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Ikebukuro West Gate Park de Ira ISHIDA

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

 

L’auteur :

 

Ishida Ira est un auteur japonais. En 1997, le premier volume d’Ikebukuro West Gate Park se voit décerner le prix Orû Yomimono, grand prix de littérature policière. Depuis, l’auteur a publié de nombreux romans dont les deux volumes suivants d’Ikebukuro West Gate Park, et obtenu de nombreux autres prix littéraires.

 

L’histoire :

 

Bienvenue à Ikebukuro Park. Dans ce square ouvert aux aventuriers urbains, à la sortie ouest de la gare d’Ikebukuro, se croisent les filles en minijupe et les musiciens en herbe jusque tard dans la nuit. C’est là que Makoto et sa bande d’amis ont établi leur QG. Makoto a dix-neuf ans, il habite seul avec sa mère. C’est un trouble shooter, un « solutionneur d’embrouilles ». Des embrouilles, il n’en manque pas dans ce quartier où se rencontrent gamins à la dérive, yakuzas, filles perdues et clandestins dans le Japon de l’envers. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          Ikebukuro West Gate Park est composé de plusieurs histoires qui ont toutes en commun le jeune Makoto, un jeune homme satellite, vivant comme à l’extérieur du monde qu’il décrit, et aimant porter secours à ceux qui réclament son aide.

 

Il nous conte ses aventures dans un Japon moderne, dans une ville gangrenée par les luttes de clans, et hantée par des personnes pauvres, rongées par la solitude. La lumière qui émane de ce roman est comme crépusculaire,  et l’on ne sait si tout va sombrer dans la nuit ou si un autre jour plus lumineux va s’épanouir. Makoto est une sorte d’ange gardien des habitants, un justicier intelligent qui fait le lien entre les solitudes.

 

« Un petit problème, et hop on nouait des liens, on recevait et on donnait des étincelles qu’on n’oublierait pas. » (p. 149)

 

« Ne pas considérer les êtres humains en bloc, ne pas les réduire à des statistiques. Les règles de base étaient les mêmes, qu’il s’agisse de pondre une chronique, d’écouter les gens raconter leur histoire, ou même de traquer un criminel complètement taré. » ( p. 262)

 

La pauvreté et son corollaire, le pouvoir destructeur de l’argent et du système économique sont des thèmes récurrents au fil des histoires :

 

 « Devenir adulte dans ce monde, c’est sans doute devenir le dernier client de l’histoire de l’humanité. Acheter sans cesse des choses, pour les balancer dans un cœur vide. Haïr les centres commerciaux, ne plus pouvoir supporter la solitude du shopping, et continuer à arpenter les mêmes allées lumineuses parce que vous n’avez nulle part ailleurs où aller. En écoutant le chant des sirènes qui s’élève de cet amoncellement de produits. » (p. 79)

 

Makoto est un être qui prône la simplicité, aussi bien dans ses relations avec les autres que dans son rapport au monde :

 

« Quand j’ai fini de tenir la boutique, je me rends seul au Square Ouest, là où les ormes commencent enfin à perdre leurs feuilles. Banc inconfortable, fontaine inutile, sculptures sans signification. Par-dessus le marché, un vent qui commence à se faire frisquet, et les super bruits de la ville. Et quand je lève les yeux, dans les interstices des immeubles, un ciel d’automne indéfiniment bleu.

C’est gratuit, offert à tout le monde. » (p. 298)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          J’ai été quelque peu lassée par le côté « super-héros » de Makoto, qui,  quoi qu’il advienne réussit toujours intelligemment à résoudre les intrigues qui se posent à lui. Je n’aurais peut-être pas dû lire les deux tomes à la suite…

 

Premières phrases :

 

« J’ai un autocollant de photomaton sous mon portable. Un autocollant défraîchi où on nous voit tous les cinq nous bousculer dans un cadre étroit. Le motif du fond ? Une jungle verte. Des singes vulgaires se trémoussent en quêtant une banane. Rien qui différencie leur monde du nôtre. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Park life de Shuichi YOSHIDA

 

Ikebukuro West Gate Park, ISHIDA Ira, traduit du japonais par Anne Bayard-Sakai, Picquier poche, 8.50 euros le tome I, 7 euros le tome II

 

Merci à Isabelle LACROZE des Editions Picquier.

Publié dans Littérature Asie

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Au pays des hommes de Hisham MATAR

Publié le par Hélène

                                           au pays des hommes

♥ ♥ ♥ ♥

 

L’auteur :

 Hisham Matar est né de parents libyens à New York et a passé son enfance en Amérique où son père travaillait pour la délégation libyenne de l’ONU. Sa famille est rentrée à Tripoli lorsqu’il avait 3 ans, il y a alors passé le reste de son enfance. Son père fut arrêté sous le régime Khadaffi et accusé de trahison, ils furent alors obligés de quitter la Libye et de s'exiler d'abord en Egypte au Caire où lui et son frère ont terminé leurs études, puis en Angleterre où il termina ses études et devint architecte.

En 1980, son père, toujours considéré comme dissident par le régime Khadaffi, est kidnappé et rapatrié vers la Libye. Il est d'abord porté disparu, puis en 1986, la faille reçoit deux lettres de sa main qui les informe qu'il est prisonnier dans la prison Abu-Salid de Tripoli. Depuis, plus de nouvelles...

Hisham Matar a commencé par écrire de la poésie et du théâtre. Il a commencé à écrire son premier roman en 2000 'Au Pays des Hommes' qui fut dans la shortlist pour le Booker en 2006.

 

L’histoire :

Tripoli, 1979. La société libyenne étouffe sous le régime autoritaire du colonel Kadhafi mais le jeune Suleiman, neuf ans, a bien d’autres soucis : il s’ennuie sous l’écrasante chaleur estivale. Son père est absent, on le dit en voyage d’affaires. Sa mère, adorée, crainte, erre dans la demeure, de plus en plus souvent ivre, et délire jusqu’à épuisement. Tout est murmure, tout est secret, tout est hostilité.

Mais bientôt le monde du petit Suleiman bascule : en plein centre-ville, un matin, il aperçoit Baba, son père, caché derrière d’épaisses lunettes noires. Pas un signe, pas un geste, l’homme les ignore, sa mère et lui.

Subtilement, la peur et le doute s’installent dans la vie de Suleiman. Qui sont ces hommes en armes qui viennent fouiller la maison ? Pourquoi le père de Karim, son meilleur ami, est-il emmené par la police ? Comment se fait-il que sa mère brûle un à un les livres de la bibliothèque, jusqu’alors véritable trésor familial ?

 

Ce que j’ai aimé :

J’ai repéré ce roman dans un article de Courrier International qui pointait les romans capables de nous en apprendre davantage sur un pays qu’un documentaire. Et en cela, ce roman est effectivement remarquable. En choisissant d’adopter le point de vue du jeune Suleiman, l’auteur parvient à créer une tension implicite plus forte que toutes les explications. Le lecteur adulte peut combler à sa manière les blancs inhérents à l’histoire et découvrir ainsi de multiples ramifications à ce roman qui ne parle pas seulement de la Libye de Kadhafi et des régimes totalitaires, mais qui interroge aussi le courage, la traîtrise, l’amour d’une mère. Il évite le pathos toujours grâce au point de vue de cet enfant un brin égoïste, qui aimerait être le centre du monde, mais sent qu’on lui cache des choses importantes.

 

« De la sollicitude. Je pense que c’est ce que je cherchais désespérément. Une sollicitude chaude, stable, immuable. En un temps de sang et de larmes, dans une Libye pleine d’hommes couverts d’hématomes et maculés d’urine, taraudée par le manque et désireuse de se libérer, j’étais cet enfant ridicule en quête e sollicitude. Et même si je n’y songeais pas en ces termes à l’époque, l’auto-apitoiement avait viré à la détestation de soi. » (p. 227)

 

Si bien que pages après pages, ce roman réussit le rare challenge de devenir universel, et de s’intégrer majestueusement dans la lignée des chefs d’œuvre de la littérature.

 

 Ce que j’ai moins aimé :

 -Rien.

  

Premières phrases :

 « Je me souviens à présent de ce dernier été, c’était avant que l’on ne m’envoie loin d’ici. Nous étions en 1979 et le soleil noyait tout. Tripoli s’étendait au-dessous, éclatante et immobile. Tous les humains, les animaux, les fourmis se mettaient désespérément en quête d’ombre, de ces rares taches grises et miséricordieuses sculptées dans toute cette blancheur. »

 

Vous aimerez aussi :

 Disgrâce de J.M. COETZEE

 

D’autres avis :

 Lecture commune avec A girl from earth

RFI

 

Au pays des hommes, Hisham MATAR, traduit de l’anglais par JF HEL GUEDJ, Denoël et d’ailleurs, 2007, 329 p., 20 euros

 

defi Afrika Choupynette

Publié dans Littérature Afrique

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Lectures de l'été

Publié le par Hélène

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Pour mieux connaître votre destination :

 

Localisation géographique

 

Pour voyager léger :

 

Point 2

 

Pour vous réconforter si vous n'êtes pas partis à l'autre bout du monde :

 

Le koala tueur de Kenneth COOK

 

La vierge froide et autres racontars de Jorn RIEL

 

Des romans policiers pour frissonner sous 40° :

 

Comme deux gouttes d’eau de Tana FRENCH

 

Je voudrais que cela ne finisse jamais de Ake EDWARDSON

 

La rivière de sang de Jim TENUTO

 

Pour faire monter la température de vos vacances :

 

Chocolat amer de Laura ESQUIVEL

 

Le mardi c'est permis

 

Quelques sagas :

 

Comme le dernier tome des Chroniques de San francisco vient de sortir, profitez de votre été pour reprendre tout à zéro et relire les premiers tomes...: Mary Ann en automne, Chroniques de San Francisco, tome 8 de Armistead MAUPIN

 

La tendresse des loups de Stef PENNEY

 

La saga des émigrants de Vilhelm MOBERG

 

 

 

Et bien sûr, pour ceux qui me connaissent, ma sélection ne serait pas complète sans :

 

La patience des buffles sous la pluie de David THOMAS (en plus il vient de sortir en poche, n'hésitez plus...)

 

Bonnes vacances à tous...

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Les poissons ne connaissent pas l’adultère de Carl ADERHOLD

Publié le par Hélène

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Une comédie décevante...

  

L’auteur :

 

Carl Aderhold est né à Decazeville (Aveyron) en 1963. Fils de comédiens, il a poursuivi des études d’histoire. Il a plus particulièrement étudié la littérature du XVIIIe siècle. Il est directeur éditorial chez Larousse dans le domaine des sciences humaines.

 

L’histoire :

 

Sauter dans un train, un matin. Tout quitter. À l’aube de ses quarante ans, une femme monte dans le Corail pour Toulouse et s’installe dans le premier compartiment venu. Il a suffi d’une séance de relooking, cadeau de ses copines, pour que tout son univers s’effondre : son pavillon de banlieue, son mari, sa fille, son emploi de caissière. Pour mieux marquer le début de sa nouvelle vie, elle change de prénom : Julia, comme Julia Roberts, son actrice préférée. Chaque gare de la ligne est une étape vers la liberté. Comme par contagion, tous les passagers qu’elle croise sont eux aussi emportés : Colette, la vieille dame, amoureuse de deux hommes, Germinal Serna, le contrôleur anarchiste, le Happy Days Band, la chorale déjantée, le sourd-muet, embarqué malgré lui dans le train, l’éternel dragueur, le serveur indien... Et Vincent, spécialiste des bestiaires médiévaux, qui se rend à un colloque en compagnie de sa femme et d’un autre couple de chercheurs. « Les poissons ne connaissent pas l’adultère », écrit l’un des auteurs du Moyen Age qu’étudie Vincent. Mais les historiens peuvent-ils en dire autant ? Dans ce voyage initiatique, tout se joue entre Paris et Toulouse en 6 h 06 : Julia se bat pour se libérer peu à peu de la fatalité qui pèse sur son existence, mais pourra-t-elle en modifier le cours ?

 

Ce que j’ai aimé :

 

-          L’idée de départ était plaisante : suivre la trajectoire oblique d’une femme qui se découvre femme et non plus seulement mère et épouse transparente.  L’ensemble s’annonçait bien sûr léger et aérien, mais teinté d’un humour décalé de bon aloi.

 

« Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Exister ! Mais encore ? Chaque chose en son temps. » (p. 42)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Mais le roman n’a pas tenu ses promesses et est resté très superficiel, voire caricatural souvent dans la typologie des personnages. La fin en forme d’happy end est fidèle à cette caricature des comédies romantiques, bref l’ensemble est assez décevant.

 

Premières phrases :

 

« Tout ça, c’est à cause de la surprise des copines.

Pour l’instant, Djamel et sa fille Laura la croient en route pour son boulot. Un trajet tellement réglé qu’ils pourraient, rien qu’en regardant leur montre, deviner où elle est. »

 

Vous aimerez aussi :

 

 Le mardi c'est permis

 

D’autres avis :

 

Clara, Amanda, Choco, Cathulu, Manu

  

Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, JC Lattès, 2010,17.10 euros

POCHE : Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl ADERHOLD, Le Livre de Poche, avril 2011, 317 p., 6.95 euros

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L’orme du Caucase de TANIGUCHI et UTSUMI

Publié le par Hélène

                                              orme-du-caucase.jpg

♥ ♥ ♥ 

Huit courts récits très touchants.

 

Les auteurs :

 

UTSUMI est un scénariste japonais. Jiro TANIGUCHI quant à lui est mangaka (auteur de mangas) et il s’est surtout fait connaître avec Quartier lointain (dont le 1er tome a reçu un prix à Angoulême en 2003).

 L’histoire :orme 2

 

Huit récits se succèdent, tous teintés de mélancolie.

L’orme du Caucase conte avec poésie le dilemme d’un propriétaire à qui l’on demande de couper son bel orme dont les feuilles gênent les voisins,

Le cheval de bois met en scène une petite fille qui semble apeurée par les attractions d’un parc,

La petite fille à la poupée est l’œuvre d’une jeune femme que son père qui l’avait perdu de vue retrouve par hasard,

La vie de mon frère voit deux frères très différents dans leur conception de la vieillesse se retrouver,

Le parapluie est celui que tend une jeune femme à son frère,

Les environs du musée sont témoins de la rencontre touchante entre deux personnes âgées,

Dans la forêt, deux jeunes garçons apprennent à s’épauler,

Son pays natal est celui d’une jeune française devenue brutalement veuve et restée malgré tout au Japon.  

 orme_du_caucase-1.jpgCe que j’ai aimé :

 

-          La poésie douce et mélancolique nimbe ces récits d’un halo de tristesse. Les personnages ont souvent vécus des situations troublantes voire traumatisantes, mais entourés d’amour, ils parviennent à passer au-delà de ces séparations, déchirements, ou mort brutale. La vie transcende leur peine et leur offre un petit supplément d’âme qui les apaise.

 

- Les thèmes difficiles comme la vieillesse, la séparation, la mort, sont abordés avec subtilité et philosophie.

 

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          C’est triste, j’ai beaucoup pleuré…

 

 

L’orme du Caucase, TANIGUCHI et UTSUMI, Casterman écritures, juin 2004, 13.50 euros

 

 Keisha en parle aussi

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Moonlight Mile de Dennis LEHANE

Publié le par Hélène

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♥ ♥ 

Une petite déception...

 

L’auteur :

Dennis Lehane est né en 1966 à Dorchester dans le Massachusetts.  Après des études à Boston, il part à l'université internationale de Floride. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C'est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l'enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il vit aujourd'hui à Boston. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.

 

L’histoire :

 

Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez "lisse" pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger...

 

Mon avis :

 

 J’avais hâte, comme tous les fans de Dennis Lehane, de retrouver ses deux héros fétiches, mais quelle ne fut pas ma surprise de trouver deux êtres transformés par le temps, parents d’une petite Gabby, et étant devenus de fait des représentants de la classe moyenne, aux prises avec des ennemis aussi terrifiants que les fins de mois difficiles, les CDD qui n’en finissent pas, les études reprises envers et contre tout pour rentrer dans le rang… Sans parler du discours sur les jeunes, proche du « d’notre temps ma p’tite dame, c’était bien différent.. » :

 

« Nous avions derrière nous à peu près cinq mille ans de civilisation, vingt siècles au moins s’étaient écoulés depuis la création de la bibliothèque d’Alexandrie et une bonne centaine d’années depuis l’invention de l’avion, nous disposions aujourd’hui d’ordinateurs de poche permettant d’accéder à toutes les richesses intellectuelles du globe -, mais, à en juger par la conversation des filles réunies dans cette pièce, la seule avancée notable que nous avions faite depuis l’invention du feu, c’était la transformation de « quoi » et « trop » en mots fourre-tout servant aussi bien de verbe que de nom ou article, voire de phrase entière au besoin. » (p. 145)

 

Heureusement, l’humour et l’action qui s’enclenche permet de sauver Patrick et Angela de la noyade assurée et j’ai finalement passé un bon moment de lecture en leur compagnie.

 

Seulement je regrette l’absence de profondeur, de coffre, qui faisait tout l’intérêt des romans de Lehane. Trop de légèreté de ton me semble sapper son propos pourtant peu optimiste sur la société contemporaine américaine.

 

Entendons-nous, Moonlight Mile est un bon roman policier mais l'auteur nous ayant habitué à du "très bon",  ses lecteurs seront sans doute déçus...

 

Pour me consoler, j’ai acheté « Un pays à l’aube », le seul de l’auteur que je n’ai pas encore lu, parce que je n’aime pas rester sur une impression mitigée…

 

Premières phrases :

 

« L’air était inhabituellement doux en ce bel après-midi de début de décembre quand Brandon Trescott est sorti du spa du Chatham Bars Inn, à Cape Cod, pour monter dans un taxi. »

 

Vous aimerez aussi :

 

Du même auteur : Gone, Baby, Gone de Dennis LEHANE

Autre : De chair et de sang de John HARVEY

 

 

Moonlight Mile, Dennis Lehane, Traduit de l’anglais (EU) par Isabelle Maillet, Rivages thriller, 2011, 379 p., 20 euros

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Virginia de Jens Christian GRONDAHL

Publié le par Hélène

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♥ ♥ ♥

Un court récit lumineux

 

L’auteur :

 

Jens Christian Grondahl est né à Copenhague en 1959. Il a publié dix romans et est unanimement considéré comme l’un des meilleurs écrivains de sa génération.

 

L’histoire :

 

Nous sommes en 1943, et les bruits de la guerre n'épargnent pas même cette grande demeure bourgeoise construite au bord de la mer du Nord. Ses propriétaires, un couple sans enfants, accueillent leur jeune neveu de quatorze ans, mais aussi la fille adolescente de la couturière de Madame, pour la mettre à l'abri des bombardements qui menacent Copenhague. Lorsqu'un avion s'écrase non loin de là dans les dunes, un drame silencieux va se nouer entre les deux adolescents et un pilote britannique...

 

Ce que j’ai aimé :

 

En quelques mots, quelques pages, quelques chapitres, grâce à un style lumineux et fluide, l’auteur nous emporte dans son univers, et nous love confortablement dans sa narration. Il nous retient ensuite par cette histoire si banale qu’elle en devient universelle : un été, deux adolescents innocents, la guerre, un acte accompli impulsivement, comme tant d’autres actes de nos vies, des conséquences perdues dans les filets du temps… Il nous surprend enfin avec une chute en totale cohérence avec l’ensemble de l’histoire,  une chute humaine et rédemptrice.

 

Et il s’est passé bien des choses dans mon existence dont je n’ai pas parlé ici, et qui sont sans rapport avec ce qui s’est déroulé cette été-là pendant la guerre. Mais peut-être ne sont-ce pas les causes que l’on recherche lorsque l’on tente de débrouiller l’écheveau d’une existence, cet embrouillamini de fils que sont les rencontres, les moments partagés et les adieux, les pactes et les séparations, les rêves enfouis, les promesses rompues et oubliées et les occasions inattendues. Tout ce que l’on a vécu et éprouvé, parfois dans la détresse, parfois dans l’allégresse, mais, le plus souvent, dans l’indifférence.

Oui, peut-être cherche-t-on autre chose que des explications, car comment parviendrait-on à obtenir la célèbre synthèse à partir des dons et des tares innés, à partir de ce chaos de circonstances et de hasards ? Peut-être ce dont on tente de s’approcher à nouveau est-il beaucoup plus simple et à la fois plus impénétrable. Je dis « à nouveau », car il s’agit bien de retrouver quelque chose. Quoi ? Je crois qu’il s’agit d’une base, d’un fond commun à ces images des ans et à ces souvenirs, à tous ces éclats et ces fragments de vie vécue. » (p. 97)

 

Et c’est ainsi que l’on referme délicatement ce petit livre, parce que l’on sait soudain que l’on tient dans nos mains un petit bijou fragile…

 

Ce que j’ai moins aimé :

 

-          Rien, je vais poursuivre mon exploration dans l’œuvre de cet auteur, c’est certain…

 

Premières phrases :

 

« On ne s’habituait pas au bruit, à ce bourdonnement lointain de moteurs d’avions qui passaient très haut dans la nuit. Il faisait chaud sous le plafond en boiserie des combles, et elle laissait la fenêtre entrouverte. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  Rosa candida de Audur Ava OLAFSDOTTIR

 

Je remercie Bruno, un lecteur de ce blog qui a attiré mon attention sur ce petit bijou…

 

Virginia, Jens Christian GRONDAHL, Traduit du danois par Alain Gnaedig, Gallimard, 2004,11 euros

POCHE : Virginia, Jens Christian GRONDAHL, Traduit du danois par Alain Gnaedig, Folio, 2006, 114 p., 6.20 euros

 

challenge voisins voisines

 

Publié dans Littérature Europe

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D'acier de Silvia AVALLONE

Publié le par Hélène

d'acier

♥ ♥ ♥

 Prix des lecteurs de l’Express 2011

 

L’auteur :

 Silvia Avallone, avant d'étudier la philosophie à Bologne, a vécu en Toscane, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à D'acier. À 25 ans à peine, ce premier roman la propulse en tête des meilleures ventes en Italie (350 000 exemplaires). Célébré par la critique, traduit dans 12 pays, en cours d'adaptation au cinéma, D'acier a été finaliste du prix Strega et couronné par le prix Campiello Opéra Prima. En France, il vient d’obtenir le prix des lecteurs de l’Express 2011.

 

L’histoire :

Il y a la Méditerranée, la lumière, l'île d'Elbe au loin. Mais ce n'est pas un lieu de vacances. C'est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l'aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant... Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d'évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir. (Présentation de l’éditeur)

 

Ce que j’ai aimé :

-          Silvia Avallone a un talent indéniable pour nous happer dans son univers en quelques touches seulement. Dés les premières pages, elle nous plonge dans cet univers estival et nous fait ressentir les tensions sexuelles gravitant autour de ces deux jeunes filles débordantes de vie et de beauté.

-          La peinture acide de cette jeunesse hésitant encore entre le monde naïf de l’enfance dans lequel rien ne porte à conséquence et le monde adulte, âpre, est magistralement bien rendue. De plus l’intimité des familles est suggérée sans jamais sombrer dans le pathos,  comme pour mieux montrer que ce qui se passe derrière les portes closes ne regarde que ceux qui subissent. La vision de cette cité métallurgique est assez sombre, les mères de famille qui rêvent de s’abstraire de cette pesanteur baissent les bras, les pères sont ou violents ou démissionnaires, les jeunes filles aux rêves de starlette basculent dans des univers troubles, et les jeunes hommes s’obstinent à rester attachés à cette usine quand ils n’optent pas pour des trafics louches.

 -          Malgré cela, l’ensemble est lumineux, éclairé par l’amitié de ces adolescentes incandescentes.

 « Qu’est-ce qu’elle aurait pu lui dire, de toute façon ? Les mots, ça ne répare jamais rien. » (p. 281)

 

Ce que j’ai moins aimé :

 -          Je reconnais quelques caricatures (l’Elbe considéré comme l’eldorado tant désiré, Lisa, son physique ingrat et sa sœur handicapée…) mais elles se fondent finalement dans l’ensemble de l’histoire et se font oublier subtilement…

 

Premières phrases :

 « Dans le cercle flou de la lentille, la silhouette bougeait à peine, sans tête.

Une portion de peau zoomée à contre-jour.

Ce corps, d’une année sur l’autre, avait changé, peu à peu, sous les vêtements. Et maintenant il explosait, dans les jumelles, dans l’été. »

 

Vous aimerez aussi :

   L'amour est une île de Claudie GALLAY

  

D’autres avis :

 Amanda, Yves


   Merci à Yves de me l’avoir offert…

 

D’acier, Silvia Avallone, Traduit de l’italien par Françoise Brun, Liana Levi, avril 2011, 386 p., 22 euros

 

challenge voisins voisines

Publié dans Littérature Europe

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Six façons de le dire, David FOENKINOS, Mercédès DEAMBROSIS,Christophe FERRE, Sophie ADRIANSEN, Nicolas D’ESTIENNE D’ORVES, Yasmina KHADRA

Publié le par Hélène

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♥ ♥

 

Les auteurs :

David FOENKINOS, Mercédès DEAMBROSIS, Christophe FERRE, Sophie ADRIANSEN, Nicolas D’ESTIENNE D’ORVES, Yasmina KHADRA

 

Le projet :

Les Editions du Moteur publient exclusivement des histoires courtes adaptables au cinéma

Outre la volonté de constituer une banque d'histoires à la disposition des metteurs en scène, producteurs, acteurs..., l'idée est d'offrir aux lecteurs de la littérature comme on s'engouffre dans une salle obscure en proposant:
- six genres ( comédie, comédie romantique, engagé, polar, drame psychologique, historique)
- une lecture qui dure le temps d'une séance
- un livre au prix d'un billet. ( maximum 10 euros)

 

Les histoires :

« Bernard » de David FOENKINOS  : une comédie dans laquelle un homme se retrouve obligé de retourner vivre chez ses parents.

« De naissance » de Mercédes DEAMBROSIS : dans le genre historique nous parle de la conditions des femmes au début du XXème siècel.

« Coup de fourchette »  de Nicolas d’ESTIENNE D’ORVES : un polar dans l’univers de la gastronomie

« La photographe » de Christophe FERRE  : un drame psychologique autour d’un noivel amour à l’aube du && septembre

« Santé »  de Sophie ADRIANSEN : une comédie romantique sur l’amour à l’épreuve de l’erreur médicale

« La longue nuit d’un repenti » de Yasmina KHADRA : un texte engagé sur les difficultés de l’après guerre.

 

Ce que j’ai aimé :

-          J'ai apprécié la diversité des récits et des genres : dans « Bernard », j’ai apprécié l’humour de la nouvelle, dans « De naissance », j’ai admiré la maîtrise de l’écriture, dans « Santé » l’art de la chute et le ton drôle m’ont enthousiasmée, dans « Coup de fourchette », la construction est exemplaire et enfin le thème est admirablement bien traité dans « la longue nuit d’un repenti ». Le tout est cohérent et appréciable pour qui aime les recueils de nouvelles.

-           

Ce que j’ai moins aimé :

-          J’ai moins aimé « la photographe », trop long à mon goût et sur un sujet rabâché (le 11 septembre).

 

Premières phrases :

« Bernard » : « Je me suis dit : « Les escaliers, il ne te reste plus que les escaliers. »

« De naissance » : « J’ai peur… Tu crois que j’irai en enfer ? »

« La photographe » : « Le bonheur d’un matin. »

« Santé » : « Combien de temps lui reste-t-il, docteur ? »

« Coup de fourchette » : « Tu aimes la cervelle, gamin  demande le vieux. »

« La longue nuit d’un repenti » : « Abar Seif frotte doucement son doigt sur la lame de son coutreau traçant une incision opalescente, à pein perceptible, au milieu des rayures digitales. »

 

Vous aimerez aussi :

Des mêmes auteurs : La délicatesse de David FOENKINOS ; Je vous emmène au bout de la ligne de Rodolphe MACIA et Sophie ADRIANSEN

Autres : Une vie à coucher dehors de Sylvain TESSON 

 

Six façons de le dire, FOENKINOS, DEAMBROSIS,FERRE, ADRIANSEN, D’ESTIENNE D’ORVES, KHADRA, Les Editions du Moteur, mzi 2011, 250 p., 19.50 euros

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Chocolat amer de Laura ESQUIVEL

Publié le par Hélène

                                                 chocolat-amer.jpg

 ♥ ♥ ♥

Un roman qui se dévore avec délices.. 

  

 L’auteur :

 

Laura Esquivel est une écrivaine mexicaine contemporaine. Avant de se consacrer à sa littérature, elle travailla dans l'enseignement, fonda un atelier de théâtre et de littérature pour les enfants et travailla comme scénariste pour le cinéma. Son premier roman Como agua para chocolate (Chocolat amer) (1989) remporte un succès sans précédent. Traduit en trente-cinq langues, il reste plus d'un an dans la liste des best-sellers du New York Times. En 1992, l'adaptation cinématographique (intitulée Como agua para chocolate (Les Épices de la passion)) réalisée par Alfonso Arau (le mari de Laura Esquivel) et dont le scénario fut écrit par elle-même fut également reconnu internationalement.

 

L’histoire :

 

Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur.

 

Ce que j’ai aimé :

 

-         J'ai découvert avec ce roman ce que l'on nomme le réalisme magique : le réel est comme teinté de fantastique et lui confère une aura particulière. Ainsi, tout à fait classiquement, quelques fantômes traînent çà et là pour seconder Tita quand besoin est. Mais, au coeur du roman se trouve surtout le pouvoir des mets préparés par Tita : il suffit qu'elle prépare un plat en ayant en tête quelques pensées lubriques pour que les convives qui dégustent ensuite le plat soient pris tout à coup d'une irrésistible envie de s'ébattre joyeusement dans les fourrés :

 

" On aurait dit que le plat avait sur elle un effet aphrodisiaque. elle commença par ressentir une chaleur intense dans les jambes. Un chatouillement au bas du ventre l'empêchait de s'asseoir correctement. elle se mit à transpirer et à se demander quel effet cela lui ferait d'être à cheval dans les bras d'un partisan de Pancho Villa, celui qu'elle avait vu une semaine plus tôt sur la place du village, qui sentirait la sueur, la terre, le danger et l'incertirude des levers au petit matin, la vie et la mort." (p. 58)

 

-         Et la bonne nouvelle est que les recettes nous sont livrées en début de chapitre... Mais si vous voulez les tester ce sera à vos risques et périls...

          

Ce que j’ai moins aimé :

 

-         Rien.

 

Premières phrases :

 

« RECETTE :

L’oignon doit être haché menu. Placez-en un bout sur le sommet de votre crâne, ça vous empêchera de pleurer. Le problème avec les larmes, c’est quand on commence, les yeux piquent et on ne  peut plus s’arrêter. Je ne sais pas vous, mais moi, ça m’est arrivé un million de fois. »

 

Vous aimerez aussi :

 

  La colère des aubergines de Bulbul SHARMA

 

D’autres avis :

 

Clarabel, Liliba, Clara,  Anis,

 

Chocolat amer, Laura Esquivel, traduit de l’espagnol (Mexique) par Eduardo Jimenez et Jacques Rémy-Zéphir, Folio, 6.50 euros

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