurter.

Au-delà des destins individuels, Emmanuel Dongala dresse le portrait d'une époque mouvementée, aux bouleversements marquants. Les deux hommes rencontrent dans les salons des hommes et des femmes illustres qui ont façonné le siècle comme Thomas Jefferson, Olympe de Gouges, Louise de Keralio.  Il aborde également l'essor du mouvement abolitionniste et les conditions des noirs à l'époque. A la fin du roman, George découvre horrifié le destin d'Angelo Soliman qui finit empaillé dans un musée "Voilà que cet homme éminent qui, sa vie durant, avait incarné pour ces Européens la "perfectibilité" de l'Africain postulée par leurs philosophes, le "sauvage" qui, à force d'éducation, de travail et de dévouement, s'était "civilisé" et s'était si parfaitement intégré qu'il était considéré comme un pair par l'élite de la société, était maintenant exposé comme le type même du "sauvage", à moitié nu, avec des plumes et des coquillages !" p. 331

Ce que j'ai moins aimé : S'il est érudit et enrichissant, ce roman manque néanmoins à mes yeux de souffle romanesque...

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Du même auteur : Photo de groupe au bord du fleuve

 

La sonate à Bridgetower, Emmanuel Dongala, Actes Sud, janvier 2017, 336 p., 22.50 euros

 

Lu dans le cadre d'une lecture commune autour de Emmanuel Dongala pour Lire le Monde

 

Publié dans Littérature Afrique

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Merci de ZIDROU et Arno MONIN

Publié le par Hélène

  ♥ ♥

Merci est une jeune fille de 16 ans, qui aime se faire remarquer jusque dans son look gothique. Après plusieurs menus actes condamnés par la justice, le juge d'application des peines, lassé de son discours anti-société et anti-politique, décide de lui allouer une peine de substitution : elle siègera au conseil municipal de sa commune pour proposer des projets pouvant permettre aux jeunes de mieux s'insérer dans leur ville et delà dans la société. La jeune Merci s'adapte parfaitement à ses nouvelles fonctions, et ses projets pour la ville s'avèreront prometteurs...

A travers le portrait de cette jeune fille pour qui la politique n'est qu'un vain mot, Zidrou nous parle du désenchantement de la jeunesse et nous invite à réenchanter et à réinventer le monde. En permettant à la jeune fille de s'investir dans sa ville et de réfléchir réellement aux améliorations possibles, le juge atypique lui offre une nouvelle façon de voir le monde et d'y trouver sa place.

"A la fin de sa vie, mon grand-père qui a été à la tête de cette ville quinze ans durant disait souvent : "De nos jours, les gens ne votent plus pour des idées mais pour se décharger de leurs propres responsabilités.""

Sous ses airs naïfs et profondément optimistes, cet album a le mérite de proposer des pistes de réflexion enrichissantes pour pallier à l'errance de la jeunesse...

 

Présentation de l'éditeur : Grand Angle

D'autres avis : Noukette ; Livresse des mots, Yaneck, Yvan ; Yves

Du même auteur : La vieille qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien ♥ ♥ (BD) ; Les beaux étés ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ;  Les beaux étés tome 2 ♥ ♥ ♥ ♥ (BD) ;  Les beaux étés tome 3

 

Merci, Zidrou et Arno Monin, Grand Angle, 2014, 54 p., 14.90 euros

Cette semaine la BD de la semaine est accueillie par Steph

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Terres promises de Milena AGUS

Publié le par Hélène

♥ ♥

"Il a la nostalgie d'un autre monde. D'un monde parfait. On en souffre tous. Et puis on s'adapte."

Chacun cherche au fond de son coeur et de son âme cette terre promise sur laquelle il est enfin possible de trouver sa place. Pour Raffaele, originaire de Sardaigne, elle est sur le continent, mais sa femme Ester ne trouve pas sa place là-bas, alors qu'elle était la première à vouloir partir. Ils retournent finalement au pays, et c'est là-bas qu'ils élèveront Félicita, leur fille. Celle-ci s'amourache d'un voisin, et met au monde Gregorio, drôle de petit bonhomme qui trouve sa voie dans la musique. Malgré les épreuves qui jalonnent leur parcours, Félicita continue à croire au bonheur et à la bonté des humains. Elle s'adapte, faisant feu de tout bois : "Puisque personne ne la trouve jamais, cette terre promise, pourquoi ne pas s'arrêter en route, dès qu'on arrive quelque part où on se sent bien."

Avancer la tête haute, en portant en son sein l'amour des siens, telle est sa terre promise...

"Sa grand-mère avait compris que la terre promise n'était somme toute pas si éloignée de l'endroit où elle avait passé sa vie, et qu'au fond il suffisait d'un petit effort pour franchir les bornes de son univers familier et accéder à un monde extraordinaire, juste à côté."

Cette "stratégie pacifique" portera ses fruits car quelquefois chez Milena Agus, le bonheur est possible en prenant conscience de ses propres limites ...

 

Présentation de l'éditeur : Liana Levi

Du même auteur : Battements d’ailes ♥ ♥ ♥ ; Quand le requin dort ♥ ♥ ♥ ; Sens dessus dessous ♥ ♥ ♥ ♥ 

D'autres avis : Télérama

 

Terres promises, Milena Agus, traduit de l'italien par Marianne Faurobert, mars 2018, 176 p., 15 euros

 

Publié dans Littérature Europe

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Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive de Debi GLIORI

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥ ♥

"Ecoute ma chanson, l'amour ne meurt jamais.

Quoi qu'il arrive, je t'aimerai..."

 

L'auteur :

      Debi Gliori est né à Glasgow et à fait ses études à Edimbourg où elle vit aujourd'hui. Elle a travaillé sur de nombreux livres pour enfants, mais c'est avec Papa Ours qu'elle trouve la consécration. Son personnage lui a valu de nombreux prix dont en 1997 l'Award des livres pour enfants.



La série "Papa Ours" de Debi Gliori est illustrée de dessins tendres et colorés qui accompagnent des textes simples destinés aux tout-petits. Le personnage de Papa Ours deviendra vite un compagnon de lecture pour les enfants.

 

L'histoire :

Petit renard est de très mauvaise humeur,

Il dit que personne ne l'aime.

mais ce n'est pas vrai.

Maman va le rassurer et lui expliquer

que leur amour durera toujours,

quoi qu'il arrive...

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Mon avis :

Petit Renard a besoin d'être rassuré, il a peur tout à coup que l'amour de sa maman ne s'envole. Il veut savoir s'il est vilain, même s'il ressemble à un hanneton, si sa maman l'aimera toujours. Et invariablement, les mots doux de sa maman l'apaise "Je t'aimerai toujours, quoi qu'il arrive". Des mots doux qui illuminent la nuit, qui comblent le vide, qui apaisent les angoisses.

Car si au début de l'histoire, les questions de Petit Renard sont simples , elles se densifient au fur et à mesure, parce qu'elles cachent une angoisse bien plus grande tapie au sein de chaque enfant. La peur d'être abandonné, la peur de ne plus être aimé, la peur de perdre ceux qu'il aime.

"Et si l'amour s'abîme, se casse ou se déchire, pourrais-tu le recoudre, le recoller, le réparer ?"

"Je sais juste que je t'aimerai toujours."

Telle une étoile qui éclaire le ciel la nuit, l'amour maternel est inconditionnel et absolu et illumine la vie de l'enfant.

Les dessins colorés s'accordent parfaitement à cette magnifique histoire d'amour.

je-taimerai-toujours

 

Vous aimerez aussi :

Jeunesse  

 

Je t'aimerai toujours quoi qu'il arrive, Debi Gliori, adaptation française de Marie-France Floury, Gautier Languereau, 2011, 6.90

Publié dans Jeunesse Album

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Ruy Blas de Victor HUGO

Publié le par Hélène

                                      

♥ ♥ ♥

"Oh! s'il est vrai que Dieu, par un prodige étrange

En nous donnant l'amour, voulut mêler en nous

Ce qui fait l'homme grand à ce qui le fait doux."

 

La reine, femme du roi Charles II  s'ennuie loin de son Allemagne natale. 

"Pauvre femme ! passer tous ses jours dans la gêne, 

Au fond de cette cour insipide ! et n'avoir

D'autre distraction que le plaisir de voir,

Au bord de ce marais à  l'eau dormante et plate,

Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !"

Seule distraction dans ses journées mornes, la découverte quotidienne d'un bouquet de ses fleurs préférées sur un banc. Elle apprend rapidement que ce don miraculeux est le fait de Don César, un noble. Ce qu'elle ignore est que celui qui se cache sous les traits de Don César n'est qu'un valet, un "ver de terre amoureux d'une étoile", simple outil de la vengeance d'un grand d'Espagne, Don Salluste, disgracié par la reine. Seuls les sentiments de Ruy Blas sont véritables, tout le reste n'étant que faux semblant visant à discréditer la reine. 

Quel sort subira cet amour impossible qui cherche à s'affranchir des lois sociales ? 

Ruy Blas est un symbole puissant pour le romantique Hugo : héros romantique, il a soif d'idéal et vit son amour fantasmatique dans un lyrisme brûlant. Mais il représente aussi le souffle de la révolte puisque pour l'auteur le peuple doit pouvoir accéder aux plus hautes fonctions de la nation. Ruy Blas incarne ce potentiel révolutionnaire du peuple. Face à une noblesse décadente, la vacance du pouvoir permet tous les espoirs.

Hugo malmène les règles classiques dans ce drame romantique : la règle des trois unités n'est guère respectée, l'alexandrin est disloqué et enfin le grotesque cotoie le sublime, parce que seule cette alliance garantit une représentation fidèle de la vie sous tous ses aspects. 

Un drame romantique aux nombreuses ramifications, puissant et émouvant.

 

Vous aimerez aussi : 

Du même auteur : Préface de Cromwell

Autre : On ne badine pas avec l'amour de Musset

Sur l''auteur : Larousse ; BNF 

Sur l'histoire : http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/ruy-blas/accueil2.html

 

Ruy Blas, Victor Hugo, Belin Gallimard, Classico lycée, 3.55 euros

Je conseille cette édition, parfaite pour les lycéens car elle comporte un dossier complet en fin de volume avec des fiches sur ce qu'il faut retenir. Très didactique.

Publié dans Théâtre

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La remplaçante de Sophie ADRIANSEN et MATHOU

Publié le par Hélène

Marketa et Clovis attendent leur premier enfant avec joie. Mais l'accouchement n'est pas le moment harmonieux rêvé par la jeune maman, et Marketa peine à trouver ses marques face à ce bébé si fragile. Le célèbre instinct maternel tarde à se manifester, et la jeune femme observe désemparée Clovis accomplir les bons gestes qu'elle rêve de faire elle-même. Elle aimerait tant qu'une remplaçante plus compétente et sûre d'elle prenne sa place et ses responsabilités...

Patiemment, Marketa apprend peu à peu à devenir mère et à aimer sa petite Zoé...

Cette Bd s'intéresse enfin au post-partum sans l'idéaliser, avec sensibilité : non, l'accouchement n'est pas toujours le plus beau jour de la vie d'une femme, non, l'allaitement ne va pas de soi, oui, il n'est guère évident de savoir répondre spontanément aux besoins de son enfant, et oui, il est difficile de ré-apprivoiser son corps et sa sexualité. Marketa a néanmoins la chance d'être accompagnée d'un homme attentionné qui bénéficie d'une expérience puisqu'il a déjà des enfants. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, ce qui peut accentuer cette dépression post partum latente... "Chaque année en France plus de 85000 femmes traversent une difficulté maternelle majeure, qui nécessite un suivi psychologique - de quelques semaines à plusieurs mois. Une femme sur dix est concernée. C'est donc une question de santé publique."

Dans son parcours compliqué, Marketa rencontre du personnel soignant quelquefois rébarbatif, expéditif, mais aussi des personnes bienveillantes, prêtes à la rassurer et à répondre à ses angoisses. Son entourage la déculpabilise petit à petit et la valide en tant que mère pour qu'enfin elle se sente légitime.

Pour les autrices, il était important de s'abstraire un moment de l'idéal de la mère parfaite pour montrer une autre réalité : “Je trouvais important de montrer dans la BD que chacune a son propre rythme, chacune a un corps différent et c’est ok”. souligne Sophie Adriansen.

Merci à elles !

 

Du même auteur : Je vous emmène au bout de la ligne  ♥ ♥ (Essai)  Quand nous serons frère et sœur ♥ ♥ ; Grace Kelly ♥ ♥ (bio) ; Max et les poissons ♥ ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Naître et grandir en musique  ♥ ♥ (doct) ; Les grandes jambes  ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; Le syndrôme de la vitre étoilée ♥ ♥ ♥ ♥ ; Linea Nigra ♥ ♥ ;  Ailleurs meilleur ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse) ; L'été du changement ♥ ♥ ♥ (Roman jeunesse)

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Les cris de l'innocente de Unity DOW

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Y a-t-il un monstre qui dort en chacun de nous ? Et si nous sommes tellement paralysés par la peur, si nous n'osons pas affronter ce mal, qui prendra garde aux cris de l'innocente ?"

Amantle désire devenir médecin et elle est envoyée au dispensaire d'un petite village de brousse proche du delta de l'Okavango au Botswana, pour effectuer son service national. Elle reçoit un accueil glacial des infirmières auprès desquelles elle est censée se former et se retrouve à effectuer des rangements. C'est ainsi qu'elle découvre les vêtements couverts de sang d'une petite fille disparue cinq ans plus tôt. A l'époque la disparition avait été classée sans suite, la police prétendant qu'elle avait été attaquée par un lion, mais la découverte de ces vêtements risque de remettre en cause ce verdict, et semble corroborer les soupçons de la famille et du village qui croit à un crime rituel orchestré par des hommes puissants.

Amantle, une jeune femme au caractère bien trempé, décide de chercher elle-même la vérité, aidée par ses amies, même si elle se heurte aux autorités bien décidées à lui mettre des bâtons dans les roues.

L'immersion dans ce petit village est totale, truculente quand il s'agit de décrire la vie du village, mais glaçante quand l'auteure s'en prend aux arcanes du pouvoir corrompues et habitées par le mal à l'état pur. Face à ces puissances, les villageois ont bien peu de poids ! L'auteure est juge à la Cour suprême du Botswana et a rédigé plusieurs rapports sur la condition des femmes et des enfants dans son pays, elle maitrise parfaitement son sujet.

Ce que j'ai moins aimé :

Le personnage de Amantle manquait de subtilité pour moi, elle semble un peu trop sûre d'elle, caricaturale, tout comme ses amies.

D'autres personnages apparaissent un peu tardivement dans l'histoire. La construction aurait pu être mieux maitrisée : pourquoi par exemple cette digression avec la fille d'un des coupables ?

Pour finir, la fin est assez décevante.

Bilan :

Un bon roman si vous voulez découvrir le Botswana mais un roman plus faible en ce qui concerne les personnages et l'intrigue policière.

 

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

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Derniers adieux de Lisa GARDNER

Publié le par Hélène

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♥ ♥

Un thriller efficace

 

L’auteur :

 

Avec ses deux derniers romans Disparue (Albin Michel, 2008) et Survivre (septembre 2009), Lisa Gardner s'est installée en tête des listes de best-sellers aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des grandes dames du roman policier féminin.
Lisa Gardner vit en Nouvelle-Angleterre où elle se consacre entièrement à l'écriture

 

L’histoire :

Est-ce parce qu'elle attend un enfant que l'agent du FBI, Kimberly Quincy, se sent particulièrement concernée par le récit incroyable et terrifiant d'une prostituée enceinte ? Depuis quelques temps, elles sont plusieurs à avoir disparu d'Atlanta sans explication, comme évaporées, et Kimberly est bien la seule à s'en préoccuper.
Un serial killer s'attaquerait-il à ces filles vulnérables ? Aurait-il trouvé la clé du meurtre parfait ou s'agit-il de crimes imaginaires ?
Sans le savoir, la jeune femme s'enfonce dans le piège tendu par un tueur qui s'amuse à rendre bien réel le cauchemar qui hante la plupart des femmes. Comme pour sa mère et sa soeur, victimes autrefois d'un tueur en série, le temps des derniers adieux est peut-être arrivé pour Kimberly.

 

Mon avis :

 

Derniers adieux est un thriller efficace de ceux qu’on ne peut lâcher avant la fin et qui sont bien utiles quand on souhaite plonger tête baissée dans un roman pour s’abstraire du monde extérieur. Mais ses qualités s’arrêtent là, il n’a rien d’original, et est comparable aux romans de Patricia Cornwell ou Mary Higgins Clark (je suis désolée cela fait un bon bout de temps que je ne lis plus de thriller grand public, aussi mes références sont-elles sans doute démodées.)  L’auteur nous offre un véritable page-turner mais la psychologie reste assez sommaire et trop clairement évoquée pour être subtile : comment concilier le rôle de parents tout en travaillant, comment préserver ses enfants du mal omniprésent à chaque coin de rue, comment se remettre d’un drame qui a touché notre enfance… Questions non dénuées d’intérêt mais qui auraient gagné en profondeur si elles n’avaient pas été aussi caricaturalement posées.

 

« Elle songea à un autre article de psychologie qu’elle avait étudié à l’université : la plupart des gens n’ont aucun besoin de la cruauté d’inconnus pour foutre leur vie en l’air : ils sont parfaitement capables de le faire tout seuls. » (p. 306)

 

« Vous vous croyez en sécurité. Classe moyenne, banlieusard, la bonne voiture, la jolie maison. Vous croyez que les malheurs n’arrivent qu’aux autres – par exemple aux abrutis qui vient dans des villages de mobile homes où la population de délinquants sexuels fichés par rapport au nombre d’enfants est parfois de un sur quatre.

Mais pas à vous, jamais à vous. Vous êtres trop bien pour ça.

Est-ce que vous avez un ordinateur ? Parce que dans ce cas, je suis dans la chambre de votre enfant.

Est-ce que vous avez un profil personnel en ligne ? Parce que dans ce cas, je connais le nom de votre enfant, son animal de compagnie et ses loisirs préférés.

Est-ce que vous avez une Webcam ? Parce que dans ce cas, j’essaie en ce moment même de persuader votre fils ou votre fille d’enlever son tee-shirt en échange de cinquante dollars. Juste un tee-shirt. Où est le mal ? Allez, c’est cinquante dollars.

Ecoutez-moi. Je suis le Burgerman.

Et je viens vous prendre. » (p. 371)

 

Les amateurs de roman au suspense intenable apprécieront, quant à ceux qui recherchent des romans plus profonds, vous risquez d’être déçus…

 

Premières phrases :

 

« Il gémissait, un râle du fond de la gorge, et ses doigts resserraient leur étreinte dans les cheveux de la fille. Celle-ci retroussa ses lèvres au-dessus de ses dents et accentua la pression. Les hanches du garçon se soulevèrent et il se mit à proférer le flot habituel d’inepties que les hommes aiment murmurer dans ces moments-là. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : La maison d'à côté de Lisa GARDNER
Autre :
Les lieux infidèles de Tana FRENCH

 

Derniers adieux, Lisa Gardner, traduit de l’anglais (EU) par Cécile Deniard, Albin Michel, septembre 2011, 422 p., 21.50 euros

 

Merci aux Editions Albin Michel.

 

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