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Tranches poétiques

Publié le par Hélène

Si vous aimez les livres, vous avez sans doute suivi le challenge Tranches poétiques sur les réseaux sociaux : le but étant d'empiler des livres pour créer un poème (ou un message) avec leurs titres. Lancé par la communauté Facebook “Improbables Librairies, Improbables Bibliothèques” le 24 avril dernier, ce challenge m'a conquise, je vous livre donc ici mes quelques participations : 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Divers

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Jours de juin de Julia GLASS

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Après la mort de sa femme, Paul participe à un voyage organisé en Grèce pour changer d'environnement. Il renait alors à la vie dans ce décor lumineux, et se remémore sa femme, leurs enfants, Fenno, l'aîné homosexuel, libraire à NY, et les jumeaux, inséparables. Six ans plus tard Fenno prend la parole après la mort de Paul. Il évoque sa vie New yorkaise et le lien particulier qui le relie à Mal, un jeune homme atteint du sida.

La première partie du roman est très forte, Paul baignée par la lumière grecque renaît au désir tout en évoquant sa famille, cette famille qui fut toute sa vie et de laquelle il commence seulement à s'émanciper. Il effleure les secrets de chacun, les incompréhensions, les éclairs joyeux, tous ces petits riens qui créent un monde. La deuxième partie est plus noire, alternant entre le présent et l'organisation des funérailles de Paul, prétexte au rassemblement de la fratrie, et l'histoire de Fenno, dans ces années sida.  Quant à la dernière partie, je n'ai pas bien compris son intérêt, elle met en scène divers personnages rencontrés lors du roman et je n'avais pas même fait le rapprochement entre la jeune femme rencontré rapidement par Paul au début du roman et cette Fern enceinte à la fin du roman.

Il n'en reste pas moins qu'excepté cette réserve concernant cette dernière partie, ce roman porte un regard aigu sur les relations familiales, sur la mort et son acceptation, sur le rôle de parents, et offre un regard tendre et acéré à la fois sur nos familles contemporaines.

D'autres avis : Babélio

 

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Vanina Vanini de STENDHAL

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Cette nouvelle raconte l'histoire de la belle Vanina Vanini, princesse fière de 19 ans à qui l'on destine un prince qui l'ennuie profondément. Elle tombe amoureuse de Pietro Missirilli, un carbonero qui s'est évadé de prison. Mais si le jeune homme tombe aussi amoureux d'elle, il est entièrement dédié à sa cause, la lutte pour sa patrie.

Vanina est une jeune femme romantique au caractère impulsif, elle est prête à tout pour son amant, mais souhaite en retour un amour exclusif. Pietro lui ressemble, il brave les interdits pour ce qu'il aime, et les deux jeunes gens sont faits pour se rencontrer. Seulement les rets de l'histoire risquent de les séparer.

Parue en 1829, cette nouvelle rappelle l'accointance de Stendhal avec la cause des carbonaristes, chère à Pietro, qui prône l'unification de l'Italie et des idées anticléricales et libérales. Le récit, ramassé, nous emporte au coeur de ces passions dévorantes.

Un récit facilement accessible, à découvrir en accès libre.

 

Du même auteur : Le rouge et le noir

 

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GrassKings de Matt KINDT et Tyler JENKINS tome 1

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Au sein de Grass Kingdom, se cotoient différents destins, dans une harmonie précaire. C'est là que vivent Robert et Bruce, qui dirigent plus ou moins leur territoire, en marge de Cargill, la ville voisine régie par le shérif Humbert.

Quand une jeune fille se réfugie sur leur territoire, l'ordre est bousculé. Si Robert l'accueille, c'est à ses risques et périls. Mais il voit en la jeune femme sa fille, disparue des années auparavant et prend le risque de la protéger, quelle que soit son identité.

Cette lutte de territoires se double d'un suspens lié à la disparition de la fille de Robert, non résolue, et dont le suspect pourrait être plus près que prévu...

Les dessins sont magnifiques, apportant une douceur qui tranche avec la violence de l'intrigue.

Une belle réussite en lice pour le prix SNCF du polar 2020

 

Présentation de l'éditeur : Futuropolis

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Déception et abandon du mois

Publié le par Hélène

Comment j'ai raté mes vacances de Geoff Nicholson

À propos : « Ne vous inquiétez pas, messieurs les policiers, je peux tout expliquer... » Votre vie peut basculer très vite, même en vacances ! Motivé par une crise existentielle, Eric a décidé de goûter aux délices du camping-caravaning en famille. Malgré une tenace bonne volonté et un goût modéré pour l'imprévu, les événements déroutants et effrayants s'enchaînent. Sa femme est prise de pulsions sexuelles irrépressibles, sa fille traverse une crise de mysticisme et son fils retourne à l'état sauvage. Viennent s'ajouter à cette tribu déjantée des vacances loufoques, un policier cinglé et des corps sans tête.

Mon avis : le récit se veut drôle mais j'ai à peine souri face à ces situations décalées entre sa fille prise d'une crise de mysticisme, sa femme et ses pulsions sexuelles, son fils qui retourne à l'état de nature, et je vous passe les détails de la deuxième partie, graveleux et farfelus à souhait !

Présentation de l'éditeur : Pavillons poche

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Celui qui n'aimait pas lire de Mikaël OLLIVIER

Publié le par Hélène

♥ ♥

D'abord, je tiens à préciser que la quatrième de couverture et le titre sont trompeurs -scandaleusement trompeurs dirait mon fils. En effet, je cherchais un roman autobiographique pour lui -qui à l'époque devait encore passer un oral de brevet sur l'autobiographie en fin d'année - , et comme il est difficile de le faire lire, je me suis dit que ce titre lui convenait bien. La quatrième de couverture a fini de me convaincre, le livre semblant bénéficier d'une intrigue digne de ce nom : qu'arriverait-il si on privait les enfants de lecture. Je pensais que cela aller captiver mon jeune lecteur, et qui sait - ô espoir suprême de sa mère passionnément lectrice - déclencher un amour pour la lecture.

Point du tout. Il n'a rien compris. Il m'a accusé de l'avoir -scandaleusement - roulé puisque l'auteur parle de livres et de littérature pendant tout le livre. Devant tant de résistance, j'ai décidé de le lire aussi pour me faire mon propre avis.

Effectivement, l'auteur adulte devenu écrivain et passionné de lecture nous explique comment il détestait les livres étant adolescent, mais comme son point de vue d'adulte éclaire rétrospectivement la scène, chaque page est un hymne à la littérature et à l'art en général.

Point d'intrigue passionnante, juste un récit autobiographique à l'écriture fluide, certes, mais non pas marquante.

Force m'est donc de rejoindre l'avis de mon fils.

Depuis il lit L'ami retrouvé. En espérant que cela fonctionne mieux...
 

Présentation de l'éditeur : La Martinière jeunesse

D'autres avis : Babélio

Publié dans Jeunesse Roman

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Turcaret de LESAGE

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥

Turcaret est un ancien domestique devenu un riche financier. Il en profite pour tromper son monde sans scrupules. Il est tout dévoué à une Baronne à qui il offre sa prodigalité, mais celle-ci est elle -même amoureuse d'une jeune et fringant chevalier.

Cette comédie enlevée est digne de celles offertes par Molière. Finalement, tout le monde est lésé, les tromperies sont réciproques, les défauts de chacun leur vaudront une leçon.

"J’admire le train de la vie humaine. Nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d’affaires, l’homme d’affaires en pille d’autres : cela fait un ricochet de fourberies le plus plaisant du monde. "

Lesage en profite pour faire la satire des fortunes improvisées, il critique âprement les usuriers dans une comédie au rythme dynamique et aux répliques cinglantes.

Une agréable découverte !
 

Du même auteur : Le diable boiteux

Publié dans Théâtre

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Désert solitaire de Edward ABBEY

Publié le par Hélène

♥ ♥ ♥ ♥ 

À la fin des années 1950,Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein cœur du désert de l'Utah. ses compagnons sont les souris, les serpents à sonnette et cette immensité sauvage qui s'offre à lui. Le jeune Edward plonge au fond des canyons, traque des chevaux fantômatiques, s'engage sur le fleuve sur un canot pneumatique ou part en expédition dans les montagnes ou dans le Dédale, profitant pleinement de la beauté que lui offre ce monde.

"Si l'imagination de l'homme n'était si faible, si aisément épuisée, si sa capacité à s'émerveiller n'était si limitée, il abandonnerait à jamais ce genre de rêverie sur le surnaturel. Il apprendrait à voir dans l'eau, les feuilles et le silence plus qu'il n'en faut d'absolu et de merveilleux, plus qu'il n'en faut de tout ça pour le consoler de la perte de ses anciens rêves."

Les touristes sont encore rares, mais le tourisme de masse est en marche avec sa manie de tout bitumer.

Considéré comme un classique du Nature Writing, ce magnifique récit nous invite à regarder d'un autre oeil ce qui nous entoure, il nous alerte sur la ruine industrielle, le tourisme de masse, nous enjoint à limiter notre empreinte carbone, mais surtout, nous encourage à nous abandonner et à contempler cette nature millénaire qui a tant à nous apprendre. Se fondre en elle pour nous souvenir de qui nous sommes...

"Non, la nature sauvage n'est pas un luxe mais un besoin fondamental de l'esprit humain, aussi vital pour l'homme que l'eau et le bon pain. Une civilisation qui détruit le peur qu'il reste de sauvage, de vierge, d'originel, se coupe elle-même de ses origines et trahit le principe même de civilisation."

Présentation de l'éditeur : Gallmeister

Du même auteur : Le gang de la clé à molette

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Nitrox de Pierre GOBINET

Publié le par Hélène

♥ ♥

Alors qu'il travaille dans une gendarmerie dans le Nord, Nash Gopler décide de tout plaquer pour se devenir moniteur de plongée sous-marine. Son responsable accepte, à la seule condition de choisir son centre de formation pour moniteur : il l'envoie ainsi à Cannes. Nash se plie à sa volonté, même s'il rêve bien évidemment des Maldives ou des Bahamas. Dans son centre de formation, il fait la connaissance de la ténébreuse Samar, libanaise, elle aussi en formation. Il comprend alors que ce n'est pas un hasard si son chef a choisi ce centre de formation...

Ce que j'ai aimé : l'idée originale de planter son intrigue dans le milieu de la plongée, somme toute peu exploitée en littérature.

Ce que j'ai moins aimé :

- L'intrigue est un peu embrouillée, elle se perd en route, alors qu'elle démarrait bien;

- L'auteur semble hésiter entre roman d'espionnage, thriller, et ce brouillage des genres donne l'impression qu'il perd de vue son projet initial au fil des pages.

Bilan : Un auteur prometteur.

 

Présentation de l'éditeur : Seuil

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Indiana de George SAND

Publié le par Hélène

♥ ♥

Indiana est une jeune femme mariée à un mari autoritaire et colérique, le colonel Delmare, et elle ne peut compter que sur le soutien de son ami d'enfance, Ralph. Elle mène une vie terne, jusqu'au jour où sa route croise celle de Raymon, séducteur invétéré. La jeune femme innocente se laisse prendre dans ses rets tant elle a besoin de se sentir vivre et palpiter.

Indiana est le premier roman de George Sand et à travers cette héroïne, elle peint la situation des femmes dans cette société du XIXème, entre un mariage décevant aliénant et un amant tout aussi décevant. La jeune Indiana est enfermée dans ses relations, mais elle se rend compte que sans les hommes, elle n'est rien. Ses tentatives de rébellion seront vite étouffées.

« Ainsi, je le répète, j’ai écrit Indiana, et j’ai dû l’écrire ; j’ai cédé à un instinct puissant de plainte et de reproche que Dieu avait mis en moi, Dieu qui ne fait rien d’inutile, pas même les plus chétifs êtres, et qui intervient dans les plus petites causes aussi bien que dans les grandes. Mais quoi ! celle que je défendais est-elle donc si petite ? C’est celle de la moitié du genre humain, c’est celle du genre humain tout entier ; car le malheur de la femme entraîne celui de l’homme, comme celui de l’esclave entraîne celui du maître, et j’ai cherché à le montrer dans Indiana. On a dit que c’était une cause individuelle que je plaidais ; comme si, à supposer qu’un sentiment personnel m’eût animé, j’eusse été le seul être infortuné dans cette humanité paisible et radieuse ! Assez de cris de douleur et de sympathie ont répondu au mien pour que je sache maintenant à quoi m’en tenir sur la suprême félicité d’autrui.
Je ne crois pas avoir jamais rien écrit sous l’influence d’une passion égoïste ; je n’ai même jamais songé à m’en défendre. Ceux qui m’ont lu sans prévention comprennent que j’ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, il est vrai, mais profond et légitime, de l’injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l’existence de la femme dans le mariage, dans la famille et la société. Je n’avais point à faire un traité de jurisprudence, mais à guerroyer contre l’opinion ; car c’est elle qui retarde ou prépare les améliorations sociales. La guerre sera longue et rude ; mais je ne suis ni le premier, ni le seul, ni le dernier champion d’une si belle cause, et je la défendrai tant qu’il me restera un souffle de vie. » préface de 1842

Les rares moments de bonheur connus par Indiana seront dans la nature, sur son île natale, l'île Bourbon, prétexte à des passages lyriques au romantisme brûlant.

Ce que j'ai moins aimé :

- Trop centré sur les émois et la naïveté de la jeune femme et sur les manigances de Raymon

- Aucun des personnages n'est réellement sympathique, Indiana trop frêle, Ralph trop effacé et hypocrite, Raymon trop fougueux et Delmare empli d'une violence sous jacente.

 

Présentation de l'éditeur : Folio

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