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L'immeuble Yacoubian de Alaa EL ASWANY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Dans les années 90, plusieurs habitants se côtoient autour de l'immeuble Yacoubian au cœur du Caire. Là, gravitent Hatem, homosexuel dans une société qui le condamne, Taha, le fils du gardien de l'immeuble, jeune islamiste, Zaki vieil aristocrate, Boussaïna, ex-petite amie de Taha, belle et pauvre, et contrainte de vendre son corps, Azzam... Tous ces personnages constituent un microcosme, miroir de la société égyptienne.

L'Egypte s'incarne sous nos yeux, elle prend vie entre corruption, dictature et injustice sociale, la cause de la décadence du pays étant l'absence de démocratie, et la dictature amenant immanquablement pauvreté, corruption et échecs dans tous les domaines. Les puissants volent chaque jour des millions aux dépens du peuple. Le seul espoir pour obtenir des droits tient dans l'éducation :

"L'éducation et la santé sont des droits naturels pour n'importe quel citoyen du monde, mais en Egypte le régime fait exprès de laisser les pauvres comme toi dans l'ignorance pour pouvoir les voler. Tu vois bien que le gouvernement choisit les policiers de la Sécurité d'Etat parmi les plus pauvres et les plus ignorants des appelés."

Pour l'auteur, écrire tient de l'acte politique, il entremêle avec talent histoires individuelles et histoire politique de son pays.

Dans une interview à France Culture, en 2018, l'auteur disait : «J’ai pu demander à un membre des autorités ce qui justifiait ces entraves. Il m’a répondu : «On a compris que vos livres avaient une réelle influence sur la population.» J’ai reçu une vingtaine de prix littéraires. Mais je dois dire que ces mots-là constituent de loin, la plus belle de toutes les récompenses.»

Présentation de l'éditeur : Actes Sud

Publié dans Littérature Afrique

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Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper LEE adapté et illustré par Fred Fordham

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman devenu culte dans le monde entier, racontant l'histoire de la famille Finch vivant à Maycomb en Alabama dans les années 30 et dont le père avocat décide de défendre un noir accusé du viol d'une blanche. Ses enfants Jem et Scout suivent les évènements, et perdent peu à peu leur innocence d'enfants pour découvrir le monde trouble des adultes. Atticus Finch est un homme exemplaire, prêt à tout pour défendre ses valeurs et les inculquer à ses enfants.

Ce roman graphique donne une nouvelle vie au chef d’œuvre d’Harper Lee couronné par le prix Pulitzer en 1961. L’illustrateur donne un tour très réaliste à son œuvre, il a en effet exploré les lieux qui ont compté pour Harper Lee et a plongé dans sa vie pour mieux comprendre son roman.

Une adaptation réussie pour découvrir ou redécouvir ce magnifique plaidoyer pour le justice ! A offrir, encore et encore !

 

 

Le roman : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Présentation de l'éditeur : Grasset

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L'accordeur de silences de Mia COUTO

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

"Toute sa vie être père fut son unique accomplissement. Et tout bon père affronte la même tentation : garder ses enfants pour soi, hors du monde, loin du temps." p 66

Mwanito vit dans une réserve de chasse isolée, au coeur du Mozambique, là où son père a souhaité qu'ils se retirent pour fuir le monde et ses turpitudes. Son père, Silvestre Vitalicio a rebaptisé ce bout de terre Jérusalem, là où Jésus devrait se décrucifier et ce père proche de la folie leur dit que le monde a disparu et qu'ils sont les derniers survivants. Ils vivent avec le frère de Mwanito, Ntunzi, le domestique Zacaria Kalash, l'oncle Aproximado qui garde le portail, et l'ânesse Jézibela.

Ce que j'ai aimé :

Le monde fictif créé par l'auteur est très riche, singulier, et plonger en son sein est une expérience en soi, jalonnée de réflexions profondes qui remuent en nous des instincts primitifs.

Ce que j'ai moins aimé :

Le fond du récit reste très sombre, et certaines scènes peuvent être dérangeantes. La vision de l'auteur est plutôt désenchantée.

"Aucun gouvernement au monde ne commande davantage que la peur et la culpabilité."

Bilan :

Un récit troublant...

Présentation de l'éditeur : Editions Métailié

Publié dans Littérature Afrique

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Le sourire du scorpion de Patrice GAIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Tom, sa soeur jumelle Luna et leurs parents s'engagent dans les gorges de la Tara au Monténégro en raft accompagné de leur guide serbe Goran. Les paysages sont à couper le souffle et pourtant, une tension ne tarde pas à se faire ressentir. Quand des pluies diluviennes s'en mêlent, le drame n'est pas loin...

Tom doit alors s'adapter à un nouveau monde chancelant, le deuil, la solitude. Il avance dans le chaos, et finit par comprendre que le drame n'était pas un hasard...

Ce court roman est doté d'une force dramatique parfaitement maitrisée, avec une tension grandissant crescendo jusqu'à atteindre son point d'orgue lors d'une fin frappante. De même, l'auteur fait montre d'un parfait équilibre entre la beauté du pays, les paysages grandioses, et les êtres qui peinent à trouver leur place dans ces grands espaces isolés.

Le sourire du scorpion est un roman à l'atmosphère particulière, peut-être un peu lent pour ceux qui attendraient un roman policier haletant, mais il reste marquant !

Du même auteur : Terres fauves
Présentation de l'éditeur : Le livre de poche

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Moi, Tituba sorcière de Maryse CONDE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

Tituba est née à la Barbade, elle est fille l'esclave Abena violée par un marin anglais à bord d'un vaisseau négrier. Très tôt, elles est initiée aux pouvoirs surnaturels par Man Yaya, guérisseuse et faiseuse de sorts. Malgré les mauvaises prédictions, elle se marie avec John l'Indien qui l'entraine à Boston, puis à Salem auprès du pasteur Parris, au sein d'une petite communauté puritaine. C'est là, qu'a lieu en 1692 le célèbre procès des sorcières de Salem et que Tituba sera arrêtée et oubliée dans sa prison. Maryse Condé imagine ensuite la suite de ce personnage historique réel, souhaitant rendre justice à cette femme victime des préjugés.

En effet, pourquoi tacher d'opprobre ces femmes ? : "La faculté de communiquer avec les invisibles, de garder un lien constant avec les disparus, de soigner, de guérir n'est-elle pas une grâce supérieure de nature à inspirer respect, admiration et gratitude ? En conséquence, la sorcière, si on veut nommer ainsi celle qui possède cette grâce, ne devrait-elle pas être choyée et révérée au lieu d'être crainte ?"

Tituba communique ainsi avec ceux qui ne sont plus - même si elle n'écoute pas toujours leurs conseils en ce qui concerne les hommes, poussant sa mère à déplorer : "Pourquoi les femmes ne peuvent elles se passer des hommes ?" Elle relie deux mondes et ce don est effectivement plus de l'ordre de la grâce que d'une connivence diabolique...

Maryse Condé nous invite à relire l'histoire sous un angle plus humain et à nous révolter contre le sort réservé aux noirs et, plus largement, à tous ceux qui menacent l'équilibre des forces au pouvoir...

Un essentiel !

Présentation de l'éditeur : Folio

Du même auteur : Le cœur à rire et à pleurer, contes vrais de mon enfance ♥ ♥ ♥ ; Mets et merveilles ♥ ♥ ♥

Sur le même sujet : Les sorcières de Salem de Arthur Miller 

Publié dans Littérature Antilles

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Le plâtrier siffleur de Christian BOBIN

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥

"Il est possible que, par l'attention aux choses menues, très simples, très pauvres, je trouve peut-être ma place dans ce monde." (p. 6)

Que signifie habiter poétiquement le monde ? Christian Bobin s'interroge ici et livre ses réponses, pour peut-être, enfin, mieux vivre et regarder le monde en paix... Il vante les vertus de la contemplation, et appelle cet homme perdu dans notre monde à regarder et comprendre le monde comme un enfant le ferait, en toute innocence, prêt à être réceptif à ce qui s'offre...

"Ce texte est issu d’une conversation dans la forêt. Il a pour auteur les sapins austères et les fougères lumineuses. Il y est question, mieux que dans un salon, de nos manières de vivre, c’est-à-dire de perdre. Le nom merveilleux de cette perte est la poésie – ou si l’on veut : l’humain."

Présentation de l'éditeur : Editions Poésis

Du même auteur : Les ruines du ciel   ; La part manquante ; L’homme-joie ♥ ;  Eloge du rien ♥ ♥ ♥ ; La dame blanche ♥ ♥ ♥ ; La grande vie ♥ ♥ ; L'épuisement  ♥ ♥ ♥ ♥ ; L'inespérée ♥ ♥ ♥ ; Le plâtrier siffleur ♥ ♥ ♥ 

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Marius de Marcel PAGNOL

Publié le par Hélène

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«Le jour où on fera danser les couillons tu ne seras pas à l'orchestre»

Sur le port de Marseille, dans les années vingt, Marius, le fils de César, le seconde au Bar de la Marine. Il courtise la jeune Fanny, la petite marchande de coquillages, mais il écoute aussi attentivement les récits de ceux qui reviennent du bout du monde, fasciné par ces lointaines destinations. Partagé entre son amour pour Fanny et son appel de la mer, il devra irrémédiablement faire un choix...

« Vers 1925, parce que je me sentais exilé à Paris, je m’aperçus que j’aimais Marseille et je voulus exprimer cette amitié en écrivant une pièce marseillaise." dira Marcel Pagnol. Hommage à Marseille, la pièce célèbre cette atmosphère si particulière aux accents chantants dans des dialogues truculents :

"César : Tu es tout le portrait de ton oncle Emile. Celui-là ne passait jamais au soleil parce que ça le fatiguait de traîner son ombre. Tu es un rêvasseur, voilà ce que tu es. Un rêvasseur. Tu ne sais même pas doser un cinzano-cassis ou un mandarin-citron. Tu n'en fais pas deux pareils.
Marius : Comme les clients n'en boivent qu'un à la fois, ils ne peuvent pas comparer."

La tendresse affleure à chaque réplique :

"Marius : Je t'aime bien
César : Mais moi aussi, je t'aime bien. Pourquoi me dis-tu ça ?
Marius : Parce que je vois que tu t'occupes de moi, que tu te fais du souci pour moi. Et alors, ça me fait penser que je t'aime bien.
César : Mais bien sûr, grand imbécile ! "

Cette pièce rencontrera un immense succès, notamment grâce à la célèbre scène de la partie de cartes, que Pagnol avait coupée en répétitions, mais remise en avant par Raimu. Elle fait partie d'une trilogie et précède Fanny et César

Un classique à redécouvrir !

Publié dans Théâtre

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L'autre femme de Mercedes ROSENDE

Publié le par Hélène

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Ursula Lopez est une quadragénaire obèse qui vit dans le vieux centre de Montevideo, en Uruguay. Elle traine ses kilos et son désœuvrement, se plaint de sa voisine qui marche avec ses talons, envie sa sœur si mince et si riche, jusqu'au jour où son quotidien est bouleversé : elle reçoit un appel d'un certain German qui prétend détenir son mari en otage contre rançon. Sauf que Ursula n'a pas de mari.. Avide de rompre sa routine, Ursula décide néanmoins de se glisser dans la peau de son homonyme, la femme d'un riche homme d'affaires.

Elle prend son nouveau rôle au sérieux, enchantée de pouvoir se couler dans la peau d'une autre plus riche, elle qui aime le monde secret des autres "Je suis attirée par les facettes que les gens ne montrent pas. J'aime les regarder quand ils ne me voient pas. Les voir agir sans qu'ils se sentent observés. Les voir quand ils ne font pas semblant, quand ils ne savent pas qu'on les observe."

Ce personnage principal est à la fois sympathique et antipathique, manipulatrice de talent, elle gagne en profondeur au fur et à mesure, au début semble elle apparait obsédée par son poids et le sexe, mais peu à peu son passé se révèle et son personnage gagne en épaisseur, preuve supplémentaire que les êtres humains sont rarement ce qu'ils paraissent...

Une belle découverte !

Présentation de l'éditeur : Quidam éditeur

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La voisine de Yewande OMOTOSO

Publié le par Hélène

♥ ♥

Hortensia et Marion, toutes deux octogénaires, sont voisines dans une banlieue chic du Cap. Hortensia, la seule propriétaire noire du quartier, vient de perdre son mari qui la laisse sans enfants, tandis que Marion est à la tête d'une famille nombreuse. Les deux femmes se vouent une haine sans égale que va exacerber un conflit autour des droits d'une famille noire sur un terrain acquis par des vignerons néerlandais. Mais contre toute attente, les deux rivales devront cohabiter quand les ennuis s'amoncelleront au-dessus de leurs têtes : Marion sera rattrapée par les dettes de son mari, l'autre par les frasques de son mari.

Ce que j'ai aimé :

Petit à petit les incursions dans le passé des deux femmes permet d'éclairer le présent et leur caractère bien trempé. La tolérance finit par percer derrière les façades fissurées de vies mouvementées.

Ce que j'ai moins aimé :

Roman assez lent, et il est difficile de s'attacher aux personnages relativement antipathiques.

Bilan :

Ce roman offre un portrait vif de l'Afrique du sud contemporaine mettant en perspective la question de l'apartheid. Il permet de repenser son rapport à autrui... « Je pense que ce sont les gens qui peuvent faire changer les choses, conclut Yewande Omotoso. Et que les lecteurs font accélérer le mouvement. »

 

Présentation de l'éditeur : Editions Zoé

Publié dans Littérature Afrique

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L'amitié est un cadeau à se faire de William BOYLE

Publié le par Hélène

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"Un ami est un cadeau qu'on s'offre à soi-même" Robert Louis Stevenson

Rena Ruggiero est la veuve d'un célèbre mafioso de Brooklyn et rares sont ceux qui osent l'approcher de trop près... Mais son voisin octogénaire ne s'embarrasse pas de ces détails et lui fait des avances plus que pressantes si bien que Rena doit se défendre à coups de cendrier pour échapper à sa libido. Pensant le laisser pour mort, elle s'enfuit en "empruntant" sa voiture pour se rendre chez sa fille Adrienne. Mais celle-ci lui claque la porte au nez et Rena trouve refuge chez sa voisine Lacey Wolfstein, ancienne star du porno. Tout se complique quand Richie, amant d'Adrienne et tueur de la mafia décide d'éliminer des rivaux pour récupérer leur argent. Lucia, la petit fille de Rena récupère l'argent et rapidement, accompagnée de Rena et Lacey, elle doit fuir pour éviter les ennuis... Mais avouons-le, les ennuis ne font que commencer...

Ce road-movie endiablé met en valeur ces femmes atypiques, douées d'une personnalité de battantes, qu'il s'agisse de Rena, mais aussi de sa petite-fille bien décidée à retrouver son père et à garder le pactole de son beau-père. Ensemble, elles avancent résolument, quoiqu'il arrive, sans un regard en arrière, parce que "On est tous des épaves qui avons pas dit notre dernier mot. Tant que c'est pas mort, ça peut être réparé."

Un beau roman tonitruant !

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : Gravesend ♥ ♥ (policier)

Mois de mars : Girl Power

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